Manifeste des douze

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Manifeste des douze (15 novembre 1940)

Le manifeste des douze : "Ensemble contre le nouveau totalitarisme" est un appel à la lutte contre l’islamisme publié initialement par Charlie Hebdo le 1er mars 2006, puis repris par diverses publications en Europe occidentale mais aussi ailleurs dans le monde. L'islamisme y est dénoncé comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie, à la suite du fascisme, du nazisme et du stalinisme.

Cet appel est dénoncé par la Ligue des droits de l'homme qui considère qu'il diabolise l'islam[1].

Le texte[modifier | modifier le code]

« Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous.

Les événements récents, survenus à la suite de la publication de dessins sur Mahomet dans des journaux européens, ont mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles. Cette lutte ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées. Il ne s'agit pas d'un choc des civilisations ou d'un antagonisme Occident-Orient, mais d'une lutte globale qui oppose les démocrates aux théocrates.

Comme tous les totalitarismes, l'islamisme se nourrit de la peur et de la frustration. Les prédicateurs de haine misent sur ces sentiments pour former les bataillons grâce auxquels ils imposeront un monde encore liberticide et inégalitaire. Mais nous le disons haut et fort : rien, pas même le désespoir, ne justifie de choisir l'obscurantisme, le totalitarisme et la haine. L'islamisme est une idéologie réactionnaire qui tue l'égalité, la liberté et la laïcité partout où il passe. Son succès ne peut aboutir qu'à un monde d'injustices et de domination : celle des hommes sur les femmes et celle des intégristes sur les autres. Nous devons au contraire assurer l'accès aux droits universels aux populations opprimées ou discriminées.

Nous refusons le « relativisme culturel » consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l'égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions.

Nous refusons de renoncer à l'esprit critique par peur d'encourager l’« islamophobie », concept malheureux qui confond critique de l'islam en tant que religion et stigmatisation des croyants.

Nous plaidons pour l’universalisation de la liberté d'expression, afin que l’esprit critique puisse s’exercer sur tous les continents, envers tous les abus et tous les dogmes. Nous lançons un appel aux démocrates et aux esprits libres de tous les pays pour que notre siècle soit celui de la lumière et non de l’obscurantisme. »

Signataires[modifier | modifier le code]

Ayaan Hirsi Ali, Chahla Chafiq-Beski, Caroline Fourest, Bernard-Henri Lévy, Irshad Manji, Maryam Namazie, Mehdi Mozaffari, Taslima Nasreen, Salman Rushdie, Antoine Sfeir, Philippe Val, Ibn Warraq

Reprise du manifeste en Europe[modifier | modifier le code]

Reprise du manifeste ailleurs dans le monde[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Dubois (Président de la LDH), Henri Leclerc et Michel Tubiana (Présidents d'honneur de la LDH), « Dialoguer plutôt que diaboliser l'islam politique », Libération, 16 mai 2006.

Lien externe[modifier | modifier le code]