Front national (Résistance)
| Front National | |
Logo officiel |
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| Présentation | |
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| Fondation | 15 mai 1941 |
| Disparition | 1949 |
| Idéologie | libération et indépendance de la France |
| Couleurs | bleu, blanc, rouge |
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Le Front national, ou Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France, est une organisation politique de la Résistance intérieure française créée par le Parti communiste français vers mai 1941. Il reprenait le nom du Front national, organisation de coordination des partis nationalistes français de droite qui a été active entre 1934 et 1938, avec laquelle il n'y a pas de filiation.
Les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) en furent la branche armée.
Il a été homologué par décision ministérielle après la Libération (J.O. du 22 juillet 1948), puis mis en liquidation par ses membres, n'ayant plus de raison d'être, après avoir accompagné les demandes de reconnaissance des droits de ces résistants et des familles des disparus.
Il n’a pas non plus de lien avec le parti politique créé en 1972, dit aussi « FN », et toujours existant.
Sommaire |
Le Pacifisme [modifier]
Au moment de la mobilisation générale et de l'entrée en guerre contre l'Allemagne pour envahir la Pologne avec l'URSS, le Parti communiste français est pacifiste, il appelle les soldats à déserter, les ouvriers au sabotage et à la grève dans les usines d'armements et de munitions. Beaucoup de militants communistes refusent de suivre le parti. Édouard Daladier interdit le Parti communiste français en septembre 1939. Après la violation par Hitler du pacte germano-soviétique en juin 1941, la ligne du parti se renverse et préconise la résistance armée contre les Allemands qui maintenant occupent le pays[1].
La Résistance [modifier]
Créé le 15 mai 1941 par Jacques Duclos et Georges Politzer (+1942), remplacé par Pierre Villon[réf. nécessaire] dans la clandestinité, le Front National devient l'organisateur et la représentation « politique » des groupes de lutte armée : les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Avec le Front national, le Parti communiste mettait son organisation clandestine, déjà bien structurée, ainsi que l’expérience de ses militants, au service d’un large rassemblement de résistants, ouvert à tous les Français, « hormis les capitulards et les traîtres ». La Une de L'Humanité clandestine de Juin 1941 signée « Front National » est reproduite par Henri Amouroux[2]. Les communistes furent nombreux, mais avec un thème aussi rassembleur que « Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France », des adhésions vinrent de partout; ce nouveau Front national compta parmi ses militants et ses cadres des membres de la SFIO, comme Claude Jordery, ancien député socialiste, mais aussi des catholiques, des militaires, etc. Parallèlement à la lutte armée des FTPF, il se consacra à la propagande, à la fabrication de faux-papiers, au soutien logistique des clandestins et au sabotage.
Ce Front national a participé au Conseil national de la Résistance (CNR). On reconnaît son influence et celle du Parti communiste dans les mesures économiques et sociales portées dans le programme du CNR et appliquées après la Libération.
Pendant la guerre, on a également nommé « Front national » :
- Un organe du comité directeur du « Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France » ;
- Différentes revues clandestines liées à ce mouvement de résistance ;
- Par extension, le terme désignait différents groupes de résistants à l'occupation nazie, disséminés à travers la France.
Les publications [modifier]
Journaux [modifier]
Le Front national publia de nombreux journaux et feuilles clandestines, locaux et nationaux :
- Les Lettres françaises
- Revue des écrivains français regroupés en Comité national des écrivains. Fondée en octobre 1941 par Jacques Decour et Jean Paulhan, 25 numéros seront publiés. Les Lettres françaises paraîtront après la Libération, jusqu'en 1972.
- L’École laïque (1941) ;
- La Terre, monde rural. Crée en 1937, puis passé dans la clandestinité durant l'occupation.
- Le Médecin français (mars 1941) animé par le docteur Raymond Leibovici ;
- Musiciens d’Aujourd’hui, feuille clandestine tirée à 2500 exemplaires, dont André Fougeron a réalisé la maquette, qui devient Le Musicien d’Aujourd’hui lorsqu’elle est intégrée aux Lettres françaises clandestines ;
- L’Université libre (104 numéros, de novembre 1940 à octobre 1944), animé par Georges Politzer, Jacques Solomon (gendre de Paul Langevin) et Jacques Decour ;
- Les Allobroges (1942), région Isère-Hautes Alpes ;
- L’Étudiant patriote (1941).
- Le Lycéen patriote, organe du Front national étudiant des lycées, collèges, écoles techniques (1944).
- Le Front National, journal.
- Le Patriote, journal du Front national.
- Le patriote du Sud-Ouest, organe du Front national.
Livres, brochures [modifier]
- Le massacre d'Oradour-sur-Glane par les Hordes hitlériennes, Limoges, édité par le Front national.
- Henri Rousseau, Le Douanier. Catalogue de l'exposition organisée pour Commémorer le Centenaire de la Naissance de Henri rousseau. Front National des Arts, Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1944.
- Premier congrès du Front national. Congrès de la renaissance française. 30 janvier 1945, Front national. collectif.
Après la Libération [modifier]
Après la Libération, le Front National tente de porter le projet d'un mouvement « patriotique et civique » pour la « renaissance » du pays. Il est le pendant du Mouvement de libération nationale qui regroupe des mouvements de résistance spécifiquement non communistes. Repris en main par le PCF en décembre 1945, il entre en déshérence à partir de 1949[3].
Membres [modifier]
(liste non exhaustive)
- Max André (1944, membre du Comité Directeur)
- Bertheau
- Louis Bergeron, industriel, professeur à l'École centrale (1944, membre du C D)
- Pierre Blanchar (1944, membre du CD), président du Comité de libération du cinéma
- Monseigneur Chaproy ??, curé de saint-François-Xavier à Paris (1944, membre du CD)
- Jacques Debu-Bridée, représentant du CNR, directeur politique du journal Front National (1944, membre du C D)
- Pierre Lebrun, ingénieur civil des Ponts, président de l'Union des cadres et techniciens de la France combattante (1944, membre du CD)
- Robert Debré, de l'Académie de médecine (1944, membre du CD)
- Docteur Descombes, FN des médecins
- Benoît Frachon (1944, membre du CD)
- Ginette Gros, représentante du Front patriotique de la Jeunesse (1944, membre du CD)
- Madame Halbwachs-Bash (femme de Maurice Halbwachs, fille de Victor Basch)(1944, membre du CD)
- Paul Langevin, membre de l'Institut, professeur au Collège de France (1944, membre du CD)
- Françoise Leclercq
- Raymond Leibovici
- Paul Grellet
- Jean Jérôme
- Frédéric Joliot-Curie, membre de l'Institut (1944, président du CD)
- Francis Jourdain, architecte (1944, membre du CD)
- Camille Julian, (1906-1997), FN de la Monnaie
- Kriegel-Valrimont
- François Le Lionnais
- François Mauriac, de l'Académie française (1944, membre du CD)
- Régis Messac
- père Philippe, provincial des Carmes à Paris, supérieur intérimaire du Couvent d'Avon. (1944, membre du CD)
- Ernest Perney, architecte-expert, vice-président du Parti républicain radical et Radical-socialiste, conseiller-général de la seine (1944, membre du CD)
- Francis Ponge[réf. nécessaire]
- Robert Roussel, secrétaire du comité FN de la Monnaie en 1943.
- Jean Thomas, membre du FN étudiant
- Vaillant (Roger ?)
- Maria Valtat
- Pierre Villon, membre du bureau permanent du CNR, président du Comité d'action militaire, secrétaire général du Front national (1944, membre du CD)
- Henri Wallon, professeur au Collège de France (1944, membre du CD).
Notes et références [modifier]
- Littérature politique et communisme " Lire les Lettres françaises 1942-1972", p. 2
- Tome 2, p. 440.
- Daniel Virieux, article Front national, dans Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006, p.124
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Daniel Virieux, Le Front National de Lutte pour l'Indépendance de la France, un mouvement de Résistance – Période clandestine (mai 1941-août 1944), thèse de doctorat en histoire (à paraître), Claude Willard (Dir.), Université Paris VIII « Vincennes – Saint-Denis », 1995.