Le Jour le plus long

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Le Jour le plus long

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John Wayne au centre

Titre original The Longest Day
Réalisation Drapeau : Royaume-Uni Ken Annakin
Drapeau : États-Unis Andrew Marton, Darryl F. Zanuck
Drapeau de la Suisse Bernhard Wicki
Scénario Cornelius Ryan, d'après son livre.
Romain Gary, James Jones
David Pursall, Jack Seddon
Erich Maria Remarque, Noël Coward
Acteurs principaux
Sociétés de production Twentieth Century Fox
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Guerre
Sortie 1962
Durée 170 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Jour le plus long (The Longest Day) est un film américain réalisé par Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck. Il est sorti en 1962 et il est tiré du livre éponyme de Cornelius Ryan.

L'expression traduite par « le jour le plus long » serait d'Erwin Rommel et daterait du 22 avril 1944 lors de son inspection du mur de l'Atlantique lorsque le Generalfeldmarschall allemand dit à son aide de camp, Hauptmann Helmuth Lang[1] :

« Si vous pensez qu'ils arriveront par beau temps, en empruntant l'itinéraire le plus court et qu'ils vous préviendront à l'avance vous vous trompez… Les Alliés débarqueront par un temps épouvantable en choisissant l'itinéraire le plus long... Le débarquement aura lieu ici, en Normandie, et ce jour sera le jour le plus long. »

Synopsis[modifier | modifier le code]

Il s'agit de séquences, parfois tirées de l'anecdote, qui s'enchaînent chronologiquement sur les différents théâtres d'opérations et centres de commandement du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Britanniques[modifier | modifier le code]

Américains et Canadiens[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

Allemands[modifier | modifier le code]

Figurants et/ou coupés au montage[modifier | modifier le code]

De nombreux figurants étaient issus des promotions Arpètes de la Base Aérienne de Saintes 722 près de Rochefort, en Charente-Maritime. Il s'agissait des promotions P-33 à P-38; en remerciement, le réalisateur offrit un cinéma à la B.A 722. Le bâtiment porte depuis le nom du film.

À l'initiative d'une association de figurants du film issue de l'EAMAA (École des apprentis mécaniciens de l'armée de l'air) promotion 1961 (p. 36, 37 et 38), le 5 juin 2011 eu lieu sur la plage sud de Rivedoux-Plage une fête commémorative pour les 50 ans du tournage.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Vérité historique[modifier | modifier le code]

  • Dans le film, trois parachutistes français atterrissent près d'une résistante qui leur envoie des signaux lumineux. Ils doivent neutraliser une ligne de chemin de fer avec l'aide de maquisards. Ils sont parachutés avant les Américains.
Cette scène est authentique car 36 parachutistes français du Special Air Service (S.A.S.) furent parachutés à minuit, en quatre groupes sur la Bretagne pour créer deux bases parachutistes, encadrer la Résistance bretonne avec le parachutage de renforts les nuits suivantes et neutraliser le réseau ferré breton pour retarder l'envoi de troupes allemandes vers le front de Normandie. Le parachutiste français Émile Bouétard fut tué au combat à Plumelec à 0 h 40 ce 6 juin 1944.
  • L'atterrissage des deux parachutistes dans la cour d'un bâtiment d'un QG allemand est fondé sur le livre de Cornelius Ryan[5]. Malheureusement, on voit le général Von Salmuth sortir de ce QG alors qu'il se trouvait à ce moment-là à Tourcoing (Nord).
  • Afin d'éviter un anachronisme évident, dans les scènes tournées sur la place de Sainte-Mère-Église, on voit un gros tas de sacs de sable en bordure de la rue (l'ancienne RN 13), sans raison apparente : ce tas a été construit pour le tournage afin de dissimuler le monument qui commémore le débarquement.

Erreurs historiques volontaires et involontaires[modifier | modifier le code]

  • Dès le début, en Angleterre, on montre Eddie Albert, conduisant une jeep sous la pluie. Cependant, cette jeep américaine de 1944 arbore la calandre en deux couleurs en diagonale, et même, sur le bas de caisse, la grenade blanche de l'armée française 1960.
  • Lors de l'attaque du pont de Bénouville (Euston 1 renommé plus tard Pégasus) sur le canal de l'Orne par les aéroportés du major Howard (2nd Battalion, the Oxford & Bucks Light Infantry), on voit sous le pont quelques Britanniques décrocher les charges de destruction. En réalité, ces charges étaient sur les « rambardes » de chaque côté. De plus, les Allemands les enlevaient chaque soir, de crainte que les résistants ne les retournent contre eux. En outre, le film montre une résistance acharnée, alors que ce soir-là le pont n'était gardé que par trois soldats allemands. Dans la nuit, les hommes de Howard sont renforcés par le 7th Parachute Battalion (1st Airborne Division) bien avant l'arrivée de la 1st Special Service Brigade de Lovat (13 h). Enfin, lors de la relève par les commandos, le Bag Piper de Lord Lovat, Bill Millin n'a pas traversé le pont en sonnant. Lors de la prise du pont, on peut apercevoir un transformateur EDF sur un poteau, or ce type de transformateur est apparu en 1961.
  • Les uniformes portés par les parachutistes américains (82e et 101e divisions aéroportées), plus particulièrement les vestes de saut, ne correspondent pas aux vêtements d'époque, que ce soit la coupe, les couleurs et les systèmes de fermetures. Dans le film, les vestes de saut ont des systèmes de fermeture différents aux poignets : fermeture par 1 bouton et fermeture par 1 ou par 3 pressions. Dans la réalité, les manches de la veste M42 n'étaient fermées aux poignets que par 2 pressions.
  • La mentonnière des casques portés par les parachutistes américains ne correspond pas à celle utilisée à cette époque. Dans le film, elles ont une forme rectangulaire alors que celles portées en 1944 étaient ovales.
  • Les insignes divisionnaires (ou patch) des parachutistes de la 82e division aéroportée ne reflètent pas la réalité. Dans le film, le carré rouge encadrant le "AA" est plus grand, et le sigle "Airborne" au-dessus à une forme plus arrondie. De plus, sur toutes les scènes montrant ces parachutistes, ce même sigle "Airborne" est beaucoup trop éloigné du "AA". Dans la réalité, ces 2 éléments étaient plus rapprochés comme le stipulait le règlement. Cependant, bon nombre de soldats les cousaient souvent à la hâte et avec les moyens du bord (fils et points de couture aléatoires). Enfin, dans la version colorisée du film, la couleur bleue présente dans ce patch est plus foncée que l'insigne original.
  • Les bottes des Américains portent des lacets à bouts en caoutchouc alors qu'en réalité de tels bouts ont été inventés pendant la guerre du Viêt Nam par Maurice Frisson, un cordonnier installé à Saïgon.
  • Dans le film, on aperçoit certains parachutistes américains chaussés de brodequins de combat noirs (communément appelés Rangers) fermés par 2 boucles au-dessus de la cheville. Ces équipements n'étaient pas en dotation au mois de juin 1944. Les bottes de saut portées par les parachutistes américains au moment de la bataille de Normandie, étaient exclusivement de couleur marron, montaient jusqu'à mi-mollet et n'étaient munies que de lacets ce qui permettait un meilleur maintien de la cheville. Ce n'est qu'au lancement de l'opération Market Garden en septembre 1944, que les unités de parachutistes seront dotées de ces brodequins à boucles.
  • La teinture noire du cuir pour les équipements des troupes américaines n'est apparue que dans les années 1950.
  • La scène, où le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort de la 82e division aéroportée (interprété par John Wayne) montre l'utilisation du criquet (cricket), est totalement fictive. La 101e division aéroportée fut la seule unité à posséder et à utiliser ce criquet pendant la nuit du 5 au 6 juin 1944 en Normandie. Ce jouet en laiton composé d'une lame ressort (fabriqué en 1944 par l'entreprise anglaise THE ACME) permettait aux parachutistes isolés lors des largages de se retrouver et de se regrouper. Le principe : pour une pression sur la lamelle métallique (clic-clac) afin de demander l'identification, la réponse devait consister en une double pression (clic-clac - clic-clac).
  • Ce même lieutenant-colonel porte au début du film sur son casque le bon insigne de grade mais à partir de la scène de la charrette, il arbore à tort l'insigne de colonel sur son casque (Vandervoort avait été promu lieutenant-colonel le 2 juin 1944).
  • Dans la scène où John Wayne monte sur la charrette après s'être fracturé la cheville, on aperçoit un parachutiste américain portant une veste M43 (M43 Field Jacket). Cette scène est non réaliste car cette veste n'était pas en dotation le 6 juin 1944 pour les parachutistes américains des 82e et 101e divisions. Ils portaient tous et sans exception la veste de saut M42 (M42 Parachute jumper coat). Ils ne vêtiront la veste M43 qu'à partir de septembre 1944, lors de l'opération Market Garden. Cette veste de combat sera la dotation officielle des unités américaines jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
  • Toujours dans la scène de la charrette, le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort est montré avec la cheville droite cassée. Cet évènement est non conforme, car en réalité le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort s'est fracturé la cheville gauche lors d'un saut près de Sainte-Mère-Église, le 6 juin 1944.
  • Le parachutiste John Steele, resté pendu au clocher de l'église de Sainte-Mère-Église, n'est pas resté accroché côté « place de l'église », mais de l'autre côté (côté presbytère). Pour des raisons esthétiques et de profondeur de champ, Zanuck a « accroché » Steele du côté de la place.
Il est à noter cependant qu'Alexandre Renaud, à l'époque maire de Sainte-Mère-Église, et auteur d'un ouvrage intitulé Sainte-Mère-Église, Première tête de pont américaine en France, 6 juin 1944, ne fait pas mention - chose curieuse - de ce parachutiste resté accroché au clocher de l'église. De toute manière, cet épisode reste pour le moins assez surprenant, car selon Alexandre Renaud, le clocher était déjà occupé par la Flak (DCA allemande) qui tirait à la mitrailleuse sur les parachutistes en cours de descente et dont beaucoup tombaient dans les marais environnants en restant empêtrés dans les branchages... En bonne logique, ce parachutiste resté accroché n'aurait donc pu échapper aux balles allemandes...
  • Au cours du film, le parachutiste John Steele explique être resté 10 heures d'affilée pendu au clocher. En réalité il y sera resté deux heures, faisant le mort, avant d'être finalement récupéré par les Allemands et fait prisonnier. Il s'échappera quelques jours plus tard.
  • Sur la place de l'église, on voit stationnée une 2CV commercialisée en 1948.
  • La prise du casino d’Ouistreham par le commando Kieffer est largement fantaisiste, le casino avait été rasé par les Allemands qui l'avaient remplacé par un bunker. De plus, cette scène a été tournée à Port-en-Bessin dont on voit la tour Vauban. En outre, aucune religieuse n'est jamais intervenue pour assister les commandos français.
  • Le mitraillage des plages par deux FW190 (dont un piloté par l'Obstlt Josef « Pips » Priller) a entretenu le mythe que seuls deux avions allemands ont attaqué ce jour-là. En réalité, plusieurs Staffeln, une petite centaine d'appareils, ont effectué un total de plus de sept cent sorties, dont vingt-deux contre la flotte alliée, principalement l'après-midi. De nombreux avions ont été abattus, vu la suprématie aérienne alliée. Des JU 87 Stukas obsolètes ont été mis en ligne, dont 5 furent abattus.
  • Les deux avions représentés ne sont pas des FW 190, mais des Messerchmitt Bf 108 Taifun, avions d'entrainement et de liaison.
  • Dans une des dernières scènes, à laquelle Robert Mitchum demande à un soldat en jeep de le monter en haut de la plage, la jeep n'est pas authentique, il s'agit plutôt d'une Hotchkiss française que d'une Willys ou Ford.
  • Les obstacles sur les plages de débarquement sont inversés. Dans le film la pointe est orientée vers la mer alors qu'en réalité elles étaient dirigées vers les terres de façon à ce que les péniches de débarquement y soient « guidées » jusqu'à une mine.
  • Les numéros de capot commençaient sur les jeep américaines, qu'elles soient Willys ou Ford, par 20 (exemple 20193276) alors qu'ici le numéro commence par 88 puis 133553, ce qui n'est pas réel.
De plus les supports en bois qui devaient se trouver sur le capot pour accueillir le pare brise rabattable sont absents. On y retrouve des supports en U métallique au niveau des essuie-glaces qui viennent se poser sur le capot.
Ces jeeps sont alors passées par l'armée française et datent alors de l'après-guerre, et donc n'existaient pas le 6 juin 1944.
  • Les deux parachutistes, qui arrivent dans la cour d'un QG allemand, ne peuvent rencontrer le général Von Salmuth qui commandait la 15earmée allemande à Tourcoing (Nord).
  • Les paradummies, ces poupées parachutistes larguées pour tromper les Allemands, apparaissent comme des mannequins très sophistiqués alors que c'était en réalité de simples et grossières poupées de chiffon.

Problèmes de raccord[modifier | modifier le code]

  • Lors de la séquence où les résistants entendent le second vers du poème de Verlaine ("blessent mon coeur d'une langueur monotone"), le message précédant est : "Daphné à Monique : il y a le feu à l'agence de voyage, inutile de s'y rendre". Quand les Allemands captent le second vers, le message "Daphné à Monique" est entendu après Verlaine et non avant.
  • Dans la scène de la pointe du Hoc, on peut voir un ranger n'ayant pas son chargeur clipsé à son fusil.
  • Lors du mitraillage de la plage par les deux chasseurs allemands, on peut remarquer certains chars en « trompe l'œil », en réalité de simples panneaux de bois reproduisant des chars; on peut noter aussi l'interruption des défenses côtières au fond du plan.

Erreurs de traduction[modifier | modifier le code]

  • Comme trop souvent dans les films de guerre, le grade de "major", qui signifie en anglais et en allemand "commandant" (rang entre capitaine et lieutenant-colonel), est traduit en français par "major", grade le plus haut chez les sous-officiers (après adjudant mais avant sous-lieutenant), ce qui est une erreur.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Lors de la première diffusion télévisuelle française, en 1978 un mardi soir aux Dossiers de l'écran[réf. nécessaire], le film a suscité un tel engouement que le réseau électrique a saturé, provoquant une coupure de courant dans plusieurs régions. En effet, EDF n'avait pas anticipé que la programmation d'un film engagerait une telle consommation électrique, et de fait des régions comme la Bretagne ont perdu le courant en cours de film, les empêchant d'en voir la fin. La partie manquante fut reprogrammée 3 semaines plus tard à 23 h 00 (à partir de l'attaque du casino de Ouistreham par les commandos français) pour permettre à tous de le visionner en entier.

Une version colorisée a été réalisée pour le 50eanniversaire du débarquement en 1994.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Oscars 1963:
    • meilleure photographie
    • meilleurs effets visuels
  • Golden Globes 1962 de la photographie N&B
  • David di Donatello de la meilleure production étrangère en 1963

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Tournier, Des noms et des gens en guerre. De la Seconde Guerre mondiale aux génocides (1939-1945), Éditions,‎ 2013, p. 110
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o non crédité(e) au générique
  3. Le rôle devait d'abord être tenu par Charlton Heston
  4. Le rôle devait d’abord être tenu par Brigitte Bardot.
  5. Le jour le plus long (livre) de C. Ryan édition de 1961 chez Robert Laffont mentionne ce passage partie deux La nuit chapitre 1 page 111

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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