Philippe Val

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Philippe Wahl.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Val.
Philippe Val à France Inter, en février 2013.

Philippe Val, né le 14 septembre 1952 à Neuilly-sur-Seine[1],[2], est un journaliste, animateur de radio, humoriste, écrivain, auteur-compositeur-interprète et chansonnier français. Directeur de la publication et de la rédaction du journal Charlie Hebdo de 1992 à mai 2009, il a ensuite dirigé France Inter jusqu'en 2014[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Val naît à Neuilly-sur-Seine d'un père boucher et d'une mère coiffeuse ; il est le dernier d'une fratrie de quatre enfants.

Il arrête ses études à 17 ans et se lance dans la chanson, pour vivre de ses prestations lors de soirées dans les cabarets puis les cafés théâtre. Il est inspiré par Georges Brassens, Léo Ferré ou Jacques Brel qu'il écoutait petit à la radio et allait voir à Bobino. En 1973, il collabore avec la chanteuse Anne Vanderlove pour son disque Non, ouvertement engagé et antimilitariste. Il fait ensuite la rencontre de Patrick Font et forme le duo de chansonniers Font et Val qui fait carrière entre 1970 et 1996. Ensemble, ils obtiennent un relatif succès en produisant leurs spectacles à la Pizza du Marais[N 1], au Théâtre de Dix heures, ainsi qu'au Vrai Chic Parisien et lors de nombreuses tournées en France. Ils sont accompagnés par Paul Castanier[N 2] jusqu'en 1989, et Emmanuel Binet (basse). Toutefois, au début des années 1980, il arrive également que Philippe Val se produise, en particulier à Paris et à l'Espace Gaîté, sans Patrick Font mais en compagnie de son épagneul Jeff, « le seul chien au monde à chanter du Charles Trenet »[5].

En 1992, il devient chroniqueur à France Inter, d’abord chez Jean-Luc Hees, dans l’émission Synergie, puis aux côtés de son successeur, Albert Algoud dans l'émission La partie continue et de Frédéric Bonnaud dans l'émission Charivari.

Affichant une sensibilité politique de gauche, Philippe Val participe aux galas de financement du journal Libération puis il collabore un temps au journal pour quelques reportages. C'est ainsi qu'il rencontre Cabu. En 1992, il refonde avec lui, après la brève aventure de La Grosse Bertha, le nouveau Charlie Hebdo[6], héritier du journal mythique des années 1970, et il en devient le rédacteur en chef. À la mort de Gébé, en avril 2004, il prend le poste de directeur de la rédaction et directeur de la publication. Il y publie chaque semaine un éditorial dans lequel il pousse des « coups de gueule ». En octobre 1995, Philippe Val se fait casser la mâchoire et plusieurs dents par deux militants anti-IVG qui l’attendaient devant la Maison de la radio, au sortir de l’émission de Christophe Dechavanne intitulée « Trop de débauche ou trop de morale »[7].

En 1996, choqué par l'affaire judiciaire de Patrick Font « poursuivi devant le tribunal correctionnel d'Annecy pour "attouchements sexuels" sur douze élèves de l'école du spectacle qu'il dirigeait[8] » (et dont en 1998 « une peine de huit ans de prison[8] » sera requise) dont il affirme n’avoir rien su (ce qui sera d’ailleurs confirmé par l’intéressé lui-même[9], puis par la justice), Philippe Val rompt tout lien avec son ami de vingt-cinq ans, mettant ainsi fin de fait aux activités du duo. Les deux hommes resteront brouillés.

Il est régulièrement invité dans Le Premier Pouvoir, émission de critique des médias sur France Culture[10].

Philippe Val continue parallèlement son activité de musicien. Dans les années 1990, il sort deux albums : Paris-Vincennes en 1996, et Hôtel de l’univers en 1999. Il se produit dans les années 2000 dans de multiples salles en France accompagné par le bassiste Emmanuel Binet pour son spectacle Ouvert la nuit. En 2000, il sort un album intitulé Philippe Val.

En 2006-2007, il participe tous les vendredis à l'émission hebdomadaire de José Artur et David Glaser Inoxydable sur France Inter. Depuis septembre 2007, il donne une chronique hebdomadaire dans Le Sept dix de France Inter.

Le 12 mai 2009, il rejoint Jean-Luc Hees à Radio France et quitte alors ses fonctions à la tête de Charlie Hebdo[3]. Sa décision de quitter Charlie Hebdo aurait « déjà été prise à l'issue du procès » des caricatures de Mahomet[11]. Il est nommé directeur de France Inter en remplacement de Frédéric Schlesinger[12] le 17 juin 2009 par Jean-Luc Hees[3],[13],[14].

Il épouse le 20 décembre 2013, Bérénice Ravache, secrétaire générale de Radio France, à Joinville le Pont (94)

Le 22 mai 2014, le nouveau PDG de Radio France, Mathieu Gallet, annonce le remplacement immédiat de Philippe Val par son adjointe, Laurence Bloch[4].

Prises de positions publiques[modifier | modifier le code]

Philippe Val est un partisan du maintien de la loi Gayssot, qui « tend à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe » et donc l'expression de théories négationnistes.

Après avoir dénoncé presque exclusivement l’extrême droite et l’intégrisme chrétien dans ses éditoriaux, Philippe Val dénonce aujourd’hui également les rapprochements entre une partie de la gauche et les mouvements islamistes, ce qui lui vaut des critiques virulentes de la part de l'extrême gauche, l'accusant d'être devenu réactionnaire. Il coorganise, signe et publie dans Charlie Hebdo le manifeste des douze : un appel à la lutte contre l’islamisme intégriste, défini comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie.

Philippe Val a publié dans le no 714 de Charlie Hebdo une pétition pour le droit au blasphème, signée entre autres par Bernard-Henri Lévy, Salman Rushdie et Taslima Nasreen.

Dans le no 715 du 1er mars 2006 de Charlie Hebdo, il a rapporté la rencontre organisée par l'association le « Manifeste pour les libertés », animée par des intellectuels libéraux de culture musulmane et en lutte contre l'islamisme, où des intellectuels et militants issus du monde musulman sont venus défendre le droit au blasphème et leur désaccord avec la notion d'islamophobie et l'usage qui en est fait (en particulier le remplacement par l'islamophobie de la notion classique de racisme). Charlie Hebdo rapporte les propos de Ghaleb Bencheik, pour qui la notion d'islamophobie serait dangereuse parce qu'elle conditionnerait un aveuglement sur les pires abus de pouvoir effectivement commis au nom de l'islam. Bencheik pense que les gens de gauche « sont trop souvent bernés par le discours des islamistes qui utilise les passages du Coran sur les damnés de la terre ». Philippe Val dit partager ces critiques au sujet de la « naïveté » de l'extrême-gauche.

Philippe Val a eu l'occasion d'écrire qu'il existe un poujadisme de gauche[15] et que l'extrême gauche « n'est pas parvenue à exorciser » son démon que fut son positionnement « antidreyfusard »[16] et qu'elle n'est pas toujours très lucide face à l'antisémitisme. Il a eu l'occasion de se faire l'écho des critiques relatives au MRAP sur ces questions (Charlie Hebdo no 715).

Pour s'être plusieurs fois distingué du mouvement altermondialiste et d'une partie du mouvement antiraciste (en particulier lors de la conférence de Durban en 2001, où il reproche à ce mouvement d'avoir qualifié le sionisme de « racisme ») et également, entre autres, pour avoir été sévère avec plusieurs mouvements d'extrême-gauche en particulier pour leur manière de critiquer les médias, les accusant de céder à la théorie du complot, il s'est très violemment fait critiquer par ces derniers. En effet, à propos d'Acrimed, par exemple, il a eu l'occasion d'écrire[17] :

« Quand on s’explique tellement mal avec son public, comme le fait Acrimed, et que la conclusion qui en est tirée, c’est que les journalistes et le monde de la presse sont les tentacules du pouvoir central, ça relève de la théorie du complot. Et pour moi, jusqu’à une époque extrêmement récente, c’était fondamentalement un thème d’extrême droite. J’ai horreur de ce qui entretient la paranoïa des gens et de ce qui l’encourage. J’accepte toutes sortes de critiques, mais rendre les gens dépendants de leur paranoïa, s’en servir, être suffisamment pervers pour l’alimenter, je trouve ça ignoble. Ils sont dangereux, mais heureusement ils sont minoritaires. »

— Philippe Val, Charlie Hebdo no 601

Cette citation est extraite d'un article où il critique également l’Observatoire français des médias qu'il accuse de fonctionner selon les mêmes principes, et le Réseau Voltaire qui, selon Philippe Val, représente « la quintessence de l'art de recourir à l'explication par le complot »[18].

Lors du référendum français du 29 mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen, il a signé des éditoriaux en faveur de la ratification tout en laissant les différents points de vue s'exprimer dans Charlie Hebdo, éditoriaux publiés dans un recueil intitulé Le Référendum des lâches. Il se prononce en faveur du fédéralisme européen. Selon lui, l'enjeu du débat était « d'abandonner la Nation comme entité politique souveraine en Europe ». Il développe l'idée que les nations ne sont plus tout à fait capables de répondre aux besoins des personnes et que les ONG prennent de plus en plus de place dans la gouvernance.

Critiques professionnelles[modifier | modifier le code]

Il est présenté par certains médias, en particulier l'association Acrimed et les publications associées PLPL et Le Plan B[19], comme un patron de presse dirigiste et autoritaire. Ses détracteurs relèvent notamment ses méthodes contestées au sein de la rédaction, mises au jour parfois par plusieurs cas d'opposition ou de démission (Philippe Corcuff, Olivier Cyran, Lefred-Thouron…), voire de licenciements (par exemple l'actuelle collaboratrice du Monde diplomatique Mona Chollet) ces dernières années[20].

Affaire Siné[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Siné.

Le 15 juillet 2008 il licencie de l'hebdomadaire [21],[22] le caricaturiste Siné, qu'il accuse d'avoir tenu des propos antisémites sur Jean Sarkozy dans les pages mêmes du journal deux semaines plus tôt. Le 2 juillet, commentant sur son ton satirique une déclaration de Patrick Gaubert, président de la Licra parue dans Libération, Siné, qui « sème la zone » (titre de sa chronique), avait écrit à propos du fils Sarkozy[23] :

« Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs Darty. […] Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

— Siné, Charlie Hebdo no 837

Pour justifier sa décision, Val avance la menace d'un procès de la famille Darty, écrivant qu'il aurait refusé, si le procès avait bien eu lieu, d'assurer sa défense[24] et qu'il a avant tout cherché à éviter une éventuelle[25] condamnation du journal pour antisémitisme[26]. L'avocate Gisèle Halimi, pour sa part, dénonce ce dernier argument comme étant de mauvaise foi, car elle estime qu'un procès de ce genre aurait facilement été gagné par l'hebdomadaire[27]. Charb ajoute : « Une phrase — la phrase, désormais — dans une chronique pouvait être mal interprétée par des gens de bonne foi (quelques-uns) et instrumentalisée par des gens de mauvaise foi (plus nombreux). » C'est dans cette dernière catégorie qu'il range le journaliste Claude Askolovitch, qui avait déclenché l'affaire sur les ondes de RTL début juillet.

Ce licenciement, intervenant trois semaines après une polémique entre Siné, Polac et Val au sujet de l'affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert (qui avait reproché à Charlie Hebdo son traitement de l'affaire Clearstream, cf. plus bas), occasionne les vives protestations de nombreuses personnalités d'horizons très variés, comme les dessinateurs Plantu[28], Philippe Geluck, Jihel, Willem, Vuillemin ou Tignous, lesquels mettent en cause Val au-delà de sa décision. Dans une interview au Nouvelobs.com[29], Siné accuse Val de l'avoir licencié non pas pour cette chronique, qui ne serait, selon lui, qu'un prétexte, mais en raison de leur désaccord [N 3] au sujet de l'affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert, une thèse réfutée par Val, mais aussi par Charb et Cavanna[30]. Des personnalités historiques du journal, anciens collaborateurs ou qui avaient pris part à sa refondation en 1992, telles Gisèle Halimi ou Delfeil de Ton, parlent de « procès en sorcellerie »[31] ou de « calomnie »[32]. Val reçoit, de son côté, le soutien d'éditorialistes tant du Figaro[33] que de Libération[34], de Bernard-Henri Lévy[35] ou de la ministre Christine Albanel, ainsi que celui de différentes associations comme la Licra, le Crif ou l'UEJF[36]. En revanche Willem, Delfeil de Ton (autre fondateur du journal), Carali, Barbe, Geluck, Malingrey, Pichon, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tignous, Thouron, Tardi, Wiaz ou encore Michel Polac défendent Siné[37]. Cavanna, autre membre historique de Charlie Hebdo, estime que « ni l’un ni l’autre n’a démérité », parlant d'une « erreur d’appréciation de Val » au sujet d'une « plaisanterie, certes dangereuse mais occasionnelle » de Siné ; à son avis, c'est « une gaminerie, une bouffée de panique. Pas de quoi fouetter un chat »[38].

En décembre 2012, la société éditrice de Charlie Hebdo est condamnée par la cour d'appel de Paris à verser 90 000 euros de dommages et intérêts à Siné pour licenciement abusif[39].

Censure[modifier | modifier le code]

Philippe Val a été accusé d'actes de censure, par exemple lorsque le dessinateur Lefred-Thouron démissionne de Charlie-Hebdo après un dessin refusé sur l'« affaire Patrick Font », celui-ci étant impliqué dans une affaire de pédophilie (dessin finalement publié la semaine suivante dans Charlie Hebdo[40]). En 2000, un article d’Olivier Cyran est retouché. Celui-ci relate un dialogue entre le réalisateur Pierre Carles et le groupe Zebda et un passage dans lequel une critique contre le journal est supprimée. Plus récemment, le journaliste d’investigation Denis Robert a accusé Philippe Val d’interdire la parution dans Charlie Hebdo de tout article mettant en cause la multinationale Clearstream, dont l’un des avocats, Richard Malka, est également celui de l’hebdomadaire. Dans son éditorial du 25 juin 2008, Val a vigoureusement démenti cette affirmation, déclarant que ni lui ni a fortiori Richard Malka n’avaient jamais exercé de pression dans ce sens, et attaquant Denis Robert en retour, l’accusant de mener contre Clearstream une enquête à charge dépourvue de preuves.

La semaine suivante, Michel Polac et Siné se désolidarisent de leur « patron » dans les colonnes du journal au sujet de la contre-attaque visant Denis Robert qui affirme qu'il existe une censure à Charlie Hebdo concernant Clearstream. Michel Polac rappelle deux semaines plus tard, qu'il avait déjà « fait part de [s]on trouble[41] dans [s]a chronique, sans embarrasser le moins du monde Philippe Val » ; « dans le cas contraire, je serais parti », ajoute-t-il, avant de conclure : « Charlie Hebdo est peut-être le dernier journal où on puisse s'exprimer sans censure ou autocensure. »

Deux heures après sa nomination à France Inter, il renvoie Frédéric Pommier qui faisait chaque matin la revue de presse. La raison officielle serait une mauvaise hiérarchisation de l'information. Mais d'après Télérama, Arrêt sur image, et quelques autres médias dont Libération qui tiennent leurs sources de l'intersyndicale des journalistes de France Inter, Philippe Val n'aurait pas apprécié que Frédéric Pommier cite Siné Hebdo dans sa revue de presse[42],[43],[44],[45].

La critique s'accentue sur Philippe Val lorsque, le 23 juin 2010, les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sont licenciés de France Inter sous sa direction. En se séparant de deux humoristes vedettes assurant le pic d'audience de France Inter, il est accusé de collusion avec la présidence de la République[46],[47],[48],[49]. En 2011, le conseil de prud'hommes de Paris qualifie l'éviction de Stéphane Guillon d'irrégulière et condamne Radio France à lui verser 212 000 euros de dommages et intérêts, un montant qui sera augmenté de 23 000 euros par la cour d'appel de Paris au titre du préjudice moral[50]. En 2012, Radio France est également condamnée par le même conseil de prud'hommes à verser quelque 252 000 euros à l'humoriste Didier Porte pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse »[51].

Les critiques envers Val sont relancées en octobre 2010 quand l'humoriste Gérald Dahan est évincé à son tour, au lendemain d'une chronique critique envers Michèle Alliot-Marie[52].

Critiques de ses prises de position publiques[modifier | modifier le code]

Ses détracteurs critiquent également l'évolution de ses opinions politiques au fil des années qu'ils jugent parfois en contradiction avec les idéaux qu'il affichait par le passé (d'un anarchisme, frondeur et irrévérencieux à une position nettement « recentrée » et beaucoup plus conservatrice) : son soutien à l'intervention de l'OTAN au Kosovo, son soutien à la candidature « libéral-libertaire » de Daniel Cohn-Bendit lors des élections européennes de 1999, sa position en faveur du projet de traité constitutionnel européen en 2005, ses critiques systématiques à l'égard de l'extrême gauche (dans laquelle on le classait autrefois), son positionnement polémique vis-à-vis de l'islam, son soutien aux États-Unis et à Israël[53].

La notoriété médiatique de Philippe Val s'est accrue ces dernières années, en même temps que la critique de ses positions. Sa présence à deux colloques a particulièrement retenu l’attention à l’été 2007 : il s’est d’abord exprimé à l’université d’été des Gracques, un regroupement d’anciens hauts fonctionnaires socialistes prônant l’alliance du PS avec le centre autour de valeurs « sociales-libérales », puis à celle du MEDEF (le patronat français)[54]. Ces deux interventions ont été analysées par certains à l’extrême-gauche comme un dévoiement, et comme le signe de ralliement de Philippe Val à la « pensée unique » néolibérale. Val s’est défendu en rétorquant que sa présence à ces deux universités d’été ne valait pas approbation des politiques défendues par leurs organisateurs (il a d’ailleurs refusé de signer le manifeste des Gracques), que « dialoguer ou débattre, ce n’est en aucun cas être complice », et que l’essence même du dialogue était de réunir deux interlocuteurs de points de vue différents. Ses interventions se situaient au demeurant toutes deux à contre-courant du cadre dans lequel elles ont chacune été prononcées : chez les Gracques, Val a attaqué Ségolène Royal (l’accusant notamment d’être « le degré zéro de la politique ») sur son flanc gauche, alors que ses hôtes se situaient clairement à la droite du PS ; chez les patrons, il a dénoncé la menace que représentent selon lui les grands groupes industriels, tels Dassault (propriétaire du Figaro), Bouygues (propriétaire de TF1), Lagardère ou Bolloré pour la liberté de la presse et des médias, reprochant à ses hôtes de manquer d’intérêt pour cette question et soulignant qu’ils « aim[ai]ent bien, en général, ce qui s’exprime en faveur de leurs intérêts ».

Ses multiples apparitions médiatiques, ses fréquentations avec ce qu'il est convenu de nommer « les élites » lui valent des railleries de la part de confrères journalistes (Bernard Langlois, Olivier Cyran, Daniel Mermet, Serge Halimi, et plus généralement les journalistes associés à la critique des médias et de la collusion des journalistes avec le pouvoir politique[55],[56]).

Direction de France Inter[modifier | modifier le code]

Des polémiques naissent début 2010, notamment autour de Stéphane Guillon dont les chroniques ne seraient pas du goût du pouvoir en place.

De nombreuses émissions, dont Rue des Entrepreneurs, Allô la planète ou Système disque disparaissent entre avril et juin 2010.

Le 17 juin 2010, les journalistes de France Inter votent à la majorité une motion contre Philippe Val. Ils expriment leur « colère face aux choix et aux méthodes de Philippe Val »[57]. Ils s'inquiètent notamment de « l'ampleur des changements projetés et considèrent qu'à ce jour le lien de confiance indispensable entre la rédaction et la direction a été rompu. »[58].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Allez-y, vous n'en reviendrez pas, Le Cherche midi
  • Allez-y, vous n'en reviendrez pas, la suite, Le Cherche midi
  • Bonjour l'Ambiance, Le Cherche midi en collab. avec France Inter
  • Bons Baisers de Ben Laden, Le Cherche midi en collab. avec France Inter
  • Fin de Siècle en Solde, Le Cherche midi en collab. avec France Inter
  • No Problem !, Le Cherche midi en collab. avec France Inter
  • Vingt Ans de Finesse (Font & Val), Le Cherche midi en collab. avec France Inter
  • Le Référendum des Lâches : les arguments tabous du oui et du non à l'Europe, Le Cherche midi, 2005
  • Traité de savoir survivre par Temps Obscurs, Grasset, 2007
  • Les Traîtres et les Crétins : chroniques politiques, Le Cherche midi, 2007
  • Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Grasset, 2008
  • Si ça continue, ça va pas durer, chroniques radiophoniques de France Inter, illustrées par Catherine Meurisse, Les Échappés, France Inter, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aujourd’hui Théâtre des Blancs Manteaux.
  2. L'ancien pianiste de Léo Ferré.
  3. précédemment évoqué

Références[modifier | modifier le code]

  1. deuxième paragraphe, sur le site du Parisien
  2. Assignation en justice, sur le site storage.canalblog.com
  3. a, b et c Philippe Val quitte Charlie Hebdo et rejoint Jean-Luc Hees à Radio France, Libération.fr
  4. a et b France Inter : Philippe Val part, Laurence Bloch lui succède, Nouvelobs.com
  5. « Un Val très en grâce », Jean-Pierre Thiollet, Le Quotidien de Paris, 17 juillet 1981.
  6. Biographie sur le site evenement.fr
  7. Biographie sur bernard-henri-levy.com.
  8. a et b « Huit ans de prison requis contre Patrick Font », article journal L'humanité du 04/03/1998, consulté le 7 novembre 2014.
  9. «Les frangins de la banque», Le Mague, février 2003.
  10. sur le site galileo-concept.
  11. « Philippe Val quitte "Charlie" », Charlie Hebdo,‎ 12 mai 2009
  12. Schlesinger : Val peut réussir à France Inter", TéléObs
  13. «Philippe Val comme trophée gouvernemental» de Véronique Brocard pour Télérama le 26 octobre 2009
  14. «Luc Chatel: Philippe Val est une prise de guerre sarkozyste» de Régis Soubrouillard pour Marianne le 29 octobre 2009
  15. Lire Charlie Hebdo du 22 juin 2005 (extraits)
  16. Soirée Théma sur Arte, le mardi 13 avril 2004, « De quoi j’me mêle : tous manipulés ? ». Lire un compte-rendu sur le site de CQFD
  17. Charlie Hebdo no 601 daté du 24 décembre 2003
  18. Éditorial de Philippe Val titré « La presse a besoin de flics », Charlie Hebdo daté du 24 décembre 2003
  19. Voir le site d'Acrimed, qui rassemble des articles sur Philippe Val
  20. L’opinion du Patron, La liberté d’expression selon Charlie Hebdo : article d'Olivier Cyran, tiré du site lmsi.net, mars 2006
  21. avec l'approbation du directeur adjoint de la rédaction Bernard Maris, du rédacteur en chef Gérard Biard et du rédacteur en chef adjoint Charb
  22. Siné viré : un moment pénible pour Philippe Val Sur le site bakchich
  23. Sans l'ombre d'un doute, ce texte est antisémite Sur le site de Libération
  24. Charlie Hebdo, 30 juillet 2008, p. 3 Article disponible sur le site de Charlie Hebdo
  25. article en ligne
  26. Anna Borrel, « Charlie hebdo zappe Siné », dans Marianne2.fr, 15/07/2008, article en ligne
  27. Gisèle Halimi, « Le "procès en sorcellerie" fait à Siné par Val », Rue89, 18/07/2008
  28. Dessin en ligne Sur le site blogs.lexpress.fr
  29. Siné : Filoche répond aux vingt politiques et intellectuels qui soutiennent Val
  30. Charlie Hebdo no 841, 30 juillet 2008
  31. Gisèle Halimi, « Le "procès en sorcellerie" fait à Siné par Val », dans Rue89, 18/07/2008 article en ligne
  32. Delfeil de Ton, « Comment fonctionne la calomnie », Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand dans Le nouvel obs.com, 28/07/2008
  33. Alexandre Adler, « L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire », dans Le Figaro, 25/07/2008, article en ligne
  34. Laurent Joffrin, « Charlie Hebdo : sanctionner l’antisémitisme », in Libération, 25/07/2008, article en ligne
  35. Bernard-Henri Lévy, « De quoi Siné est-il le nom ? », in Le Monde, 21/07/2008, article en ligne
  36. « Ils ont choisi leur camp dans l'affaire Siné », dans L'Express, 28/07/2008, article en ligne
  37. Siné : Filoche répond aux vingt politiques et intellectuels qui soutiennent Val de Gérard Filoche sur nouvelobs.com
  38. « Affaire Siné : les points de vue de Charb et Cavanna, historiques de Charlie Hebdo », dans le Nouvelobs.com, 29/07/2008, article en ligne Sur le site /tempsreel.nouvelobs.com
  39. «Charlie Hebdo» doit verser 90 000 euros à Siné, Libération, 17 décembre 2012.
  40. « Font et Val : les copains, ça mord »
  41. né de la défense de Clearstream par Richard Malka
  42. France Inter: Philippe Val vire Frédéric Pommier de la revue de presse, Libération
  43. France Inter : Philippe Val démet Frédéric Pommier, Le Figaro, 22 juin 2009
  44. Philippe Val secoue le Pommier à France-Inter, Marianne, 23 juin 2009
  45. Philippe Val prive Frédéric Pommier de la revue de presse de France Inter, L'Express, 22 juin 2009
  46. « Humoristes : les pieds dans le débat » par Arrêt sur images
  47. « Guillon et Porte virés de France Inter, mais largement soutenus », Libération, 23 juin 2010.
  48. Christophe Nobili écrit dans Le Canard enchaîné du 30 juin 2010 (« Bal tragique à France Inter : deux morts », p. 1) : « Treize mois à peine après avoir été nommés par Sarko à la tête de Radio France et de France Inter, Jean-Luc Hees et Philippe Val ont viré les deux humoristes qui cognaient le plus sur le pouvoir sarkozyste et faisaient grimper l'audience, le tout à deux ans de la présidentielle. Il fallait le faire. »
  49. « Nicolas Sarkozy en rêvait, Jean-Luc Hees et Philippe Val l'ont fait » souligne Michel Abescat dans Télérama, no 3155, 30 juin 2010, p. 96.
  50. « Stéphane Guillon gagne son procès en appel contre Radio France », L'Express, 16 janvier 2013.
  51. « Didier Porte licencié : France Inter condamné à payer 252 000 euros », Le Parisien, 11 avril 2012.
  52. « Gérald Dahan débarqué de France Inter », Libération
  53. Alain Gresh, « Philippe Val et les conflits du Proche-Orient », sur le site du Monde diplomatique.
  54. Interview de Philippe Val sur DailyMotion
  55. Critique des propos de Val sur Ben Laden et autres sujets : « Philippe Val sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre Chomsky »
  56. Pierre Rimbert, Philippe Val et les Précieuses ridicules, le despotisme des éclairés, Le Monde Diplomatique, juin 2009, page 28, texte en ligne.
  57. « Les journalistes de France Inter expriment leur colère contre Philippe Val », Télé Obs, 21 juin 2010.
  58. « Val masqué à France Inter », Libération, 18 juin 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Fontenelle, Même pas drôle. Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy, éditions Libertalia, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]