Pierre Carles
Pierre Carles
| Naissance | 2 avril 1962 |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Profession | réalisateur, documentariste |
| Films notables | Pas vu pas pris Fin de concession La sociologie est un sport de combat |
| Site internet | http://www.pierrecarles.org/ |
Pierre Carles est un réalisateur et documentariste français né le 2 avril 1962. Il débute sa carrière à la télévision dans les émissions de Bernard Rapp, Thierry Ardisson et Christophe Dechavanne. Il y réalise notamment un reportage sur une fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d'Arvor.
Pierre Carles cesse de travailler à la télévision à partir de la non-diffusion de son reportage intitulé Pas vu à la télé par la chaîne Canal+. Il construit alors un film, Pas vu pas pris (1998), qui montre comment son reportage a été censuré à la télévision. Il travaille alors en tant que réalisateur indépendant et réalise un film sur le sociologue Pierre Bourdieu (La sociologie est un sport de combat). Il poursuit ensuite sa critique des médias avec un film sur le journaliste Daniel Schneidermann dans lequel il s'interroge sur la possibilité de critiquer la télévision à la télévision (Enfin pris). Il enquête sur la place du travail dans notre société en montrant des individus qui décident de ne plus travailler (Attention danger travail) et d'autres qui cherchent à vivre en autonomie (Volem rien foutre al païs).
Sommaire |
Biographie [modifier]
Pierre Carles obtient un diplôme de l'IUT Carrières sociales de Gradignan[réf. nécessaire] avant d'obtenir en 1988 un diplôme de journaliste-reporter d'images de l'IUT de journalisme de Bordeaux[1],[2].
Il commence à travailler à Télé Lyon Métropole mais est rapidement licencié pour faute grave en raison de son impertinence[2],[1].
Il travaille ensuite à la télévision pour Bernard Rapp dans son émission L'Assiette Anglaise sur Antenne 2 ou encore dans l'émission Tranche de Cake[1]. À partir de 1990, il travaille aussi pour Christophe Dechavanne dans son émission Ciel mon mardi sur TF1[1] ou pour Thierry Ardisson[3],[2].
En 1992, Pierre Carles se fait connaître par un reportage sur la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d'Arvor et Régis Faucon[1],[4]. Il prouve ainsi par l'image une imposture dénoncée par Télérama le 1er janvier 1992. Son reportage, initialement programmé le samedi 18 janvier dans l'émission Double jeu de Thierry Ardisson, a été déprogrammé à la demande du président d'Antenne 2 Hervé Bourges, puis est finalement diffusé une semaine plus tard, le 25 janvier 1992[3].
Pierre Carles travaille aussi pour l'émission Strip-tease[1], pour laquelle il réalise notamment le documentaire Pizza Americana qui sera réutilisé dans Attention danger travail ou encore le portrait du chauffeur de Jacques Chirac Chirac, ma femme et moi[1]. En janvier 1996, le reportage Chirac, ma femme et moi, qui avait pourtant été diffusé en 1994 avant que Chirac ne soit président de la République, a été déprogrammé de l'antenne de France 3[5]. Le reportage a été finalement rediffusé en 1997[6].
En 1995, Pierre Carles réalise un documentaire pour Canal+ intitulé Pas vu à la télé dans lequel il interroge un certain nombre de personnalités de la télévision et leur demande pourquoi ils ne s'intéressent jamais aux connivences entre les journalistes et les personnalités politiques. Il prend notamment l'exemple d'une vidéo montrant une grande complicité entre François Léotard et Etienne Mougeotte qui n'a jamais été montrée à la télévision. Les personnalités interrogées par Pierre Carles dénoncent sa méthode et déclarent se sentir piégés[7]. Son reportage est finalement déprogrammé par Canal Plus[8]. Le document a été primé 10e festival du scoop d'Angers en novembre 1995[9]. Le reportage a finalement été diffusé à la télévision belge RTBF le 5 mai 1996[10]. En revanche, Daniel Mermet qui avait envisagé de diffuser le reportage dans son émission de radio sur France Inter n'a pas pu le diffuser[11]. Pierre Carles, qui a enregistré ses conversations téléphoniques avec les responsables de Canal Plus, en fait un film qu'il intitule Pas vu, pas pris et dans lequel il montre comment son reportage Pas vu à la télé a été déprogrammé de l'antenne. Le film sort finalement au cinéma en novembre 1998[12]. Il fait 160 000 entrées[13].
En 1999, il réalise avec Philippe Lespinasse un documentaire sur les Passes du bassin d'Arcachon, intitulé Le Tour des passes et diffusé sur France 3 Ouest[14].
Pierre Carles réalise ensuite un film sur le sociologue Pierre Bourdieu, La sociologie est un sport de combat[15].
Avec Enfin pris ?, il poursuit son travail sur la critique des médias en s'attaquant cette fois-ci à Daniel Schneidermann qui prétend lui aussi faire de la critique des médias à la télévision avec son émission hebdomadaire Arrêt sur images diffusée sur France 5. Pierre Carles, qui a travaillé avec Schneidermann au début de sa carrière entend montrer que ce dernier a retourné sa veste et qu'il est lui aussi devenu révérencieux envers les puissants, en témoigne notamment une interview complaisante de Jean-Marie Messier.
Pierre Carles fait une apparition dans le film Aaltra (2004) de Benoît Delépine et Gustave Kervern, y interprétant un chirurgien cynique.
Avec Christophe Coello et Stéphane Goxe, il abandonne un temps la critique des médias pour s'intéresser au monde du travail. Ensemble, ils réalisent le film Attention danger travail. Dans ce film, ils vont à la rencontre de personnes ayant fait le choix de quitter ou de rester hors du monde du travail. Leurs témoignages sont mis en parallèle d'images issues du documentaire Pizza americana sur le monde du travail et sont confrontés aux discours d'hommes politiques ou de grands patrons interrogés à l'université d'été du Medef[16]. Avec Volem rien foutre al païs sorti en mars 2007, les réalisateurs partent à la recherche de personnes rejetant le travail salarié et cherchant à vivre en autonomie[17].
Il réalise ensuite avec Éric Martin un film sur le professeur Choron intitulé Choron, dernière. Le film est aussi un réquisitoire contre la nouvelle équipe de Charlie Hebdo dirigée par Philippe Val. Dans le film, Cavanna dénonce notamment l'« audace rentrée » des collaborateurs de l'hebdomadaire. Cabu, Philippe Val et Wolinski portent plainte contre les deux sociétés de productions du film, 3B et Tadrart Films, pour avoir utilisé sans leur accord leur nom sur l'affiche du film[18].
En 2006, il réalise avec Georges Minangoy un film documentaire sur Action directe, Ni vieux, ni traîtres.
Durant la primaire présidentielle socialiste de 2006, Pierre Carles diffuse sur la télévision associative Zaléa TV une séquence inédite des rush de La Sociologie est un sport de combat dans laquelle Pierre Bourdieu explique que Ségolène Royal, bien qu'elle soit au parti socialiste, est selon lui quelqu'un de droite, au sens où elle serait du côté de l'ordre. La vidéo mise en ligne sur internet rencontre un certain succès[19].
Pierre Carles revient à la critique des médias avec Fin de concession (2010) dans lequel il s'interroge sur le renouvellement de la concession de la première chaîne nationale française (TF1) accordée au groupe Bouygues depuis 1987. Il tente de reprendre la méthode qu'il avait développé dans Pas vu, pas pris et cherche à piéger des personnalités de la télévision en leur demandant pourquoi personne à la télévision n'enquête jamais sur ce sujet. Néanmoins, sa méthode ne marche plus comme la première fois. Le personnage principal du film, double fictionnel de Pierre Carles, s'interroge alors sur le sens de son action et fait le bilan de vingt années de critique des médias dominants[20].
À l'occasion de l'élection présidentielle française de 2012, il réalise avec Aurore Van Opstal et Julien Brygo un documentaire intitulé Hollande, DSK, etc sur la manière dont la presse a successivement soutenu les candidatures de Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. Ce documentaire poursuit le travail entamé en 1995 avec Juppé forcément dans lequel Pierre Carles montrait comment la candidature d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux avait été soutenue par la presse locale. Il a notamment donné lieu à une polémique avec Jean-Michel Aphatie qui s'est estimé piégé par Julien Brygo, lequel s'est fait passer pour un journaliste belge de la RTBF pour obtenir un entretien avec lui[21]. Une version du film est mise en ligne sur le site personnel de Pierre Carles le 19 avril 2012, à trois jours du premier tour de l'élection[22] [23]. La version finale est envoyé par DVD durant le mois de décembre 2012 et est mise en ligne gratuitement sur les réseaux pair à pair.
Filmographie [modifier]
Documentaires [modifier]
- 1995 : Juppé, forcément, diffusé sur Arte.
- 1998 : Pas vu pas pris, 90 minutes
- 2001 : La sociologie est un sport de combat, 146 minutes
- 2002 : Enfin pris ?, 93 minutes
- 2003 : Attention danger travail, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
- 2006 : Ni vieux, ni traîtres, réalisé avec Georges Minangoy, consacré à Action directe
- 2007 : Volem rien foutre al païs, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
- 2008 : Qui dit mieux ?, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
- 2008 : Val est vénere, réalisé avec Éric Martin
- 2009 : Choron, dernière : Vie et mort du professeur Choron et de Charlie Hebdo, réalisé avec Éric Martin, 104 minutes
- 2010 : Fin de concession, 128 minutes
- 2012 : DSK, Hollande, etc réalisé avec Julien Brygo et Aurore Van Opstal, 76 minutes[note 1]
- 2012 : Tant pis / tant mieux, réalisé avec Philippe Lespinasse et composé de deux épisodes : Bages-Sigean à la voile (2007) et Gruissan à la voile (2009)
Pour l'émission Strip-Tease [modifier]
- 1993 : Serrou c'est blanc
- 1994 : Chirac, ma femme et moi
- 1994 : Pizza americana
- 1994 : Gérard s'offre à toi...
- 1995 : Saint Jacques sort de sa coquille
- 1996 : Pas de calmants pour Jeanne
- 1996 : Le Désarroi esthétique, portrait du publicitaire Daniel Robert, réédité dans le DVD Trois petits films contre le grand capital, édité avec le journal Le Plan B.
- 1997 : Une balle dans le pied
- 1997 : Hasta siempre
- 1998 : Parodie de justice
Bibliographie [modifier]
- Antoine de Baecque, « Paf sur le pif de l'« idiot » », Cahiers du cinéma, no 530, décembre 1998, p. 5
- Philippe Gajan, « Au royaume des apparences : Pas vu pas pris de Pierre Carles », 24 images, no 95, hiver 1998-1999, p. 45 [texte intégral]
- Erwan Higuinen, « La sociologie est un sport de combat », Cahiers du cinéma, no 557, mai 2001, p. 122-123
- Charlotte Garson, « Enfin pris ? », Cahiers du cinéma, no 572, octobre 2002, p. 86
- Jean-Michel Frodon, « Attention danger travail », Cahiers du cinéma, no 583, octobre 2003, p. 40
- Pascal Benvenuti, « De Juppé, forcément… à DSK, Hollande, etc », Tête-à-tête « Images du pouvoir », no 3, printemps 2012 [texte intégral (page consultée le 18 avril 2012)]
Audience [modifier]
Le tableau suivant est établi à partir de la base de données Lumière. La base de données inclut l'ensemble des entrées dans l'union européenne depuis 1996[24].
| Film | Année de production | Entrées en Europe |
|---|---|---|
| Pas vu pas pris | 1995 | 153 429 |
| La sociologie est un sport de combat | 2001 | 87 305 |
| Volem rien foutre al païs | 2004 | 70 090 |
| Attention danger travail | 2003 | 58 337 |
| Enfin pris ? | 2001 | 52 972 |
| Choron, dernière | 2006 | 19 776 |
| Fin de concession | 2009 | 15 780 |
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- diffusé sur le site officiel
Références [modifier]
- Emmanuel Poncet, « Pierre Carles, télépirate », Libération, 1er juillet 1998 [texte intégral (page consultée le 23 février 2012)]
- Emmanuel Poncet, « La bête à Bourdieu », Libération, 30 avril 2001 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Voir le film Fin de Concession
- [vidéo] Pierre Carles, « Magazine du fô dans Double jeu », sur ina.fr, 25 janvier 1992, 5 min 51 s
- Béatrice Bocard, « Pas de «Strip Tease» pour le chauffeur de Chirac. France 3 a déprogrammé l'émission », Libération, 24 janvier 1996 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Nicolas Santolaria et Louis Skorecki, « Strip-Tease. France 3, 22h30, magazine », Libération, 15 novembre 1997 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Marie-Dominique Arrighi, « Des méthodes contestées », Libération, 1er juillet 1998 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Philippe Bourbeillon, « Pas vu à la télé ne sera pas vu à la télé », Libération, 1er avril 1995 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Fabrice Node-Langlois, « «Pas vu à la télé», censuré mais primé », Libération, 28 novembre 1995 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Annick Peigne-Giuly, « RTBF, 13h15, le 5. «Pas vu à la télé» de Pierre Carles. Pierre Carles, persona non grata sur le petit écran », Libération, 4 mai 1996 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Aude Dassonville, « Canal + interdit Pas vu à la télé de radio », Libération, 26 juin 1998 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Emmanuel Poncet et Didier Péron, « Interdit de télévision, le film polémique de Pierre Carles sort en salles. Vous allez voir « pas Vu... » », Libération, 18 novembre 1998 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Xavier Frison, « L'humour est une arme subversive : entretien avec Annie Gonzalez et Pierre Carles », Politis, no 1084, 7 janvier 2012, p. 30-31 [texte intégral (page consultée le 10 mai 2012)]
- Emmanuel Poncet, « À la pêche aux moules avec Pierre Carles », Libération, 16 octobre 1999 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Annick Peigne-Giuly, « Pierre Carles aux basques de Bourdieu », Libération, 10 mars 2001 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Didier Péron, « Revenus du travail », Libération, 8 octobre 2003 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Laure Noualhat, « Chez les partisans du «rien foutre» », Libération, 7 mars 2007 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Augustin Scalbert, « Cabu, Val et Wolinski poursuivent Pierre Carles en justice », Rue89, 18 décembre 2008 [texte intégral]
- Marlène Coulomb-Gully, « Le corps présidentiel : Représentation politique et incarnation dans la campagne présidentielle française de 2007 », Mots. Les langages du politique, no 89, janvier 2009, p. 25-38 [texte intégral (page consultée le 18 avril 2012)]
- Cyrille Rivallan, « Voir : Fin de concession, de Pierre Carles », Acrimed, 24 novembre 2010 [texte intégral]
- Sébastien Rochat, « Interview masquée : Aphatie balance Pierre Carles », Arrêt sur images, 23 mars 2012 [texte intégral (page consultée le 17 avril 2012)]
- E. J., « Un film critique sur la campagne à voir pendant la soirée électorale », La Voix du Nord, 21 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 1 mai 2012)]
- Pierre Rimbert, « Les médias contre l’égalité », Le Monde diplomatique, mai 2012 [texte intégral (page consultée le 26 décembre 2012)]
- Base de données Lumiere. Consulté le 13 mai 2012
Liens externes [modifier]
- Journaliste français du XXe siècle
- Journaliste français du XXIe siècle
- Journaliste d'investigation
- Critique du journalisme
- Réalisateur français
- Documentariste français
- Naissance en 1962
- Personnalité de l'altermondialisme
- Élève de l'Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine
- Collaborateur de L'Assiette anglaise