Jules Renard

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Jules Renard

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Nom de naissance Pierre-Jules Renard
Activités Écrivain
Naissance 22 février 1864
Châlons-du-Maine, Mayenne, France
Décès 22 mai 1910 (à 46 ans)
Paris, Île-de-France, France
Langue d'écriture français
Genres Roman, journal, théâtre
Distinctions Légion d'honneur; Académie Goncourt en 1907

Œuvres principales

Pierre-Jules Renard, dit Jules Renard, né à Châlons-du-Maine (Mayenne) le 22 février 1864 et décédé le 22 mai 1910 à Paris, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La jeunesse[modifier | modifier le code]

C'est par hasard que Pierre-Jules naît le 22 février 1864 à Châlons-du-Maine en Mayenne : son père, François Renard (1824-1897), est entrepreneur de travaux publics et travaille alors à la construction du chemin de fer de Laval à Caen. François a épousé le ndate8 octobre 1854 Anne-Rosa Colin, fille de Victor Colin, quincaillier à Langres et élevée par son oncle Émile Petit, l'associé de François[1]. Le jeune Renard est le dernier de la fratrie : Amélie (décédée en 1858), une autre Amélie[2] (née en 1859) et Maurice[3] (né en 1862). Sa mère a alors vingt-huit ans : elle ne supporte plus son mari et elle aura la même attitude envers son dernier fils.

En 1866, la famille s'installe à Chitry-les-Mines, lieu de naissance du père qui y devient maire[4]. La scolarité des deux garçons se déroule à Nevers, en pension. Pierre-Jules est reçu bachelier ès lettres en 1883Paris au lycée Charlemagne), mais refuse de se présenter au concours de l'École normale supérieure[5]. « Je suis de la vieille école, moi, de l'école qui ne sait pas lire », écrira-t-il dans les Bucoliques.

Les débuts et le mariage[modifier | modifier le code]

Le succès n’est pas pour tout de suite : nombreuses lectures, fréquentation du milieu littéraire, collaboration à des journaux, publications de poèmes et de nouvelles (Crime de village en 1887 dans la Revue de Paris de Léo d'Orfer), et début du roman Les Cloportes caractérisent ces années au cours desquelles Jules survit grâce à la petite pension que lui versent ses parents. Il habite, début 1888, l’Hôtel des Étrangers, 24 rue Tronchet, près de sa fiancée, Marie Morneau (1871-1938), qui habite 44 rue du Rocher (elle sera son adresse parisienne jusqu’à sa mort en 1910). En 1888, son mariage de raison (Marie lui apporte une dot qui se révélera précieuse) mais qui se révèle heureux améliore sa situation financière. De cette union vont naître Jean-François (Fantec) en février 1889 et Julie Marie (Baïe) en mars 1892[6].

Premiers succès[modifier | modifier le code]

Lorsque, en 1889, de jeunes écrivains fondent le Mercure de France, Renard est un des principaux actionnaires : il est à la fois critique et prosateur, rédacteur en chef et administrateur. Le succès arrive avec L'Écornifleur, publié en 1892, qui raconte l'histoire d'un littérateur parasite. Alphonse Allais, Edmond Rostand, Courteline, les Goncourt, Tristan Bernard, Lucien Guitry et Sarah Bernhardt font partie de son entourage[5]. En 1894, il entre à la Société des gens de lettres et rédige Le Vigneron dans sa vigne ainsi que Poil de Carotte. « Je cours les dangers du succès », note-t-il dans son Journal qu'il rédige en 1897 et 1910, œuvre posthume publiée de 1925 à 1927 et témoignage précieux sur la vie littéraire de la Belle Époque[7]. Dans cette œuvre majeure dont la manuscrit a été amputé puis brûlé par sa veuve, il manifeste une grande lucidité, un humour féroce qui cache une infinie tendresse mais aussi une misanthropie et une certaine complaisance envers son malheur[8].

La controverse de La Demande[modifier | modifier le code]

On attribue souvent à Renard La Demande. En réalité, il signe cette pièce avec Georges Docquois. Mais ce dernier, dans un article postérieur de deux ans à la mort de Renard, explique que, s'inspirant de la nouvelle de Jules Renard, les deux amis composèrent chacun un acte. Un arbitre préféra celle de Docquois, et ce fut celle-ci qui fut jouée au théâtre municipal de Boulogne-sur-Mer en janvier 1895. Jules Renard regretta vite de s'être prêté « à cette aventure médiocre »[9].

Renard et Rostand[modifier | modifier le code]

En 1895, Renard se lie d'amitié avec Edmond Rostand ; amitié difficile mêlée d'envie qui, si elle ne gêne pas son admiration pour Cyrano, se dévoile peu à peu dans le ton un peu aigre de ses lettres. Dans un passage de son Journal, il raconte la première de la pièce ; il y détecte immédiatement un chef-d'œuvre. Mais à son enthousiasme se mêle aussitôt une tristesse littéraire : celle de n'avoir pas réussi à faire aussi bien que Rostand. Renard ne connaîtra le succès qu'avec Le Plaisir de rompre (rupture pour pouvoir se marier après une liaison de plusieurs années avec Danièle Davyle, pensionnaire de la Comédie-Française[10]) puis Le Pain de ménage. Rostand n'assistera jamais à l'une de ces représentations, malgré l'insistance de l'auteur. (Selon certains analystes, comme Léon Guichard, Jules Renard admirait Mme Rostand comme, dans la pièce, Pierre admire Marthe...)

Le militant républicain[modifier | modifier le code]

À partir de 1896, Renard passe plusieurs mois par an à Chaumot, proche de Chitry-les-Mines (Nièvre), dans une petite maison de curé nommée La Gloriette. En 1897, son père, malade depuis quelque temps et se sachant incurable, se suicide d'un coup de fusil de chasse en plein cœur[11]. En 1900, Jules Renard accepte la Légion d'honneur[12] et devient conseiller municipal de Chaumot le 6 mai. Entre 1901 et 1903, il rédige de nombreux articles pour le journal L'Écho de Clamecy : la tonalité est laïque, anticléricale et républicaine. Succédant à son père, il devient maire de Chitry le 15 mai 1904. Élu sur une liste républicaine, il s'engage dans la lutte contre l'ignorance et une de ses mesures les plus spectaculaires sera la gratuité des fournitures scolaires[13].

Lors de l'affaire Dreyfus, il soutient Émile Zola et critique sévèrement sa condamnation. Il se révèle un admirateur enthousiaste et presque délirant de Victor Hugo[14].

Derniers honneurs[modifier | modifier le code]

Jules Renard est élu membre de l'académie Goncourt en octobre 1907, au fauteuil de Huysmans grâce à Octave Mirbeau, qui a dû menacer de démissionner pour assurer son succès. Il prend sa nouvelle charge très au sérieux et participe à toutes les réunions.

Sa mère, travaillée par le spectre de la folie, meurt en 1909 en tombant dans le puits de la maison familiale, accidentellement ou suicidée[15]. Jules Renard décède d'artériosclérose à l'âge de 46 ans. Il est enterré civilement le le 27 mai 1910 à Chitry-les-Mines[16]. Sa tombe en forme de livre ouvert[17], que Jules Renard a fait tailler en 1900 après la mort subite de son frère Maurice, est notamment entretenue par l’association « Les Amis de Jules-Renard »[18].

En 1933, la place Jules-Renard dans le 17e arrondissement de Paris est créée en hommage.

Jugements et citations[modifier | modifier le code]

Il est, selon Charles Du Bos, « un Montaigne minuscule dont La Bruyère aurait affûté le style »[19].

Par ailleurs, on l'accuse de misogynie. Il écrit, par exemple, dans son Journal (1905) : « Les femmes cherchent un féminin à “auteur” : il y a “bas-bleu”. C’est joli, et ça dit tout. À moins qu’elles n’aiment mieux “plagiaire” ou “écrivaine”. »

Publications[modifier | modifier le code]

Portrait de Jules Renard par Félix Vallotton paru dans Le Livre des masques de Remy de Gourmont (1898).
Œuvres romanesques
Théâtre
Journal
Éditions de bibliophilie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Renard, Dans la vigne de Jules Renard : inédits recueillis et présentes par Léon Guichard, Presses universitaires de France,‎ 1966, p. 214
  2. C'est« sœur Ernestine » dans Poil de carotte.
  3. C'est « grand frère Félix » dans Poil de carotte.
  4. Serge Zeyons, Monsieur Poil de Carotte, Les Éditeurs français réunis,‎ 1976, p. 209
  5. a et b « Biographie », sur pour-Jules-Renard.fr (consulté le 26 décembre 2010)
  6. Dans la vigne de Jules Renard, op. cité, p. 213
  7. Jules Renard, Journal : 1897-1910, Gallimard,‎ 1977, 1426 p.
  8. Maurice Toesca, Jules Renard, Albin Michel,‎ 1977, p. 341
  9. Jules Renard, Œuvres, Gallimard,‎ 1971, p. 570
  10. Léon Guichard, L'œuvre et l'âme de Jules Renard, Nizet et Bastard,‎ 1935, p. 139
  11. Jules Renard, Correspondance de Jules Renard, Typographie François Bernouard,‎ 1928, p. 174
  12. « Oui, je porte ma décoration. Il faut avoir le courage de ses faiblesses. »
  13. Jules Renard, Conseil général de la Nièvre,‎ 1991, p. 38
  14. Léon Guichard, L'œuvre et l'âme de Jules Renard, Nizet et Bastard,‎ 1935, p. 254
  15. Sylvain Ferez, Le corps déstabilisé, L'Harmattan,‎ 2007, p. 142
  16. Maurice Toesca, op. cité, p.151
  17. Chitry-les-Mines (58) : cimetière
  18. Anita Six, Le patrimoine des communes de la Nièvre, Flohic,‎ 1999, p. 19
  19. Charles Du Bos, France Culture,‎ 1985, p. 90
  20. Pièce sur le site Gallica
  21. Pièce sur le site Gallica

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Autrand, « L’humour de Jules Renard », thèse de doctorat, Paris, Klincksieck, 1978
  • Henri Bachelin, Jules Renard, 1864-1910. Son œuvre, Paris, 1930
  • Léon Guichard, « L’œuvre et l’âme de Jules Renard », thèse de doctorat, Paris, Nizet et Bastard, 1935
  • Pierre Nardin, La Langue et le style de Jules Renard, Paris, Droz, 1942
  • Marcel Pollitzer, Jules Renard. Sa vie. Son œuvre, Paris, La Colombe, 1956
  • Pierre Schneider, Jules Renard par lui-même, Paris, Le Seuil, 1956
  • Maurice Toesca, Jules Renard, Paris, Albin Michel, 1977
  • Serge Zeyons, Monsieur Poil de carotte, Paris, Les Éditeurs français réunis, 1976
  • Henri Raczymow, "Le puits et la vérité. Passion de Jules Renard" in Les Temps modernes n°611-612, janvier 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]