Mécréant

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Issu du terme mescreant[1], lui-même formé à partir du verbe croire et du préfixe péjoratif[2] més-, le mot mécréant désigne une personne qui n'adhère pas à la religion considérée comme la seule vraie[3], originellement la religion chrétienne[4]. On peut trouver un équivalent dans la religion islamique avec le terme kâfir. Le terme est désuet[5], mais peut toutefois désigner aujourd'hui, dans une acception moderne et plaisante[6], quelqu'un qui n'a aucune religion.

« Vengeance ! mort ! rugit Rostabat le géant, Nous sommes cent contre un. Tuons ce mécréant (…) »

— Victor Hugo, la Légende des siècles, XV, «  Petit roi de Galice  », viii.


Christianisme et mécréance[modifier | modifier le code]

Dans le christianisme, le mécréant est considéré comme un possible croyant, comme une « brebis égarée qui pourrait revenir au troupeau » :

  • « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes » (Luc 15, 7)
  • « Reviens à moi, dit le Seigneur, et je te recevrai » (Jérémie 3, 1).
  • « Si l'impie fait pénitence, il vivra de la vie et je ne me souviendrai d'aucune de ses iniquités » (Ezéchiel 18, 21)
  • « Grande sera dans le ciel la joie pour un seul pécheur qui fait pénitence » (Luc)

Sont également considérées comme mécréants les personnes superstitieuses accordant de l'importance à de multiples croyances.

Le kâfir pour l'islam[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Kafir et Kufr.

La théologie musulmane différencie trois sortes de mécréants en fonction de la Division du monde dans l'islam:

  • Le mécréant qui vit en terre d'Islam Dar al-Islam, est soumis au statut de dhimmi; à celui-ci s'applique ce verset: «  Nulle contrainte en religion  » (Sourate 2, verset 256) [incomplet]
  • Le mécréant vivant dans un pays Dar al-'Ahd en paix avec les pays musulmans, à celui-ci s'applique le verset : « A vous votre religion, à moi la mienne » (sourate 109, verset 6).
  • Enfin, le mécréant d'un pays Dar al-Kufr qui agresse une terre d'Islam, ou qui viole un pacte de paix avec les musulmans, à celui-ci s'applique ce verset : «  Combattez-les, afin que Dieu les châtie par vos mains et les couvre d'opprobre, afin qu'il vous donne la victoire sur eux, et guérisse les cœurs des fidèles » (sourate 9http://www.portail-religion.com/lire/coran-kasimirski/sourate_009.php).

L'eschatologie, dans le Coran, donne une description du châtiment qui attend le mécréant le Jour du Jugement ; en voici un échantillon :

  • «  Pour les infidèles, il leur est égal que tu les avertisses ou non : ils ne croiront pas. Dieu a apposé un sceau sur leurs cœurs et sur leurs oreilles ; leurs yeux sont couverts d'un bandeau, et le châtiment cruel les attend. » (Sourate 2, versets 5 et 6)
  • « Les fidèles et les incrédules sont deux adversaires qui se disputent au sujet de Dieu ; mais les vêtements des infidèles seront taillés du feu, et l'eau bouillante sera versée sur leurs têtes. Leurs entrailles et leur peau en seront consumées ; ils seront frappés de gourdins de fer. Toutes les fois que, transis de douleur, ils voudront s'en évader, on les y fera rentrer et on leur criera : Subissez le supplice du feu. » (Sourate 22, versets 20, 21 et 22)

Le Coran, cependant, insiste lourdement sur la notion de repentir. Allah se décrit le plus souvent comme le Miséricordieux ; l'humain qui pêche, qu'il soit croyant ou mécréant, et qui se repent sincèrement voit ses pêchés entièrement pardonnés. En témoignent, entre autres, ces quelques versets :

  • « A ceux qui, quand un malheur s'appesantit sur eux, s'écrient : Nous sommes à Dieu, et nous retournerons à lui. Les bénédictions du Seigneur et sa miséricorde s'étendront sur eux. » (Sourate 2, versets 151 et 152)
  • « Ne savent-ils pas que Dieu accepte le repentir de ses servi­teurs, qu'il agrée l'aumône ? Il est L’Accueillant au repentir et le Miséricordieux. » (sourate 9, verset 104)

Ce concept de repentir est mis en avant dans ce hadith qudsi : « Dieu Tout-Puissant dit : Ô fils d'Adam, aussi longtemps que tu M'appelleras et que tu Me prieras, Je te pardonnerai pour ce que tu as fait, et Je ne t'en tiendrais pas rigueur. Ô fils d'Adam, même si tes péchés devait atteindre les nuages du ciel, et que tu Me demanderais alors pardon, Je te pardonnerai. Ô fils d'Adam, même si tu venais à Moi avec des péchés aussi grands que la terre et que tu te présenterais alors à Moi, sans M'attribuer aucun associé, Je t'accorderai un pardon presque aussi grand. »

Mais kâfir après sa relecture dans le monde arabo-musulman a prit aussi le sens de "dénégateur", qui peut se définir comme quelqu'un qui sait la vérité mais refuse de l'admettre et persiste aisément dans son déni[7] :

  • « En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux là sont vraiment les égarés. » (Sourate 3, verset 90)

Non seulement le fait de dénier le message apporté par les prophètes ou les messagers ainsi que les miracles les accompagnant mais aussi car coraniquement tout homme est censé possédé une fitra (traduit principalement par innéité) concernant un pacte initial entre Dieu et conclu avec chaque homme qui leur oblige à témoigner de leur foi, le but dans cette vie étant principalement de rester en conformité avec cette fitra :

  • « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d'Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : "Ne suis-Je pas votre Seigneur? " Ils répondirent : "Mais si, nous en témoignons..." - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : "Vraiment, nous n'y avons pas fait attention", » (Sourate 7, verset 172)[8]

La "mécréance", considérée comme un grave pêché dans l'islam, est directement concernée par ces citations[9].

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Autres religions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey (dir.), Le Grand Robert de la langue française : version électronique, deuxième édition, Dictionnaires Le Robert « p. prés. de l'anc. v. mescroire, de croire, et du préf. més-. »
  2. Alain Rey (dir.), Le Grand Robert de la langue française : version électronique, deuxième édition, Dictionnaires Le Robert « Préfixe péjoratif, du francique missi, même sens (all. miss-). »
  3. Jean Nicot, Le Thresor de la langue francoyse : tant Ancienne que Moderne, David Douceur,‎ 1606 (lire en ligne), p. 405 « …nous appelons proprement et usitéement Mescreants et Mescreantes ceux et celles qui sont alienez de nostredicte foy. »
  4. Trésor de la langue française informatisé (lire en ligne) « Qui a une religion autre que la religion chrétienne (considérée comme seule vraie). »
  5. Alain Rey (dir.), Le Grand Robert de la langue française : version électronique, deuxième édition, Dictionnaires Le Robert « (1080). Vx. Qui ne professe pas la foi considérée comme vraie. »
  6. Alain Rey (dir.), Le Grand Robert de la langue française : version électronique, deuxième édition, Dictionnaires Le Robert « Mod. et plais. Qui n'a aucune religion. »
  7. (en) « Underssanding Kafir », sur http://quransmessage.com/ (consulté le 02/10/14)
  8. Al Ajami, Que dit vraiment le Coran, Zenith,‎ 2008, 415 p. (ISBN 2953165908), p. 70-286
  9. Traduction de M. Kasimirski, 1840 (libre de droit).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]