Éric Zemmour

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Éric Zemmour

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Éric Zemmour en dédicace au salon du livre de Paris en mars 2012.

Activités Écrivain
Journaliste
Polémiste
Éditorialiste
Chroniqueur
Naissance (55 ans)
Montreuil, France
Langue d'écriture Français
Genres Essais
Roman

Éric Zemmour est un écrivain et journaliste politique français né le à Montreuil, dans la Seine (aujourd'hui en Seine-Saint-Denis). Journaliste au service politique du Figaro jusqu'en 2009, il tient depuis une chronique au Figaro Magazine. Il est aussi chroniqueur et polémiste à la fois dans l'émission télévisée On n'est pas couché sur France 2 entre 2006 et 2011, Ça se dispute sur i>TÉLÉ, depuis septembre 2003, Z comme Zemmour sur RTL, entre janvier 2010 et juillet 2012 et deux chroniques hebdomadaires sur RTL depuis septembre 2012. Depuis , il anime, en duo avec Éric Naulleau, Zemmour et Naulleau, un débat télévisé hebdomadaire en deuxième partie de soirée sur Paris Première[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les premières années[modifier | modifier le code]

Né à Montreuil (aujourd'hui en Seine-Saint-Denis) le , Éric, Justin, Léon Zemmour[2] est issu d'une famille juive algérienne[3],[4], arrivée en métropole durant la guerre d'Algérie[5]. Il se définit lui-même comme un « juif d'origine berbère »[6]. Il passe son enfance à Drancy, résidence Faidherbe, puis son adolescence dans le quartier parisien de Château Rouge[7]. Fils de Roger Zemmour, ambulancier, et de son épouse Lucette, mère au foyer[7], il dit avoir de l'admiration pour sa mère et sa grand-mère. Son père étant souvent absent, il est en effet élevé par des femmes « qui [lui] ont appris à être un homme[8] ».

Le journaliste politique[modifier | modifier le code]

Diplômé (D – Service Public, 1979)[9] de l'Institut d'études politiques de Paris, il échoue par deux fois au concours d'entrée de l'École nationale d'administration[10] (à cause de l'anglais, matière dans laquelle il avoue lui-même être incompétent)[réf. nécessaire]. Éric Zemmour entre alors en 1986 au Quotidien de Paris (Groupe Quotidien), sous la houlette de Philippe Tesson, comme journaliste au service politique. Après la disparition de ce quotidien en 1994, il devient éditorialiste à Info-Matin où il reste un an. Il intègre ensuite la rédaction du Figaro en 1996 comme journaliste politique. Éric Zemmour est parallèlement pigiste pour Marianne en 1997, et pour Valeurs actuelles en 1999[11]. En 2009, il passe du Figaro au Figaro Magazine, où il tient désormais une chronique hebdomadaire, puis retourne au Figaro pour une chronique littéraire hebdomadaire [12]. Il est également chroniqueur politique au Spectacle du Monde. Malgré son propre échec à l'intégration de l'ENA, son statut de journaliste politique lui permet d'être membre du jury au concours d'entrée de cette école en 2006[13].

L'écrivain et essayiste[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de portraits d'Édouard Balladur (Balladur, immobile à grands pas, 1995) et de Jacques Chirac (L'Homme qui ne s'aimait pas, 2002) ainsi que d'essais politiques. Il publie notamment en 2006 Le Premier sexe, essai sur ce qu'il juge être une féminisation de la société. Il participe à l'élaboration des textes du film Dans la peau de Jacques Chirac de Michel Royer et Karl Zéro même si ce dernier déclare n'avoir que peu utilisé les textes fournis par Zemmour[14]. En janvier 2008, il publie Petit Frère (tiré à 63 000 exemplaires), roman dans lequel il attaque l'« angélisme antiraciste[3] ». En mars 2010, avec Mélancolie française (essai qui a remporté le Prix du livre incorrect), il revisite l'histoire de France[15].

En 2012, il publie Le Bûcher des vaniteux, qui est le fruit de ses chroniques sur RTL. Dans ce livre, il explique que les « masques » des différentes personnalités politiques sont « tombés », faisant référence à de nombreux faits divers qui ont marqué l'année 2011. Enfin, il publie en 2013, Le Bûcher des vaniteux 2.

Le polémiste audiovisuel[modifier | modifier le code]

À partir de , il participe toutes les semaines à l'émission Ça se dispute sur la chaîne d'information en continu i>Télé face à Nicolas Domenach (Christophe Barbier jusqu'en 2006). Il participe aussi à Vendredi pétantes sur Canal+ jusqu'en juin 2006. À partir de , il rejoint France 2 pour participer à l'émission On n'est pas couché, animée par Laurent Ruquier, en compagnie de Michel Polac puis d'Éric Naulleau, où ils sont chargés de procéder à une critique sincère du film, livre, album, etc. présenté. Lors de cette émission, leurs échanges avec des personnalités du monde culturel se terminent parfois en affrontements. Le 27 mai 2011, Laurent Ruquier annonce dans Le Parisien qu'il se sépare d'Éric Zemmour et d'Éric Naulleau pour les remplacer par de nouveaux intervenants pour la prochaine saison d'On est pas couché[16]. Éric Zemmour a participé également à l'émission L'Hebdo, en tant qu'éditorialiste, sur Tempo (RFO) chaîne destinée à l'outre-mer ; il y était entouré, entre autres, de Dominique Wolton. Enfin, on peut le retrouver sur la chaîne câblée Histoire, dans l'émission Le grand débat, magazine animé par Michel Field[17]. À partir du , il présente sur RTL, du lundi au vendredi à h 15, une brève chronique quotidienne intitulée Z comme Zemmour, au cours de laquelle il analyse l'actualité[18]. L'émission n'est plus que bihebdomadaire à partir de la rentrée 2013, selon lui à cause de sa chronique sur Christiane Taubira (en mai 2012), dans laquelle il avait accusé la ministre de la Justice de s’attaquer à « l’homme blanc »[19]. À partir de , il anime, en duo avec Éric Naulleau, Zemmour et Naulleau, un talk show hebdomadaire en seconde partie de soirée sur Paris Première[1]. Les 22 avril et , il anime, avec Xavier de Moulins, Nathalie Renoux et Éric Naulleau, deux soirées consacrées à l' élection présidentielle française de 2012, sur M6[20].

Conflits avec ses contradicteurs[modifier | modifier le code]

Les sujets traités ainsi que les positions défendues par Éric Zemmour lui attirent de nombreux contradicteurs. D'après l'article de François Dufay La fronde des intellos paru en juin 2002 dans Le Point, Jean-Marie Le Pen aurait confié que « [les] seuls trois journalistes se [montrant] corrects à son égard » sont Élisabeth Lévy, Éric Zemmour et Serge Moati[21]. Zemmour remarquera lors d'un entretien : « Je pense que chez lui, il y a un clin d'œil ironique, ça fait référence à sa fameuse déclaration d'il y a quinze ans qui avait tant fait scandale quand il critiquait Elkabbach, Levaï, qui étaient tous juifs et là vous remarquerez que les trois qui le traitent bien sont aussi tous juifs... Et il le sait très bien, et tout le monde le sait très bien[22]. »

En 2008, à la suite de la parution de son livre Petit Frère, Zemmour reconnaît s'être inspiré d'un fait divers survenu quelques années plus tôt : le meurtre de Sébastien Selam par son ami d'enfance. Il est attaqué en justice par la famille qui demande l'interdiction du livre. Éric Zemmour gagne le procès. De plus, l'auteur a toujours affirmé s'être simplement inspiré de ce drame et non avoir fait une biographie du jeune défunt.

Le , il porte plainte contre le rappeur français Youssoupha pour « menaces de crimes et injure publique » après la mise en ligne de la chanson À force de le dire dans laquelle Zemmour est attaqué ad hominem : « À force de juger nos gueules, les gens le savent, qu'à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards, chaque fois que ça pète on dit qu'c'est nous, j'mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d'Éric Zemmour »[23].

Le rappeur avait précisé, dans un entretien antérieur, au journal Le Parisien qu'il s’agissait de le faire taire non par la force mais par des arguments : « Le faire taire, c'est le remettre en place ... Les paroles ne parlent ni de meurtre, ni d'agressions, ni de blessures... Je n'ai ni l'envie de le faire tuer ni de le priver de sa liberté d'expression. Le faire taire, c'est le remettre en place, le mettre face à ses propres contradictions »[24]. L'album sera commercialisé finalement le avec une version expurgée du titre polémique où le nom de Zemmour est brouillé.

Le , Éric Zemmour remporte son procès et fait condamner le rappeur et la directrice générale d'EMI Musique France, Valérie Queinnec[25]. Le 28 juin 2012, la cour d'appel de Paris juge le rappeur non-coupable [26].

Prises de positions politiques[modifier | modifier le code]

L'anti-néolibéralisme[modifier | modifier le code]

Dans les propos qu'il tient régulièrement sur les plateaux de télévision[27], comme dans ses éditoriaux du Figaro, Éric Zemmour se situe plutôt à droite de l'échiquier politique, bien qu’il affirme par ailleurs ne pas voter en fonction de la droite ou de la gauche[28],[29]. Il se déclare lui-même de tradition gaulliste, voire bonapartiste[30],[31],[29], tout en reconnaissant la pertinence de certaines analyses marxistes relatives, notamment, aux sources de profit du capitalisme, dont l'immigration. Selon lui, le capitalisme détruit les structures traditionnelles comme la famille pour imposer le règne du marché, bouleversement particulièrement notable depuis les événements de Mai 68.

Il est partisan d'une ligne conservatrice tant sur le plan social que « sociétal », en même temps que résolument antilibéral sur le plan économique. Il se réclame ainsi du courant réactionnaire[réf. nécessaire], en opposition à une société qui déconstruit l'ordre social, en particulier la famille et les traditions, sous un but mensonger : libérer l'individu qui se retrouve en réalité isolé et réduit au seul statut de consommateur. Il donne la réaction comme subversive, en démontrant que les progressistes, aujourd'hui dominants dans le champ culturel et médiatique, ne peuvent prétendre critiquer l'ordre établi puisqu'ils constituent eux-mêmes cet ordre ou en fixent les normes[32].

Économiquement antilibéral, sa désapprobation du libre-échange le pousse à s'opposer au fédéralisme européen[33]: l'Union européenne qu'il considère comme nettement en faveur de la libre circulation des biens et en profond désaccord avec le modèle social français. Selon lui, à cause de l'Union européenne, la gauche comme la droite ne peuvent qu'appliquer « la même politique [économique], le social-libéralisme ou le libéralisme-social »[34], car, selon le mot de Philippe Séguin, « droite et gauche sont les détaillants du même grossiste, l'Europe »[35].

Le droit d'ingérence et le droit-de-l'hommisme[modifier | modifier le code]

Éric Zemmour exprime régulièrement des opinions qu'il qualifie d'« anti-droit-de-l'hommiste », s'opposant ainsi à des hommes politiques (Bernard Kouchner), des écrivains (Bernard-Henri Lévy) et des associations prônant le droit d'ingérence, qu'il considère comme une forme de néocolonialisme[36].

L'immigration, la notion de race et l'antiracisme[modifier | modifier le code]

L'immigration et l'assimilation[modifier | modifier le code]

Partisan de la tradition assimilationniste française, Éric Zemmour s'oppose vivement à l'immigration et au modèle actuel d'intégration des immigrés qu'il juge trop peu exigeant[37] envers ces derniers. En novembre 2008, il accorde au mensuel Le Choc du mois une interview où il compare l'immigration à un « tsunami démographique »[38]. Il s'est aussi prononcé en faveur de l'amendement Mariani sur les tests génétiques concernant les candidats au regroupement familial[39]. À de nombreuses reprises, il s'est déclaré favorable à l'assimilation, même s'il la qualifie lui-même de « névrotique ». Il explique notamment avoir une nostalgie de l'époque de son enfance, les années 1960, où il y avait une unité culturelle. En octobre 2013, au cours de l'émission Ça se dispute sur la chaine d'information i>Télé, il déclare « ne plus [vouloir] d’immigration, même régulée »[40].

Tous ses propos récurrents sur ce thème de l'immigration, ainsi que ses charges virulentes contre certaines associations (DAL et SOS Racisme notamment), sont sujets à des polémiques[réf. nécessaire].

Sa déclaration sur les races humaines[modifier | modifier le code]

Éric Zemmour déclare sur Arte le – alors qu’il était invité de l’émission Paris/Berlin : le débat[41] animée par Isabelle Giordano – que noirs et blancs appartiennent à deux races différentes et que cette différence est faite par la couleur de la peau, sans pour autant les hiérarchiser. Il affirme que Mélanésiens et Antillais sont de la même race. « S'il n'y a pas de race, il n'y a pas de métissage. » Il poursuit : « À la sacralisation des races, de la période nazie et précédente, a succédé la négation des races. Et c'est d'après moi, aussi ridicule l'une que l'autre. »

Le philosophe Vincent Cespedes, présent à l'émission, rédige un droit de réponse sur le site d'Arte[42] et répond aux « zemmouristes » sur son blog[43]. À la suite des nombreuses polémiques sur Internet engendrées par ses paroles, Zemmour publie également un droit de réponse dans l'hebdomadaire Vendredi[44].

Face à certaines réactions aux propos tenus par Éric Zemmour lors de l'émission, le directeur adjoint des programmes de la chaîne Arte s'explique dans Télérama : « Je ne pensais pas qu’il s’exprimerait de manière aussi maladroite ! Notre chaîne, bien sûr, ne s’associe pas aux propos de Zemmour. (...) on se posera la question avant de l’inviter à nouveau ! »[45]

Le procès de l'antiracisme[modifier | modifier le code]

Il dit vouloir faire le procès de l'antiracisme des années 1980[46] qu'il qualifie, avec le féminisme, de « cause(s) de bien-pensants » se rattachant au « milieu des pseudos-élites françaises et occidentales » que le peuple ne suivrait pas du tout[5]. C'est surtout après avoir « lu Pierre-André Taguieff », connu pour ses prises de position et ses travaux sur la « Nouvelle Droite » et l'antiracisme, qu'il a « compris que le progressisme antiraciste n’était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Komintern dans les années 1930 »[47]. Selon lui, l'antiracisme est une tactique initiée par François Mitterrand pour faire oublier le virage libéral de la gauche en 1983. L'antiracisme serait une idéologie mise en place par d'anciens gauchistes qui auraient dû renoncer à leurs illusions. Avec les immigrés, ceux-ci auraient ainsi trouvé une sorte de peuple révolutionnaire de substitution[5].

Antiféminisme et « idéologie gay »[modifier | modifier le code]

Dans Le Premier sexe, il expose la castration « voulue » des hommes dans la société du début du XXIe siècle[48]. Il accuse les pro-féministes d'être démagogues et de verser dans le politiquement correct en niant ou en rejetant l'histoire de la société française et les travaux de psychologie de Freud : « Je constate seulement que Freud est aujourd’hui rejeté avec véhémence par tous les bien-pensants, féministes, et autres militants pour l’homoparentalité, etc. »[49]. Il estime que l'homme est par nature un prédateur sexuel usant de violence[50]. Le rôle de la société n'a jamais été de nier la virilité masculine mais de la contrôler, cette négation faisant le jeu selon lui de formes fantasmées plus violentes. Parallèlement à cette définition de la virilité comme prédation sexuelle, il estime que certaines époques ont su mieux définir les fonctions de la femme que d'autres[51].

Il considère « l'idéologie gay » comme l'un des principaux intermédiaires utilisés pour inviter « l'homme à devenir une femme comme les autres », à adopter des comportements de femmes[30]. Dans son livre Petit Frère, l'un des personnages du roman s'interroge sur la place à accorder aux individus homosexuels : « Dans toute société traditionnelle, fondée sur la pudeur et le secret, le respect de la vie et la peur de la mort, les “homos” auraient été stigmatisés et isolés, à l'instar des pestiférés de jadis »[52].

En octobre 2013, il fait partie des 19 signataires de « Touche pas à ma pute ! Le manifeste des 343 "salauds" » pour protester contre les sanctions qui pourraient toucher les clients des prostituées[53]

Poursuites judiciaires pour propos à caractère racial[modifier | modifier le code]

Relaxe des poursuites pour incitation à la haine raciale[modifier | modifier le code]

La LICRA a décidé de poursuivre Éric Zemmour en justice pour ses propos à la suite de l'émission Salut les Terriens présentée par Thierry Ardisson du 6 mars 2010 où il faisait la promotion de son livre Mélancolie française. Il a déclaré lors de cette émission que : « les Français issus de l'immigration étaient plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes... c'est un fait. »[54]. Le Club Averroes[55] et le MRAP ont saisi le CSA[56],[57] après les poursuites engagées par la LICRA. Éric Zemmour est soutenu par plusieurs personnalités, dont le fondateur de Reporters sans frontières et le journaliste Robert Ménard[58].

Le 23 mars 2010, il adresse une lettre à la LICRA[59], explicitant ses propos. Dans cette lettre il cite notamment les propos de Christian Delorme devant une commission parlementaire du Sénat[60]. Il cite également le livre L’Islam dans les prisons de Farhad Khosrokhavar, qui confirmerait les 70 et 80 % de « musulmans dans les prisons » estimé lors d'une enquête commandée par le ministère de la Justice. La rédaction de L'Express rappelle que Farhad Khosrokhavar avait estimé entre 50 % et 80 % le nombre de détenus musulmans dans certaines prisons proches de quartiers dits sensibles et qu'il n'existe pas de statistiques officielles nationales sur le sujet[61].

Le MRAP a déploré que les origines (et non pas la situation sociale) soient mises en rapport avec le taux de délinquance, et que l’ensemble des personnes partageant les mêmes origines se voient exposées au soupçon d’être des délinquants potentiels. C’est leur origine commune qui est présentée comme « criminogène ». Le MRAP a décidé donc de porter l’affaire devant la justice car selon lui « en liant les méfaits de ces délinquants à leurs origines - et non pas à des processus de marginalisation sociale, de concentration de la misère dans certaines zones, de ce que certains appellent une « ghettoïsation » de fait -, le journaliste a injurié un groupe de personnes défini par leurs origines. »

Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, a qualifié les propos d'Éric Zemmour de « stigmatisant » et « proto-racistes », dénonçant le lien entre la couleur de peau et la délinquance comme « ne correspondant pas à la réalité »[62]. À l'inverse, le haut magistrat Philippe Bilger soutient les propos du journaliste en affirmant au sujet des trafiquants que « beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes »[63],[64] (ce qui a pour conséquence la convocation de Philippe Bilger par le procureur général de Paris, François Falletti).

Le 30 mars 2010, Éric Zemmour est assigné par SOS Racisme à comparaître devant la justice pour le 29 juin 2010, où il « aura à répondre des délits de diffamation à caractère racial et d'incitation à la haine raciale », a précisé l'association[65]. Malgré la citation devant la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance ce jour-là, le procès a été reporté aux 11, 13 et 14 janvier 2011 du fait de la multiplication des constitutions de parties civiles, parmi lesquelles nombre d'associations antiracistes[66]. Par ailleurs, ces propos et le procès ont eu aussi une portée internationale avec un article qui leur fut consacré, ainsi qu'à son auteur, dans The New York Times en février 2011[67]. Lors du procès, Éric Zemmour bénéficie des témoignages en sa faveur du journaliste Robert Ménard, de son collègue chroniqueur à On n'est pas couché Éric Naulleau, de l'écrivain Denis Tillinac, de l'homme politique Claude Goasguen et de l'essayiste Xavier Raufer[68].

Le , la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris le relaxe des poursuites pour diffamation raciale pour les propos tenus dans l'émission Salut les Terriens et jugés « choquants » mais pas « diffamatoires ». Le tribunal juge qu'Éric Zemmour «n’affirme ni ne sous-entend l’existence d’un lien de causalité avéré ou possible entre l’origine ou la couleur de peau et une sur-représentativité prétendue parmi les trafiquants». En revanche, le tribunal a considéré que le polémiste avait bien incité à la discrimination raciale car, «par cette phrase catégorique et péremptoire, il justifie directement et clairement les contrôles, aussi arbitraires que systématiques, envers certaines catégories de population».

Le , invité par Hervé Novelli[69] et ovationné par les parlementaires de l'UMP[70] à la convention nationale des réformateurs libéraux, Éric Zemmour suggère dans un discours aux députés UMP de supprimer les lois sur la discrimination raciale, les lois mémorielles, l'action pénale des associations antiracistes et leurs subventions[71].

Le 5 mars 2011, quelques voix s'élévent contre Éric Zemmour et interpellent Rémy Pflimlin, le PDG de France télévisions[72]. Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, lui écrit une lettre et demande des sanctions, puis c'est au tour de la CGT[73] de demander une réaction à Rémy Pflimlin.

Condamnation pour incitation à la discrimination raciale[modifier | modifier le code]

Le 6 mars 2010, il affirme sur France Ô que les employeurs « ont le droit de refuser des Arabes ou des Noirs »[74].

Le , la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné Éric Zemmour, pour les propos tenus sur France Ô, à 2 000 euros d'amende avec sursis pour provocation à la discrimination raciale, amende divisée en deux parts égales entre deux jugements : un premier jugement concernant les poursuites engagées par SOS Racisme, la Licra et le Mrap et un second jugement concernant celles engagées par UEJF et J'accuse. Le tribunal conclut que le polémiste a « justifié une pratique discriminatoire illégale - la discrimination à l'embauche - en la présentant comme licite ».

Par ailleurs, en plus de l'amende, le premier jugement le condamne à verser 1 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais de justice à chacune des trois associations (soit un total de 9 000 euros) et le second à verser 1 euro à chacune des parties civiles et 750 euros de frais de justice (soit un total de 1 502 euros)[74],[75].

Présence médiatique actuelle[modifier | modifier le code]

  • Zemmour et Naulleau (« Z & N »), émission de débat sur Paris Première, le vendredi vers 22 h 50. Éric Naulleau en maître de cérémonie, Éric Zemmour en polémiste. Le duo officie tous les vendredis dans cette émission tournée en public. Sur le plateau, point de people ou d'artistes, mais des intellectuels, des personnalités politiques et des experts face aux deux Éric.
  • Ça se dispute, émission de débat le vendredi à 21 h 0 sur I-Télé, présenté actuellement par Léa Salamé avec Éric Zemmour (Le Figaro) et Nicolas Domenach (Marianne).
  • Le Figaro Magazine, Éric Zemmour publie hebdomadairement son décryptage de la vie politico-médiatique française.
  • Le Forum de l'Histoire, sur la chaîne Histoire, où il est régulièrement invité à donner son opinion sur des controverses historiques.
  • La Chronique d'Éric Zemmour, chronique bi-hebdomadaire dans RTL matin animée par Laurent Bazin. Éric Zemmour y propose, à h 15 le mardi et le vendredi, un billet d'humeur d'environ trois minutes décryptant un thème de l'actualité. Ses interventions sont vérifiées depuis 2011 par la rédaction de la station avant diffusion[76].
  • Le spectacle du monde, Éric Zemmour réalise une chronique de deux pages sur des thèmes d'actualité dans ce mensuel français qui traite de politique, de culture, etc.
  • Occasionnellement à l'étranger : Les Francs-tireurs, émission du 9 février 2011 (numéro 337) sur Télé-Québec.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le roman uchronique de Frédéric Deslauriers (2011), Les Deux-Cents jours de Marine Le Pen, où Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle de 2012, Éric Zemmour devient ministre de la Culture et de la Communication[77].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Éric Zemmour[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Zemmour et Naulleau : les snipers du PAF à l'antenne le 23 septembre », sur premiere.fr,‎ 30 août 2011
  2. « Qui est vraiment Eric Zemmour ? », Le Point, 1 avril 2010.
  3. a et b Les Grandes Gueules, RMC, video « Je viens d'Afrique du Nord. Moi, mes ancêtres étaient des Juifs berbères (...) Ils ont vécu avec les Arabes pendant 1 000 ans ».
  4. Selon le programme des GG du 7 janvier 2008 publié sur le blog des Grandes Geules, Éric Zemmour a été invité à 13 h pour présenter son livre Petit Frère
  5. a, b et c Laurent Nicolet, « Entretien Éric Zemmour », Migros Magazine, no 29,‎
  6. « Éric Zemmour : “Je ne demande pas la francisation des noms” », Article de L'Express par Laurent Martinet, publié le 11/03/2010 à 12:20 - mis à jour le 11/03/2010 à 18:09, « Je suis né à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Je ne suis donc pas un immigré [...] et mes parents étaient français. Mais mes origines sont en effet berbères et mon nom signifie en effet olivier en berbère. »
  7. a et b Vincent Monnier, « Éric Zemmour : passé recomposé », Paris Obs, no 364-2257,‎ 7 février 2008
  8. Klara Klein, « Le mâle être », Victoire (Le Soir),‎ 10 juin 2006
  9. http://www.sciences-po.asso.fr/gene/main.php?base=332
  10. Suzanne Mpome, « Interview d'Éric Zemmour (seconde partie) », sur Le ring (consulté le jeudi 12 juin 2008)
  11. Who's Who in France
  12. Zemmour « Bienvenue au Figaro », Lalibre.be, 8 avril 2013.
  13. « Éléments d’information sur les membres du jury 2006 », sur prepena.sciencespobordeaux.fr,‎ 2006 (consulté le )
  14. L'infime regret de Karl Zéro, propos recueillis de Carlos Gomez, publiés le 8 avril 2008 dans le Journal du Dimanche
  15. Entretien avec l’auteur par Christophe Dickès, Éric Zemmour : Mélancolie française ou l’idéal romain dans notre Histoire, sur Canalacademie.com, mis en ligne le 18 mars 2010
  16. Article du Parisien « Ruquier : « Pourquoi je me sépare de Naulleau et Zemmour » », sur leparisien.fr,‎ 27 mai 2011
  17. « Le grand débat », sur http://www.histoire.fr,‎ 2009 (consulté le )
  18. http://www.toutelatele.com./article.php3?id_article=21985
  19. « Éric Zemmour, une certaine idée du journalisme à la française », Observatoire des journalistes et de l'information médiatique, consulté le 31 janvier 2014.
  20. Présidentielle : Naulleau et Zemmour sur M6, tvmag.lefigaro.fr, 6 avril 2012.
  21. François Dufay, « La fronde des intellos », Le Point, no 1551,‎
  22. Jacques Le Bohec, L'implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, L'Harmattan,‎ 2004, 230 p. (ISBN 978-2747570206), p. 103
  23. Le Monde du 21 avril 2009
  24. Interview du chanteur Youssoupha dans le Parisien le 21 mars 2009
  25. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/26/97001-20111026FILWWW00448-eric-zemmour-fait-condamner-youssoupha.php
  26. Éric Zemmour perd son procès en appel contre le rappeur Youssoupha
  27. Ça se dispute et On n'est pas couché notamment
  28. On n’est pas couché du 08/09/2007
  29. a et b Éric Zemmour répond à des questions d’internautes sur L’Express
  30. a et b Interview d'Éric Zemmour par Nicky Depasse sur Nostalgie Belgique, le 17 juin 2007
  31. Jean Sévillia, « Zemmour. Feu sur les idées reçues », Le Figaro, 26 février 2010
  32. Éric Zemmour, « Immigration: le réel interdit », Le Monde,‎ 12 octobre 2007
  33. Propos récurrents dans Ça se dispute et ses éditoriaux du Figaro, et particulièrement mis en avant lors de l'interview de François Bayrou dans l'émission On 'est pas couché du 1er décembre 2007
  34. Ça se dispute, iTélé, septembre 2007
  35. Interview de François Bayrou dans l'émission On n'est pas couché du 1er décembre 2007
  36. Éric Zemmour, « Nicolas Sarkozy ou le soixante-huitard malgré lui », Le Figaro,‎ 11 novembre 2007
  37. Fabrice Madouas, « Éric Zemmour : "La droite a perdu ses repères" », Valeurs actuelles, 25 mars 2010
  38. Interview dans Le Choc du mois no 27, novembre 2008.
  39. Ripostes, France 5,
  40. Éric Zemmour : « Je ne veux plus d'immigration, même régulée », 1re vidéo à 5'50 et 6'25
  41. Paris/Berlin : le débat, retranscription de l'émission du 13/11/2008.
  42. Droit de réponse de Vincent Cespedes
  43. Vincent Cespedes répond aux zemmouristes, 7 décembre 2008
  44. Polémique sur les races : Zemmour répond aux internautes
  45. Thierry Leclère, « Affaire Zemmour : Arte sort enfin du silence », in Télérama no 3076, 18 décembre 2008, [lire en ligne]
  46. Interview d'Éric Zemmour par Monique Atlan dans l'émission "Quelle étagère...", le
  47. Éric Zemmour, Immigration : le réel interdit, Le Monde, 12 octobre 2007.
  48. Laure Joanin, « Interview d'Éric Zemmour », sur www.actualitedulivre.com,‎ 2006 (consulté le )
  49. Cali Rise, « Interview Éric Zemmour », sur www.impudique.net,‎ (consulté le )
  50. Le Premier sexe, p. 32 et 33.
  51. Ibid., p. 67.
  52. Jacques Nerson, « Zemmour dérape », sur www.bibliobs.nouvelobs.com/,‎ (consulté le )
  53. Causeur.fr
  54. La LICRA va poursuivre en justice Éric Zemmour, le 16 mars 2010 sur lemonde.fr
  55. AFP, « Respects veut voir Zemmour en banlieue », Le Figaro, 12 mars 2010.
  56. AFP, « Zemmour : le MRAP en appelle au CSA », Le Figaro, 9 mars 2010.
  57. AFP, « Propos d'Éric Zemmour: le CSA saisi », Le Figaro, 11 mars 2010.
  58. « [1] ».
  59. lettre à la LICRA
  60. AgoraVox Et si l’affaire Zemmour faisait réfléchir ?
  61. Eric Zemmour: "Je ne demande pas la francisation des noms" - L'EXPRESS
  62. Affaire Zemmour-Bilger : "des propos aberrants", Alexandra Guillet, entretien, sur le site de TF1, 25 mars 2010
  63. Philippe Bilger, « Éric Zemmour ou le trublion officiel », 17 mars 2010
  64. « Un haut-magistrat défend les propos controversés de Zemmour », leParisien.fr, 24 mars 2010.
  65. Éric Zemmour assigné le 29 juin par SOS Racisme, leparisien.fr, 30 mars 2010
  66. « Le procès Zemmour renvoyé au mois de janvier » sur le site FranceAntilles.fr, 29 juin 2010
  67. (en) French Provocateur Enters Battle Over Comments dans The New York Times du 11 février 2011.
  68. 2e jour du procès d'Eric Zemmour : place aux soutiens de Zemmour, Enquête & Débat, 14 janvier 2011
  69. L'invitation de Zemmour à un débat de l'UMP indigne SOS Racisme, nouvelobs.com, 27 février 2011
  70. Eric Zemmour ovationné par les élus UMP, France Info, 3 mars 2011
  71. Zemmour expose sa liberté d'expression à l'UMP, Michel Veron, L'express.fr, publié le 3 mars 2011
  72. Rémy Pflimlin ne désavoue pas Éric Zemmour, Le Point.fr, 4 mars 2011
  73. Affaire Zemmour : la CGT envoie une lettre ouverte au PDG de France Télévisions, Daniel Psenny, Le Monde.fr, 15 mars 2011
  74. a et b Eric Zemmour condamné pour provocation à la discrimination raciale
  75. « Eric Zemmour condamné pour provocation à la discrimination raciale », sur 20 minutes.fr,‎ 18 février 2011
  76. « Zemmour, le malaise diplomatique » Sur Le Parisien « Ses interventions matinales sont encadrées et supervisées chaque matin par la rédaction. Nous lui avons demandé de veiller au respect des valeurs humanistes de la station. »
  77. Frédéric Deslauriers, Les Deux-Cents jours de Marine Le Pen, Plon, 2011, pages 20-21.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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