Conflit israélo-palestinien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour le conflit israélo-arabe, voir conflit israélo-arabe.
Conflit israélo-palestinien
Carte d'Israël avec la Cisjordanie et la bande de Gaza, 2007.
Carte d'Israël avec la Cisjordanie et la bande de Gaza, 2007.
Informations générales
Date 14 mai 1948 – aujourd'hui

66 ans, 3 mois et 19 jours

Lieu Israël, Palestiniens puis État palestinien
Issue En cours
Belligérants
Flag of Israel.svg Israël Flag of Palestine.svg Palestine
Notes
Processus de paix
Objets de négociations
Batailles
Conflit israélo-arabe
Conflit israélo-palestinien
Guerre de Palestine de 1948 · Guerre de Suez · Guerre des Six Jours · Guerre d'usure · Guerre du Kippour · Guerre du Liban · Première Intifada · Seconde Intifada · Opération Jours de pénitence · Opération Arc-en-ciel · Conflit israélo-libanais de 2006 · Opération Pluies d'été · Guerre de Gaza de 2008-2009 · Confrontation de 2011 · Confrontation de 2012 · Opération Pilier de défense · Guerre de Gaza de 2014

Le conflit israélo-palestinien désigne le conflit qui oppose, au Proche-Orient, les Palestiniens[1] et l'État d'Israël. Débutant officiellement le 14 mai 1948, jour de la création de l'État d'Israël, il prolonge le conflit qui opposait depuis la Déclaration Balfour de 1917, les communautés arabes et juives. Ce conflit, non résolu à ce jour, est à caractère principalement nationaliste, mais il inclut également une dimension religieuse entre les Israéliens, principalement de religion juive, et les Palestiniens, à majorité musulmane.

Initialement géré par les Britanniques depuis le début de leur mandat sur la région en 1920, le dossier du conflit opposant Juifs et Musulmans en Palestine mandataire est transmis à l'Organisation des Nations unies à la fin du mandat, en 1947. Celle-ci vote un plan de partage de la Palestine mandataire conférant un État distinct à chaque communauté et plaçant Jérusalem sous contrôle international. Rejeté par les États arabes et les Arabes palestiniens, ce plan mène à un conflit de 1947-1948 en Palestine mandataire qui sera suivie par la première guerre israélo-arabe dès le dernier jour du mandat.

La région voit l'exode d'arabes palestiniens pendant la guerre de 1948, l'arrivée de réfugiés Juifs en Israël entre 1948 et 1952, puis un nouvel exode de 300 000 Palestiniens pendant la guerre des Six Jours, en 1967 et l'arrivée en Israël de près de 600 000 Juifs en provenance des pays arabes, chassés par les autorités. Les mouvements de populations ont débouché sur le problème des réfugiés palestiniens, qui sont près de 4 000 000 aujourd'hui, à ne pas s'être intégrés. Depuis l'échec de la tentative de créer deux États en 1947, les Nations unies ont à ce jour émis près d'une centaine de résolutions par le Conseil de Sécurité et l'Assemblée générale, afin de résoudre le conflit. Plusieurs négociations et conférences de paix ont également eu lieu.

Les principaux points litigieux sont : l'objectif d'une reconnaissance mutuelle des deux peuples, laquelle n'est à ce jour pas absolue ; l'objectif de création d'un État palestinien aux côtés d'Israël et les problèmes posés par la contiguïté de leurs territoires (sécurité) et le tracé ultime des frontières (question du devenir des colonies israéliennes présentes dans les territoires palestiniens occupés) ; le statut de Jérusalem et le contrôle de ses lieux saints. À ces enjeux centraux s'ajoutent des problèmes parallèles tels que le partage de l'eau et le statut des réfugiés déplacés par le conflit (dont le statut problématique des Arabes israéliens vis-à-vis de l'autodéfinition d'Israël comme État « du peuple juif »). Les questions du sacré et de l'identité des groupes en litige jouent un rôle majeur dans ce conflit[2].

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Le conflit s'est développé au cours de plusieurs périodes distinctes :

  • Avant 1917, la Palestine est sous l'autorité de l'empire ottoman. Les populations chrétienne et musulmane qui y vivent ne se définissent qu'en termes de communautés religieuses et ne manifestent pas de sentiment national. La population juive est divisée en deux communautés : l'Ancien Yishouv c'est-à-dire la communauté établie de longue date en Palestine, et le nouveau Yichouv composé de Juifs établis depuis quelques dizaines d'années au plus en Palestine et motivés principalement par le sionisme, mouvement formalisé par Theodor Herzl dans son ouvrage Der Judenstaat.
  • En 1917, les Britanniques conquièrent la Palestine qu'ils administrent officiellement à partir de 1920 dans le cadre d'un mandat attribué par la Société des Nations.
  • De 1920 à 1948, le Royaume-Uni exerce son mandat sur la Palestine mandataire. Des conflits éclatent entre Arabes et Juifs, mais aussi entre ces populations et les autorités britanniques.
  • De 1948 à 1967, le territoire de la Palestine mandataire est désormais administré en 3 entités distinctes : l'État d'Israël né en 1948, la bande de Gaza sous le contrôle de la République arabe d'Égypte, et la Cisjordanie annexée en 1950 par la Jordanie (le Royaume hachémite de Transjordanie, indépendant depuis 1946).
  • De 1967 à 1993, l'issue de la Guerre des Six Jours met les populations de Cisjordanie et de Gaza sous administration israélienne. Le sentiment national palestinien s'exprime par la voix de l'OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine).
  • De 1993 à 2000, le Processus d'Oslo conduit à la reconnaissance de l'État d'Israël par l'OLP, et établit une Autorité intérimaire palestinienne.
  • Depuis 2000, la Seconde Intifada marque le blocage du processus de paix israélo-palestinien. La bande de Gaza, d'où Israël s'est retiré en 2005, est dirigée par le Hamas, qui en a pris le contrôle par la force en juin 2007.
  • Depuis 2006, la bande de Gaza est soumise à un blocus par Israël, ce qui est source de crispations entre la Palestine et Israël.

Fin du XIXe siècle-1920 : origines du conflit[modifier | modifier le code]

Les racines du conflit se trouvent, dans le contexte mondial d'exacerbation des nationalismes européens et d'affaiblissement de l'empire ottoman, dans l'opposition progressive des objectifs du sionisme en Europe et du nationalisme arabe au Proche-Orient.

Le sionisme naît comme une réponse au sentiment antisémite qui s'est développé au cours du XIXe siècle, en Europe et en Russie. Theodor Herzl, journaliste dans l'empire austro-hongrois, publie en 1896 Der Judenstaat (l'État des Juifs), manifeste fondateur du sionisme politique. Pour lui, l'antisémitisme étant inéluctable, il est nécessaire pour sa survie que le peuple juif se penche politiquement sur son avenir national en disposant de sa propre terre sous la forme d'un foyer juif.

La population juive n'est pas unanime sur cette position, jusqu'à la Shoah. Les critiques des milieux laïcs, assimilés, portent sur la localisation de ce foyer national juif en Palestine ottomane, mais aussi sur Jérusalem qu'ils conçoivent davantage comme un centre culturel que comme un centre politique. Enfin, le sionisme risquerait de banaliser le peuple juif, en mettant l'accent sur la politique plutôt que sur le côté religieux.

L'Organisation sioniste mondiale est créée en 1897 à Bâle, où le mouvement sioniste tient son premier congrès et élit Herzl à sa tête. Sa mission définie est de préparer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine, région historique de la Terre d'Israël. Pour cela, l'OSM rachète des terres en Palestine et promeut l'immigration et le sentiment national afin de renforcer la présence juive sur le territoire. Elle met en place un ensemble d'institutions qui viseront à constituer un État de fait, un précédent favorable pour la réalisation d'objectifs nationaux juifs.

Herzl et le mouvement sioniste s'engagent dans un travail diplomatique. Herzl engage des négociations avec le sultan, mais c'est un échec. Il se tourne alors vers le Royaume-Uni pour une colonie juive dans le Sinaï ou en Ouganda ; c'est aussi un échec tout en marquant un pas en avant, car la démarche du mouvement sioniste semble être reconnue par ses interlocuteurs malgré les hésitations des grandes puissances et une hostilité de l'Église catholique. Dans le même temps, les premières grandes vagues d'immigration juive commencent en Palestine, et s'accélèrent avec les nouveaux pogroms à Kichinev, en 1903 et 1905, qui amènent quelques dizaines de milliers d'immigrants d'Europe orientale sur la Palestine.

Parallèlement à l'immigration juive en Palestine, des centaines de milliers de Juifs émigrent vers les États-Unis. Les sionistes restent minoritaires au sein du peuple juif, où les orthodoxes, coalisés dans l'Agoudat Israel, s'opposent très vivement à eux[3]. C'est aussi durant cette période qu'apparaissent les premiers signes d'opposition arabe au mouvement sioniste : en 1891, des notables hiérosolymitains protestent contre la vente de terre aux Juifs ; en 1908, sont fondés les premiers journaux nationalistes arabes Al-Karmel et Falistin[4].

À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée entre 56 000 personnes[5] et 82 000 personnes[6] et la population arabe(musulman, juif, chrétiens et autres) à plus de 600 000 personnes[7]. En 1914, alors que commence la Première Guerre mondiale qui mettra fin à l'empire ottoman, la Palestine compte 690 000 habitants, dont 94 000 sont juifs.

En 1914, l'empire ottoman est allié aux empires centraux. Les Français et les Anglais cherchent à profiter d'une défaite "turque" pour se partager la région. L'influence britannique s'affirme de plus en plus au Moyen-Orient : le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d'un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés. En mai 1916, le Royaume-Uni passe l'accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d'influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Jordanie (Transjordanie et Palestine mandataire) à la zone d'influence britannique.

Ces accords n'empêchent pas les Anglais de promettre non seulement un royaume indépendant aux Arabes, mais aussi la création d'un « foyer national » aux Juifs, (Palestine mandataire et Transjordanie). Malgré la neutralité proclamée des sionistes dans le conflit, Chaim Weizmann et Vladimir Jabotinsky sont les seuls à deviner que la guerre va radicalement changer les choses[8]. Weizmann, chimiste et dirigeant du mouvement sioniste, se consacre à la diplomatie et convainc les Anglais de créer un régiment juif (la légion juive) dans l'armée Anglaise, le 23 août 1917, qui regroupera 800 hommes et qui sera envoyé en Palestine en février 1918[9]. Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique, inspiré par Weizmann, apporte un soutien considérable au mouvement sioniste en proclamant la déclaration Balfour, selon laquelle il envisage favorablement l'établissement d'un foyer national juif en Palestine, tout en affirmant qu'il ne doit pas porter préjudice aux droits civils et religieux des populations non juives existantes. Cette déclaration a une portée internationale et attire la bienveillance des populations juives des pays alliés. Chaim Weizmann participe aussi à la préparation de la conférence de la paix à Paris et il y signe, en 1919, un accord avec Fayçal, futur roi d'Irak[10]. Les Arabes s'opposent à ces prises de position britanniques.

La Première Guerre mondiale bouleverse la géographie du Moyen-Orient. Le Royaume-Uni prend pied dans le Moyen-Orient et étend son influence. La Société des Nations entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l'établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique (sorte de tutelle du Royaume-Uni sur ces territoires) mis en place sur la Palestine, terme englobant à l'époque les territoires transjordaniens de l'autre côté du Jourdain. Le Royaume-Uni contente la famille hachémite avec la création rapide d'un royaume musulman en Transjordanie, sur la partie orientale de la Palestine, ce qui réduit le territoire destiné au foyer national juif.

1920-1948 : Mandat britannique sur la Palestine[modifier | modifier le code]

Les tensions entre communautés juives et arabes s'accroissent à partir de 1920, à la suite de l'augmentation de l'immigration juive et arabe. À partir de 1921, cette opposition arabe est incarnée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Les premières émeutes anti-juives se produisent aux mois de mars et avril 1920 à Jérusalem, puis en mai 1921 à Jaffa et contre des établissements agricoles. Ces émeutes font plus d'une centaine de morts juifs et sont attribuées par la commission Haycraft nommée par les Britanniques à la colère arabe contre l'immigration juive[4]. Cela débouche sur la publication du premier Livre blanc, dit le livre blanc Churchill, visant à rassurer les Arabes, en limitant l'immigration juive. Mais ces émeutes débouchent aussi sur la création des unités de défense juive, la Haganah, à partir des unités de l'organisation Hashomer.

Des motivations religieuses sont à l'origine d'affrontements autour du Kotel à Jérusalem en 1929 et amène à l'aggravation brutale de la situation avec de violentes émeutes antijuives à Hébron, Jérusalem et Safed, qui font près de 150 victimes juives. Pour la première fois depuis l'époque des Croisés, les Juifs sont tués à Hébron, leur seconde ville sainte. Le quartier juif de Hébron est détruit.

De nouveau, les Anglais nomment une commission d'enquête qui tend à dédouaner le grand mufti de Jérusalem de ses responsabilités[4] et qui aboutit à un second livre blanc restreignant les acquisitions foncières et l'immigration juive[11]. Chaïm Weizmann obtient dès 1931 la quasi-annulation de ce livre blanc, ce qui va entraîner la confrontation directe des Arabes et des Anglais[11].

Pendant ce temps, la population arabe palestinienne s'organise. En 1928, on assiste à une institutionnalisation des revendications par des comités de grève (car une part importante de la population travaille dans des entreprises sionistes). Ils revendiquent l'indépendance de la Palestine. Les Arabes palestiniens constituent le 25 octobre 1936 le Haut Comité arabe, sous la direction du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, pour faire face à l'agence juive. En 1936, c'est la grande révolte arabe en Palestine, finalement écrasée en 1939 par les britanniques. Le développement du peuplement juif en est une des causes importantes. Alors qu'au début du XIXe, il y avait 1 Juif pour 10 musulmans, en 1947, il y en aura 1 pour 2.

Les Anglais répondent militairement en augmentant le nombre de policiers et politiquement par une nouvelle commission d'enquête, sous la direction de Lord William Peel, qui propose un premier partage de la Palestine : une région juive (la Galilée et partie de la plaine côtière), une région arabe (Judée-Samarie et Néguev) et une région sous contrôle britannique (Jérusalem)[11]. Les Juifs espérent l'améliorer. Le Haut Comité arabe le rejette totalement, mais l'émir Abdallah de Transjordanie l'accepte[11]. Après l'assassinat du commissaire régional britannique en Galilée, la répression anti-arabe par les Anglais est très dure, le Haut Comité arabe dissous et Amin al-Husseini exilé[12].

En 1939, devant les menaces de guerre avec l'Allemagne, les Anglais veulent éviter l'instabilité et que les Arabes ne rejoignent les forces de l'Axe. Ils ont également besoin de s'assurer le soutien du monde arabe (et de son pétrole), qui risque autrement de s'allier avec Hitler. Ils publient en mai 1939 un troisième Livre blanc qui réduit drastiquement l'immigration juive en Palestine (10 000 visas par an pendant 5 ans et 25 000 visas de réfugiés et, de fait, seuls 15 000 immigrants arrivent en Palestine de 1939 à 1945[12])[12]. Ce livre blanc est refusé par les institutions sionistes. L’antisémitisme, de plus en plus manifeste en Europe, conduit à l'émergence d'une politique d'immigration illégale à partir de 1939. Cependant, la majorité des Juifs de Palestine se range loyalement aux côtés des Britanniques contre le IIIe Reich au cours de la guerre. Aussi, à la déclaration de guerre, Ben Gourion peut-il déclarer : « Nous ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait pas »[13]. De leur côté, les "Arabes" acceptent les termes de ce livre blanc. Le 28 novembre 1941, Hitler et le grand mufti de Jérusalem se rencontrent à Berlin. En mai 1942, le congrès sioniste de Baltimore adopte un programme qui revendique en vain la formation d'un État juif sur toute la Palestine, avec une immigration illimitée et la création d'une armée juive.

Malgré les souhaits d'une commission d'enquête anglo-américaine d'accorder 100 000 visas pour la Palestine pour résoudre le problème des réfugiés, les Anglais interdisent toute immigration légale et la Haganah se consacre à favoriser l'immigration clandestine et 70 000 illégaux peuvent rejoindre, depuis l'Europe, la Palestine[14].

En 1944, des actions armées contre les Britanniques sont organisées par l'Irgoun et le Lehi. En 1945, la pression s'accentue, pour permettre l'accueil en Palestine mandataire des rescapés des camps de concentration nazis. Le Royaume-Uni s'y oppose. La Haganah lance à son tour des actions armées contre le Royaume-Uni. L'affaire de l'Exodus 1947, où 4 500 réfugiés se voient contraints de retourner en Allemagne avec des morts a son bord, bouleverse l'opinion mondiale.

Le plan de partage de l'ONU.

En mai 1946, le Royaume-Uni abandonne sa tentative de trouver une solution, ne voulant pas imposer une solution aux 2 parties.

La Grande-Bretagne confie alors le dossier à l'Organisation des Nations unies qui, avec le soutien conjoint des États-Unis et de l'Union soviétique (aux États-Unis, le Président Truman considère que le réservoir des votes juifs peut lui être politiquement utile; l'Union soviétique considère le sionisme comme un moyen de chasser le Royaume-Uni du Moyen-Orient) et malgré l'opposition de tous les pays arabes, votent le plan de partage de la Palestine, le 30 novembre 1947, ce qui provoque des manifestations de joie de la part des Juifs et de colère de la part des Arabes musulmans. Ce plan de partage divise la Palestine en trois secteurs, l'un arabe, l'autre juif et le troisième, la ville de Jérusalem, international. Les dirigeants palestiniens et les pays arabes refusent ce Plan et annoncent qu'ils s'y opposeront par les armes.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël, immédiatement attaqué par les États arabes voisins.

1948-1967 : Conflit entre Israël et ses voisins[modifier | modifier le code]

Frontières d'Israël après l'indépendance.

1964[modifier | modifier le code]

Fondation de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui décide l'intensification de la lutte des Palestiniens contre Israël.

1967[modifier | modifier le code]

Guerre des Six Jours. « Réunification » de Jérusalem.

L'Égypte obtient le retrait des troupes de l'ONU en mai 1967, remilitarise le Sinaï et ferme le détroit de Tiran, passage-clef du transport maritime israélien. Le 15 mai 1967, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957.

Le 5 juin 1967, devant l'imminence d'une attaque arabe préparée et les bombardements syriens réguliers depuis le plateau du Golan depuis début 1967, Israël lance une offensive préventive éclair contre l'Égypte, menée par le général Moshe Dayan (voir : Guerre des Six Jours) et appelle la Transjordanie à rester neutre. La Jordanie refuse et attaque Israël avec l'artillerie lourde sur Jérusalem-ouest et la région de Tel Aviv. Le 8 juin, Israël vainc l'armée jordanienne et conquiert la Cisjordanie. Les Syriens continuent de bombarder les habitations, les vergers et les silos agricoles israéliens depuis le plateau du Golan ; en réponse le 9 juin, Israël attaque les Syriens sur le Golan.

Les aviations égyptiennes, jordaniennes et syriennes sont détruites en une journée. Au terme d'une guerre-éclair de six jours, Israël conquiert la Cisjordanie, la bande de Gaza, le Golan (y compris la zone des fermes de Chebaa), la péninsule du Sinaï et Jérusalem-Est[15].

Le 22 novembre 1967, adoption de la résolution 242 (1967) du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution stipule le retrait des forces armées israéliennes « des territoires occupés » (dans sa version en français) ou « from occupied territories » (c'est-à-dire « de territoires occupés », dans sa version en anglais) au cours du récent conflit. La fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, dégagées de toute menace ou tout acte de violence. D'apporter une juste solution au problème des réfugiés. De garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, à travers diverses mesures telles que l'établissement de zones démilitarisées.

1967-1993 : Conflit Israël/OLP[modifier | modifier le code]

1969[modifier | modifier le code]

Début de la guerre d'usure le long du canal de Suez. Yasser Arafat devient le leader de l'OLP.

1969-1972[modifier | modifier le code]

Les passagers juifs et israéliens des lignes aériennes deviennent la cible des militants palestiniens.

1972[modifier | modifier le code]

4 septembre : Voir l'article détaillé Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich. Onze athlètes israéliens sont assassinés aux Jeux Olympiques de Munich. Les jeux ne s'arrêtent pas pour autant.

1973[modifier | modifier le code]

Les troupes égyptiennes et syriennes attaquent Israël le 6 octobre, lors de la fête du Yom Kippour ou "jour du pardon". Leur objectif : reconquérir les territoires occupés. Le cessez-le-feu du 24 octobre consacre la victoire de l'armée israélienne. La résolution 338 réaffirme la nécessité d'une "paix juste et durable au Moyen-Orient". L'OLP est reconnue comme seule représentante du peuple palestinien lors du sommet arabe d'Alger qui se tient du 26 au 28 novembre. L'attitude de la Jordanie témoigne, après l'attaque conjointe de l'Égypte et de la Syrie, d'une désolidarisation progressive des pays arabes.

1976[modifier | modifier le code]

26 juin - 4 juillet : opération Entebbe. 47 otages juifs et israéliens, capturés par un commando germano-palestinien à bord d'un avion et fait prisonniers en Ouganda, sont délivrés par un raid de l'Armée de l'Air israélienne.

1982[modifier | modifier le code]

Depuis le Liban sud, des centaines d'obus sont lancés contre Israël, sur la Galilée. Le 6 juin 1982, Israël déclenche l'« opération Paix en Galilée » et envahit le Liban jusqu'à Beyrouth pour repousser les forces de l'OLP à plus de 40 km de la frontière israélienne. Le 20 juin, les États-Unis obtiennent un cessez-le-feu comportant l'évacuation de l'OLP en Tunisie.

1985[modifier | modifier le code]

Raid de l'aviation israélienne sur le quartier général de l'OLP à Tunis.

1987[modifier | modifier le code]

Les Palestiniens déclenchent la première Intifada ou « guerre des pierres », en réponse à l'occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ce conflit prendra fin avec les accords d'Oslo signés à Washington le 13 septembre 1993 par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Ces accords prévoient la création d'une Autorité palestinienne et une reconnaissance mutuelle de l'OLP et d'Israël.

1993-2000 : Processus de paix d'Oslo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accords d'Oslo.

1993[modifier | modifier le code]

9 septembre : l'OLP reconnaît « le droit à l'État d'Israël d'exister en paix et sécurité » et le Gouvernement israélien reconnaît « l'OLP comme le représentant du peuple palestinien »[16],[17].

13 septembre : signature de la déclaration de principes entre Israël et l'OLP.

1994[modifier | modifier le code]

4 mai : signature de l'accord sur Gaza et Jéricho par Israël et l'OLP.

25 février : 29 fidèles musulmans qui prient au Caveau des Patriarches à Hébron, sont assassinés par le Dr Baroukh Goldstein, il en blessa environ 125 autres.

12 décembre : Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat reçoivent le prix Nobel de la paix.

1997[modifier | modifier le code]

Janvier : l'armée israélienne quitte la ville de Hébron qui passe sous Autorité palestinienne.

2001 à 2012 : Seconde Intifada et conflits latents[modifier | modifier le code]

Le « mur de sécurité » - tracé approuvé en février 2005, mais susceptible d'évoluer.

2000

Septembre, début de la seconde Intifada ou Intifada al-Aqsa.

Novembre 2000, Ehud Barak approuve un plan de construction d'une « barrière destinée à empêcher le passage de véhicules motorisés » depuis le Nord-Est de la Cisjordanie jusqu'à la région du Latrun.

Les mouvements armés palestiniens : les organisations armées les plus actives sont le Hamas, les Brigades d'Al Aqsa et le Jihad islamiste qui sont localisés dans la bande de Gaza et la Cisjordanie. Certaines de ces organisations considèrent les morts civils, qui découlent ou non de certaines de leurs actions, comme étant des martyrs du jihad islamique.

Le Hamas a créé une infrastructure d'aide sociale, lui faisant gagner ainsi des milliers de soutiens. Ce mouvement politique et terroriste, très répandu et très populaire, a à sa tête Ramadan Abdallah Shalakh. Il est soutenu financièrement par de nombreuses organisations, particulièrement en Europe, ainsi que par des pays comme l'Iran et la Syrie.

Le Jihad islamique palestinien est moins populaire que le Hamas. Il est plus petit, et n'a pas d'activités sociales au programme ni aucune aspiration politique. Il est très actif à Jénine, Tulkarem et Naplouse (Schrem) en Cisjordanie. Il travaille en cellule et n'a pas d'infrastructure civile.

2002[modifier | modifier le code]

14 avril : le gouvernement israélien décide de construire une barrière à l'intérieur de la ligne de séparation, et émet une directive en vue de « commencer immédiatement la construction d'une clôture dans la région de 'Anin… le secteur de Tulkarem et le secteur de Jérusalem ».

14 août : approbation par le gouvernement israélien du tracé du Mur, resté secret. Il sera composé en grande partie de barrières électroniques.

2005[modifier | modifier le code]

Après la mort de Yasser Arafat, relance du processus de paix par Mahmoud Abbas (aussi connu sous le nom de guerre de Abou Mazen), nouveau président de l'Autorité palestinienne. Ce dernier, élu sur un programme visant à la fin de la violence, établit une trêve avec Israël qui semble respectée par des mouvements terroristes palestiniens, sauf par le Hamas et le Jihad qui s'opposent à Abou Mazen au sein de l'Autorité palestinienne et durant les élections. Ariel Sharon de son côté, œuvre à la décolonisation de Gaza mais se heurte à une opposition au démantèlement des colonies dans son propre parti, le forçant à composer avec la gauche israélienne. Les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés font barrage politique à leur démantèlement et réclament un référendum soutenu par la droite israélienne.

Mars : Israël envisage de confier à l'Égypte le contrôle d'une zone tampon à Gaza. Un « accord de principe » sur le déploiement d'une force égyptienne de 750 hommes le long des huit kilomètres de la zone tampon, dite du « couloir de Philadelphie », a été conclu à Charm el-Cheikh en Égypte entre le président égyptien Hosni Moubarak et le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz.

2006[modifier | modifier le code]

La tension avec les Palestiniens continue d'être vive (tirs de roquette "Qasam" sur les villes israéliennes et représailles de Tsahal). Le 25 juin, le caporal Gilad Shalit est enlevé par 3 groupes terroristes palestiniens (les Comités de résistance populaire, l’Armée de l’Islam et la branche armée de l'organisation terroriste Hamas) lors d'une attaque conjointe contre un poste militaire de Tsahal en territoire israélien. En riposte, le cabinet israélien déclenche l'opération Pluie d'été.

Le mercredi 12 juillet, 8 soldats de Tsahal sont tués et 2 sont capturés par le Hezbollah près de la frontière israélo-libanaise. Les sources divergent quant aux circonstances et au côté de la frontière ou a eu lieu l'accrochage[18],[19]. L'aviation israélienne riposte en bombardant routes, ponts et l'aéroport de Beyrouth. Le bilan de la journée est de 40 morts civils[20]. La réponse d'Israël est jugée "disproportionnée" par l'ONU mais soutenue par les États-Unis qui estiment comme la Grande-Bretagne qu'Israël a le "droit à l'autodéfense".

2007[modifier | modifier le code]

À la suite de la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, le gouvernement israélien décide du blocus du territoire fin juin 2007.

2008[modifier | modifier le code]

Le 5 novembre, après 5 mois de trêve partielle[21], Israël procède à un raid contre un tunnel du Hamas qui entraîne des échanges de feu et la mort de 6 membres du Hamas[22],[23]. Le 18 décembre, le Hamas annonce la non-reconduction de cette trêve[24]. Les tirs de roquettes vers Israël reprennent[25].

À partir du 27 décembre, l'aviation israélienne bombarde les infrastructures du Hamas à Gaza : c'est le début de l'opération Plomb durci.

2009[modifier | modifier le code]

Le 3 janvier, l'opération Plomb durci connaît une nouvelle phase quand les Israéliens envoient des troupes dans la bande de Gaza. L'opération fait selon les sources palestiniennes plus de 1 300 morts à Gaza et 13 du côté israélien selon les sources israéliennes.

Le 18 janvier, Israël proclame le cessez-le-feu. Le même jour, le Hamas annonce une trêve et donne 7 jours à l'armée israélienne pour quitter Gaza, ce qui est fait dès le 21 janvier.

Pendant les semaines qui suivent, les Palestiniens de Gaza continuent d'envoyer quelques roquettes plusieurs fois par semaine sur Israël dont l'aviation réplique en bombardant les tunnels palestiniens de contrebande avec l'Égypte.[réf. nécessaire]

À la suite de ces opérations militaires, le blocus de la bande de Gaza est renforcé.

Les Élections législatives israéliennes de mars 2009 amènent au pouvoir Benyamin Netanyahou qui forme un gouvernement ancré à droite.

2010[modifier | modifier le code]

Le 31 mai, l'armée israélienne aborde le Mavi Marmara, navire qui, à la tête de la flottille humanitaire "Free Gaza'', cherche à briser le blocus de Gaza. Des médicaments et de la nourriture sont transportés par plusieurs bateaux transportant des hommes politiques européens et un prix Nobel de la paix. Neuf militants, turcs pour la plupart, sont tués. Le déroulement de l'Arraisonnement du Mavi Marmara est sujet à interprétation : la version israélienne défend la thèse de l'agression subie par les troupes israéliennes par certains membres de l'équipage ; au contraire, l'équipage affirme avoir subi les tirs des commandos israéliens sitôt après l'abordage. Au cours de ces évènements, plusieurs soldats israéliens sont blessés, et neuf militants tués. Le rapport de la commission d'enquête de l'ONU (dit : Rapport Palmer) accréditera la thèse de la "légitime défense", tout en jugeant "excessive" la riposte israélienne[26].

2011[modifier | modifier le code]

2012[modifier | modifier le code]

Le 14 novembre 2012, le chef militaire du Hamas Ahmed Jabari est tué dans un raid aérien israélien en réponse aux tirs de roquettes contre le territoire israélien et les forces de défense israéliennes (Tsahal) lancent l'« Opération Pilier de défense. »

2014 : regain de tensions[modifier | modifier le code]

En juin 2014, l'enlèvement de trois jeunes Juifs israéliens dans le secteur d'Hébron marque le début d'une escalade. Tsahal, qui attribue le rapt à deux membres du Hamas, engage des opérations de recherche, qui s'accompagnent de 580 arrestations, de la confiscation de nombreux biens palestiniens[27], du bouclage d'Hébron, et de morts[28]. Ces actions, vécues comme une punition collective, engendrent en réaction un regain des tensions, jugé comme le plus grave depuis la seconde intifada. La découverte des corps de ces trois adolescents assassinés est suivie de l'assassinat d'un jeune palestinien le 2 juillet, et par des tirs de roquette du Hamas à partir de la bande de Gaza. En réaction, Israël lance une opération de pilonnage de la bande Gaza, faisant de nombreuses victimes.

Conflit international[modifier | modifier le code]

Les nouvelles frontières israéliennes[modifier | modifier le code]

Mobilisation internationale sur ce conflit[modifier | modifier le code]

Ce conflit suscite des réactions et des mobilisations dans de nombreux pays[29]. Les réactions gouvernementales visent l'élaboration d'un processus de paix.

Réactions à l'ONU[modifier | modifier le code]

Résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies :

Résolutions de l'Assemblée générale de l’ONU :

Il existe un large consensus international à l'Assemblée Générale de l'ONU sur la manière de régler le conflit israélo-palestinien. Chaque année, l'assemblée générale de l'ONU vote une résolution intitulée "Règlement Pacifique de la Question de Palestine" qui demande à Israël de :

  • Se retirer des territoires occupés depuis 1967 y compris Jérusalem Est (d'après la résolution 242) ;
  • Régler le problème des réfugiés de manière juste par le droit au retour ou à la compensation (d'après la résolution 194 (III))[30].

Cette résolution est chaque année approuvée par la plupart des pays du monde (environ 160) et réjetée par les États-Unis, Israël, l'Australie et quelques îles du Pacifique (au total 6 ou 7 pays)[31].

Comités et conférences à l'ONU :

Activisme palestinien et opérations militaires israéliennes[modifier | modifier le code]

Les organisations palestiniennes[modifier | modifier le code]

Guerre du Liban[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Liban.

La Première Intifada ou l'émergence de la société palestinienne[modifier | modifier le code]

Années 1980 : blocage du mouvement palestinien. Fait nouveau : la Première Intifada. Intifada ou la « guerre des pierres ». Marque l'entrée en scène d'un acteur nouveau : la population palestinienne. Dans les premiers jours, on ne croit pas à un changement réel. Contexte de pérennisation de l'occupation par l'accélération de la colonisation et de la dépendance économique des territoires occupés. La hausse du niveau de vie des Palestiniens va de pair avec une dépendance très forte au niveau des revenus et des échanges commerciaux (profond déséquilibre). La dépendance économique creuse les disparités entre ceux qui en profitent et ceux qui en souffrent. Développement du peuple juif, réseaux d'implantation avec pour objectif la reconstitution du grand Israël, passant par un ancrage territorial. Pérennisation du peuple par l'appropriation de la terre. L'occupation et le contrôle sont de plus en plus grands : 56 % des terres de Jordanie, par la prise de contrôle des propriétés de l'État jordanien et de toutes les terres qui n'ont pas été enregistrées ni cultivées. 11 % du territoire de Gaza en 1988. À l'extérieur, s'est développé la thématique de libération des territoires, tandis qu'à l'intérieur : logique d'intégration. L'activisme laisse la place à une résistance passive à l'occupation. Repli sur les bases les plus traditionnelles de l'économie (rurales, familiales), autarcie, instrument de la fécondité. Il y a des initiatives dans les villes par les intellectuels qui tentent des pourparlers avec les Israéliens, mais ils sont marginaux et coupés de la majorité de l'opinion et de la population. L'Intifada est un soulèvement spontané des Palestiniens de l'intérieur.

  • 1er objectif : territorialiser le conflit, le ramener au centre géographique.
  • 2e objectif : permettre le retour de l'OLP en terre palestinienne. Créer une liaison entre les différentes composantes de la population palestinienne. Mettre à jour un projet national commun : une entité politique souveraine à Gaza et en Cisjordanie.
  • 3e objectif : impliquer les puissances extérieures et surtout les É.-U., dans une tentative de médiation pour le règlement global acceptable pour les 2 parties.

Processus de Paix[modifier | modifier le code]

Affiche prônant la réconciliation: drapeaux israélien et palestinien et le mot paix en arabe et en hébreu. Des images similaires ont été utilisées par différents groupes défendant l'idée de cohabitation des deux États

Le processus de paix israélo-palestinien regroupe l'ensemble des discussions diplomatiques qui ont été tentées pour trouver une solution définitive au conflit israélo-palestinien, depuis la reconnaissance de l'OLP par Israël comme d'un partenaire palestinien pour la paix.

Conférence de Madrid de 1991[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Madrid.

Accords d'Oslo de 1993[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accords d'Oslo.

Accords de Wye Plantation de 1998[modifier | modifier le code]

Sommet de Camp David de juillet 2000[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sommet de Camp David II.

Conséquences de l'échec des négociations: la seconde Intifada[modifier | modifier le code]

Les lieux saints : Esplanade des mosquées et Mur des lamentations, l'un des enjeux du conflit.

Peu de temps après l'effondrement des discussions, Ariel Sharon et d'autres membres du Likoud visitèrent l'esplanade des Mosquées/Mont du Temple pour démontrer le contrôle israélien sur ce lieu saint. Le lendemain, une manifestation palestinienne tourna à l'affrontement avec la police israélienne. L'escalade de la violence conduisit au soulèvement de la seconde Intifada.

Une vague d'attentats-suicides organisés par les mouvements extrémistes palestiniens visa les civils israéliens. Les représailles israéliennes prirent la forme d'un bouclage de la Bande de Gaza et d'un redéploiement de Tsahal en Cisjordanie. Israël déclencha également des opérations d'assassinats ciblés contre les dirigeants des organisations islamistes palestiniennes. Ces opérations furent l'occasion d'appels à la vengeance de la part de ces organisations. Ce cycle de la violence tua un millier d'Israéliens et trois milliers de Palestiniens.

Le 7 octobre 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait la Résolution 1322 (2000) déplorant tout à la fois la provocation d'Ariel Sharon, le chef du Likoud, et les violences qui s'en sont suivies dès le lendemain avec le déclenchement de la Seconde Intifada.

Discussions de paix à Paris d'octobre 2000[modifier | modifier le code]

Madeleine Albright rencontre tour à tour Yasser Arafat et Ehud Barak dans la capitale française[32]. Arafat serait sur le point d'accepter le compromis qui lui est proposé mais Jacques Chirac serait intervenu pour durcir la position d'Arafat[33].

Sommet de Taba de 2001[modifier | modifier le code]

Les appels au calme et à la reprise des discussions se multiplièrent en vain. Bill Clinton proposa par écrit de nouveaux paramètres de négociations. Barak les accepta avec des réserves, Arafat retarda sa réponse par laquelle il accepta avec des questions et des réserves. Les initiatives du Président Clinton amenèrent Barak et Arafat à des discussions à Taba en janvier 2001 au cours desquelles les délégations confièrent n'avoir jamais été aussi près d'un accord. Mais Barak dut interrompre les discussions à la veille d'échéances électorales anticipées.

Nouvelles tentatives[modifier | modifier le code]

Un mois plus tard, les violences de la seconde Intifada et le sentiment d'insécurité entraîna une alternance politique au pouvoir en Israël, à l'issue du scrutin, amenant la droite et Ariel Sharon à la tête d'un nouveau gouvernement.

Le nouveau gouvernement d'Ariel Sharon exige alors un arrêt des attentats terroristes avant toute reprise du dialogue.

Les initiatives pour sortir de l'impasse furent multiples :

Sommet de Sharm el-Sheikh de 2005[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sommet de Sharm el-Sheikh.

il est signé en 1999 entre YASSER ARAFAT et EHUD BARAK (premier ministre israélien). Par cet accord, il a été décidé la restitution de 11°/° de territoires supplémentaires a la Palestine avant 2000. Les palestiniens obtiennent l'ouverture de passages protégés entre Gaza et les territoires de la Cisjordanie et la libération de 350 prisonniers.

Plan de désengagement unilatéral de 2005[modifier | modifier le code]

Boy and soldier in front of Israeli wall.jpg

Le gouvernement israélien prit des dispositions unilatérales pour assurer la sécurité de sa population. La construction d'une barrière, qui avait été pensée par un précédent gouvernement de coalition gauche-droite, commença. Son tracé, qui empiète largement sur les territoires de Cisjordanie annexés en 1967, provoque d'importantes contestations et des condamnations internationales.

Le mur, côté palestinien.

Le même gouvernement prit ensuite l'initiative du plan de désengagement concernant l'évacuation définitive et la destruction de toutes les colonies de la Bande de Gaza et de quatre implantations israéliennes dans le nord de la Cisjordanie.

Projet de création d'un État palestinien[modifier | modifier le code]

Depuis que, en 1988, l'État palestinien a été proclamé en novembre à Alger lors du dix-neuvième Conseil national d’Alger[34], la revendication d'un État palestinien autonome n'a cessé d'être portée par les Palestiniens, sous la direction de l'OLP et de Yasser Arafat, et n'a cessé d'avancer, un certain nombre d'États et d'instances internationales s'y ralliant au fil des années.

Le 19 janvier 1993, le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l'OLP. Et le 13 septembre 1993, les accords dits d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, d'abord mis au point à Oslo puis signés à Washington, donnent lieu à une déclaration qui aboutit à la reconnaissance mutuelle de la Palestine et d'Israël.

Le 4 mai 1994 est signé un accord israëlo-palestinien, entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l'État d'Israël : accord d'"Oslo I" signé au Caire (Égypte), prévoyant l’autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie).

Le 28 septembre 1995, Israël et l'OLP signent à Washington l’accord négocié à Taba ("Oslo II") étendant l'autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes. Fin 1995, Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes. Le 20 janvier 1996, Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne. Le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'État d'Israël.

La création de l'État palestinien, aux termes des accords d’Oslo, aurait dû intervenir en décembre 1998 selon des modalités préparées en commun par le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne.

Le 25 mars 1999, l'Union européenne se prononce en faveur du droit à l’autodétermination des Palestiniens et à celui de créer un État : appui qui s'ajoute au projet de création du futur État palestinien.

En mars 2002, c'est au tour de l'ONU de soutenir la revendication : le Conseil de sécurité adopte la résolution 1397 qui évoque pour la première fois un État palestinien aux côtés d’Israël. Ce pour quoi le président George W. Bush nouvellement élu se prononce également.

Aujourd'hui l'Autorité palestinienne, sous la présidence de Mahmoud Abbas et à la suite de Yasser Arafat, son premier président élu en 1996, œuvre en vue de la création d'un État palestinien. Le 25 mai 2006, Mahmoud Abbas annonce la tenue d'un référendum en ce sens[35].

Toutefois, à la suite de violents affrontements interpalestiniens, les islamistes du Hamas ont pris le contrôle de la bande de Gaza le 14 juin 2007, tandis que Mahmoud Abbas, soutenu par le Fatah, annonçait la mise en place d'un "cabinet d'urgence" à Ramallah, en Cisjordanie. Ainsi, avant même d'avoir pu accéder à la souveraineté internationale, le futur État palestinien se trouve partagé de fait en deux entités rivales, l'une à Gaza et l'autre en Cisjordanie.

Le contrôle des ressources en eau[modifier | modifier le code]

On estime qu'il faudrait 1 000 m3 d'eau par habitant et par an, (soit 2 740 L par jour), pour satisfaire les besoins de la population. En dessous de ce seuil, on est en situation de pénurie. À partir de 500 m3 par personne et par an, la situation devient critique[36].

Pour l'État hébreu, la situation est critique puisqu'il ne dispose que de 390 m3 par habitant et par an. Cette situation empirera dans le futur puisque on avance le chiffre de 258 m3 par habitant et par an en 2020[37].

Aujourd'hui, l'État hébreu dispose de la majorité des ressources en eau et, dans le cadre de la création d'un État palestinien, le consensus est difficile à trouver sur un partage de cette ressource précieuse entre Israéliens et Palestiniens.

Pour Noam Chomsky, le contrôle des ressources en eau est le principal motif du maintien de la mainmise d'Israël sur la Cisjordanie qui lui fournit actuellement un tiers de sa consommation[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 1988, l'État de Palestine a déclaré son indépendance, et se considère comme en guerre avec Israël.
  2. François Thual, Les conflits identitaires, Ellipses Marketing, 1998.
  3. HUJ, Le sionisme
  4. a, b et c DEJ, page 1496
  5. DEJ, page 1494
  6. HUJ, L'émergence de la nouvelle société
  7. DEJ, page 1495
  8. HUJ, La Palestine moderne
  9. HUJ, Les Juifs dans la Première Guerre mondiale
  10. « Accords Fayçal-Weizmann (1919) », sur le site de l'Association France-Palestine,‎ 16 février 2005 (consulté le 8 mai 2009)
  11. a, b, c et d DEJ, page 1497
  12. a, b et c DEJ, page 1498
  13. « Un siècle de sionisme - Chronologie », sur site de l'Agence Juive (consulté le 9 mai 2009)
  14. DEJ, page 1499
  15. Carte de la guerre des Six Jours
  16. Échange épistolaire entre Yasser Arafat à Yitzhak Rabin de septembre 1993
  17. John Quigley, The Statehood of Palestine: International Law in the Middle East Conflict, Cambridge University Press, 2010, p. 201.
  18. L'enlèvement des soldats israéliens selon un site d'information belge
  19. L'enlèvement des soldats israéliens selon Voltairenet.org
  20. (en) « Blocus du Liban par Israël, 40 civils tués dans des raids au sud du pays », AFP,‎ 13 juillet 2006 (consulté le 5 mai 2008)
  21. « Les points de passage vers Gaza fermés après un tir de roquette », Le Monde,‎ 20 août 2008 (consulté le 20 janvier 2009)
  22. (en) Gaza truce broken as Israeli raid kills six Hamas gunmen, The Guardian, 5 novembre 2008
  23. « Denis Sieffert : “La couverture médiatique du conflit à Gaza est très déséquilibrée” », Telerama,‎ 9 janvier 2009
  24. « La trêve entre le Hamas et Israël aura duré six mois », Libération,‎ 19 décembre 2008 (consulté le 30 décembre 2008)
  25. « Le Hamas annonce la fin de la trêve avec Israël », Radio-France Internationale,‎ 19 décembre 2008 (consulté le 6 janvier 2009)
  26. http://www.amnesty.org/fr/region/turkey/report-2012
  27. (en)'Report: Israeli forces stole USD 3 million in cash, property from Palestinians during West Bank raids 8 July 2014,' Euro-mid Observer For Human Rights, 8 July 2014.
  28. A vicious circle speeds up again The Economist, 5 juillet 2014
  29. [1]
  30. Voir par exemple la résolution de 2009: [2]
  31. Vote de 2009 : 164 pour, 7 contre (États-Unis, Israël, Australie, Palau, Nauru, Micronésie, Iles Marshall) : [3]
  32. rfi.fr
  33. jewishsf.com
  34. monde-diplomatique.fr
  35. lapaixmaintenant.org
  36. Jacques Sirobbeau, L'eau, nouvel enjeu stratégique mondial, Paris, Economica, 1996, p. 17-18.
  37. Aymeric Chauprade, Géopolitique. Constantes et changements dans l'Histoire, 3e éditions Ellipses, 2006, chapitre « La guerre de l'eau », p. 641.
  38. Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir : Tome II, Aden, 2006, p. 50-51.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Noam Chomsky, The Fateful Triangle: The United States, Israël and the Palestinians, South End Press, 1999.
  • Marc Hecker, Intifada française? De l'importation du conflit israélo-palestinien, Paris, Ellipses, 2012.
  • Nathan Weinstock, Terre promise, trop promise - genèse du conflit israélo-palestinien, 1882-1948, éditions Odile Jacob, Paris, 2011.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (fr) Frédéric Giraut, « Apartheid et Israël/Palestine, enseignements et contresens d’une analogie », Cybergeo (Online European Journal of Geography) Points Chauds, 20 p. [PDF] [lire en ligne]
  • (fr) Christopher Dembik, « Reconnaissance de la Palestine : et si Israël avait raté une opportunité historique ? », Le Nouvel Observateur, 4/10/2011 [lire en ligne]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]