Belette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Belette (homonymie).

La Belette (Mustela nivalis), aussi connue sous les noms Belette d'Europe, Belette pygmée[1] ou Petite belette, est le plus petit mammifère de la famille des mustélidés et constitue également le plus petit mammifère carnassier d'Europe avec une taille d'environ 20 cm pour une centaine de grammes seulement.

Vivant essentiellement dans les milieux désertiques, la belette peut facilement être confondue avec une hermine qui est cependant un peu plus grosse et la limite des couleurs sur les flancs est moins nette et plus irrégulière chez la belette que chez l’hermine. De plus, l'hermine a le bout de la queue noir, ce qui n'est pas le cas de la belette[2].

Description[modifier | modifier le code]

La belette mesure de 17 à 27 cm (le mâle étant plus grand que la femelle). La femelle pèse environ 65 grammes, contre 125 grammes en moyenne pour le mâle. Elle a un long corps fin, qui lui permet de se faufiler dans un trou pas plus gros qu'une pièce de 2 euros. Son pelage est brun sur le dos et blanc sur les parties inférieures. À l'inverse de l'hermine, sa queue est courte, ne comporte pas d'extrémité noire, et la belette ne devient pas blanche en hiver[3]. La belette affectionne les prairies, les terres arables et les régions boisées. On la trouve en Eurasie (de la côte atlantique européenne à l'Himalaya) et Afrique du Nord. Elle a été introduite en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Nord. Elle a une espérance de vie de 3 ans. À la naissance, les petits pèsent entre 1 et 3 grammes.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La belette consomme principalement de petits rongeurs (campagnols, mulots), de petits serpents et des oiseaux, parfois des lapins et, rarement, des batraciens. Son physique est idéalement adapté pour poursuivre les rongeurs jusque dans leurs terriers et galeries. Ses courtes pattes, son corps svelte et sa tête étroite lui permettent de se glisser dans les crevasses et fissures les plus étroites, interdisant tout refuge à ses proies. Celles-ci sont tuées d'une morsure redoutable, en raison de la puissance étonnante de ses mâchoires et de ses dents acérées. De plus, la belette se révèle également être une grimpeuse très agile, lui permettant de piller les nids d'oiseaux.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

À la fois diurne et nocturne, la belette mène un style de vie frénétique. En effet, en raison de sa petite taille, ses ressources énergétiques sont très limitées, et elle doit donc se nourrir et chasser régulièrement pour rester en vie (sa digestion s'effectue en 3 heures). La belette doit ainsi consommer chaque jour l'équivalent d'un tiers de son poids pour survivre, et ne peut rester plusieurs heures sans manger.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les belettes s'accouplent surtout pendant le printemps et l'été. L'accouplement est assez long (en moyenne trois heures, entrecoupées de pauses), car il déclenche l'ovulation. La gestation dure 5 semaines (35 jours), les dernières portées naissant en septembre. Si la nourriture est abondante, la femelle peut mettre bas 2 portées de 4 à 9 jeunes chacune. Le mâle n'intervient pas dans l'éducation des petits. Cette tâche incombe à la femelle, la soumettant à rude épreuve : elle doit en effet mener à bien sa grossesse, produire du lait en quantité suffisante, garder ses petits au chaud et se nourrir elle-même.

Sa réussite tient donc principalement aux effectifs de campagnols ; ce qui peut entraîner d'importantes variations dans la population des belettes.

Les petits naissent nus, aveugles et sourds. Totalement dépendants de leur mère, leurs yeux ne s'ouvrent qu'au bout de 4 semaines. Sevrés dès l'âge de 8 semaines, ils peuvent tuer leurs proies et ils quittent le nid entre 9 et 12 semaines.

Dangers[modifier | modifier le code]

Quatre dangers principaux menacent la belette : la perte d'habitat, le manque de nourriture, les parasites (notamment l’ascaris) et les prédateurs (renard, chat, chien, hermine, chouette, et bien entendu, l'homme). En Suisse, cette espèce paraît avoir fortement régressé dans les zones de plaine intensément cultivées (altération de son habitat ou encore manque de proies)[4].

En France, la belette est toujours sur la liste des animaux classés nuisibles (malgré un court retrait en 2008)[5] au prétexte de visites nocturnes de poulaillers ou de dévastations exercées dans les populations de perdreaux.

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom de petite belle se retrouve sous des formes voisines (petite femme, petite fiancée, etc.) dans bon nombre de langues : donnola en italien, donicela en galicien, doninha en portugais (les trois signifiant « petite femme »), comadreja en espagnol (« petite marraine »), kaerell (dérivé de kaerr, « beau ») en breton, Schöntierlein, (belle petite bête) dans certaines régions d’Allemagne. « Belette » s’emploie aussi en français pour désigner affectueusement une jeune fille ou une femme charmante. En grec moderne, « belette » se dit « νυφίτσα » (nifítsa), qui est une évolution de « νυμφίτσα » (nimfítsa), hypocoristique de « νύμφη » (nímfi), la nymphe, et « zyrda » en Afrique du Nord.

Populations[modifier | modifier le code]

Selon l'UICN, la belette est classée Préoccupation mineure (LR/Lc LOWER RISK/Least Concern) [6], elle a été introduite en Nouvelle-Zélande où elle est considérée comme invasive[7].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « ITIS Standard Report Page: Mustela nivalis »
  2. http://mrw.wallonie.be/dgrne/ong/refuges/hermine.html
  3. sauf exception en Scandinavie, et dans les hautes Alpes Suisse: Marchesi P. & N. Lugon-Moulin (2004). Mammifères terrestres de la vallée du Rhône (Valais, Alpes vaudoises). Coll. Les richesses de la nature en Valais. Rotten Verlag Visp, Monographic SA, Sierre : 208 pp.
  4. Marchesi P., T. Maddalena, M. Blant & O. Holzgang (2004). Situation des petits carnivores en Suisse et bases pour un programme de monitoring national. Rapport final Faune Concept, par le bureau Drosera SA, Sion. OFEV & SGW/SSBF, Berne : 66 pp. + 4 annexes
  5. Arrêté du 30 septembre 1988 fixant la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles (modifié par l'arrêt du 18 mars 2009)
  6. (IUCN 2007)
  7. (GISD 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :