Georges Courteline

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Georges Courteline

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Georges Courteline vers 1890.

Nom de naissance Georges Victor Marcel Moinaux
Naissance
Tours
Décès (à 71 ans)
Paris
Activité principale
Distinctions
Membre de l'Académie Goncourt
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Théâtre

Œuvres principales

Le commissaire est bon enfant (1900), L'article 330 (1900), La paix chez soi (1903), Les balances (1901)

Georges Moinaux ou Moineau[1], dit Georges Courteline, est un romancier et dramaturge français, né le à Tours, mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Courteline est le fils de l'écrivain et auteur de théâtre Joseph Moineaux, connu sous le nom de plume de Jules Moinaux.

Georges Courteline, né à Tours en 1858, est, cependant, un authentique enfant de la Butte Montmartre. Fidèle à Montmartre, il va jusqu'à renier sa déclaration de naissance qui le faisait naître à Tours. Il n'a que 5 ans, lorsque ses parents, qui l'ont abandonné à ses grands-parents, à Tours, le font revenir à Paris. Tous les étés, la famille s'installe dans une villa à Montmartre rue de la Fontenelle puis rue du Chevalier-de-la-Barre. C'est là que se rendent en visite toutes les célébrités du théâtre du Second Empire et Courteline en garde toute sa vie un souvenir impérissable[2].

Après ses études au collège de Meaux, il fait son service militaire à Bar-le-Duc en 1879 au 13e régiment de chasseurs à cheval qui lui inspirera quelques-unes de ses célèbres satires. En 1880, il entre comme expéditionnaire au ministère de l'Intérieur, à la Direction générale des cultes, et se met à écrire sous le pseudonyme de Courteline pour ne pas être confondu avec son père, Jules Moinaux[3]. Dans ses écrits, il prend notamment pour cible les fonctionnaires. Il a la chance d'avoir pour directeur Charles Dumay, un anticlérical convaincu qui a des velléités d'auteur dramatique et dont la nomination désespère le clergé. Courteline le fait bénéficier de ses relations dans la presse pour que celle-ci loue le directeur qui s'emploie à mener la vie dure à ses administrés religieux, en échange Dumay lui permet d'être peu assidu à son poste d'expéditionnaire et de se consacrer à l'écriture[4]. Il s'installe au 89 de la rue Lepic dans une villa qu'il habite entre 1890 et 1903[5]. Sa compagne et muse, l'actrice Suzanne Berty (13 novembre 1868 - 6 mai 1902), lui donne deux enfants : Lucile- Yvonne Moineau, née en 1893, et André Moineau, né en 1895 et qui consacrera sa vie au théâtre comme acteur et décorateur, sous le nom de Moineau-Courteline. Le 26 mars 1902, il épouse Suzanne, atteinte d'une tuberculose mortelle, et légitime ainsi ses deux enfants[6]. Après le décès de sa femme, il rencontre une actrice pétillante, Marie-Jeanne Brécou. Il quitte Montmartre pour s'installer de 1907 à 1923 au no 43 avenue de Saint-Mandé, non loin de sa mère mourante[7]. Il épouse Marie-Jeanne le 2 décembre 1907[8].

Georges Courteline vers 1900.

Petit homme sec, ronchonnant et rouspétant, il descend, tous les jours et à la même heure, la rue Lepic pour se rendre avenue Trudaine à l'Auberge du Clou qu'il fréquente régulièrement de 1888 à 1893. Là il commande un « précipité », mélange de Pernod et d'anisette. Il corrige des articles destinés à L'Écho de Paris ou joue aux cartes tempêtant, enguirlandant ses partenaires. Mais il se livre aussi à de sacrés canulars…

Ainsi il crée le conomètre ou idiomètre, un tube de verre gradué de 10 à 50 rempli d'alcool coloré en rouge et communiquant par un long tuyau en caoutchouc avec le sous-sol. Selon un langage convenu avec Courteline, un compère soufflait plus ou moins fort pour faire monter l'alcool dans le tube. De la sorte chacun, en prenant en main le tube, pouvait connaître son degré de stupidité. Le patron, qui n'était pas au courant de cette supercherie, dut lui aussi passer l'épreuve. Bien entendu l'alcool monta au maximum aspergeant le patron et les clients les plus proches. Une réplique de son invention trône encore aujourd'hui dans le restaurant[9]

Courteline revient quelques années plus tard, mais il y joue au bridge et y consomme des boissons plus légères. Le bistrot fut pendant longtemps son laboratoire, dans lequel il rencontre ses « échantillons de la bêtise humaine ». En 1896, il est, avec Paul Delmet, Millanvoye et Albert Michaut un des quatre fondateurs de la goguette du Cornet[10].

Tombe de Georges Courteline au cimetière du Père-Lachaise (89e division), à Paris.

Georges Courteline se définit lui-même comme un observateur avisé de la vie quotidienne. S’inspirant de ses expériences de militaire, d’employé au ministère des Cultes, d’habitué des cafés parisiens, ou de promeneur solitaire, il s’efforce de retranscrire les petites comédies humaines qui l’entourent en pièces d’un acte, contes ou romans. Il met ainsi en scène des personnages comiques par le contraste qui existe entre leur modeste condition et leur ego très développé. Des fonctionnaires grisés par leur statut, des employés revendicatifs, des maris pleutres ou des dandys fêlés se retrouvent pêle-mêle dans une œuvre magistrale.

Tout le génie de Courteline est de faire rire le public tout en attirant la sympathie et l’indulgence pour ces personnages si vrais et si humains. Il touche ainsi aux sources vives de la comédie en suivant sa définition dépeindre les mœurs en riant.

Il arrête d'écrire en 1912, gérant les droits que lui rapportent son œuvre théâtrale. Il édite La Philosophie de Courteline en 1917. La plume de Courteline a la simplicité et la pureté des grands classiques, ce qui lui vaut une reconnaissance rapide. André Antoine lui demande d’écrire pour son Théâtre-Libre. La Paix chez soi et Boubouroche entrent au répertoire de la Comédie-Française en 1903 et 1910. Ses pièces sont adaptées au cinéma. Courteline est décoré de La Légion d’honneur en 1899, est fait officier de la Légion d'honneur en 1912 et commandeur de la Légion d'honneur le 4 août 1921 le 14 juillet 1921[11]. Le 24 juin 1926, il reçoit un grand prix de l'Académie française et est élu à l'Académie Goncourt le 24 novembre 1926[12].

En 1924, une inflammation de l'orteil occasionne une opération chirurgicale compliquée par le diabète. La gangrène sèche gagne rapidement la jambe droite et il subit une amputation le 5 janvier 1925. De 1925 à 1927, il corrige et annote ses Œuvres complètes. Sa santé ne cesse de décliner et il doit subir l'amputation de la jambe gauche le 23 juin 1929, le faisant sombrer dans un coma fatal[13]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sur la stèle de sa tombe est inscrit cette épitaphe « J'étais né pour rester jeune et j'ai eu l'avantage de m'en apercevoir le jour où j'ai cessé de l'être. »

Le pseudonyme « Courteline »[modifier | modifier le code]

Courteline vers 1921.

On lit parfois que Georges Moinaux a choisi le pseudonyme « Courteline » car c'était le nom du moineau[14] dans le Roman de Renart ; ce ne peut être la bonne raison, car le moineau du Roman de Renart ne s'appelle pas Courteline mais Drouin[15] ou Drouineau. Il semble que Georges Moinaux ait opté pour « Courteline » « parce que cela sonnait bien. Ainsi, un musicien assemble des sons au caprice de son inspiration[16] ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

En 1930, dans le 12e arrondissement de Paris, une avenue Courteline a été nommée d'après l'écrivain. Il existe aussi dans ce même arrondissement un square Courteline où se trouve un buste de l’écrivain.

À Tours, sa ville natale, une rue porte son nom car il a vécu au no 49 de cette rue comme l'atteste une plaque posée sur la façade de la maison.

L'un des bâtiments du lycée de Meaux où il étudia porte son nom.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Moinaux ou Moineau ? Le patronyme semble n'avoir jamais été fixé définitivement. Le père de Joseph-Désiré inscrit son fils sous le nom de Moineau mais signe Moinaux. Un oncle, né en 1826, est enregistré sous le nom de Morinaux et opte plus tard pour Moineaux… Les générations suivantes utiliseront Moinaux ou Moineau indifféremment, sans que jamais le choix soit signifiant. » Emmanuel Haymann, Courteline, Flammarion, 1990, p. 13
  2. Emmanuel Haymann, Courteline, Flammarion,‎ 1990, p. 24
  3. Roger Le Brun, Georges Courteline, les célébrités d'aujourd'hui, E. Sansot éditeur, 1906, sur Google livres
  4. Emmanuel Haymann, Courteline, 1990, p. 70
  5. Emmanuel Haymann, Courteline, 1990, p. 138
  6. Julien Dieudonné, Aurélie de Cacqueray, Myriam Provence, Sophie Condat, Familles d'écrivains, Archives & culture,‎ 1999, p. 68
  7. Georges Courteline, Messieurs les rondes-de-cuir, Garnier-Flammarion,‎ 1966, p. 9
  8. Stéphane Guinoiseau, Comédies de Courteline, Hachette Éducation,‎ 2008, p. 122
  9. Rodolphe Trouilleux, Montmartre des écrivains, Bernard Giovanangeli Editeur,‎ 2005, p. 44
  10. Brigitte Level, À travers deux siècles, le Caveau, société bachique et chantante, 1726-1939, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, Paris 1988, page 196.
  11. Emmanuel Haymann, Courteline, Flammarion,‎ 1990, p. 219
  12. Albert Dubeux, La curieuse vie de Georges Courteline, P. Horay,‎ 1958, p. 204
  13. Emmanuel Haymann, Courteline, Flammarion,‎ 1990, p. 236
  14. Aperghis mitonne des «Boulingrin» de folie par Éric Aeschimann, le 15 mai 2010 sur www.liberation.fr
  15. Renard et Drouin le moineau
  16. « Pourquoi Courteline? Tout simplement, m'avoue-t-il, parce que cela sonnait bien. Ainsi, un musicien assemble des sons au caprice de son inspiration : et c'est encore la pure fantaisie qui a guidé Courteline dans le choix de son pseudonyme. Je n'affirmerais pas qu'à certains jours Courteline, obsédé par le masque qu'il a mis sur son nom, ne rêve d'en changer. Oui, mais succès oblige ; et Courteline trainera son pseudonyme comme un boulet triomphal. » Le Théâtre (revue), numéro 133 à 144, p. 54, Manzi, Joyant et cie éditeurs, 1904, sur Google livres »
  17. Cf. Georges Courteline, Ombres parisienne, Paris, E. Flammarion, 1894.
  18. Cette œuvre contient une boutade célèbre : « Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole. »
  19. Synopsis de Godefroy. C'est dans cette pièce que se trouve la citation suivante : « Il pleut des vérités premières. Tendons nos rouges tabliers. » La formule renvoie à un vers de Victor Hugo : « Enfants, cachez vos rouges tabliers » (Odes et Ballades).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Courteline, Théâtre, Paris, Flammarion, 1929
  • Roland Dorgelès, Quand j'étais Montmartrois, Albin Michel, 1936 (tout le chapitre VIII (« Le jardin de Courteline », p. 275 sq)
  • « Montmartre », Le Crapouillot, juillet 1959
  • Emmanuel Haymann, Courteline, Paris, Flammarion, 1990 (ISBN 208066252X et 9782080662521)

Liens externes[modifier | modifier le code]