François Schuiten

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François Schuiten

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François Schuiten
au Festival de Solliès-Ville.

Naissance 26 avril 1956 (58 ans)
Bruxelles, Belgique
Nationalité belge
Profession

François Schuiten (prononcer [skœj.tən]), né le 26 avril 1956 à Bruxelles, est un dessinateur de bande dessinée et scénographe belge. Rendu célèbre par son travail sur Les Cités obscures réalisé avec le scénariste Benoît Peeters, il a reçu le Grand prix de la ville d'Angoulême en 2002.

Il fut élevé au rang de baron par le roi Albert II le 21 juillet 2002[1] .

Biographie[modifier | modifier le code]

Station Arts et Métiers du métro de Paris, conçue par François Schuiten

Son père, Robert Schuiten, était un architecte très en vue à Bruxelles dans les années 1950-1960.

François Schuiten a publié sa première histoire, intitulée Mutation, dans l’édition belge de Pilote, alors qu’il n’avait que 16 ans. Il a étudié à l’atelier bande dessinée de l’Institut Saint-Luc, animé par Claude Renard. En 1977-1980, il a collaboré aux trois volumes du 9ème Rêve d’où émergèrent les principaux artisans du renouveau de la bande dessinée belge.

En collaboration avec son frère aîné Luc Schuiten, il publie ses premiers récits dans Métal hurlant à partir de 1977. Ils sont recueillis en 1981 dans l’album Carapaces. Parallèlement, il lance dans la même revue en 1979 Aux médianes de Cymbiola, en collaboration avec Claude Renard, avec lequel il produit également Le Rail en 1981. Les albums sortent respectivement en 1980 et 1982.

Dès ses débuts en albums, Schuiten réussit à « imposer un univers fantasmatique d’une rare cohérence[2] », variation autour de motifs invariables (la construction, le vol, etc.), témoignant « de l’impérieuse nécessité d’une œuvre qui ne doit rien à l’opportunisme et qui se développe selon une logique interne plus ou moins consciemment maîtrisée ».

En 1983, il entame une fructueuse collaboration avec son ami Benoît Peeters lorsque paraît dans (À suivre) Les Murailles de Samaris, la première histoire de la série Les Cités obscures. Cette série est située dans un univers parallèle au nôtre mais avec de nombreux passages vers le monde réel. Certains artistes de notre monde sont d’ailleurs célèbres dans Les Cités obscures, tels que l’architecte Victor Horta ou l’écrivain Jules Verne. Le goût du détail a poussé les auteurs à décrire dans Le Guide des Cités les disciplines surprenantes de cet univers (comme la cryptozoologie ou la cartographie compulsive), sa faune et sa flore étranges, ses us et coutumes décalés et, surtout, son architecture obsédante, composante fondamentale de la série. Chaque cité est en effet dépeinte dans un style architectural précis ; la psychologie des personnages et le récit en sont même fortement influencés (comme l’Art déco monumental, sa rigueur et sa stabilité pour La Fièvre d'Urbicande, l’Art nouveau, ses tentacules végétaux et sa folie pour Les Murailles de Samaris, etc.). Traduite en une dizaine de langues, la série Les Cités obscures a obtenu de nombreux prix, dont le Grand prix Manga au Japan Media Arts Festival en 2013.

Mais son univers s’étend bien au-delà de la planche à dessin pour prendre vie dans l’architecture, le théâtre, la télévision et le cinéma (voir les différentes sections ci-bas).

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • Cinq récits courts (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans Métal hurlant, 1977-1980
  • Aux médianes de Cymbiola (scénario et dessin), avec Claude Renard (scénario et dessin), dans Métal Hurlant, 1979-1980
  • Le Rail (scénario et dessin), avec Claude Renard (scénario et dessin), dans Métal Hurlant, 1981
  • Deux récits courts de La Terre creuse (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans (À suivre), 1978-1981
  • Les Cités obscures (dessin), avec Benoît Peeters (Scénario), dans (A SUIVRE) :
  1. Les Murailles de Samaris, 1982
  2. La Fièvre d'Urbicande, 1983-1984
  3. La Tour, 1986
  4. La Route d'Armilia, 1987-1988
  5. Brüsel, 1991
  • La Terre creuse (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans Métal Hurlant, 1984
  • Dolorès (scénario), avec Benoît Peeters (scénario), avec Anne Baltus (dessin), dans (A SUIVRE), 1989-1990

Albums[modifier | modifier le code]

  1. Carapaces, 1981
  2. Zara, 1985
  3. Nogegon, 1990
  1. Les Murailles de Samaris, 1983
  2. La Fièvre d'Urbicande, 1985 (Alfred du meilleur album de l’année).
  3. La Tour, 1987
  4. La Route d'Armilia, 1988
  5. Brüsel, 1992
  6. L'Enfant penchée, 1996
  7. L'Ombre d'un homme, 1999
  8. La Frontière invisible, deux volumes, 2002 et 2004
  9. La Théorie du grain de sable, deux volumes, 2007 et 2008
  10. Souvenirs de l'éternel présent, 2009
  11. Revoir Paris, 2014
  • La Douce, 2012
  • Plagiat ! (scénario), avec Benoît Peeters (scénario) et Alain Goffin (dessin), Les Humanoïdes associés, 1989
  • Dolorès (scénario), avec Benoît Peeters (scénario), avec Anne Baltus (dessin), Casterman, coll. « Studio (À SUIVRE) », 1991

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • « Flipper trip », dans Le 9e Rêve, Louis Musin, 1977
  • « La Chambre », dans Le 9e Rêve, Éditions des Archers, 1979
  • « L'Épopée de Filinor von Katseff », dans Le 9e Rêve, Éditions des Archers, 1980

Illustration[modifier | modifier le code]

François Schuiten a dessiné d'innombrables affiches, illustrations, sérigraphies et lithographies. Il a aussi réalisé une dizaine de timbres-poste pour La Poste belge. Il a également illustré un coffret long box de Gérard Manset. Il est l'auteur de la lithographie réalisée sur commande des Chœurs de l'Union européenne, une allégorie sur les thèmes de la musique et de l'Europe.

  • The Book of Schuiten, 2004
  • Christine Coste (texte), Bruxelles, itinéraires, Casterman / Lonely Planet, 2010. Un des premiers volumes d'une nouvelle collection de guides touristiques, mêlant les visions personnelles d'illustrateurs et d'auteurs.
  • Les Mers perdues, avec Jacques Abeille, Attila, 2010.

Ouvrages des Cités Obscures[modifier | modifier le code]

Prenant place dans le cycle des Cités Obscures sans être des bandes dessinées, ces ouvrages, parfois édités à tirage limité, ont été écrits par Benoît Peeters et illustrés par François Schuiten

Autres réalisations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

De 1989 à 1993, François Schuiten a travaillé avec Maurice Benayoun sur Les Quarxs, une des toutes premières séries animées en images de synthèse 3D.

Il a également collaboré à la conception visuelle de six films :

Avec Benoît Peeters, il a coscénarisé deux documentaires-fiction :

En 2012, François Schuiten a achevé la conception visuelle du film Mars et Avril de Martin Villeneuve, tiré des photo-romans du même nom[3]. La première mondiale de ce film a eu lieu au 47e Festival international du film de Karlovy Vary en République tchèque dans la catégorie “Another View”, qui présente des films faisant preuve d’une approche artistique hors du commun[4]. Il travaille actuellement, avec son collègue Benoît Sokal, à la conception visuelle d’un long métrage d’animation fantaisiste, Aquarica, dont la réalisation a été confiée à Martin Villeneuve[5],[6].

Scénographie[modifier | modifier le code]

François Schuiten a réalisé plusieurs scénographies, dont La ville imaginaire (Cités-Ciné Montréal), Le Musée des Ombres (présenté successivement à Angoulême, Sierre, Bruxelles et Paris), le Pavillon du Grand-Duché de Luxembourg à l'Exposition Universelle de Séville, le gigantesque Pavillon des Utopies (A planet of visions) qui a accueilli cinq millions de visiteurs à l'Exposition Universelle d'Hanovre en l'an 2000, de même que le pavillon belge à l'Exposition de Aichi en 2005.

Il a scénographié l'opéra de Rossini, La Cenerentola, présenté à La Monnaie à Bruxelles et à l'Opéra de Lyon, de même qu'un spectacle itinérant de chevaux autour des performances de Mario Luraschi.

Aménagement intérieur et extérieur[modifier | modifier le code]

Maison de Jules Verne, boulevard Longueville à Amiens, avec la tour en brique surmontée d'une sphère armillaire métallique.

François Schuiten a conçu la décoration des stations de métro Porte de Hal à Bruxelles et Arts et Métiers sur la ligne 11 du réseau parisien : recouverte de cuivre avec des hublots montrant des inventions.

En 2005, il orne la tour de la maison de Jules Verne à Amiens d'une sphère armillaire et réalise une grande fresque en trompe-l'œil qui habille le mur mitoyen, fresque évoquant les voyages autour du monde[7].

Avec Benoît Peeters et l'architecte Francis Metzger, il s'est également occupé de l'aménagement du premier édifice Art nouveau du grand architecte belge Victor Horta : la maison Autrique, devenue lieu d'expositions.

En collaboration avec Expoduo, il travaille actuellement à l'aménagement d’un futur musée du train qui se met en place dans la gare de Schaerbeek. Ce projet inspire d'ailleurs l'album La Douce, le premier que Schuiten réalise en solo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]