Kilt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Homme portant un kilt

Le kilt (filleadh beag en gaélique écossais et parfois philabeag en anglais) est un habit traditionnel porté par les hommes des Highlands, les Hautes Terres d’Écosse, comme d'autres porteraient un pantalon. Le kilt est généralement une jupe portefeuille plissée (dos plissé tandis que le devant est constitué de deux panneaux qui se croisent) fait de pure laine aux motifs colorés d'un « tartan », terme dont l'équivalent en gaélique écossais est le mot breacan qui signifie « tacheté », et qui est beaucoup plus parlant.

Description[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Le kilt est un vêtement s'arrêtant au genou, doté de plis à l'arrière, et traditionnellement coupé dans du tartan de laine. Il s'agit du vêtement traditionnel des hommes et des garçons des Highlands écossais depuis le XVIe siècle. Depuis le XIXe siècle, il est associé de manière plus large à la culture de l'Écosse et à l'héritage écossais ou celtique à travers le monde.

Bien que le kilt écossais soit le plus souvent porté lors d'occasions formelles ou lors d'évènements traditionnels tels que les Highland Games ou la Burns Night, il a été récemment adopté comme élément du costume masculin décontracté.

Accessoires du kilt[modifier | modifier le code]

Le kilt, plat par devant, et plissé à l’arrière, est porté avec une large ceinture de cuir brun ou noir dont la boucle, habituellement argentée, est souvent ornée d'entrelacs ou du crest du clan du porteur.

Le sporran, accroché à la ceinture sur le devant du kilt, pallie l'absence de poche de ce dernier. Fait de cuir ou de fourrure, il peut reprendre les motifs de la boucle de ceinture et du sgian dubh.

Une épingle, fixée sur le premier volant juste au-dessus du genou droit, a pour fonction de maintenir le rabat en place et de lui éviter ainsi de se soulever. Elle figure généralement une épée dont la garde porte le crest du clan ou tout autre motif traditionnel.

Les ghillie brogues (chaussures). Les lacets sont longs et lacés spécifiquement de manière à former, de face, un triangle isocèle après avoir été tourné quatre fois ensemble (voir photo ci-dessus). Le nœud peut être fait soit sur le côté, soit sur le devant.

Que mettre sous le kilt ?[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, le kilt se port sans dessous. La majorité des porteurs de kilt ont leur propre préférence, et ne s’inquiètent généralement pas de ce que les autres peuvent porter (ou ne pas porter) sous leur kilt. Les uniformes portés par les membres de plusieurs régiments militaires ne s’accommodant pas de dessous, le port du kilt sans sous-vêtements est souvent qualifié de « régimentaire ».

Dans certaines circonstances, des dessous peuvent se révéler nécessaires. Il est souvent difficile à quelqu’un qui n’est pas familier du port du kilt de préserver sa pudeur quand il le porte à la régimentaire, particulièrement par vent fort. Un des plus anciens fabricants de kilts, ainsi que la plus ancienne maison de vente par correspondance d’Écosse, offrent à la vente des dessous spécialement conçus pour le kilt, mais la plupart des porteurs de kilt qui mettent des dessous choisissent des caleçons ou des slips classiques.

Pour finir, la décision de porter ou pas des dessous à certaines occasions revient au porteur de kilt[1]. Quel que soit son choix, ce qu’un gentilhomme porte sous son kilt ne regarde que lui. Il est de règle qu’un homme bien élevé se montre discret sur la question. Ainsi, la réponse à une question sur ce sujet peut laisser deviner la réponse, mais y répond rarement directement. La réponse peut également être « rien n’est abîmé (en anglais worn signifie à la fois porté pour un vêtement et abîmé). Tout est en parfait état de marche », ou « des chaussures et des chaussettes ».

Les Écossais ont également une réponse toute faite à cette question de savoir ce qu'ils portent sous leur kilt : « The future of Scotland » (L'avenir de l'Écosse).

Petite histoire du kilt[modifier | modifier le code]

Le kilt aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Sean Connery en kilt à Washington en 2004.

Le kilt est devenu une tenue habituelle pour les grandes occasions, les mariages, en habit de cérémonie avec un (haut-de-forme ou en jaquette pour les grandes occasions, de même que pour les cocktails en smoking. Le kilt est désormais porté par quiconque, peu importe sa nationalité ou ses origines. Bien qu'il puisse se porter avec une cravate blanche (c'est-à-dire une veste de frac), il est plus habituel de le voir porté avec une cravate noire (veste de smoking).

Les kilts sont devenus de plus en plus répandus comme vêtement de ville. Il n’est pas rare du tout de voir des kilts faire leur apparition dans des pubs écossais et irlandais, et il devient de plus en plus fréquent de les voir sur les lieux de travail. Le kilt se porte alors avec des chaussures noires, des chaussettes écrues roulées sur la chaussure, et peut-être même un tee shirt. On peut être un peu plus habillé en portant une chemise boutonnée et un pull, et même une veste de sport.

Souvent, le kilt et ses accessoires sont loués pour les grandes occasions, car l’ensemble du costume traditionnel coûte assez cher.

Aujourd'hui, les kilts plus légers avec de 3 à 5 mètres d'étoffe gagnent en popularité pour les randonnées, les bals (ceilidhs), et les matchs de football et de rugby (chez les spectateurs, bien sûr).

Le kilt moderne est plissé en plis plats ou en plis ronds[2] avec les plis cousus et le bas n'allant pas plus loin que le milieu du genou. De nos jours, un tissu plus léger est souvent utilisé.

Le kilt est traditionnellement réservé aux hommes, bien que des femmes se soient aussi vêtues d'un kilt, ou de jupes dessinées d'après des kilts, et les femmes joueuses de cornemuse portent fréquemment des kilts. Des jeunes femmes portent également des jupes plissées semblables à des kilts.

Les supporters de football, de rugby et des sports celtiques portent aussi le kilt, à l'occasion.

Pour les militaires, le kilt est un vêtement lourd de sept à huit mètres de laine, chaud, aux trames caractéristiques d’un clan (ou famille, organisation, ville, région ou pays) et qui descend jusqu’au-dessus du genou. Au Canada, un régiment militaire porte le kilt, les Black Watch et certains régiments historiques, entre autres les 78th Fraser Highlander.

Comme toutes sortes de robes, le kilt est soumis aux caprices de la mode. Depuis les années 1980, des kilts sont apparus dans des matières comme le cuir, le jean, le polyviscose (mélange de polyester et de viscose) et l’acrylique. Des couleurs unies ont aussi été utilisées à la place du tartan, ainsi que des motifs camouflage, prisé surtout par les Nord-Américains. Même si ces vêtements peuvent déplaire aux traditionalistes, ils apportent la preuve que le kilt a toujours sa place dans le monde de la mode, et qu’il continue à évoluer.

Le kilt symbole des nations celtes[modifier | modifier le code]

Les Irlandais ont aussi leurs kilts, soit de couleur unie utilisés principalement dans les pipes-bands ou lors des danses, soit en tartan, mais avec des tons différents de ceux de l’Écosse.

Leur port fut interdit au XVIIIe siècle après les soulèvements jacobites. Les kilts ont fait leur réapparition au XIXe au Pays de Galles et en Cornouailles pour les grandes occasions. Dans ces deux régions celtiques, le kilt est étroitement associé aux mouvements de renaissance celtique des XIXe et XXe siècles.

D'autres communautés celtiques aux quatre coins de la planète, en Bretagne également, mais particulièrement en Amérique, ont développé leur propre motif de kilt (comme la communauté celtique de Summerside à l'Île-du-Prince-Édouard, Canada), mais la plupart ont gardé le tartan de leurs ancêtres.

Depuis 2001, toujours dans cet esprit de renaissance celtique, le kilt a fait naturellement son apparition en Bretagne comme vêtement interceltique comme le précise son inventeur Richard Duclos, mais comme le dit M. Duclos lui-même, il n'a jamais été porté par des bretons car ce n'est pas un vêtement de tradition bretonne. Son inventeur précise que, pour lui, « une tradition il faut bien que cela commence un jour ». Passionné de kilt écossais, Richard Duclos alors qu'il était revenu de vacances d'Écosse avec un kilt écossais a pris conscience qu'il portait sur lui « une carte d'identité écossaise » et, considérant qu'il n'était pas Écossais mais Breton, il s'est dit : « je veux un kilt breton », après cela il a pris ses pinceaux et son crayon et au bout de six mois le tartan national breton était né. Le porter était pour lui une façon de revendiquer sa « bretonitude », chose qu'il ne pouvait faire qu'avec une vareuse de pêcheur breton avant (propos recueillis lors d'une interview de Richard Duclos sur radio-fidélité dans l'émission Bretagne magazine et en podcast sur www.acb44.com).

Il existe actuellement 17 tartans bretons dont le Brittany National (National Breton) créé en mars 2002. Les autres tartans sont les neuf tartans pour les pays traditionnels qui composent la Bretagne : Kerne, Leon, Tregor, Gwened, Dol, Saint-Malo, Rennes, Nantes et Saint-Brieuc, mais également le Brittany Walking (tartan de chasse), le Menez Du, le Spered Menez Are (Esprit des Monts d'Arrée), le Bro Vigouden, le Brittany National Grey (déclinaison moderne du tartan national breton). Créé en 2010, le dernier né de la lignée des tartans bretons est le Eusa, le tartan de l'Ile d'Ouessant. Il existe également un tartan « Chevalier breton » (cf. Maison du Kilt à Paris). Tous les tartans bretons sont enregistrés officiellement en Écosse.

Le kilt au-delà de la Celtie[modifier | modifier le code]

Depuis avril 2005, la Normandie dispose d'un tartan appelé « National Normandy » déposé très officiellement en Écosse et qui commémore les mercenaires normands (qui étaient accompagnés d'une armée de Bretons) qui se sont installés sur les terres écossaises, après le couronnement de Guillaume le Conquérant. Certains d'entre eux sont à l'origine de grandes dynasties comme les Sinclair ou les Menzies.

Dans le mouvement punk il y a aussi nombre de personnes qui portent le kilt bien qu'il soit éclipsé par le pantalon écossais (trews). Il est généralement porté avec des chaussures de sécurité ou des bottes d'armée, et un t-shirt généralement simple.

Le kilt dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans la série télévisée Kaamelott, une malencontreuse chute de cheval dans une flaque d'eau fait rouiller les jambières de l'armure de Calogrenant, roi de Calédonie (actuelle Écosse). Afin de rester présentable devant les autres chevaliers à la Table Ronde, il dut se couvrir les jambes d’une étoffe à carreaux. Les Chevaliers de la Table Ronde n'étant autorisé à siéger qu'en armure ou dans la tenue officielle de leur pays d'origine, Arthur décide alors que cette jupe est le « costume officiel de la Calédonie » afin de respecter les conventions de la Table Ronde, inventant ainsi le kilt (épisode La Jupe de Calogrenant).

Personnalités connues qui portent le kilt[modifier | modifier le code]

On a pu voir certaines personnalités du monde du spectacle arborer un kilt pour des occasions spéciales. Le premier à l'avoir fait fut Sean Connery. D'autres artistes écossais l'ont "osé" depuis. James McAvoy qui joua dans Le Dernier Roi d'Écosse porte parfois le tartan des Johnstone (le clan de son grand-père), mais il admet que la couleur ne compte pas vraiment à ses yeux. Un autre acteur écossais, Ewan McGregor (d'illustre lignage), s'est aussi affiché en public avec les couleurs de son clan. John Barrowman l'a porté lors de son « civil partnership » avec l'architecte Scott Gill. Quant à Gerard Butler, on sait d'après ses dires qu'il porta le kilt pour quelques occasions solennelles pour sa famille — et il n'en garde pas un bon souvenir.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les entreprises louant des kilts imposent cependant le port de sous-vêtements.
  2. Étant donné l'origine britannique du kilt, on rencontre souvent les termes anglais knife pleat et box pleat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur l'invention du kilt au XVIII et XIX : cf Trevor-Roper Hugh, 2006, « La tradition des Highlands », dans : Hobsbawm Eric et Ranger Terence, L'invention de la tradition, éditions Amsterdam, Paris, pp. 27-54

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :