Attentat

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Dans le langage courant (non juridique) un attentat est une action destinée à nuire (à attenter) aux biens ou à la vie d'autrui. On parle généralement d'attentat dans un contexte politique, voire terroriste.

Il existe également des faux attentats, c'est-à-dire des menaces qui ne se concrétisent pas, mais qui perturbent les activités courantes. Dans ce cas, on pourrait parler d'attentat à la conduite normale des affaires ou de la vie en société.

Types d'attentats[modifier | modifier le code]

Le classement des attentats peut se faire de multiples façons.

La distinction principale est certainement celle qui concerne les objectifs et le commanditaire de l'attentat, qui peut être

  • un ennemi déclaré de la cible, dans le but simplement de nuire,
  • un ami supposé, qui commet alors une trahison,
  • un ami agissant pour le compte de la cible, on parle alors de provocation,
  • un naïf croyant agir en vue d'un certain objectif, alors qu'il a été manipulé dans le cadre d'un « coup tordu ». Ces cas ont alors une complexité sans limite, avec des interactions entre de multiples protagonistes se mentant les uns aux autres.

Ils se classent selon la méthode :

  • guet-apens : on attend le passage de la cible pour déclencher une fusillade afin de l'éliminer, comme dans le cas du Général de Gaulle au Petit-Clamart et du président John F. Kennedy à Dallas.
  • attentat à la bombe : une charge explosive est placée dans l'intention de détruire des biens ou de tuer des personnes ou, plus rarement, simplement pour démontrer la capacité de nuisance de ceux qui l'ont posée. La charge peut être dissimulée n'importe où, dans un bâtiment, un lieu public, dans une automobile (on parle alors de « voiture piégée »), dans une lettre ou un colis postal (« colis piégé »). Par exemple, Unabomber était un spécialiste des attentats aux colis piégés.
  • attentat suicide : une personne se charge de provoquer la mort et la destruction en y laissant sa propre vie. On estime que cette méthode est imparable, sauf à imposer des restrictions insupportables (destruction complète de la vie privée). L'attentat suicide utilisant un avion détourné a été l'attentat le plus meurtrier de l'histoire.

Ils se classent aussi selon la cible :

  • personnes anonymes
  • individu ciblé
  • installation industrielle ou commerciale, et bâtiment (vide ou avec le public présent)
  • bus, avion, bateau ou autres moyens de transport, et leurs utilisateurs.

Les attentats, dans ce dernier cas, comptent parmi les pires catastrophes aériennes.

Certains attentats sont parfois camouflés en banals accidents, tandis qu'à l'inverse un même attentat peut faire l'objet de multiples revendications.

Liste des plus gros attentats (1988-)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'attentats meurtriers.
  • 21 décembre 1988 : attentat de Lockerbie. Un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am, qui assurait la liaison Londres – New York, explosa au-dessus du village écossais de Lockerbie (Royaume-Uni). 270 personnes (259 passagers et membres d'équipage, ainsi que 11 villageois) y trouvèrent la mort.
  • 19 septembre 1989 : Explosion d'un avion d'UTA-Air France sur la ligne Brazzaville-Paris vol 772 UTA : 170 morts.
  • 12 mars 1993 : une série d'attentats vise plusieurs bâtiments à Bombay: 13 bombes explosent, contre la bourse de Bombay, des banques, des hôtels, des marchés. 257 personnes sont tuées et plus de 700 blessées. Ces attentats auraient été perpétrés en représailles à la destruction de la mosquée d'Ayodhya en décembre 1992.
  • 7 août 1998 : deux attentats simultanés contre les ambassades américaines à Nairobi (Kenya) et à Dar es Salam (Tanzanie) provoquent la mort de 224 personnes.
  • 9 et 13 septembre 1999 : deux attentats contre deux immeubles d'habitation à Moscou tuent 216 personnes et en blessent 352 autres.
  • 27 mars 2002 : attentat de l'hôtel Park de Netanya, en Israël, 30 morts et 140 blessés.
  • 5 juillet 2002 : l'explosion d'une bombe au marché de Larbâa provoque la mort de 38 personnes et fait 80 blessés (20 km au sud d'Alger).
  • 12 octobre 2002 : Attentat de Bali en Indonésie, faisant 202 morts et 209 blessés.
  • 16 mai 2003 : Série d'attentats à Casablanca, la plus grande ville du Maroc, visant principalement des institutions hébraïques et occidentales. Elle fera 45 morts et 100 blessés.
  • 2 mars 2004 : une série d’attentats tue 180 personnes et en blesse 550 environ à Kerbala (Irak).
  • 11 mars 2004 : attentat à la bombe dans des trains de Madrid en Espagne : 191 morts et 1 858 blessés.
  • 7 juillet 2005 : série de quatre attentats dans les transports en commun de Londres revendiqués par un groupuscule affilié à Al-Qaida: 56 morts et 700 blessés.
  • 3 février 2007 : attentat au camion piégé à Bagdad faisant 127 morts et 305 blessés.
  • 14 août 2007 : une série d'attentats-suicides dans la ville de Sinjar (Irak) fait 572 morts et 1 562 blessés. Quatre camions-citernes explosent simultanément.
  • 18 octobre 2007 : Benazir Bhutto, de retour au Pakistan après 8 années d'exil, échappe à un attentat suicide à Karachi, qui fait 139 morts et près de 400 blessés. Elle mourra le 27 décembre suivant, à la suite d'un autre attentat tuant 18 personnes.
  • 13 mai 2008 : attentats de Jaipur, en Inde ; sept bombes explosant quasi-simultanément font 63 tués et 216 blessés.

Lutte contre les attentats[modifier | modifier le code]

En France, un dispositif spécial a été mis en place à deux reprises depuis 1995 pour réduire les risques d'attentats : le plan Vigipirate, qui était toujours en cours en 2013. Il comprend un certain nombre de mesures comme la fouille des sacs aux entrées de lieux accueillant du public en nombre, la mise en place d'un nombre accru de forces de l'ordre, assistées par des militaires, ou encore l'interdiction de stationner devant des lieux sensibles (écoles, lieux de culte, entre autres).

La lutte contre les attentats, en raison des restrictions dont elle est le prétexte, est une préoccupation majeure pour les organisations de défense des droits de l'homme.

À noter[modifier | modifier le code]

Un « attentat » est une « tentative contre ». Lorsqu'il échoue, c'est donc un attentat raté, en aucun cas une « tentative d'attentat », cette dernière expression étant un pléonasme.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Attentat.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]