Apostrophes

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Apostrophes
Genre magazine
Réalisation Jean Cazenave ; Jean-Luc Leridon
Présentation Bernard Pivot
Pays Drapeau de la France France
Langue français
Diffusion
Diffusion Antenne 2
Date de première diffusion 10 janvier 1975
Date de dernière diffusion 22 juin 1990
Public conseillé tout public
Chronologie
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Apostrophes est une émission de télévision littéraire française créée et animée par Bernard Pivot sur Antenne 2 entre le 10 janvier 1975 et le 22 juin 1990[1], chaque vendredi soir à 21 h 30 (de 1975 à 1985)

Quelques moments forts[modifier | modifier le code]

  • 10 février 1975, François Mitterrand surprend son auditoire par sa veine littéraire.
  • 30 mai 1975, Bernard Pivot reçoit Vladimir Nabokov. Pour les besoins de cette émission spéciale, le décor est réaménagé. L’auteur apparaît assis à un bureau, derrière des rangées de livres éparses. Vladimir Nabokov était en effet incapable de s'exprimer sans un support écrit. Aussi l'animateur avait-il accepté de lui fournir les questions à l'avance, afin que l'écrivain pût en préparer les réponses. Ses notes étaient dissimulées par l'amas de livres disposé sur la table[1].
  • 1975 : Alexandre Soljenitsyne reçoit Bernard Pivot pour un entretien dans sa propriété du Vermont. Selon Bernard Pivot, l’ambassade d’URSS tente d’empêcher la diffusion de l’émission en demandant son annulation au président d’Antenne 2, Marcel Jullian.
  • Le 12 décembre 1975, un débat opposa Han Suyin à Lucien Bodard. Han Suyin dénonça la fascination « schizophrène » de Bodard pour l'ancienne Chine, alors qu'elle loua le modèle économique du Grand Bond en avant créé, selon elle, par de « vrais économistes » pour un pays sous développé. Ils s'opposent également sur la personnalité de Mao Zedong, celle de l'empereur Puyi, le communisme et ses méthodes, la dictature du prolétariat[2].

Apostrophes sous Mitterrand[modifier | modifier le code]

  • 1982-1983 : controverse entre Bernard Pivot et Régis Debray, alors conseiller de François Mitterrand, Président de la République française, qui dénonce l’ascendant pris par Apostrophes sur la vie intellectuelle en France. Bernard Pivot, qui songeait alors à arrêter l’émission, après quelques signes de lassitude, contre-attaque et décide de poursuivre l’aventure. 1983 correspond à l’apogée d’Apostrophes en termes d’audience (avec des parts de marché dépassant les 12 % de téléspectateurs dans son créneau horaire) mais aussi à celle d’Antenne 2 (devenue cette année-là la chaîne de télévision la plus regardée de France devant TF1).
  • 1983 : éreintement de Maria-Antonietta Macciocchi (De la Chine, 1970) par Simon Leys (Ombres chinoises, 1976) : « Il est normal que les imbéciles profèrent des imbécillités comme les pommiers produisent des pommes, mais moi qui ai vu chaque jour depuis ma fenêtre le Fleuve jaune charrier des cadavres, je ne peux accepter cette présentation idyllique par madame de la Révolution culturelle. » Dès le lendemain de l’émission, les ventes du livre de Maria Antonietta Macciochi s’effondrent et son prestige est singulièrement terni. Un « effet Apostrophes » à rebours de celui escompté…
  • 1985 : à la suite de l’invitation de Marc-Édouard Nabe venu présenter son ouvrage Au régal des vermines, Georges-Marc Benamou s’introduit dans les locaux d’Antenne 2 et agresse physiquement Nabe lors du cocktail qui suit l’émission.
  • 1987 : Débat houleux entre Maurice Bardèche et Bernard-Henri Lévy[6].
  • 1987 : Bernard Pivot assure que Paul-Loup Sulitzer ne serait pas l’auteur de ses propres livres.
  • 1987 : Bernard Pivot réalise une interview clandestine de Lech Wałęsa en Pologne communiste, pour parler de son livre de souvenirs Un chemin d’espoir.

Durant les premiers numéros, Bernard Pivot a à ses côtés Gilles Lapouge, chroniqueur d’Ouvrez les guillemets ; il présente par la suite seul l’émission littéraire, ce qui en soi, rompt avec la tradition établie du ou des producteurs entourés de ses chroniqueurs.

Apostrophes (724 numéros) fut remplacé par Bouillon de culture, produite par Bernard Pivot, le 12 janvier 1991.

Au Québec, l’émission était diffusée sur TVFQ 99, puis sur TV5.

Générique[modifier | modifier le code]

L'indicatif musical du générique de l'émission est tiré du concerto pour piano no 1 de Rachmaninov interprété au piano par Byron Janis.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Apostrophes est au centre de l’histoire d’un album de Pétillon, Les disparus d’Apostrophes (1982), où le héros Jack Palmer enquête sur l’enlèvement des invités d’une émission sur Paul Claudel.
  • L’Assassin d’Apostrophes : roman-photo / texte de Gérard Guégan ; photogr. de Maya Sachweh ; avec Pierre Bourgeade (Raymond Dellebourre / Fernand) ; Edith Develeyne (Léa Simonet), Ruth Henry (Mme Dellebourre), Alain Massiot et Bernard Pivot (dans son propre rôle). In Playboy France, mars 1983, no 112 (vol. 12, no 3), p. 39-43.
  • La Cadillac blanche de Bernard Pivot d'Alain Beaulieu raconte l'histoire du complot de Bernard Pivot contre un personnage mysterieux[8].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Littérature et télévision », dans Dossiers de l’audiovisuel, no  29, janvier-février 1990
  • Édouard Brasey, L’Effet Pivot, Ramsay, Paris, 1987
  • Jean-Noel Jeanneney, L’Écho du siècle. Dictionnaire de la radio-télévision, Hachette Littératures, Paris, 1996. Une bible de l’audiovisuel réalisée par un collectif de chercheurs sous l’égide de l’ancien président de la BNF, rapporteur du projet de loi sur le dépôt légal de l’image animée en 1992 et l’un des pionniers de l’histoire des médias en France. Reportez-vous, entre autres à la notice consacrée à Bernard Pivot et à la brève synthèse réalisée par Yannick Dehée sur les magazines littéraires à la télévision.
  • Rémy Rieffel, La tribu des clercs. Les intellectuels sous la Ve République, CNRS Éditions, Paris, 1993
  • Michel Winock, Jacques Julliard, Dictionnaire des intellectuels français, Le Seuil, Paris, 1998. Parmi les nombreux articles, reportez-vous à celui rédigé par Jérôme Bourdon et intitulé : « Télévision : émissions littéraires ».
  • Bernard Pivot, Le métier de lire. Réponses à Pierre Nora : d’Apostrophes à Bouillon de culture, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2001
  • Michel Trebitsch, « Les Intellectuels au micro », [lire en ligne]
  • Frédéric Delarue, « À la croisée des médiations : les émissions littéraires de la télévision française de 1968 à 1990 », thèse de doctorat d’histoire contemporaine sous la direction de Christian Delporte, 2010[9]
  • Patrick Tudoret, Vie et mort de l’émission littéraire, Paris, INA/Le Bord de l’eau, 2008.
  • Maria Pourchet, Face et envers des écrans de la littérature (1950-2007). Archéologie d’un Monde du discours : Images, acteurs et publics de télévision), thèse de doctorat de sciences de l’information et de la communication sous la direction de Jacques Walter, Université de Metz, 2007.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]