Titanic (film, 1997)

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Titanic

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Logo original du film

Réalisation James Cameron
Scénario James Cameron
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
Paramount Pictures
Lightstorm Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
romance
catastrophe
Sortie 1997
Durée 194 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Titanic est un film dramatique américain écrit, produit et réalisé par James Cameron, sorti en 1997 et ressorti en 3D en 2012 pour les cent ans du naufrage.

Il raconte l'histoire de deux passagers du paquebot Titanic. L'une, Rose, est une passagère de première classe qui tente de se suicider pour se libérer des contraintes imposées par son entourage, et le second, Jack, est un vagabond embarqué à la dernière minute en troisième classe pour retourner aux États-Unis. Ils se rencontrent par hasard lors de la tentative de suicide de Rose et vivent une histoire d'amour vite troublée par le naufrage du paquebot.

Le cadre du film, reconstitution fidèle du naufrage, a été mis au point avec l'aide de deux historiens, Don Lynch et Ken Marschall. Le tournage a nécessité la construction d'une maquette quasi grandeur nature du paquebot, des expéditions sur l'épave et de nombreux effets spéciaux, notamment numériques. Le film a entraîné un regain d'intérêt notable pour le véritable Titanic qui s'est traduit par la publication ou la réédition de nombreux ouvrages sur le sujet.

Le film est l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma et a égalé le record de onze Oscars en 1998, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. En France, ce film aura cumulé un total de près de 22 millions de spectateurs avec les reprises (dont 20,7 millions d'entrées lors de sa première sortie en janvier 1998), plaçant le film en tête du box-office français de tous les temps. Dans le monde entier, il reste le deuxième plus grand succès du box-office mondial (en termes de recettes), après Avatar également réalisé par James Cameron.

La version 3D de Titanic est sortie en salles le 4 avril 2012 afin de rendre hommage au naufrage du Titanic à l'occasion de son centenaire.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le Titanic est le lieu central de l'action.

Brock Lovett est le coordinateur d'une équipe qui fouille méticuleusement l'épave du Titanic, paquebot géant réputé insubmersible qui connut pourtant un destin tragique. Lors d'une plongée en sous-marin miniature, il espère mettre enfin la main sur le Cœur de l'Océan, un bijou unique à la valeur inestimable, porté par Louis XVI, dont la découverte lui apporterait la gloire (ce bijou est inspiré du diamant bleu de la Couronne). Mais il remonte des profondeurs un coffre-fort qui se révèle ne contenir qu'un dessin représentant une jeune fille nue portant le bijou en pendentif.

À des milliers de kilomètres de là, une vieille dame, Rose Calvert (passagère fictive), découvre ce dessin sur l'écran de son téléviseur. Elle contacte Lovett et lui affirme qu'elle est la jeune fille en question. Étant l'une des rares personnes à avoir survécu au naufrage du Titanic encore en vie, elle raconte à Lovett et à son équipe la croisière inaugurale du paquebot, son naufrage, ainsi que l'histoire d'amour qu'elle a vécue avec Jack Dawson, un artiste voyageant en troisième classe.

Le 10 avril 1912, elle embarque en effet sur le Titanic avec son fiancé, Caledon Hockley, sa mère, Ruth, et leurs domestiques. Pendant ce temps, dans un pub du port, quatre hommes disputent une partie de poker. Deux d'entre eux, Olaf et Sven, ont misé leurs billets de troisième classe pour le Titanic, billets que remportent finalement leurs adversaires, Jack et Fabrizio. Ceux-ci embarquent ainsi sur le paquebot. Alors que commence la traversée, Rose se sent de plus en plus piégée par une haute société qui veut lui faire épouser un homme qu'elle n'aime pas. Finalement, un soir après le dîner, elle tente de se suicider en sautant de l'arrière du navire. Jack, qui flânait sur le pont, se précipite à son secours et réussit à la sauver. Lorsque Cal et d'autres passagers arrivent sur les lieux, ils décident d'inviter Jack à dîner avec eux en première classe pour le remercier.

Reproduction du Cœur de l'Océan, bijou au centre de l'action du film.

Le lendemain, Jack et Rose passent la journée ensemble sur le pont du Titanic, discutant de leur vie. Rose envie l'indépendance de Jack et son absence d'attaches. Avec l'aide de Margaret « Molly » Brown, Jack réussit à se rendre présentable pour le dîner où la plupart des invités se montrent amicaux, à l'exception de Ruth et de Cal qui n'affichent que du mépris à son égard. Il est également présenté à de riches passagers, comme le milliardaire John Jacob Astor et sa jeune épouse Madeleine. Après le repas, Jack invite Rose à une fête en troisième classe, sans savoir qu'ils sont épiés par le valet de Cal, Lovejoy.

Le matin suivant, Cal s'énerve contre Rose et la sermonne sur ce qu'une bonne future épouse se doit d'être. Sa mère exprime également ses craintes : si le mariage n'a pas lieu, leur famille, ruinée, perdra tout. Rose décide donc de se sacrifier pour le bien de sa mère. Jack s'introduit frauduleusement en première classe pour la raisonner, mais en vain : Rose refuse. Ce n'est qu'au coucher du soleil qu'elle se décide à le rejoindre et à quitter le carcan dû à son rang. Elle demande à Jack de la dessiner nue, ne portant que le Cœur de l'Océan offert peu de temps avant par Cal. Après s'être exécuté, Jack et Rose sont obligés de fuir Lovejoy, se réfugiant dans les salles des chaudières puis dans la cale, où ils font l'amour. Peu après être ressortis sur le pont, ils assistent à la collision du Titanic avec un iceberg.

Tous deux décident d'aller prévenir Ruth et Cal et retournent à la cabine de Rose, mais en chemin, Lovejoy glisse le bijou dans la poche de Jack, qui est accusé du vol et enfermé dans le bureau du capitaine d'armes. Rose, mise au courant de la gravité de la situation par le concepteur du navire, Thomas Andrews, se prépare à monter dans un canot avec sa mère, mais change d'avis au dernier moment et se précipite au secours de Jack. Après sa libération, tous deux réussissent à gagner le pont des embarcations. Jack et Cal persuadent Rose de monter dans un canot (Cal a en effet un arrangement avec le premier officier William Murdoch et fait croire à Rose que Jack en profitera aussi), mais celle-ci s'enfuit à nouveau.

Jack et Rose sont alors poursuivis par Cal, qui s'est emparé d'une arme. Finalement, celui-ci abandonne pour sauver sa propre vie et remonte sur le pont. Cependant, dans la panique, l'officier lui rend son argent et après avoir tué deux passagers, se suicide. Cal s'empare alors d'une fillette et l'utilise comme prétexte pour embarquer sur un des derniers canots. Jack et Rose rencontrent Andrews dans le fumoir (celui-ci a décidé de sombrer avec le paquebot), et sont finalement contraints de se réfugier sur le pont arrière. Pendant ce temps, Fabrizio, l'ami de Jack, est tué par la chute de la première cheminée du paquebot. Lorsque le navire sombre, les deux amants se retrouvent dans l'eau glacée et trouvent pour refuge une pièce de boiserie. Seule Rose peut monter dessus, et Jack se laisse mourir pour elle. Rose réussit à signaler sa présence au canot de l'officier Harold Lowe, venu chercher des survivants. Les rescapés du naufrage sont pris à bord du Carpathia, Rose comprise. À son arrivée à New York, elle donne pour nom à l'homme qui établit une liste de rescapés « Rose Dawson », et ne donne plus de signe de vie à sa famille.

De retour en 1996, Rose conclut son histoire, expliquant que Cal, à sa connaissance, s'est suicidé pendant la Grande Dépression. Nul ne sait ce qu'il est advenu du Cœur de l'Océan, mais Brock Lovett déclare avoir enfin compris le sens de l'histoire du Titanic. La nuit venue, Rose jette le bijou dans l'Atlantique (il était en réalité resté en sa possession la nuit du naufrage), puis s'endort ou meurt dans sa cabine (l'interprétation restant confuse pour le spectateur). Elle rejoint Jack et toutes les victimes du naufrage dans le Grand Escalier du Titanic pour un baiser final.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette fiche technique est établie à partir d'IMDb[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Personnages fictifs[modifier | modifier le code]

Personnages historiques[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

James Cameron a écrit, produit et réalisé le film.

La réalisation de Titanic a requis de nombreuses prouesses techniques et un recours à des techniques peu utilisées à l'époque comme la création de figurants et de cascadeurs virtuels. James Cameron a écrit, réalisé et monté le film qu'il a également produit lui-même par le biais de sa maison de production (Lightstorm Entertainment). Certains plans utilisent des figurants réels, des maquettes, des éléments entièrement conçus par ordinateur, comme la mer et des personnages. Le film est en effet l'un des premiers à avoir utilisé des cascadeurs retouchés numériquement pour leur donner diverses apparences et pour créer des foules, comme dans la scène du départ[9].

En raison de la longueur déjà très importante du film, plusieurs scènes présentes dans le script n’ont pas été tournées ou ont été finalement coupées lors du montage, comme la scène précédant la tentative de suicide où Rose va dans sa cabine, brise son miroir, arrache son collier et se décoiffe ; la scène de rixe entre Jack et Lovejoy peu avant que la navire se brise ; ou encore la scène sur le Carpathia où Cal retrouve Rose, cette dernière lui annonçant que tout est fini[10]; ainsi que plusieurs scènes historiques (lorsque le commandant Smith et les officiers aperçoivent au loin un vaisseau qui semble être le Californian ; une autre scène rapportée par les témoins à l'époque montre le milliardaire John Jacob Astor rassurant son épouse Madeleine dans le gymnase du paquebot en éventrant un gilet de sauvetage pour lui montrer le liège qu'il contient).

Naissance du projet[modifier | modifier le code]

Le projet, depuis longtemps présent dans l'esprit de Cameron, a commencé à voir le jour quand le réalisateur a filmé des icebergs au large de la Nouvelle-Écosse, donnant au film le titre fictif de Planet Ice[11]. Le projet prenant forme, les studios ont envisagé plusieurs acteurs pour jouer le rôle de Jack Dawson, notamment Macaulay Culkin. Matthew McConaughey et Chris O'Donnell ont également été considérés pour le rôle, mais Cameron voulait un acteur plus jeune[12]. Concernant le rôle de Rose, Gwyneth Paltrow (pour Rose jeune) et Fay Wray (pour Rose âgée) ont été envisagées, cette dernière refusant par peur que cette expérience soit traumatisante pour elle. Robert De Niro s'est quant à lui vu offrir le rôle du capitaine Smith mais a dû refuser, souffrant à l'époque d'une infection gastro-intestinale[13].

Les acteurs campant des personnages réels, par exemple Bernard Hill (le commandant Edward Smith), Eric Braeden (John Jacob Astor IV) ou Jonathan Hyde (Joseph Bruce Ismay) ont été choisis pour leur ressemblance physique avec le personnage qu'ils interprètent[14].

Coût[modifier | modifier le code]

Titanic a été à sa sortie, le film le plus cher jamais produit, avec des coûts de plus de 200 millions de dollars[15]. Il a depuis été dépassé par Avatar et Spider-Man 3. Le budget initial étant de 110 millions de dollars[Note 3],[16],[3], Cameron avait renoncé de lui-même à son cachet de 8 millions de dollars, ainsi qu'à ses royalties[17] pour compenser le dépassement (il a cependant reçu une compensation une fois le succès du film assuré)[18].

Reconstitution du paquebot et de son naufrage[modifier | modifier le code]

« Redonner vie à ce bateau a été pour moi une plus grande satisfaction que de le faire couler à nouveau. »

— James Cameron[19]

Le Grand Escalier de l’Olympic a inspiré les décorateurs pour recréer celui du Titanic.

Pour les besoins du tournage, une maquette à taille réelle du paquebot a été construite[Note 4],[20]. Les constructeurs ont pour cela consulté les plans originaux du paquebot fournis par les chantiers Harland and Wolff, constructeurs du Titanic[21]. Une maquette d'étude de huit mètres a également été construite avant le début des travaux[22]. La construction du décor grandeur nature a débuté le 31 mai 1996, 85 ans jour pour jour après le lancement du Titanic[23]. Selon Jon Landeau, producteur du film, tourner sur une maquette de cette taille a évité un millier d'effets spéciaux[24]. Pour faire des économies, seul un côté de la coque a été construit. Des observations météorologiques ont déterminé que le meilleur côté était le flanc tribord du paquebot. Or, le jour de son départ, le Titanic présentait son flanc bâbord au quai. Il a donc été décidé de tourner la scène du départ du Titanic à l'envers et de la mettre dans le bon sens en postproduction. Les accessoires, costumes et véhicules présents pour la scène ont donc été conçus avec des inscriptions inversées pour correspondre[25].

Le réalisme a été poussé assez loin puisque les bossoirs du décor ont été fournis par la société Wellin, qui a conçu ceux du Titanic[26]. Lors du tournage, les chaloupes ont réellement été affalées et descendues le long de la coque ce qui a permis aux acteurs et membres de l'équipe de comprendre le sentiment d'angoisse qui a pu saisir les passagers priés d'embarquer dans ces canots[27]. Le navire ainsi reconstitué dans ses moindres détails pouvait être incliné grâce à huit cylindres hydrauliques[28]. Pour les scènes finales, la structure a été coupée en deux pour faciliter le tournage et l'immersion. La partie avant pouvait être abaissée pour s'immerger[29], tandis que la partie arrière était placée sur une plate forme basculante qui lui permettait de se dresser[30].

Pour filmer les scènes où le navire est en pleine mer, ainsi que certaines scènes du naufrage, le studio Digital Domain, chargé des effets spéciaux, a utilisé une maquette du Titanic au 1/20e[31]. Le Carpathia n'a en revanche pas été reconstruit. Les scènes qui s'y déroulent ont en réalité été tournées sur le décor du Titanic réaménagé[32].

Des décors intérieurs indépendants ont également été créés, représentant la salle à manger de première classe et le Grand Escalier[Note 5],[33]. Les deux décors ont été conçus de façon à pouvoir être inclinés et immergés pour les scènes du naufrage[Note 6],[34]. Les moquettes de la salle à manger ont été fournies par la compagnie qui avait produit le modèle authentique[35].

À l'inverse, d'autres décors comme celui du fumoir ne pouvaient être inclinés. Pour les scènes de naufrage se déroulant dans de tels décors, par exemple lorsque Jack et Rose parlent une dernière fois avec le concepteur du navire, Thomas Andrews dans le fumoir, les acteurs ont dû simuler eux-mêmes l'inclinaison du navire en se penchant de côté, de même que la caméra[36]. Il a également fallu placer des accessoires spéciaux, comme des verres au contenu solide et incliné[Note 7],[37]. Enfin, certains décors n'ont été créés qu'en maquettes à échelle 1/4, comme le salon de première classe. Les acteurs ont donc tourné sur fond vert les scènes où ils se trouvent dans cette pièce, puis ont été intégrés dans le décor durant la postproduction[38].

Pour loger les décors immergeables, la 20th Century Fox a acquis seize hectares de terrain le long des côtes de Rosarito, en Basse Californie mexicaine. Des opérations de dynamitage ont débuté en juin 1996 pour creuser les bassins, le plus grand ayant une capacité de 85 millions de litres, et le second de 25 millions[24]. Un autre bassin d'une capacité de 1,6 million de litres, a quant à lui servi au tournage des scènes montrant les naufragés qui se débattent dans l'eau glacée et les rescapés dans les canots[39].

Visites de l'épave et tournage sur celle-ci[modifier | modifier le code]

James Cameron a tenu à visiter l'épave du Titanic avant le tournage[40]. Il a pour cela participé à des plongées sous-marines sur l'épave avec l'équipe du docteur Anatoly Sagalevitch[41]. Cameron a demandé six millions de dollars à la Fox et à la Paramount Pictures pour s'embarquer sur un navire de recherche russe, l’Akademik Mstislav Keldych, et filmer le Titanic à plus de 3 700 mètres de profondeur.

En 17 jours, Cameron a effectué 12 plongées et a pu pénétrer dans l'épave grâce à une caméra télécommandée spécialement mise au point par son frère ingénieur, un ROV[42]. Il a notamment pu filmer une des deux suites de luxe (dites « des millionnaires ») du navire (celle de Rose dans le film, qui était en réalité celle de Joseph Bruce Ismay) et la salle de réception du navire[43].

Le film s'ouvre sur une plongée sur l'épave menée par Brock Lovett (Bill Paxton). L'équipage du sous-marin du film comprend notamment Sagalevitch (qui dans le film, est nommé Anatoly Mickaelavich), car, selon Cameron, il « se devait d'être dans le film », étant le créateur des sous-marins Mir utilisés pour l'exploration et pour le film[44]. Ces scènes ont cependant été tournées en studio, à l'aide d'une maquette de l'épave fixée au plafond pour que le tournage soit plus facile[24]. Les scènes à l'intérieur de l'épave ont quant à elles été tournées dans une reproduction fidèle de la salle de réception et de la cabine de Rose telles qu'elles sont sur le site. Le décor, à taille réelle, était immergé, et la scène tournée grâce au ROV[45]. Les seules images venant de l'épave sont celles de la cheminée du petit salon de la suite de Rose[3], d'un battant de porte de la salle de réception ainsi que des restes du Grand Escalier.

Les scènes à bord du Keldysh représentant Rose âgée (Gloria Stuart), ont réellement été tournées sur l’Akademik Mstislav Keldych, utilisé pour les expéditions. Pour la scène d'arrivée de Rose et de sa petite-fille, il a fallu tourner sur l'héliport d'un navire de garde-côtes, le Keldysh n'étant pas pourvu d'une telle installation[46].

En 2001, Cameron a de nouveau effectué des plongées sur l'épave, plongées qu'il a filmées. Les vidéos apparaissent dans un film en trois dimensions commenté par Bill Paxton, Les Fantômes du « Titanic » (Ghosts of the Abyss) sorti en 2003[47]. Cameron a également utilisé le Keldysh et les submersibles Mir pour une expédition sur l'épave du cuirassé Bismarck coulé en 1941, et a réalisé un documentaire, Expedition: « Bismarck », présenté en 2002[48].

Digital Domain[modifier | modifier le code]

Pour réaliser les effets spéciaux de son film, James Cameron a demandé les services d'une société qu'il a lui-même créée en 1993, Digital Domain[49]. Les effets spéciaux ont été supervisés par Rob Legato[50]. Leur rôle a notamment consisté à donner vie au navire lors de la traversée, puis du naufrage, dans les plans d'ensemble. En effet, il était impossible de filmer le décor à taille réelle en mouvement. Le studio a donc été chargé de placer des acteurs numériques (dont les personnages principaux) sur la maquette au 1/20e. C'est notamment le cas dans le plan où Jack et Fabrizio sont à la proue du navire tandis que la caméra survole le navire, plan auquel les producteurs du film ont donné le surnom de « plan à un million de dollars[51] ». Pour celui-ci, Cameron leur a demandé d'imaginer qu'ils réalisaient une publicité pour la White Star Line, le navire voguant au large de la Californie[52]. Des acteurs ont tourné sur fond noir, avec des costumes noirs munis de ronds semblables à des balles de ping-pong, puis des informaticiens s'en sont servis pour reconstituer une doublure virtuelle reprenant les mouvements de l'acteur. Dans ce but, Legato a même fait reproduire le visage de ses enfants parmi les nombreux visages créés pour le film[53].

Durant le naufrage, Digital Domain a également eu recours aux doublures virtuelles, notamment pour les chutes de passagers lorsque la partie arrière du navire s'élève au-dessus des eaux. Il s'agit à l'origine de chutes de treize mètres, mais les effets spéciaux en ont fait des chutes de 60 mètres et plus[54]. De même, lorsque les héros s'embrassent avant le plongeon final du navire, ils se trouvent sur un décor d'une quinzaine de mètres au-dessus d'un fond vert. Le reste du navire, les chutes, les remous de l'eau et autres éléments ont été ajoutés par la suite[55]. D'autres éléments, comme la buée ou la vapeur s'échappant de la bouche des passagers, sont également l'œuvre du studio[19].

Digital Domain est enfin l'auteur de la séquence informatique présentant le naufrage au début du film. Cameron voulait en effet que le naufrage sur sa partie technique soit expliqué dès le début du film, pour pouvoir ensuite se concentrer sur l'action à proprement parler[56]. La façon dont la collision est présentée par Cameron était une supposition de sa part qui a été confirmée par des expéditions sur l'épave[57].

« Tout le monde peut faire de belles images de choses inconnues. Rares sont ceux qui peuvent tendre un miroir au réel. »

— James Cameron[50]

Costumes, maquillage et attitudes[modifier | modifier le code]

Afin de recréer l'ambiance des années 1910, des costumes ont été créés par Deborah Scott, ainsi que de nombreux accessoires, des assiettes aux cintres[58],[59]. Les nombreux figurants ont tous un costume d'époque, et les personnages principaux ont pour leur part de nombreuses tenues différentes, comme le voulait la tradition de l'époque dans les hautes sphères de la société[60].

Les plus gros efforts de maquillage et d'habillement ont cependant été déployés dans les scènes du naufrage et surtout après celui-ci. Les passagers morts de froid ont en effet été « gelés » artificiellement[61], opération qui a sans cesse due être réitérée[62],[63], le maquillage étant toujours dilué à cause de l'eau.

Afin que les acteurs incarnant des passagers de première classe se comportent comme l'auraient fait ceux de l'époque, un professeur, Lyne Hockney, était chargé de leur enseigner l'étiquette[64]. Il fallait en effet que les femmes apprennent à porter un corset, à se tenir à table, et Hockney a même appris aux acteurs à rire comme on le faisait à l'époque[65].

Cameron derrière la caméra[modifier | modifier le code]

En plus d'être le réalisateur du film, James Cameron a également tourné certaines scènes, parfois de façon particulière[66]. Les images du générique d'introduction, montrant le navire quittant le port de Southampton sous forme d'images d'archives, ne sont pas de réelles images d'époque. Elles ont en revanche été tournées par Cameron lui-même avec une caméra d'époque à manivelle, filmant 16 images par seconde[67].

Il a également filmé une scène plus périlleuse, celle de la mort du capitaine Smith sur la passerelle de navigation. La scène a été tournée avec un cascadeur, dans une cabine en acier immergée, et la pièce a réellement été envahie par des trombes d'eau, Cameron filmant en combinaison de plongée[68],[69]. Cameron est également l'auteur des dessins de Jack. Ce sont d'ailleurs ses mains que l'on voit dans la scène où Jack dessine[3].

Respect de l'histoire[modifier | modifier le code]

Dans le film, Margaret Brown (Kathy Bates) devient la protectrice de Jack.

Titanic a été réalisé avec l'aide de deux historiens spécialistes du sujet, Don Lynch et Ken Marschall[Note 8]. Leur livre, La Grande Histoire illustrée du « Titanic » avait fait forte impression sur Cameron, notamment les peintures de Marschall. Certaines ont d'ailleurs été reprises à l'identique dans le film, comme l'approche du Carpathia ou l'arrivée du Titanic à Cherbourg[70],[71]. Il a cependant été moins présent sur le tournage, étant occupé par les illustrations d'un nouveau livre. S'il avait des inquiétudes au sujet du film, notamment sur le fait que le scénario serait centré sur une histoire d'amour fictive, il a finalement vu ses craintes disparaître en visitant le décor[72]. Il a dit à propos de la reconstitution que « même les sièges en rotin sont juste pile »[73].

Cependant, si la reconstitution est assez proche de la réalité, le scénario prend parfois des libertés avec l'histoire[74]. Ainsi, l'histoire d'amour entre deux membres de classes différentes aurait été extrêmement difficile à concevoir à l'époque, à cause des barrières (physiques et morales) qui les séparaient[3]. Cependant, il s'agit de toute façon d'une histoire fictive. Les personnages principaux (Jack, Rose, la famille de cette dernière et les deux amis de Jack) sont fictifs, mais côtoient des personnages réels (Ismay, Andrews, le capitaine Smith, J.J. Astor etc.). Cameron s'est toutefois inspiré d'Emily Ryerson et de Marian Thayer, deux femmes de la haute société de Philadelphie, pour créer le personnage de Ruth DeWitt Bukater, la mère de Rose[3]. De même, Cameron s'est inspiré pour le personnage de Rose, du manuscrit de Helen Churchill Candee, une journaliste et écrivaine américaine, qui y relate le naufrage, ainsi que sa romance avec un passager du paquebot[75],[76],[77],[78]. Après le film, une tombe dans un cimetière de Halifax a particulièrement attiré l'attention, celle d'un certain « J. Dawson » dans la section « Titanic » du cimetière de Fairview Lawn. Il ne s'agit pas de Jack Dawson, mais de Joseph Dawson, un soutier mort dans la catastrophe[79]. Par ailleurs, pendant le naufrage du paquebot, on peut apercevoir le milliardaire John Jacob Astor dans le Grand Escalier, peu avant que le dôme en verre ne se brise sous la pression de l'eau. Or, ce dernier n'a pas coulé avec le navire, puisque son corps fut retrouvé une semaine plus tard par le Mackay-Bennett. Son corps était mutilé et plein de suie, ce qui laissa supposer qu'il avait été écrasé par la chute d'une cheminée. Cette thèse fut néanmoins infirmé par l'historien George Behe. Ce dernier ayant vu les comptes rendus de ceux ayant repêchés le corps, presque intact[réf. nécessaire].

La représentation de la mort de William Murdoch a prêté à polémique.

Le film mettant en scène des personnages historiques, il arrive que certains de leurs actes aillent à l'encontre de la vérité, ou affirment des faits non avérés. Ainsi, le personnage de Bruce Ismay n'est pas présenté sous son meilleur jour, car il est présenté comme prétentieux (il affirme avoir choisi le nom du paquebot, ce qui est faux), ignorant (il ne sait pas qui est Sigmund Freud) et surtout coupable d'avoir fait pression sur le capitaine pour augmenter la vitesse du navire. Ce dernier point n'est à ce jour pas avéré puisque, si une passagère a témoigné avoir entendu une telle conversation entre Smith et Ismay (et a refusé de confirmer ses dires sous serment), ce dernier s'en est toujours défendu[80]. Plusieurs faits plaident d'ailleurs en sa faveur, et plusieurs historiens prennent maintenant la défense d'Ismay[81],[82], qui a par ailleurs été disculpé de toute accusation de faute par les deux commissions d'enquête consécutives au naufrage.

Le fait le plus polémique est cependant la façon dont le film traite la mort du premier officier William Murdoch. Celui-ci tire en effet sur deux hommes avant de retourner l'arme contre lui. Sa famille a émis de vives protestations à l'encontre de cette scène[83], et Cameron a lui-même émis des regrets à son sujet. Cette scène s'inspire d'une rumeur diffusée par plusieurs journaux de l'époque selon laquelle un officier (généralement supposé être Murdoch) se serait suicidé. Cependant, la thèse a été infirmée par plusieurs témoins. Ainsi, le second officier, Charles Lightoller, a déclaré que Murdoch n'avait pas pu se suicider, car il l'avait vu peu avant le plongeon final du navire. De même, dans son ouvrage Rescapé du « Titanic », Archibald Gracie déclare également que, si des coups de feu avaient été tirés, il les aurait entendus[84]. L'idée de son suicide est donc généralement réfutée[85]. Il a également été supposé que l'officier ayant mis fin à ses jours puisse être Wilde, Moody ou Smith, bien que là encore, des témoignages s'y opposent[86]. Les cadavres d'aucun de ces officiers n'ayant été retrouvés ou identifiés, il est impossible de savoir ce qu'il en est. De plus, aucun des autres cadavres repêchés ne comporte de blessures par balle. Ainsi, si l'hypothèse du suicide ne peut être totalement démentie, il reste très probable que ce ne soit qu'une rumeur.

Dans l'émission Faux Raccords no 35 diffusée par le site AlloCiné, les auteurs de l'émission pointent quelques anachronismes dans le film : Jack évoque une partie de pêche au lac Wissota (Wisconsin, États-Unis). Or, le lac en question est un lac artificiel créé en 1917, soit 5 ans après le naufrage du Titanic. De même, dans sa cabine, Rose déballe un tableau de Picasso, Les Demoiselles d'Avignon. S'il est possible que Rose ait acquis le tableau (peint en 1907), il n'est pas possible que celui-ci ait disparu dans le naufrage du paquebot. En effet, Les Demoiselles d'Avignon a été acheté par le MoMA de New York en 1939[87].

Du point de vue de la représentation du naufrage, James Cameron a publié en 2012 un documentaire « Titanic »: The final word qui présente les dernières découvertes sur le naufrage et l'épave[88]. Il explique ainsi quelques erreurs :

  • dans le film, le navire se brise en arrière de la troisième cheminée. Or on sait depuis 2011 que le navire s'est coupé juste au devant de cette dernière, donc entre la deuxième et la troisième, autrement dit, au milieu et non entre la troisième et la quatrième[88] ;
  • dans le film, après la cassure, la poupe est tirée par la proue et se dresse verticalement avant de couler, toujours à la verticale. En réalité, témoignages d'époque à l'appui, ainsi que les calculs des logiciels de constructions navales ou encore les constatations faites sur l'épave, expliquent que la poupe ne s'est pas dressée, elle est restée « à plat », conservant la gîte sur bâbord. Elle a fini par couler tout en chavirant sur ce côté[88] ;
  • toujours dans le film, les fusées de détresse tirées sont de couleur blanche. James Cameron laisse la place au doute quant à la couleur de ces fusées, faute de témoignages clairs, mais surtout parce qu'en 2004, une caisse éventrée de fusées a été retrouvée sur l'épave. Les embouts des fusées, détachés, laissent apparaitre à l'intérieur de ces dernières des colorants de natures diverses : orange, bleus, gris[88]... Des recherches plus poussées tendent néanmoins à conclure que les fusées originales étaient bien blanches. History Channel a par ailleurs admis avoir retouché les photos de la caisse dans le but de faire ressortir les couleurs supposées des fusées[89].

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande originale du film, composée par James Horner, est devenue la bande originale orchestrale la plus vendue de tous les temps. Elle comprend la prestation de la chanteuse canadienne Céline Dion. C'est un succès mondial qui est resté seize semaines à la première place des ventes aux États-Unis et s'est vendu à 11 millions d'exemplaires[90]. Le 6 septembre 1998, 25 millions de disques s'étaient déjà écoulés dans le monde[91].

Ce succès a conduit à la réalisation d'un nouvel album, Back to « Titanic » avec des chansons inédites et des reprises, comme celle de Come Josephine in My Flying Machine par Moya Brennan, et certains airs joués par l'ensemble I Salonisti (qui incarne l'orchestre dans le film). Ce disque est pour sa part devenu numéro deux des ventes aux États-Unis[91].

James Cameron ne voulait pas de chanson pour son film. C'est donc secrètement que James Horner a demandé à Céline Dion de participer à des enregistrements, dont le résultat a finalement convaincu le réalisateur pour le générique de fin[92]. Cette chanson, My Heart Will Go On, est récompensée par un Oscar[93] et est un succès mondial. En France, le single est certifié disque de diamant[94].

Réception[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

Millvina Dean a décliné l'invitation de James Cameron à la première du film.

Titanic est présenté pour la première fois au Festival international du film de Tokyo le 1er novembre 1997. Il sort ensuite le 19 décembre aux États-Unis et au Canada, puis les 7, 8 et 9 janvier 1998 dans la plupart des pays d'Europe. L'un des derniers pays à le recevoir est le Pakistan, dans lequel il sort le 14 août 1998[5].

Millvina Dean, dernière survivante du Titanic, est décédée le 31 mai 2009 à l'âge de 97 ans. Lors du naufrage du paquebot, elle n'était âgée que de 2 mois. Elle a été invitée à l'avant-première du film mais a décliné la proposition, déclarant qu'avoir vu Atlantique, latitude 41° avait déjà été trop douloureux[13].

Le film sort en VHS le 1er septembre 1998[95]. Il est ensuite sorti en DVD le 31 juillet 1999, avec pour seul bonus une bande-annonce. C'est le premier DVD à se vendre à plus d'un million d'exemplaires. Une nouvelle édition « collector » à deux ou quatre DVD est sortie le 7 novembre 2005. Le film est proposé en deux parties, sur deux DVD, proposant trois commentaires audio et des documentaires pouvant être visionnés au cours du film. Les deux DVD supplémentaires contiennent des scènes coupées et des documentaires. L'édition à deux DVD est appelée « édition spéciale » et celle à quatre disques, « édition Deluxe »[96],[97].

Jon Landau, le producteur de Titanic, a sous-entendu qu'une sortie en format Blu-ray était possible au printemps 2012, en concomitance avec la nouvelle sortie du film au cinéma, cette fois-ci en version 3D, dans cette même période[98].

Accueil du public et critiques[modifier | modifier le code]

Titanic a recueilli une recette de 1 845 034 188 $ dans le monde entier, devenant le premier film à atteindre la barre symbolique du milliards de dollar, et établi des records de nombres d'entrées[99] (128 millions d'entrées cumulées aux États-Unis un an après sa sortie, 21,8 millions en France et 17,2 millions au Royaume-Uni). Titanic reste à ce jour le film ayant remporté le meilleur score au box-office français, avec 21 465 445 entrées, devant Bienvenue chez les Ch'tis (2008) avec 20 478 523 entrées et Intouchables (2011) avec 19 385 740 entrées, au palmarès historique des films les plus vus en France[100]. Il a également été en tête du box-office mondial durant douze ans avant d'être rattrapé par Avatar (2009) en début d'année 2010, après sa ressortie en 3D dans le monde entier en 2012, le film gagne une recette supplémentaire de 341 338 114 $ devenant le deuxième film ayant dépassé les 2 milliards de dollars avec une recettes s'élevant à 2 186 372 302 $[101].

À sa sortie et après, Titanic a su satisfaire la critique à différents degrés. Ainsi, dans CinéLive, le journaliste Laurent Weil parle d'un « grand film », et dit que Cameron signe ici son « long métrage le plus ambitieux, véritable plaisir des yeux et du cœur[102] ». Le magazine Première dit de Cameron qu'il est un « virtuose », et que « si les producteurs ne sont pas sûrs de récupérer leur investissement, on en a nous (enfin, vous) pour notre (votre) argent[103] ». Télérama, plus mitigé, lui donne une note moyenne, considérant cependant que, si Cameron simplifie parfois, il « ne s'est pas borné à exhiber ses effets spéciaux, il a fait du cinéma »[104]. Jean Tulard, dans son Guide des films, lui donne trois étoiles et considère que, si le naufrage a déjà été évoqué dans maints films, « celui-ci les surpasse sans discussion »[105].

Le site Metacritic relève une moyenne de 74 sur 100 sur trente quatre critiques[106]. The New York Times conclut pour sa part sa critique en faisant le parallèle entre le film et le paquebot au sujet de leur réputation de grandeur, mais que « ce Titanic est trop bon pour couler[107] ». Le critique américain Roger Ebert se montre très enthousiaste, considérant que tous les éléments du film sont équilibrés, et que les effets spéciaux, loin d'attirer l'attention du spectateur, se contentent de faire leur travail[108]. Il le classe comme le neuvième meilleur film de 1997[109].

Certains critiques se sont montrés plus mitigés quant au scénario et aux dialogues. Ainsi, Richard Corliss de Time trouve que le film manque d'éléments émotionnels intéressants[110]. Le Los Angeles Times se montre particulièrement cinglant, déclarant que « ce qui nous fait vraiment pleurer est le fait que Cameron pense que l'écriture de tels films soit dans ses capacités. Non seulement ce n'est pas le cas, mais ça ne s'en approche même pas[111] ». Le réalisateur Robert Altman a déclaré que c'était le pire film qu'il ait pu voir dans sa vie[112]. En 2003, les spectateurs de la BBC One lui ont accordé le titre de « pire film de tous les temps[113] ».

Box-office[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Box-office.
Pays Box-office Classement de tous les temps Comparaison avec le film classé no 1
Box-office Mondial 1 845 034 188 $ 2e 2 782 275 172 $
(Avatar)
Box-office Drapeau des États-Unis États-Unis - Drapeau du Canada Canada 600 788 188 $ 2e 760 507 625 $
(Avatar)
Box-office Drapeau des États-Unis États-Unis - Drapeau du Canada Canada
Ajusté après inflation
1 020 349 800 $ 6e 1 606 254 800 $
(Autant en emporte le vent)
Box-office Drapeau de la Belgique Belgique 3 353 776 entrées 1er -
Box-office Drapeau de la France France 20 758 887 entrées 1er -
Box-office Drapeau de la Suisse Suisse 1 940 505 entrées 1er -

Nominations et récompenses[modifier | modifier le code]

Titanic est nommé pour 14 Oscars et en reçoit 11 en 1998. Il égale ainsi le record historique de Ben-Hur[114], record par la suite égalé par Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi en 2004[115]. Parmi les récompenses qu'il reçoit se trouvent l'Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur[93]. Lors de la cérémonie, Cameron s'exclame « Je suis le roi du monde ! », tout comme Jack Dawson dans le film[19].

Le film reçoit également de nombreuses autres récompenses du monde entier, notamment quatre Golden Globes[93] sur huit nominations. La musique de James Horner est particulièrement récompensée, recevant un Oscar et deux Golden Globes, en particulier par le biais de la chanson My Heart Will Go On interprétée par Céline Dion, qui est un succès mondial[116],[117].

Diffusion à la télévision[modifier | modifier le code]

Le film rencontre un grand succès à la télévision française où les audiences restent élevées malgré la durée du film ainsi que sa large exploitation au cinéma et en vidéo.

  • En novembre 2001, lors de sa première diffusion en clair (hors Canal+, qui elle a eu lieu le 4 novembre 1999), sur deux soirées sur TF1 (le 19 et le 20), le film a été vu par 7,7 millions pour sa première partie (32,3 % de part d'audience - PDA) et 8,2 millions pour la deuxième (34,2 % de PDA) ;
  • La deuxième diffusion, le 28 novembre 2004 sur la même chaîne, a rassemblé 6,6 millions de téléspectateurs (34,1 % de PDA) ;
  • La troisième, le 27 mai 2007 à nouveau sur la même chaîne, a réuni un peu plus de 7 millions de téléspectateurs (35,8 % de PDA) ;
  • La quatrième a eu lieu le 12 mai 2008, toujours sur TF1, cette fois-ci en début d'après-midi ;
  • La cinquième, concomitante avec la sortie en 3D au cinéma et l'anniversaire du naufrage, le 15 avril 2012 (cent ans après la catastrophe), a attiré presque 6,2 millions de téléspectateurs sur France 2 (26,4 % de PDA — en tête des audiences de la soirée). Pourtant, 5 jours plus tôt, la chaîne avait déjà diffusé un docufiction sur le Titanic en début de soirée (13,8 % de PDA — 3e sur la tranche horaire)[118] ;
  • La sixième diffusion a eu lieu sur France 4 le 30 décembre 2012 et a réuni 1,5 million de téléspectateurs pour 7,1 % PDM, plaçant très largement la chaîne en tête des audiences TNT[119] ;
  • La septième a eu lieu sur la même chaîne en fin d'après-midi, le 1er janvier 2013 ;
  • La huitième diffusion a eu lieu le 19 décembre 2013 sur France 3. Elle a attiré 2,9 millions de téléspectateurs pour 13,9 % de PDM[120].

Sortie en trois dimensions (2012)[modifier | modifier le code]

Après Titanic, James Cameron ne produit plus de film long métrage pendant plus de 10 ans avant de revenir avec son premier film en trois dimensions, Avatar[121]. C'est en présentant ce dernier au Comic-Con de San Diego qu'il annonce la sortie prochaine d'une version de Titanic sous ce même format[122]. Il déclare durant le festival qu'après avoir fait quelques tests, « Ça a l'air spectaculaire. Mais il faut vraiment que le réalisateur soit impliqué pour s'assurer que les décisions soient prises correctement ». Selon lui, « cela prend d'un an à dix-huit mois pour se faire, selon la complexité »[123]. En mars 2010, Cameron annonce envisager de faire sortir le film au printemps 2012, pour le centenaire du naufrage du Titanic[124]. En effet, le réalisateur s'oppose ouvertement aux conversions en 3D faites dans l'urgence, telles que celle du Choc des Titans et souhaite donc prendre son temps[125].

Le film est alors remasterisé en format 4K avant d'être converti en 3D relief. Sa sortie internationale est fixée pour le 4 avril 2012, la semaine précédant le 100e anniversaire de la traversée inaugurale et du naufrage du paquebot[126]. La première affiche officielle est dévoilée le 16 novembre 2011[127]. Le master 4K réalisé pour l'occasion sera utilisé pour l'édition du Blu-ray, sortie en septembre 2012[128].

Le réalisateur n’a modifié qu’une seule scène dans la version 3D. En effet, après la sortie du film en 1997, James Cameron reçoit un e-mail de l'astrophysicien américain Neil deGrasse Tyson, lui expliquant que le ciel qu'observe Rose, lorsqu'elle se tient à un morceau de bois après le naufrage, est inexact. La voûte céleste n'était pas le ciel étoilé qu'elle aurait dû voir. En bon perfectionniste qu'il est, Cameron a modifié dans la version en relief le ciel, en suivant une carte donnée par Tyson[129].

Le succès est à nouveau au rendez-vous avec des recettes mondiales d'environ 300 M€ dont un triomphe pour sa sortie en Chine (le film bat le record en une semaine avec une recette de 58 M€[130]). Aux États-Unis, le film marche très bien dépassant le résultat de Star Wars 1 sorti également en 3D quelques semaines plus tôt[131]. En France, le film dépassera le million d'entrées portant le score cumulé à près de 22 millions de spectateurs.

Impact[modifier | modifier le code]

Regain d'intérêt pour le Titanic[modifier | modifier le code]

Affiche du premier film sur le naufrage du Titanic. Aucun film avant celui de James Cameron n'a suscité un tel engouement pour l'histoire du navire.

Le film de James Cameron, en plus de son succès planétaire, relance fortement l'intérêt du public pour le Titanic et son histoire[132]. De nombreux films avaient auparavant été tournés sur le sujet (dont une superproduction nazie et un film réalisé avec l'aide de certains survivants : Atlantique, latitude 41°[3]), mais aucun n'avait suscité un tel engouement médiatique et populaire[133].

En effet, à ce film succède la parution de nombreux ouvrages, parfois leur réédition ou leur traduction (c'est par exemple le cas du récit Rescapé du « Titanic » du colonel Archibald Gracie, mort le 4 décembre 1912). Cameron n'est d'ailleurs pas le seul à avoir été inspiré par le Titanic à cette époque puisque Robert Lieberman a sorti peu de temps avant un téléfilm (Le « Titanic ») avec Catherine Zeta-Jones et Peter Gallagher[134], tandis que le développeur de jeux vidéo Cyberflix sort en octobre 1996 un jeu vidéo intitulé « Titanic » : Une aventure hors du temps[135].

Ce regain d'intérêt s'est également exprimé sur Internet, avec la naissance de nombreux sites sur le sujet, et de communautés de passionnés[136]. De nombreuses reproductions d'objets du navire, ainsi que des accessoires du film (gilets de sauvetage, vaisselle) se sont vendus en grande quantité dans les années qui ont suivi le succès de Titanic[137], et les associations consacrées au Titanic, comme la Titanic Historical Society fondée par Edward Kamuda en 1967[Note 9], l'association française du Titanic[138] et des associations de nombreux autres pays[133] ont connu un fort accroissement du nombre de leurs adhérents à la suite de la sortie du film. Dans le cas de l'association française du Titanic, ce succès a permis à l'organisation de remporter une victoire, puisqu'en 2000, elle a réussi à réhabiliter le musicien Roger Bricoux, mort à bord en 1912, qui était accusé de désertion lors de la Première Guerre mondiale, l'administration française n'ayant pas reçu de certificat de décès[139].

Le Grand Escalier du Titanic reconstitué pour une exposition.

Enfin, l'engouement pour le Titanic s'est traduit par la production d'un nouveau film de James Cameron, Les Fantômes du « Titanic », en 2003, ainsi que par la création d'une comédie musicale sur le thème du Titanic en 1997[132],[133]. Une exposition consacrée au film, recréant notamment certains décors sur 5 000 m2, a également vu le jour au Wembley Stadium de Londres en 1999, avant de parcourir le monde[140]. En France, une exposition intitulée « Trésors du Titanic » s'est quant à elle tenue en 2003 à la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette[141].

Le film Titanic a également eu une conséquence plus inattendue : depuis sa sortie, les navires de croisière interdisent aux passagers de se hisser à la proue, des passagers ayant tenté d'imiter les héros du film[142].

Conséquences pour les acteurs[modifier | modifier le code]

Le succès de Titanic donne une impulsion phénoménale à la carrière des acteurs principaux. Celui qui en bénéficie le plus est Leonardo DiCaprio. De nombreuses fans tombent littéralement amoureuses de lui, se bousculant pour revoir le film[143]. Les journaux parlent de « DiCaprio-mania » pour désigner ce phénomène[144],[145]. Cette frénésie n'est cependant pas du goût de tous, et contrairement à Kate Winslet et Gloria Stuart, DiCaprio n'est pas nommé aux Oscars[146]. Sa carrière de star est cependant bien lancée. Ainsi, les deux autres films où il tient le premier rôle cette année-là, Roméo + Juliette et L'Homme au masque de fer profitent de cette nouvelle notoriété. Les spectateurs du deuxième film sont à 55 % féminins, et à 46 % âgés de moins de 25 ans[147].

DiCaprio devient un acteur convoité. Ainsi, son cachet, qui n'était que de 2,5 millions de dollars pour Titanic, passe à 20 millions pour La Plage, sorti en 2000[145]. Il tourne ensuite avec des réalisateurs tels que Steven Spielberg et Martin Scorsese, est nommé trois fois aux Oscars et remporte un Golden Globe[148]. Il regrette cependant d'avoir eu cette étiquette d'idole qu'il n'a jamais désirée[149].

Kate Winslet, pour sa part, devient une actrice réputée et tourne par la suite dans plusieurs films récompensés[150]. Cependant, le tournage dans l'eau gelée s'étant révélé éprouvant, elle a déclaré ne plus vouloir tourner avec James Cameron à moins qu'on ne lui propose beaucoup d'argent[151]. Enfin, Bernard Hill a vu sa carrière connaître une certaine impulsion et a participé, en incarnant le roi Théoden, à l'adaptation du Seigneur des anneaux par Peter Jackson. Il est de fait à l'affiche de deux des trois films ayant reçu onze Oscars[152].

Titanic dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Titanic, de par son succès planétaire, a fait l'objet de nombreux clins d'œil et parodies dans des films et émissions à succès. Des scènes emblématiques ont été reprises par la suite. Ainsi, dans le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat, le pirate Barbe-Rouge, à l'instar de Jack, s'écrie à la proue de son navire « Je suis le roi du monde » ; de même pour une scène dans le film d'horreur Souviens-toi... l'été dernier 2 ou les personnages de Julie et Karla (interprétés par Jennifer Love Hewitt et Brandy) se dressent à l'arrière d'un bateau et crient « Je suis le roi du monde ». Le film parodique Scary Movie reprendra lui aussi cette fameuse scène quand deux des personnages du film se trouvent dans un cinéma et regardent des bandes annonces. Dans Les Simpson, le film, c'est le groupe Green Day qui parodie l'orchestre du Titanic en entonnant Plus près de toi, mon Dieu sur une barge en plein naufrage[153]. La scène avait également été parodiée dans le film Osmosis Jones de Peter et Bobby Farrelly[154]. En 2009, plus de dix ans après la sortie du film, Sacha Baron Cohen parodie également le film dans Brüno[155]. Récemment la scène du film sur la proue du navire a également été parodié dans le film Les Dents de la nuit. La scène dans l'eau gelée a été parodiée dans le film Bienvenue à bord avec Franck Dubosc.

Le film a également été parodié dans plusieurs émissions télévisées. Ainsi, l'édition DeLuxe du film propose trois d'entre elles. Dans l'une d'elles, Ben Stiller et Vince Vaughn tentent de convaincre James Cameron de réaliser une improbable suite mettant en scène les victimes du naufrage résidant sous une forme mutante dans une cité sous-marine[156]. Une autre, extraite du Saturday Night Live et réalisée avec l'aide de Cameron et Bill Paxton présente une fin « améliorée » du film, dans laquelle Rose se révèle être une mythomane dont le récit comporte de nombreuses incohérences[14].

D'autres parodies ont vu le jour comme celle de Billy Crystal diffusée à l'occasion de la 70e cérémonie des Oscars[157], ainsi que celle du parodiste français Mozinor Titanic Park[158].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Née en 1910, Stuart est la seule membre de l'équipe du film à avoir été vivante lors du naufrage.
  2. a et b David Warner a déjà joué dans SOS « Titanic », film dans lequel il interprêtait Lawrence Beesley. Bernard Fox interprétait quant à lui Frederick Fleet dans Atlantique, latitude 41°.
  3. Pour la comparaison, reconstruire le paquebot n'aurait coûté que 123 millions de dollars.
  4. La maquette mesure cependant une quarantaine de mètres de moins que l'original, des coupures ayant été réalisées au niveau de la superstructure et du pont avant.
  5. Le Grand Escalier est un peu plus grand que le véritable escalier du paquebot. Cameron a voulu tenir compte du fait que les gens sont en général plus grands qu'ils ne l'étaient en 1912.
  6. Une scène coupée d'une quinzaine de minutes présente un combat entre Jack et l'homme de main de Cal, Lovejoy, dans la salle à manger progressivement inondée. La scène, tout d'abord jugée nécessaire par l'équipe du film, a été coupé à la suite de projections test qui ont démontré que le public n'y adhérait pas.
  7. Ce trucage est particulièrement visible puisque, par la suite, les verres tombent de la cheminée sans que l'inclinaison du contenu ne varie.
  8. L'édition Deluxe du DVD du film propose un commentaire audio des deux historiens.
  9. Ed Kamuda et son épouse, tous deux membres éminents de la Titanic Historical Society, apparaissent dans le film en tant que passagers de première classe, de même que Don Lynch, historien de l'association.

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rick Archbold et Ken Marshall, Images du « Titanic », Gallimard,‎ 1998, 159 p. (ISBN 9782070603015)
  • Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le « Titanic », Glénat,‎ 1999, 96 p. (ISBN 2723428826)
  • Ed W. Marsh, « Titanic », James Cameron, le livre du film, 84,‎ 1998, 178 p. (ISBN 9782277250364)
  • Gérard Piouffre, Le « Titanic » ne répond plus, Larousse,‎ 2009, 317 p. (ISBN 9782035841964)

Autres sources[modifier | modifier le code]

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