Claude Nougaro

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Claude Nougaro

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Claude Nougaro au Paris Jazz Festival en juin 2003.

Informations générales
Naissance
Toulouse
Décès (à 74 ans)
Paris
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Chanson française d'inspiration jazz et rythmes latino
Années actives De 1958 à 2004
Labels Universal Music, Warner Music
PolyGram, Mercury, EMI
Site officiel www.nougaro.com

Claude Nougaro, né le à Toulouse et mort le à Paris, est un poète et auteur-compositeur-interprète français. Grand amateur de jazz, de musique latine et africaine, jouant des mots avec la langue française, il s'est appliqué tout au long de sa carrière, dans un insolite mariage des genres, à unir chansons françaises et rythmes. Parallèlement à ses activités littéraires et musicales, il s'est adonné à la peinture et au dessin[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Nougaro, chanteur d'opéra, et de Liette Tellini, professeur de piano italienne (et premier prix de piano au conservatoire)[2], Claude Nougaro naît à Toulouse le 9 septembre 1929, près du boulevard d’Arcole. Il est élevé par ses grands-parents paternels dans le quartier des Minimes[3]. Son grand-père Alexandre, planton au Capitole, et sa grand-mère Cécile, sage-femme, chantent dans une chorale[2]. À douze ans, il écoute Glenn Miller, Édith Piaf, Bessie Smith et Louis Armstrong sur la TSF, qui entre autres l'inspire à suivre cette voie[4]. En 1947, il échoue au baccalauréat et débute alors à Paris dans le journalisme (en écrivant pour divers journaux, dont Le Journal des curistes à Vichy et L'Écho d'Alger). En parallèle, il écrit des chansons pour Marcel Amont (Le Barbier de Séville, Le Balayeur du roi) et Philippe Clay (Joseph, la Sentinelle). Il rencontre sur place Georges Brassens, qui devient son ami et mentor, et écrit de la poésie romantique, également humoristique[5]. Il fait son service militaire en 1949 à Rabat, au Maroc.

Carrière[modifier | modifier le code]

C'est une Garonne

Claude Nougaro envoie des textes à Marguerite Monnot, compositrice d'Édith Piaf, qui les met en musique (Méphisto, Le Sentier de la guerre). Il débute sur scène en 1954 dans le cabaret parisien le Lapin agile, à Montmartre, en déclamant des poèmes dont il est l'auteur. C'est dans ce lieu qu'il décide de chanter ses propres textes pour gagner sa vie en 1958 (premier titre Il y avait une ville), poursuivant pendant une dizaine d'années dans plusieurs cabarets, au Liberty's, à La Tête de l'art, au Zèbre[6].

En octobre 1958, il enregistre son premier album (ouvert par le titre Il y avait une ville) sorti chez Président, écrit et enregistré avec son partenaire d'écriture Michel Legrand[7]. Le succès ne se manifestera néanmoins qu'en 1962, début des années Philips : Une petite fille et Cécile ma fille[8] (dédiée à sa fille, née en 1962 de sa femme Sylvie, hôtesse rencontrée au Lapin agile). Ces chansons le firent immédiatement connaître du grand public, bien qu'il ait déjà commencé à percer en participant aux concerts de Dalida. En ce début d'années 1960, il introduit de nouveaux rythmes dans la chanson française et compose de nombreuses chansons, inspirées de thèmes et rythmes de jazz qui séduisent le public : Les Mains d'une femme dans la farine, Les Petits Bruns et les Grands Blonds, Le Cinéma, Chanson pour Marilyn... Il poursuit sa collaboration avec Michel Legrand (Le Cinéma et Les Don Juan) et écrit également avec le compositeur Jacques Datin (Cécile, ma fille et Une petite fille). Ses chansons Je suis sous, ou plus tard Tu verras[9], font référence à l'alcool.

Un accident de voiture l'immobilise plusieurs mois en 1963[3]. L'année suivante, il part en voyage au Brésil. Au retour, il se produit dans des salles prestigieuses : l'Olympia, le Palais d'Hiver de Lyon , le Théâtre de la Ville à Paris. Son fils Pablo naîtra d'une union avec une Brésilienne.

La mort de son ami Jacques Audiberti (rencontré en 1952 aux Deux Magots) en 1965 lui fait écrire un hommage en chanson, Chanson pour le maçon[7]. C'est à cette époque qu'il entame durablement sa collaboration avec le pianiste de jazz Maurice Vander, qui deviendra son principal partenaire musical (arrangeur, pianiste et cocompositeur). Il surnomme Maurice Vander « Le Coq'», et c'est en référence à ce pianiste qu'il écrit et chante, plus tard, Le Coq et la Pendule. Outre Vander et Legrand, Nougaro saura s'entourer de la fine fleur nationale (Eddy Louiss, René Nan, Pierre Michelot, Michel Colombier, Michel Portal, Aldo Romano, Didier Lockwood, Michel Gaudry, Bernard Lubat, Richard Galliano, Jean-Claude Vannier, André Ceccarelli...) et internationale (Ornette Coleman sur Gloria, Marcus Miller, Trilok Gurtu, ...).

Bien qu'il soit farouchement opposé à la politique, les évènements de Mai 68 lui inspirent un torrentiel Paris Mai, plaidoyer pour la vie, qui sera interdit d'antenne. Il enregistre la même année son premier album live à l'Olympia : Une soirée avec Claude Nougaro.

Sa chanson Toulouse[10] est un vibrant hommage à sa ville natale, Toulouse.

Claude Nougaro dans les années 1980.

Sa carrière se poursuit alors de façon régulière, ponctuée de succès : le Jazz et la Java (s'inspirant d'un thème de Three to Get Ready)[11], Tu verras[9] (adaptation française de O que será de Chico Buarque de Holanda), l'Île de Ré, Armstrong[12] , avec Roger Guérin à la trompette, ou Petit Taureau.

En 1971, il retrouve Michel Legrand pour la bande originale du film La Ville bidon du réalisateur Jacques Baratier, ami d'Audiberti, (Nougaro chante La décharge et Sa maison).

En ces années 1970, il collabore également avec le compositeur-arrangeur Jean-Claude Vannier (Un grain de folie, Dansez sur moi, Plume d'ange, Insomnie...).

Il quitte Philips pour Barclay en 1975. Après un album jugé décevant au niveau des résultats (Bleu Blanc Blues) en 1985, sa maison de disques ne renouvelle pas son contrat. Il y fait d'ailleurs une allusion dans sa chanson Mon disque d'été. Il décide de vendre sa maison de l'avenue Junot à Montmartre et part alors pour New York, en quête d'inspiration, écrit et enregistre sur place un disque financé par WEA, sous la direction de Philippe Saisse, musicien réputé là-bas, et dont le producteur exécutif est Mick Lanaro, un vieux complice : c'est Nougayork, dont le succès retentissant fut une surprise ironique.

Il est récompensé en 1988 par les Victoires de la musique du meilleur album et du meilleur artiste, et de 1993 à 1997, il sort trois nouveaux albums.

Sa santé se dégrade à partir de 1995, année où il subit une opération du cœur. En 2003, il ne peut se produire au Festival du verbe à Toulouse en raison de son état de santé. De 1998 à 2004, il se consacre davantage à des concerts et des festivals. Il participe également à l'album Sol en cirque du collectif Sol En Si[13].

En 2002 il se produit dans toute la France avec un spectacle parlé, nommé Les fables de ma fontaine, où il reprend plusieurs de ses textes (dont Victor et Plume d'ange - le spectacle a fait l'objet d'une captation en DVD)[14],[15].

En 2003 et 2004, il prépare un album pour le label jazz Blue Note Records. Le disque intitulé La Note bleue sortira à titre posthume le 30 novembre 2004[16].

La station de métro des Minimes à Toulouse.

Décès[modifier | modifier le code]

Après avoir subi de nouvelles interventions chirurgicales en début d'année, il meurt le 4 mars 2004, à 74 ans, des suites d'un cancer du pancréas[17],[18].

Ses obsèques ont été célébrées à Toulouse, en la basilique Saint-Sernin, dont le carillon joua à l'occasion les notes de la chanson Toulouse[19]. Ses cendres ont été dispersées dans la Garonne[20]. Un jardin municipal, un collège ainsi qu'une station de métro portent aujourd'hui son nom[21]. Une salle de concert du quartier des Sept-Deniers s'appelle aussi « Salle Nougaro »[22]. Le 25 janvier 2011 a eu lieu l'inauguration de l'esplanade Claude Nougaro en plein centre de Toulouse.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Amateur de jazz, Claude Nougaro met des paroles sur des musiques de Charles Mingus, Thelonious Monk, Wayne Shorter, Louis Armstrong, Dave Brubeck, Sonny Rollins, Neal Hefti, Nat Adderley... Il s'inspire également de rythmes brésiliens et chante Antônio Carlos Jobim, Gilberto Gil, Baden Powell de Aquino, Chico Buarque. C'est aussi un amoureux de la chanson française.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Claude Nougaro.

Hommages[modifier | modifier le code]

À la demande d'Hélène Nougaro et pour célébrer les 80 ans de Claude, Maurane enregistre en 2009 Nougaro ou l'Espérance en l'Homme[23].

La région Midi-Pyrénées a créé en 2007 un prix Claude Nougaro en son hommage, visant à encourager les jeunes talents[24].

Les Chevaliers du fiel lui consacrent un sketch en 2004 pour lui rendre hommage après sa mort.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Précédé par Claude Nougaro Suivi par
Johnny Hallyday
Victoire de la musique de l'artiste interprète masculin
1988
Francis Cabrel

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Laurence Cabrol, « Claude Nougaro fait étape à Foix », AriègeNews.com,‎ 5 octobre 2006 (consulté le 11 août 2010)
  2. a et b Pascal Alquier, « Les Nougaro », L'Express.fr,‎ 25 avril 2002 (consulté le 10 août 2010)
  3. a et b Julie Vivier, « Nougaro, le jazzman de la Ville rose », LaDépêche.fr,‎ 8 septembre 2009 (consulté le 11 août 2010)
  4. [vidéo] « Claude Nougaro sur son enfance et le jazz », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  5. Gilles Schlesser, Le cabaret « rive gauche », Archipel,‎ 2006, p. 401
  6. Michel Trihoreau, La chanson de proximité. Caveaux, cabarets et autres petits lieux, Éditions L'Harmattan,‎ 2010, p. 92
  7. a et b « Portrait : Claude Nougaro », ina.fr,‎ 9 septembre 2009 (consulté le 12 août 2010)
  8. [vidéo] « Claude Nougaro Cécile, ma fille », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  9. a et b [vidéo] « Claude Nougaro Tu verras », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  10. [vidéo] « Chanson Toulouse », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  11. [vidéo] « Claude Nougaro Le jazz et la java », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  12. [vidéo] « Claude Nougaro Armstrong », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  13. Églantine Chabasseur, « Sol en Si : un engagement durable », RFI,‎ 9 novembre 2005 (consulté le 11 août 2010)
  14. Bérengère Adda, « Nougaro dit ses textes »,‎ 3 mai 2002 (consulté le 15 août 2010)
  15. [vidéo] « Claude Nougaro seul sur scène aux Bouffes du Nord », sur ina.fr
  16. Sébastien Catroux, « Le dernier jazz de Nougaro », LeParisien.fr,‎ 30 novembre 2004 (consulté le 10 août 2010)
  17. Emmanuel Marolle, « La France entière pleure », leParisien.fr,‎ 5 mars 2004 (consulté le 10 juillet 2010)
  18. [vidéo] « Les Toulousains sont touchés par la mort de Claude Nougaro », sur ina.fr (consulté le 10 août 2010)
  19. (fr) [vidéo] Le Carillon de Saint-Sernin rend hommage à Claude Nougaro sur YouTube
  20. Bernard Lescure, « Nougaro rejoint sa Garonne », LaDépêche.fr,‎ 12 mars 2004 (consulté le 15 août 2010)
  21. Jean-Luc Ferré, « Nougaro swingue toujours dans Toulouse », la-Croix.com,‎ 20 mars 2009 (consulté le 15 août 2010)
  22. « Salle Nougaro », EVENE.fr (consulté le 15 août 2010)
  23. Gilles Médioni, « Maurane chante Nougaro », L'Express.fr,‎ 24 août 2009 (consulté le 10 août 2010)
  24. Région Midi-Pyrénées, Prix d'écriture Claude Nougaro consulté le 8 février 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Publications de Claude Nougaro

Publications sur Claude Nougaro

Liens externes[modifier | modifier le code]

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