Front national (Résistance)

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Front National
Image illustrative de l'article Front national (Résistance)
Logo officiel
Présentation
Fondation
Disparition 1949
Idéologie libération et indépendance de la France
Couleurs bleu, blanc, rouge

Le Front national, ou Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France, est une organisation politique de la Résistance intérieure française créée par le Parti communiste français vers mai 1941. Il reprenait le nom du Front national, organisation de coordination des partis nationalistes français de droite qui a été active entre 1934 et 1938, avec laquelle il n'y a pas de filiation.

Les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) en furent la branche armée.

Il a été homologué par décision ministérielle après la Libération (J.O. du 22 juillet 1948), puis mis en liquidation par ses membres, n'ayant plus de raison d'être, après avoir accompagné les demandes de reconnaissance des droits de ces résistants et des familles des disparus.

Il n’a pas non plus de lien avec le parti politique créé en 1972, dit aussi « FN », et toujours existant.

Le Pacifisme[modifier | modifier le code]

Tract du PCF

Au moment de la mobilisation générale et de l'entrée en guerre contre l'Allemagne pour envahir la Pologne avec l'URSS, le Parti communiste français est pacifiste, il appelle les soldats à déserter, les ouvriers au sabotage et à la grève dans les usines d'armements et de munitions. Beaucoup de militants communistes refusent de suivre le parti. Édouard Daladier interdit le Parti communiste français en septembre 1939. Après la violation par Hitler du pacte germano-soviétique en juin 1941, la ligne du parti se renverse et préconise la résistance armée contre Hitler qui a attaqué Staline[1].

La Résistance[modifier | modifier le code]

Carte de membre en 1944

Créé le par Jacques Duclos et Georges Politzer (+1942), remplacé par Pierre Villon[réf. nécessaire] dans la clandestinité, le Front National devient l'organisateur et la représentation « politique » des groupes de lutte armée : les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Avec le Front national, le Parti communiste mettait son organisation clandestine, déjà bien structurée, ainsi que l’expérience de ses militants, au service d’un large rassemblement de résistants, ouvert à tous les Français, « hormis les capitulards et les traîtres ». La Une de L'Humanité clandestine de Juin 1941 signée « Front National » est reproduite par Henri Amouroux[2]. Les communistes furent nombreux, mais avec un thème aussi rassembleur que « Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France », des adhésions vinrent de partout; ce nouveau Front national compta parmi ses militants et ses cadres des membres de la SFIO, comme Claude Jordery, ancien député socialiste, mais aussi des catholiques, des militaires, etc. Parallèlement à la lutte armée des FTPF, il se consacra à la propagande, à la fabrication de faux-papiers, au soutien logistique des clandestins et au sabotage.

Ce Front national a participé au Conseil national de la Résistance (CNR). On reconnaît son influence et celle du Parti communiste dans les mesures économiques et sociales portées dans le programme du CNR et appliquées après la Libération.

Pendant la guerre, on a également nommé « Front national » :

  • Un organe du comité directeur du « Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France » ;
  • Différentes revues clandestines liées à ce mouvement de résistance ;
  • Par extension, le terme désignait différents groupes de résistants à l'occupation nazie, disséminés à travers la France.

Les publications[modifier | modifier le code]

Journal, 1944
Brochure pour les catholiques 1946
Journal départemental du Front national. Seine-Inférieure. 25 juin 1943, recto.
Journal départemental du Front national. Seine-Inférieure. 25 juin 1943, verso.

Journaux[modifier | modifier le code]

Le Front national publia de nombreux journaux et feuilles clandestines, locaux et nationaux :

Revue des écrivains français regroupés en Comité national des écrivains. Fondée en octobre 1941 par Jacques Decour et Jean Paulhan, 25 numéros seront publiés. Les Lettres françaises paraîtront après la Libération, jusqu'en 1972.
  • L’École laïque (1941) ;
  • La Terre, monde rural. Crée en 1937, puis passé dans la clandestinité durant l'occupation.
  • Le Médecin français (mars 1941) animé par le docteur Raymond Leibovici ;
  • Musiciens d’Aujourd’hui, feuille clandestine tirée à 2500 exemplaires, dont André Fougeron a réalisé la maquette, qui devient Le Musicien d’Aujourd’hui lorsqu’elle est intégrée aux Lettres françaises clandestines ;
  • L’Université libre (104 numéros, de novembre 1940 à octobre 1944), animé par Georges Politzer, Jacques Solomon (gendre de Paul Langevin) et Jacques Decour ;
  • Les Allobroges (1942), région Isère-Hautes Alpes ;
  • L’Étudiant patriote (1941).
  • Le Lycéen patriote, organe du Front national étudiant des lycées, collèges, écoles techniques (1944).
  • Le Front National, journal.
  • Le Patriote, journal du Front national.
  • Le Patriote du Sud-Ouest, organe du Front national.

Livres, brochures[modifier | modifier le code]

  • Le massacre d'Oradour-sur-Glane par les Hordes hitlériennes, Limoges, édité par le Front national.
  • Henri Rousseau, Le Douanier. Catalogue de l'exposition organisée pour Commémorer le Centenaire de la Naissance de Henri rousseau. Front National des Arts, Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1944.
  • Premier congrès du Front national. Congrès de la renaissance française. 30 janvier 1945, Front national. collectif.

Après la Libération[modifier | modifier le code]

Bulletin d'information, 1945

Après la Libération, le Front National tente de porter le projet d'un mouvement « patriotique et civique » pour la « renaissance » du pays. Il est le pendant du Mouvement de libération nationale qui regroupe des mouvements de résistance spécifiquement non communistes. Repris en main par le PCF en décembre 1945, il entre en déshérence à partir de 1949[3].


Membres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littérature politique et communisme " Lire les Lettres françaises 1942-1972", p. 2
  2. Tome 2, p. 440.
  3. Daniel Virieux, article Front national, dans Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006, p.124
  4. Instituteur à Les Chapelles. Sans appartenance politique, il est à l'origine du mouvement Front National en Mayenne à la suite de contacts avec des amis bretons rencontrés pendant les vacances scolaires en 1941. Il devient par la suite responsable départemental des F.T.P.F. Il devient par la suite Inspecteur départemental de la Jeunesse et des Sports de la Manche.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Virieux, Le Front National de Lutte pour l'Indépendance de la France, un mouvement de Résistance – Période clandestine (mai 1941-août 1944), thèse de doctorat en histoire (à paraître), Claude Willard (Dir.), Université Paris VIII « Vincennes – Saint-Denis », 1995.

Article connexe[modifier | modifier le code]