Art Spiegelman

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Art Spiegelman

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Art Spiegelman lors du salon du livre de Paris en mars 2012.

Alias
Artie
Naissance 15 février 1948 (66 ans)
Stockholm, Suède
Nationalité Américain
Profession
Auteur de bande dessinée, illustrateur

Art Spiegelman (de son prénom Arthur[1], il est appelé Artie par son père) est un auteur de bande dessinée et illustrateur américain, né le 15 février 1948 à Stockholm en Suède. Figure phare de la bande dessinée underground américaine des années 1970-1980, il est à partir du milieu des années 1980 surtout connu pour sa bande dessinée Maus, qui lui a valu un Prix Pulitzer. C'est également un illustrateur reconnu. Il vit à New York avec sa femme, Françoise Mouly. Il est sacré Grand prix de la ville d'Angoulême en 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Art Spiegelman naît le 15 février 1948 à Stockholm en Suède. Ses parents émigrent aux États-Unis alors qu'il est encore enfant. Il suit très tôt des cours de dessins et parvient à se faire publier alors qu'il n'a que 16 ans. Il suit des études d'art et de philosophie. En 1968, après avoir achevé ses études il commence à se faire publier dans la presse underground[2]. Il crée aussi un fanzine nommé Blasé[E 1]. En 1975, il publie avec Bill Griffith le comix Arcade qui accueille Robert Crumb, S. Clay Wilson et Justin Green[3]. Figure emblématique du courant underground de la bande dessinée des années 1960 et 1970, Art Spiegelman a contribué aux revues Real Pulp, Young Lust et Bizarre Sex. Il a aussi conçu de nombreux et divers autocollants et paquets de cartes à collectionner (les Garbage Pail Kids qui devinrent Les Crados en français). En 1980, il lance la publication d'une nouvelle anthologie, RAW avec sa femme, l'artiste et romancière française Françoise Mouly.

Maus et la reconnaissance internationale.[modifier | modifier le code]

Adolf Hitler représenté en chat par Art Spiegelman.

En 1986, il publie le premier volume de Maus. Un survivant raconte (Maus: A Survivor's Tale, aussi publié sous le titre Maus: My Father Bleeds History) édité en français sous le titre Mon père saigne l'histoire, qui retrace la vie de sa famille (racontée par son père) pendant l'holocauste. La suite et fin de cette histoire (Maus: from Mauschwitz to the Catskills édité en français sous le titre Et c'est là que mes ennuis ont commencé) sort en 1991. C'est la première fois qu'une bande dessinée attire autant sur elle l'attention des critiques. Maus sera l'objet d'une exposition au musée d'art moderne de New York, et obtiendra en 1992 un Prix Pulitzer spécial.

Il devient l'un des plus grands défenseurs de la bande dessinée en tant que média. Il parcourt les États-Unis en donnant des conférences titrées Commix 101. Lui et Françoise Mouly sont aussi éditeurs d'une série d'anthologies pour enfants appelée Little Lit.

Spiegelman après Maus[modifier | modifier le code]

En 1993, Spiegelman entre au New Yorker, célèbre hebdomadaire artistique et littéraire américain[4]. Il y réalise quelques bandes dessinées et de nombreuses illustrations, dont des couvertures qui marquent le génie de leur auteur, non par leur virulence, mais par leur acuité, leur composition, leur part d'hommage distancié à la tradition du magazine. Sa couverture pour le numéro du 24 septembre 2001 (le premier suivant le 11 septembre 2001) « restera comme l'un des cartoons politiques les plus forts du XXIe siècle » : semblant au premier abord être complètement noire, elle révèle au spectateur plus attentif les silhouettes des tours du World Trade Center en ombres d'un noir plus profond[5].

Cependant, quelques mois plus tard, il quitte le New Yorker, à la suite de plusieurs refus de couvertures[Note 1], et afin de dénoncer le conformisme éditorial qui s'empare alors des médias américains. Virulent critique de la politique de George W. Bush, Spiegelman décrit les médias comme étant « timides et conservateurs ».

En 2002 et 2003, Art Spiegelman publie dans divers grands journaux et magazines européens (les principaux périodiques américains le lui ayant tous refusé) dix planches aussi innovantes techniquement que politiquement dérangeantes d’À l'ombre des tours mortes (In the Shadow of No Towers), dans lesquelles il raconte son expérience du 11 septembre 2001, et des effets de l'événement sur lui comme sur ses compatriotes. L'album, publié en 2004, est acclamé aussi bien aux États-Unis[Note 2] que dans le monde francophone[6].

Le dimanche 30 janvier 2011, Art Spiegelman reçoit le Grand prix de la ville d'Angoulême[7].

En janvier 2012, Spiegelman publie Meta Maus, sorte de making off de Maus[8].

Il est décoré de l'Ordre des Arts et des Lettres par Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, le 29 janvier 2012, après avoir présidé la 39e édition du Festival d'Angoulême[9].

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Prisoner on the Hell Planet : (1972, sur le suicide de sa mère)
  • Breakdowns: From Maus to Now, an Anthology of Strips, 1977, Nostalgia Press (ISBN 0878970525) / Belier Press (ISBN 0914646141)
changement d'éditeur
  • Maus
  • The Wild Party
  • Open Me, I'm A Dog (children's book)
  • In the Shadow of No Towers
  • Breakdowns: Portrait of the Artist as a Young %@&*!, 2008, Pantheon, (ISBN 978-0 375423956)
  • Be a Nose

En français[modifier | modifier le code]

  1. Mon père saigne l'histoire, 1987 (ISBN 2080660292)
  2. Et c'est là que mes ennuis ont commencé, 1992 (ISBN 2080666185)
  1. « Prince Coq, une parabole hassidique », dans Conte de fées, contes défaits, 2002 (ISBN 2020510014)
  2. « Les multiples moi de Selby Sheldrake », dans Drôles d'histoires pour drôles d'enfants, 2005 (ISBN 2020601672)

Illustrations[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Recueils[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Ouvrage
Revues

Documentation[modifier | modifier le code]

Internet

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notamment celle présentant une bombe A pour le 4 juillet ou celle de l'Action de grâce (Thanksgiving) qui montrait des avions militaires américains larguant des dindes au-dessus de l'Afghanistan.
  2. Le The New York Times le sélectionne parmi les cent publications essentielles de l'année.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p. 44

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Maus - L'intégrale, p.105, case 1, bulle 1
  2. (en)Lambiek comic shop and studio in Amsterdam, The Netherlands, « Comic creator : Art Spiegelman », sur lambiek.net,‎ 13 janvier 2010 (consulté le 9 juin 2012)
  3. Lambiek comic shop and studio in Amsterdam, The Netherlands, « Underground comix overview by Lambiek », sur lambiek.net,‎ 29 mai 2006 (consulté le 10 juin 2012)
  4. Pour ce paragraphe : Morgan (2004)
  5. (en) Cover Story: Ten Years Since Black on Black
  6. Thierry Groensteen y voit « artistiquement, (...) un modèle de bande dessinée d'intervention et une réussite absolue. Thierry Groensteen, « Spiegelman is not so well but alive and living in New York », dans 9e Art n°10, Centre national de la bande dessinée et de l'image, avril 2004, p. 121
  7. La Charente Libre : http://www.charentelibre.fr/2011/01/30/art-spiegelman-grand-prix-du-festival-2011,1018885.php
  8. (fr)« "Maus", l'odyssée d'un chef d’œuvre », sur www.lefigaro.fr (consulté le 13 février 2012)
  9. (fr)« Art Spiegelman, décoré de l'Ordre des Arts et des Lettres », sur http://editions.flammarion.com (consulté le 13 février 2012)
  10. Mediapart