Georges Lautner

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lautner.

Georges Lautner

Description de cette image, également commentée ci-après

Georges Lautner au festival de Cannes 2010

Naissance 24 janvier 1926 (1926-01-24) (87 ans)
Nice
Nationalité Drapeau de France France
Profession Réalisateur
Scénariste
Films notables Les Tontons flingueurs
Les Barbouzes
Le Pacha
Flic ou voyou
Le Professionnel

Georges Lautner est un réalisateur et scénariste français, né le 24 janvier 1926 à Nice (France).

Attiré dès ses débuts vers la comédie, Lautner est surtout connu pour avoir mis en image les plus fameuses répliques de Michel Audiard (leur collaboration la plus célèbre restant Les Tontons flingueurs). Ses incursions dans les autres genres (dont Le Professionnel en 1981 ou La Maison assassinée en 1988) connurent également un succès auprès du public. Cet artisan prolifique n'en demeure pas moins une figure incontournable de la comédie française de l'après-guerre (avec Gérard Oury).

Il est le fils de la comédienne Renée Saint-Cyr (qui apparaît dans onze de ses films).

Sommaire

Biographie [modifier]

Fils de Léopold Lautner (1893 - 1938), joaillier d'origine viennoise et aviateur qui participe à des meetings aériens (il sera pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale), et de la comédienne Renée Saint-Cyr, Georges Lautner naît à Nice le 24 janvier 1926[1]. En 1933, il monte à Paris car sa mère va commencer sa carrière cinématographique cette même année et connaître un succès avec Les Deux orphelines. Grâce à la carrière de sa mère, il découvre le cinéma et fréquente les salles obscures, mais cette période joyeuse sera ternie par le décès de son père, le 17 juillet 1938, dans un accident d'avion[2].

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est scolarisé au lycée Janson-de-Sailly, à Paris. Malgré cette période difficile, il essaie de préserver une jeunesse fêtarde, puis se sentant concerné par ce qui se passe en France, il n'hésite pas à venir observer de plus près les événements dans la capitale, ce qui ne manque pas de développer son sens critique.

Après la Libération de Paris, Lautner, après avoir obtenu un Bac philo-sciences, se tourne vers le cinéma, notamment en faisant des petits boulots. Ses débuts au cinéma se font en 1945 comme décorateur dans La Route du Bagne, de Léon Mathot. En 1947, il est contraint de cesser ses petits boulots pour aller faire son service militaire en Autriche et va faire un stage de projectionniste 16 mm. Puis il est envoyé au service cinématographique des armées de Paris, côtoyant Claude Lecomte et Marcel Bluwal.

Sorti de l'armée, son expérience en matière de pellicule lui vaut de devenir en 1949 le second assistant-réalisateur de Sacha Guitry pour Le Trésor de Cantenac. Durant les années 1950, il continue d'être assistant réalisateur (Les Chiffonniers d'Emmaüs, rencontrant sur le tournage le cascadeur Henri Cogan, devenu son fidèle collaborateur et ami, Courte tête), puis fait des apparitions dans des films comme Capitaine Ardant. Alors qu'il avait pour ambition de devenir comédien, qui dut abandonner car il était trop timide pour jouer sur scène et n'avait pas les dons nécessaires, il préfère rester derrière la caméra. À travers les différents plateaux qu'il fréquente, il apprend très vite à user du système D qui lui confère une efficacité à toute épreuve dès qu'il s'agit de pallier les imprévus et grâce à un bon relationnel, il a pour habitude d'aller discuter avec les seconds rôles et les figurants durant les tournages, lui venant le goût de devenir réalisateur, sachant mettre à l'aise les comédiens.

En 1958, le directeur de production Maurice Juven le remarque et lui confie la réalisation de La Môme aux boutons, tourné en un mois avec des acteurs de boulevard. Malheureusement, le premier long-métrage de Lautner est un échec commercial. Après ce premier essai, Lautner se voit de nouveau confier par Juven la réalisation d'un film : Marche ou crève. Cette adaptation d'un roman de Jack Murray, que le réalisateur signe avec Pierre Laroche (qu'il collabora sur cinq films du réalisateur), Lautner la considère comme sa première vraie réalisation. Le film amorti l'échec du précédent, lui permettant de réaliser avec son équipe Arrêtez les tambours. Ce film marque le début de sa collaboration avec le chef-opérateur Maurice Fellous.

Mais c'est en 1961 qu'il va se faire connaître du grand public avec Le Monocle noir. Adapté d'un roman du Colonel Rémy, cette comédie policière, avec Paul Meurisse dans le rôle du « Monocle », agent secret français, est un succès commercial et aura deux suites et connaît un bon accueil avec Le Septième Juré, drame psychologique avec Bernard Blier.

Sa façon de tourner - usage du champ/contre-champ qui permet de jouer avec la profondeur et d'orchestrer ainsi une composition visuelle particulière devient une de ses marques de fabrique et les gros plans de manière à mettre les comédiens et le dialogue en valeur - lui vaut d'être recommandé par Bernard Blier et Michel Audiard (qui va collaborer avec Lautner pour une dizaine de films) à Alain Poiré, directeur de production chez Gaumont.

En 1963, Poiré lui offre la réalisation des Tontons flingueurs. Avec Lino Ventura (qui remplace Jean Gabin après un désaccord avec Lautner), Bernard Blier, Jean Lefebvre, et Francis Blanche dans la distribution et Michel Audiard aux dialogues, le film, sommet de la parodie de film policier, est un succès et devient un classique du cinéma français. Il rencontre à la même époque Mireille Darc et la fait tourner dans une dizaine de films (Des pissenlits par la racine, Les Barbouzes, nouvel opus du groupe Audiard-Lautner-Blier-Ventura-Blanche, Galia, film sur la libération sexuelle, Ne nous fâchons pas et La Grande Sauterelle entre autres).

En 1968, il réalise le film policier Le Pacha, avec Jean Gabin, qui devait tourner dans Les tontons flingueurs, et dialogué par Audiard. Après un début de tournage à l'atmosphère lourde (Gabin se retrouve désarçonné par le style Lautner : des gros plans à répétition, de nombreuses coupes..., de plus, le réalisateur timide par nature, est très impressionné par le comédien), la suite s'est bien passée (Quand les premières rushes sont montées et mis en musiques et qu'ils furent projetés, Gabin comprend alors le style et le ton du film, cela le décide à faire confiance à son réalisateur pour le reste du tournage). Après quelques problèmes avec la censure, le film sort et connaît un succès public et critique. Après l'échec de son long-métrage américain La Route de Salina, il tourne la comédie Laisse aller, c'est une valse, avec Jean Yanne. Ce film marque les débuts au cinéma de Coluche.

Les années 1970 seront prolifiques pour Lautner, qui connaît succès sur succès avec Il était une fois un flic, Quelques messieurs trop tranquilles, La Valise, Les Seins de glace, On aura tout vu et Mort d'un pourri et tournant avec des acteurs confirmés comme Jean-Pierre Marielle, Alain Delon et Pierre Richard et des acteurs débutants comme Gérard Lanvin et Miou-Miou.

Après une collaboration - difficile - avec Delon (Les Seins de glace et Mort d'un pourri), Georges Lautner fait tourner Jean-Paul Belmondo à partir de 1979 dans Flic ou voyou. Devenus amis, Belmondo et Lautner vont signer trois films ensemble comme Le Guignolo, Le Professionnel, énorme succès en 1981 et Joyeuses Pâques.

La seconde moitié des années 1980 marque la fin de sa collaboration avec Michel Audiard (qui décède en juillet 1985) et oscille entre succès (La Maison assassinée, avec Patrick Bruel) et échecs commerciaux.

En 1992, il tourne son dernier film pour le cinéma, L'Inconnu dans la maison (avec Belmondo), qui ne connaît pas le succès escompté.

Filmographie [modifier]

Georges Lautner lors de l'hommage à Jean-Paul Belmondo au festival de Cannes 2011.

Réalisateur [modifier]

Cinéma [modifier]

Téléfilms [modifier]

Scénariste [modifier]

Résultats au box-office en France [modifier]

Film Année Box-office Drapeau de France France
(en entrées)
La Môme aux boutons 1958 143 683[3]
Marche ou crève 1960 827 478 [4]
Arrêtez les tambours 1961 1 632 220[5]
Le Monocle noir 1 624 217[5]
L'Œil du monocle 1962 1 254 646[6]
En plein cirage 635 634[7]
Le Septième Juré 1 172 121[6]
Les Tontons flingueurs 1963 3 321 121[8]
Des pissenlits par la racine 1964 1 517 887 [8]
Le Monocle rit jaune 1 345 696 [8]
Les Barbouzes 2 430 611 [8]
Les Bons Vivants
(ou Un grand seigneur)
1965 1 391 061 [8]
Galia 1966 1 221 456[9]
Ne nous fâchons pas 1 877 412[8]
La Grande Sauterelle 1967 1 026 203[7]
Fleur d'oseille 692 401[10]
Le Pacha 1968 2 050 211 [8]
La Route de Salina 1970 63 345[11]
Laisse aller, c'est une valse 1971 1 386 576[8]
Il était une fois un flic 1972 2 045 307 [8]
Quelques messieurs trop tranquilles 1973 2 067 380 [8]
La Valise 1 208 862 [8]
Les Seins de glace 1974 1 462 693[8]
Pas de problème ! 1975 1 810 393 [8]
On aura tout vu 1976 1 290 565 [8]
Mort d'un pourri 1977 1 854 317 [8]
Ils sont fous ces sorciers 1978 844 890 [8]
Flic ou voyou 1979 3 950 691 [8]
Le Guignolo 1980 2 876 016 [8]
Est-ce bien raisonnable? 1981 722 402 [8]
Le Professionnel 5 243 511 [8]
Attention ! Une femme peut en cacher une autre 1983 1 107 386 [8]
Joyeuses Pâques 1984 3 428 889 [8]
Le cowboy 1985 707 265 [8]
La Cage aux folles 3 - 'Elles' se marient 1 693 202 [8]
La Vie dissolue de Gérard Floque 1986 648 940 [8]
La Maison assassinée 1988 974 072 [8]
L'Invité surprise 1989 52 757[12]
Présumé dangereux 1990 63 016[13]
Triplex 1991 25 793[14]
Room Service 1992 43 083[15]
L'Inconnu dans la maison 413 794[8]

Bibliographie [modifier]

Autobiographie [modifier]

Bandes dessinées [modifier]

Entretiens [modifier]

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]