Pierre Carles

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Pierre Carles

Naissance 2 avril 1962 (52 ans)
Nationalité Drapeau de France Français
Profession réalisateur, documentariste
Films notables Pas vu pas pris
La sociologie est un sport de combat
Fin de concession
Site internet www.pierrecarles.org

Pierre Carles, né le 2 avril 1962, est un réalisateur et documentariste français. Il est connu pour son travail de critique du fonctionnement des médias dominants au travers de ses documentaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Pierre Carles obtient un diplôme de l'IUT Carrières sociales de Gradignan puis un diplôme de journaliste-reporter d'images de l'IUT de journalisme de Bordeaux en 1988[1],[2].

Débuts[modifier | modifier le code]

Il commence à travailler à Télé Lyon Métropole mais est rapidement licencié pour faute grave en raison de son impertinence[2],[1].

Il travaille ensuite à la télévision pour Bernard Rapp dans son émission L'Assiette Anglaise sur Antenne 2 et dans l'émission Tranche de Cake[1]. À partir de 1990, il travaille aussi pour Christophe Dechavanne dans son émission Ciel mon mardi sur TF1[1] et pour Thierry Ardisson[3],[2].

Télévision[modifier | modifier le code]

En 1992, Pierre Carles se fait connaître par un reportage sur la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d'Arvor et Régis Faucon[1],[4]. Il prouve ainsi par l'image une imposture dénoncée par Télérama le 1er janvier 1992. Son reportage, initialement programmé le samedi 18 janvier dans l'émission Double jeu de Thierry Ardisson, a été déprogrammé à la demande du président d'Antenne 2 Hervé Bourges, puis est finalement diffusé une semaine plus tard, le 25 janvier 1992[3].

Pierre Carles travaille aussi pour l'émission Strip-tease[1], pour laquelle il réalise notamment le documentaire Pizza Americana qui sera réutilisé dans Attention danger travail ou encore le portrait du chauffeur de Jacques Chirac Chirac, ma femme et moi[1]. En janvier 1996, le reportage Chirac, ma femme et moi, qui avait pourtant été diffusé en 1994 avant que Chirac ne soit président de la République, a été déprogrammé de l'antenne de France 3[5]. Le reportage a été finalement rediffusé en 1997[6].

En 1995, Pierre Carles réalise un documentaire pour Canal+ intitulé Pas vu à la télé dans lequel il interroge un certain nombre de personnalités de la télévision et leur demande pourquoi ils ne s'intéressent jamais aux connivences entre les journalistes et les personnalités politiques. Il prend notamment l'exemple d'une vidéo montrant une grande complicité entre François Léotard et Etienne Mougeotte qui n'a jamais été montrée à la télévision. Les personnalités interrogées par Pierre Carles dénoncent sa méthode et déclarent se sentir piégés[7]. Son reportage est finalement déprogrammé par Canal Plus[8].

Le document a été primé au 10e festival du scoop d'Angers en novembre 1995[9]. Le reportage a finalement été diffusé à la télévision belge RTBF le 5 mai 1996[10]. En revanche, Daniel Mermet qui avait envisagé de diffuser le reportage dans son émission de radio sur France Inter n'a pas pu le diffuser[11].

Pierre Carles, qui a enregistré ses conversations téléphoniques avec les responsables de Canal Plus, en fait un film qu'il intitule Pas vu, pas pris et dans lequel il montre comment son reportage Pas vu à la télé a été déprogrammé de l'antenne. Le film sort finalement au cinéma en novembre 1998[12]. Il fait 160 000 entrées[13].

Documentaires[modifier | modifier le code]

En 1999, il réalise avec Philippe Lespinasse un documentaire sur les Passes du bassin d'Arcachon, intitulé Le Tour des passes et diffusé sur France 3 Ouest[14].

Pierre Carles réalise ensuite un film sur le sociologue Pierre Bourdieu, La sociologie est un sport de combat[15].

En 2002, Pierre Carles réalise Enfin pris ?, un film dans lequel Pierre Carles s'interroge sur la manière dont Daniel Schneidermann entend faire la critique de la télévision à la télévision.

Avec Enfin pris ?, il poursuit son travail sur la critique des médias en s'attaquant cette fois-ci à Daniel Schneidermann qui prétend lui aussi faire de la critique des médias à la télévision avec son émission hebdomadaire Arrêt sur images diffusée sur France 5. Pierre Carles, qui a travaillé avec Schneidermann au début de sa carrière entend montrer que ce dernier a retourné sa veste et qu'il est lui aussi devenu révérencieux envers les puissants, en témoigne notamment une interview complaisante de Jean-Marie Messier.

Pierre Carles fait une apparition dans le film Aaltra (2004) de Benoît Delépine et Gustave Kervern, y interprétant un chirurgien cynique.

Avec Christophe Coello et Stéphane Goxe, il abandonne un temps la critique des médias pour s'intéresser au monde du travail. Ensemble, ils réalisent le film Attention danger travail. Dans ce film, ils vont à la rencontre de personnes ayant fait le choix de quitter ou de rester hors du monde du travail. Leurs témoignages sont mis en parallèle d'images issues du documentaire Pizza americana sur le monde du travail et sont confrontés aux discours d'hommes politiques ou de grands patrons interrogés à l'université d'été du Medef[16]. Avec Volem rien foutre al païs sorti en mars 2007, les réalisateurs partent à la recherche de personnes rejetant le travail salarié et cherchant à vivre en autonomie[17].

Il réalise ensuite avec Éric Martin un film sur le professeur Choron intitulé Choron, dernière. Le film est aussi un réquisitoire contre la nouvelle équipe de Charlie Hebdo dirigée par Philippe Val. Dans le film, Cavanna dénonce notamment l'« audace rentrée » des collaborateurs de l'hebdomadaire. Cabu, Philippe Val et Wolinski portent plainte contre les deux sociétés de productions du film, 3B et Tadrart Films, pour avoir utilisé sans leur accord leur nom sur l'affiche du film[18].

En 2006, il réalise avec Georges Minangoy un film documentaire sur Action directe, Ni vieux, ni traîtres.

Durant la primaire présidentielle socialiste de 2006, Pierre Carles diffuse sur la télévision associative Zaléa TV une séquence inédite des rush de La Sociologie est un sport de combat dans laquelle Pierre Bourdieu explique que Ségolène Royal, bien qu'elle soit au parti socialiste, est selon lui quelqu'un de droite, au sens où elle serait du côté de l'ordre. La vidéo mise en ligne sur internet rencontre un certain succès[19].

Pierre Carles revient à la critique des médias avec Fin de concession (2010) dans lequel il s'interroge sur le renouvellement de la concession de la première chaîne nationale française (TF1) accordée au groupe Bouygues depuis 1987. Il tente de reprendre la méthode qu'il avait développé dans Pas vu, pas pris et cherche à piéger des personnalités de la télévision en leur demandant pourquoi personne à la télévision n'enquête jamais sur ce sujet. Néanmoins, sa méthode ne marche plus comme la première fois. Le personnage principal du film, double fictionnel de Pierre Carles, s'interroge alors sur le sens de son action et fait le bilan de vingt années de critique des médias dominants[20].

À l'occasion de l'élection présidentielle française de 2012, il réalise avec Aurore Van Opstal et Julien Brygo un documentaire intitulé Hollande, DSK, etc sur la manière dont la presse a successivement soutenu les candidatures de Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. Ce documentaire poursuit le travail entamé en 1995 avec Juppé forcément dans lequel Pierre Carles montrait comment la candidature d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux avait été soutenue par la presse locale. Il a notamment donné lieu à une polémique avec Jean-Michel Aphatie qui s'est estimé piégé par Julien Brygo, lequel s'est fait passer pour un journaliste belge de la RTBF pour obtenir un entretien avec lui[21]. Une version du film est mise en ligne sur le site personnel de Pierre Carles le 19 avril 2012, à trois jours du premier tour de l'élection[22],[23]. La version finale est envoyée par DVD durant le mois de décembre 2012 et est mise en ligne gratuitement sur les réseaux pair à pair[24].

Opération Correa 1re partie : Les ânes ont soif. Rafael Correa est en France le 6-7-8 Novembre 2013, et fait un passage à la Sorbonne le 6 novembre 2013 pour décrire le modèle économique en train de s’inventer dans son pays. Peu de grands médias français – à l’exception du Monde diplomatique et de quelques journaux de presse écrite - ont prêté attention à la visite du président équatorien. Aucune chaîne de télévision ni radio nationale n’a repris le message qu’il souhaitait adresser aux populations européennes. Pierre Carles et son équipe poursuivent leur critique radicale des médias, ils se proposent à présent d’explorer la question du traitement de "l’hérésie équatorienne" dans la presse française. Ce premier épisode est accessible gratuitement [25]et fait un appel à financement pour pouvoir réaliser un second épisode en Équateur.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Pour l'émission Strip-Tease[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Serrou c'est blanc
  • 1994 : Chirac, ma femme et moi
  • 1994 : Pizza americana
  • 1994 : Gérard s'offre à toi...
  • 1995 : Saint Jacques sort de sa coquille
  • 1996 : Pas de calmants pour Jeanne
  • 1996 : Le Désarroi esthétique, portrait du publicitaire Daniel Robert, réédité dans le DVD Trois petits films contre le grand capital, édité avec le journal Le Plan B.
  • 1997 : Une balle dans le pied
  • 1997 : Hasta siempre
  • 1998 : Parodie de justice

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine de Baecque, « Paf sur le pif de l'« idiot » », Cahiers du cinéma, no 530,‎ décembre 1998, p. 5
  • Philippe Gajan, « Au royaume des apparences : Pas vu pas pris de Pierre Carles », 24 images, no 95,‎ hiver 1998-1999, p. 45 (lire en ligne)
  • Erwan Higuinen, « La sociologie est un sport de combat », Cahiers du cinéma, no 557,‎ mai 2001, p. 122-123
  • Charlotte Garson, « Enfin pris ? », Cahiers du cinéma, no 572,‎ octobre 2002, p. 86
  • Jean-Michel Frodon, « Attention danger travail », Cahiers du cinéma, no 583,‎ octobre 2003, p. 40
  • Pascal Benvenuti, « De Juppé, forcément… à DSK, Hollande, etc », Tête-à-tête « Images du pouvoir », no 3,‎ printemps 2012 (lire en ligne)

Audience[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant est établi à partir de la base de données Lumière. La base de données inclut l'ensemble des entrées dans l'union européenne depuis 1996[27].

Film Année de production Entrées en Europe
Pas vu pas pris 1995 153 429
La sociologie est un sport de combat 2001 87 305
Volem rien foutre al païs 2004 70 090
Attention danger travail 2003 58 337
Enfin pris ? 2001 52 972
Choron, dernière 2006 19 776
Fin de concession 2009 15 780

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avant le retrait de la candidature de DSK à l'élection présidentielle française de 2012, à la suite de l'Affaire Dominique Strauss-Kahn.
  2. diffusé sur le site officiel

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Emmanuel Poncet, « Pierre Carles, télépirate », Libération,‎ 1er juillet 1998 (lire en ligne)
  2. a, b et c Emmanuel Poncet, « La bête à Bourdieu », Libération,‎ 30 avril 2001 (lire en ligne)
  3. a et b Voir le film Fin de concession
  4. [vidéo] Pierre Carles, « Magazine du fô dans Double jeu », sur ina.fr,‎ 25 janvier 1992, min 51 s
  5. Béatrice Bocard, « Pas de «Strip Tease» pour le chauffeur de Chirac. France 3 a déprogrammé l'émission », Libération,‎ 24 janvier 1996 (lire en ligne)
  6. Nicolas Santolaria et Louis Skorecki, « Strip-Tease. France 3, 22h30, magazine », Libération,‎ 15 novembre 1997 (lire en ligne)
  7. Marie-Dominique Arrighi, « Des méthodes contestées », Libération,‎ 1er juillet 1998 (lire en ligne)
  8. Philippe Bourbeillon, « Pas vu à la télé ne sera pas vu à la télé », Libération,‎ 1er avril 1995 (lire en ligne)
  9. Fabrice Node-Langlois, « «Pas vu à la télé», censuré mais primé », Libération,‎ 28 novembre 1995 (lire en ligne)
  10. Annick Peigne-Giuly, « RTBF, 13h15, le 5. «Pas vu à la télé» de Pierre Carles. Pierre Carles, persona non grata sur le petit écran », Libération,‎ 4 mai 1996 (lire en ligne)
  11. Aude Dassonville, « Canal + interdit Pas vu à la télé de radio », Libération,‎ 26 juin 1998 (lire en ligne)
  12. Emmanuel Poncet et Didier Péron, « Interdit de télévision, le film polémique de Pierre Carles sort en salles. Vous allez voir « pas Vu... » », Libération,‎ 18 novembre 1998 (lire en ligne)
  13. Xavier Frison, « L'humour est une arme subversive : entretien avec Annie Gonzalez et Pierre Carles », Politis, no 1084,‎ 7 janvier 2012, p. 30-31 (lire en ligne)
  14. Emmanuel Poncet, « À la pêche aux moules avec Pierre Carles », Libération,‎ 16 octobre 1999 (lire en ligne)
  15. Annick Peigne-Giuly, « Pierre Carles aux basques de Bourdieu », Libération,‎ 10 mars 2001 (lire en ligne)
  16. Didier Péron, « Revenus du travail », Libération,‎ 8 octobre 2003 (lire en ligne)
  17. Laure Noualhat, « Chez les partisans du «rien foutre» », Libération,‎ 7 mars 2007 (lire en ligne)
  18. Augustin Scalbert, « Cabu, Val et Wolinski poursuivent Pierre Carles en justice », Rue89,‎ 18 décembre 2008 (lire en ligne)
  19. Marlène Coulomb-Gully, « Le corps présidentiel : Représentation politique et incarnation dans la campagne présidentielle française de 2007 », Mots. Les langages du politique, no 89,‎ janvier 2009, p. 25-38 (lire en ligne)
  20. Cyrille Rivallan, « Voir : Fin de concession, de Pierre Carles », Acrimed,‎ 24 novembre 2010 (lire en ligne)
  21. Sébastien Rochat, « Interview masquée : Aphatie balance Pierre Carles », Arrêt sur images,‎ 23 mars 2012 (lire en ligne)
  22. E. J., « Un film critique sur la campagne à voir pendant la soirée électorale », La Voix du Nord,‎ 21 avril 2012 (lire en ligne)
  23. Pierre Rimbert, « Les médias contre l’égalité », Le Monde diplomatique,‎ mai 2012 (lire en ligne)
  24. Release Officiel pour réseaux P2P. Décembre 2012 Torrent 411
  25. « Opération Correa - Première partie : les ânes ont soif »,‎ 5/10/2014
  26. http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-n/020512/dsk-hollande-etc-le-dernier-film-de-pierre-carles
  27. « Base de données Lumiere » (consulté le 13 mai 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]