Chewing-gum

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Chewing-gum sous forme de dragées

Le chewing-gum (ou gomme à mâcher, pâte à mâcher, chiclette – Suisse et Belgique, Liège surtout – ou encore chique – Belgique seulement ou simplement gomme au Canada francophone) est une gomme à laquelle sont ajoutés des arômes et parfums alimentaires, destinée à être mâchée. C'est Thomas Adams, qui, mélangeant du chicle (latex issu du sapotillier) avec de la résine et du sirop, fabrique et commercialise en 1872 les premiers chewing-gums.

Sommaire

Histoire [modifier]

Dès la préhistoire, les hommes mâchaient de la sève de conifères : des empreintes dentaires ont été laissées sur des résines dont les polyphénols devaient servir d'antiseptique[1]. Il y a plus de 5 000 ans, les Mayas, au Mexique, mastiquaient de la sève de sapotillier pour se muscler les mâchoires et les femmes pour se rafraîchir l'haleine. La sève de cet arbre originaire du Yucatan est un latex appelé chicle (prononcé « tchiclé »). Les Égyptiens - du temps des pharaons - utilisent un masticatoire à base de résine de lentisque pour fabriquer de la gomme à mâcher. Les Grecs utilisaient quant à eux le pistachier lentisque. Les Grecs mâchaient de la résine 4 000 ans avant notre ère [2].

Les Asiatiques mâchaient le bétel (pratique toujours actuelle en Inde), les Amérindiens des Andes chiquaient les noix du kolatier et ceux d'Amazonie chiquaient des boulettes de tabac. Les Européens adoptèrent cette habitude à la suite de l'importation de cette plante en France, en 1560. Le chewing-gum moderne naît en Amérique : en 1869, Antonio López de Santa Anna, général mexicain, est chassé de son pays par la révolution. Il arrive à New York avec son « Trésor de Mexico » : 250 kg de sève séchée de sapotier pour en faire un substitut au caoutchouc. Il charge Thomas Adams de négocier le chicle qui, finalement, s’avère impropre mais Adams conserve le stock et le revend en pharmacie à un coût inférieur à la paraffine. C’est le début du succès. D’autres pionniers tentent d’améliorer le produit mexicain : William J. Whit ajoute du sirop de glucose dans son « Yucatan Chewing Gum ». William Semple, dentiste de l’Ohio, obtient le premier brevet d’invention du chewing-gum moderne en dissolvant du naphte et de l’alcool et en y ajoutant une petite dose de réglisse pour lui donner un goût agréable[3]. William Wrigley Jr., quant à lui, se charge de lancer le produit sur tout le continent grâce à de grandes campagnes de publicité à la fin du XIXe siècle.

Paquets de gomme à mâcher mentholés.

Le chewing-gum a été popularisé en Europe par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, les forces armées des États-Unis fournissent à leurs soldats des chewing-gums depuis la Première Guerre mondiale, parce qu'ils aident à la fois à la concentration et au combat du stress[4]. Des études ont montré que le chewing-gum peut aussi améliorer l'humeur de celui qui en consomme. Il peut aussi être utilisé pour combattre la mauvaise haleine. Dans différents marchés, le chewing-gum a été associé à la collection de petites vignettes (les marques Malabar ou Bazooka Joe par exemple) ou des tatouages temporaires. Depuis les années 1870, plusieurs artistes l'ont utilisé dans leurs créations. À l'origine, et dans des marchés haut de gamme comme au Japon, le chewing-gum est à base de chicle et de gélatine.

Préparation [modifier]

Gomme à mâcher en tablette.

La gomme de base est un produit complexe à fabriquer : les ingrédients sont dosés avec rigueur pour obtenir des gommes plus ou moins élastiques. Les ingrédients sont malaxés entre une heure et demie et deux heures dans un pétrin qui fonctionne comme celui des boulangers. Le malaxage fait chauffer la gomme. Elle atteint au final une température de 95 °C à 98 °C. L'élastomère utilisé (à la place du chicle) est un copolymère isobutylène-isoprène (butyl) de qualité alimentaire.

On ajoute à cette base les arômes, les édulcorants ou le sucre ainsi que divers additifs et auxiliaires de fabrication (colorant, gélatine, émulsifiant, stabilisant, agent gélifiant, bicarbonate, cire de carnauba)[5]. Les ingrédients et la gomme de base sont mélangés dans un pétrin pendant 15 à 20 minutes. En fin de malaxage, la pâte atteint une température de 50 °C environ. On a versé la pâte à mâcher à l'intérieur d'une extrudeuse. Bien pressée, elle forme maintenant des bandes plus ou moins épaisses. Les bandes passent ensuite dans le laminoir et sont découpées en tablettes. Après refroidissement, les tablettes ou les noyaux de dragées sont maintenus à une température et une humidité précises pendant 6 à 48 heures. Cette phase est très contrôlée, la qualité des gommes à mâcher en dépend.

Les tablettes sont enveloppées dans un emballage en aluminium pour conserver toute leur saveur. Elles sont ensuite mises en paquets. Les dragées ont d’abord été recouvertes de sucre durci avant d’être emballées dans de petites boîtes en carton.

Consommation [modifier]

D'après le Livre Guinness des records 2007, les États-Unis sont le pays qui consomme le plus de chewing-gum par habitant, suivi de la France avec 1 par jour et par habitant en moyenne. L'Insee liste les chewing-gums dans sa liste des principales quantités consommées par les ménages[6].

Avantages et inconvénients [modifier]

La consommation de chewing-gum peut être mortelle chez l'enfant de moins de trois ans, car jusqu'à cet âge là tout ce qui est avalé peut obstruer la trachée au lieu d'être conduit dans les voies digestives[7].

Une légende urbaine affirme qu'il ne faut pas l'avaler mais selon les stomatologistes, ne contenant aucun effet nutritif, la gomme ne colle pas aux parois du tube digestif, est ramollie par la salive et est simplement évacuée par l'organisme[8].

Par ailleurs, la mastication favorise les ballonnements mais évite la production de caries grâce à la sécrétion salivaire[2]. L'effet du chewing-gum sur la reprise précoce du transit digestif a été démontré dans le cadre de la récupération rapide après chirurgie du colon[9]. Les chewing-gums sans sucre ont, en cas de consommation excessive, des effets laxatifs. Ces effets sont dus à la présence d'un édulcorant particulier, le sorbitol. Le xylitol réduit cet effet.

Gomme à mâcher sur un trottoir à Reykjavik (2008).

Les villes du monde voient leurs trottoirs et autres couloirs de métro constellés de chewing-gums usagés (dont la biodégradabilité atteint 5 ans) jetés par des consommateurs, un chewing-gum collé et piétiné est difficile à enlever. Cependant, des machines spécifiques de nettoiement des sols permettant d'éliminer les chewing-gums collés sont apparues ces dernières années. Celles-ci fonctionnent grâce à la vapeur saturée. Au Royaume-Uni le marché du chewing-gum estimé à 400 millions d’euros par an nécessite un budget de 200 millions pour le nettoyage[5].

Certains pays jugeant ce fait comme disgracieux, comme Singapour qui en interdit l'importation et la vente depuis 1992 (excepté les chewing-gums à effets thérapeutiques)[2], réglementent sévèrement la consommation de gomme à mâcher.

D'autres pays sont indifférents à cet état des choses ou le relativisent.

Marché [modifier]

Le groupe Mars ayant racheté en 2008 la Wm. Wrigley Jr. Company est devenu le leader du marché avec des marques comme Freedent, Airwaves, Orbit. Cadbury est le deuxième acteur mondial sur ce segment avec les marques Hollywood, Trident ou Clorets[10]. À eux deux, ils possèdent 16 des 20 marques les plus vendues et contrôlent les deux tiers du marché mondial. Entre 1998 et 2009, le marché mondial a doublé pour se situer à 23,2 milliards de dollars[11].

Notes et références [modifier]

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]