Hippie
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Le terme hippie dont baba cool est, plus tard, devenu un synonyme[1], désigne les femmes et les hommes qui, entre les années 1965 et 1975, ont globalement rejeté le mode de vie traditionnel de leurs parents. Les hippies font partie d'un mouvement de contre-culture caractéristique de cette décennie qui s'est poursuivi de manière moins radicale plus tard. Apparu au sein de la génération nombreuse du baby-boom de l'après-guerre, ce mouvement eut un impact d'autant plus grand sur des sociétés occidentales auparavant vieillissantes.
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[modifier] Étymologie
Le terme hippie trouverait son origine dans un vocable africain, hip, que certains pensent être un terme wolof (hipi signifiant « ouvrir ses yeux »)[2], repris dans le mot hipster désignant les amateurs de bebop des années 1940.
Une autre origine du terme parfois donnée est une dérivation de l'acronyme H.I.P., désignant un quartier de San Francisco, le Haight-Ashbury Independant Property, occupé par les hippies.
L'acronyme serait également un jeu de mot avec hype signifiant « décontracté, branché, dans le coup ». Comme le hipster, le hippie devait en effet être « cool ».
Cependant, les hippies n'utilisaient pas ce terme pour se désigner eux-mêmes, ils se disaient plutôt freaks ou heads voire acid heads (les monstres ou les têtes)[3].
La première occurrence du mot dans les médias semble être trouvée dans un numéro du Time de novembre 1964 évoquant l'usage de drogue d'un jeune homme de 20 ans qui avait fait scandale[4].
[modifier] Histoire
[modifier] Les précurseurs
Diogène de Sinope, le premier véritable Cynique, est parfois présenté comme un précurseur de la philosophie hippie[5]. Même si le phénomène hippie naît véritablement aux États-Unis au début des années 1960, on en trouve les prémices dès la fin du XIXe siècle.
En Allemagne, dès 1896, les Wandervogel et les Naturmensch, mouvements de la Lebensreform inspirée du paganisme ancien, précédait les hippies de plusieurs décennies. Adolf Just ouvrit son premier centre en 1896 dans les montagnes du Harz et publia son livre best-seller «Retour à la nature », qui devint le modèle des « enfants de la nature » la même année[6]. Les images de l’époque, si elles n’étaient pas en noir et blanc, pourraient donner l’impression d’avoir été prises dans une communauté hippies des années 1960 aux États-Unis[7]. Un immigrant allemand, Bill Pester, s'installa en 1906 à Palm Canyon en Californie dans une hutte pour vivre un mode de vie en tout point identique à celui qui allait surgir au sein de la société américaine soixante ans plus tard[7]. Un autre allemand, Maximillian Sikinger, s'installa à Santa Monica Mountains à partir de 1935 pour inspirer les américains à devenir des « Nature Boys » (naturmensch) et fut très actif au sein du mouvement hippie des années 1960[7].
Le mouvement hippie est considéré par l'historien de l'anarchisme Ronald Creagh comme la dernière résurgence spectaculaire du socialisme utopique[8], filiation revendiquée par certains d'entre eux : selon Patrick Rambaud, l'un des piliers d'Actuel, acteur et observateur du mouvement soixante-huitard français "Les communautés ne sont pas nées dans les années 1960 aux États-Unis en France et en 70 en France. Ça existait au XIXe siècle avec Fourier, Cabet qui part en Floride fonder l'Icarie, et même les pirates du XVIe siècle !" [9] Aux États-Unis, en 1967, la vie matérielle du quartier hippie de San Francisco (Haight-Ashbury) est assurée par un groupe baptisé les Diggers, en référence à un mouvement communiste utopique du XVIIe siècle. Les liens sont parfois même structurels entre communautés socialistes utopiques et hippies à l'exemple de Joan Baez, qui aurait été élevée dans la Ferrer Colony de Stelton (New Jersey)[10].
Les précurseurs directs sont les beatniks, dont les figures emblématiques telles que William Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac furent des références pour le mouvement hippie.
[modifier] Aux États-Unis
Aux États-Unis, les débuts du mouvement se situent autour des années 60[11] dans un contexte de contestation et de refus de l'ordre établi (les surf bohemians, sans constituer un mouvement véritable, ont déjà toutes les caractéristiques des hippies dès le début des années 1950) ; les manifestations contre la guerre du Viêt Nam et les émeutes des Noirs dans les grandes villes américaines fédèrent une partie de la jeunesse. Mais cette génération, née juste après la Seconde Guerre mondiale, refuse aussi le conformisme, la soumission au pouvoir et aux canons de l'art. Elle cherche à fuir la société de consommation en mettant en avant des valeurs écologistes et égalitaires inspirées des philosophies orientales et primitives[5].
Beaucoup des aspirations hippies sont héritées des écrivains de la Beat generation, également considérés comme précurseurs du mouvement car eux aussi exprimaient une rupture avec la société de masse. Les hippies veulent mener une existence libérée, faite de sexe, de musique et de déplacements constants (Sur la route était un livre emblématique de cette quête). Ils veulent vivre une évasion hors de l'Amérique post-nucléaire et consommatrice bien-pensante, notamment par l'influence du jazz et du mouvement surréaliste dont les membres ont trouvé refuge à New York pendant la guerre.
À partir de 1965, de nombreux hippies commencent à s'installer à San Francisco, dans le quartier de Haight-Ashbury. Les diggers assurent l'intendance, en pratiquant entre autres la récupération des surplus de la ville.
En 1967, de grands rassemblements y ont lieu : d'abord le happening géant du Human Be-In en janvier, puis le premier Summer of Love, qui donne une grande publicité au mouvement. Haight-Ashbury est alors victime de son succès : tandis que des hippies, de plus en plus jeunes, continuent d'affluer, les drogues dures y font leur apparition et les descentes de police se multiplient[12]. Les hippies estimaient alors leur nombre à 300 000 dans tout le pays[5].
[modifier] En Europe
Avant 1968, le mouvement hippie est encore peu présent en Europe continentale[13], cependant en France, aux Pays-Bas, comme dans de nombreux pays, les années 60 y voient également fleurir la contestation de l'ordre établi.
Dès 1965, aux Pays-Bas, les provos d'Amsterdam prônent la circulation en vélo. Ce mouvement de gauche invitait chacun à peindre son vélo en blanc et à le laisser à la libre disposition des habitants[14], ou organise des manifestations lors du mariage de la reine Beatrix avec Claus von Amsberg, ancien membre des Jeunesses hitlériennes. Souvent jugés plus provocateurs, plus politisés et militants que les hippies, ils sont parfois crédités des changements survenus à cette époque en Europe[15].
Pour Dany Cohn-Bendit, « sans les provos et l'exemple qu'ils ont donné aux jeunes des autres pays, l'Europe d'aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est devenue. »[16].
Les relais du courant hippie au début des années 1960 étaient le magazine Rock & Folk ainsi que le Pop Club sur France Inter avec Patrice Blanc-Francard[17]. Le magazine Actuel, la référence du mouvement en France, ne sera créé qu'en 1970.
En 1968, alors qu'aux États-Unis sous l'influence d'activistes comme Jerry Rubin et Abbie Hoffman une partie du mouvement hippie se radicalise et parle de révolution, c'est en Europe qu'elle se concrétise en actions[18].
Les paroles d'un jeune hippie français de ces années-là ne sont pas différentes de celles d'outre-atlantique :
« Ainsi vont les choses dans nos sociétés dites de consommation : passée l’adolescence, âge irrécupérable mais dont on sait qu’il n’a qu’un temps, une certaine image de vous-même vous attend, tirée d’ailleurs à plusieurs millions d’exemplaires ; elle vous guette d’autant plus tôt que votre famille ne dispose pas des ressources financières qui, quelques années encore, vous garantiraient le droit à l’irresponsabilité. Gare à vous si vous ne marchez pas ensuite. On vous culpabilisera d’abord ; quelques bonnes lois feront le reste. »
— Pourquoi n'êtes-vous pas hippie?, de Bernard Plossu, p. 8
Le mouvement est plus politisé qu'aux États-Unis, mais, même si des hippies furent bien présents dans l'agitation de la Sorbonne, les évènements de mai 1968 en France sont issus de frustrations plus vastes.
À partir de 1968, les jeunes européens prennent également la route, d'abord vers Ibiza, et vers Amsterdam qui devient la capitale européenne des hippies. C'est là que Yoko Ono et John Lennon organisent en 1969 le premier « Bed-in for Peace ».
Le Larzac, autre lieu de prédilection du mouvement, rassembla 60 000 personnes en août 1973 dont une grande proportion de hippies pour une manifestation intitulée « ouvriers et paysans, même combat »[19].
Contrairement aux États-Unis et l'Angleterre, les grands festivals rocks n'ont pas eu en France le même caractère rassembleur. En 1967, le premier spectacle psychédélique à Paris, « la fenêtre rose », n'attire encore que peu de monde. Le premier festival, refusé par plusieurs municipalités françaises, aura finalement lieu à Amougies, en Belgique, fin 1969[20]. En 1971, un festival gratuit est organisé à Auvers-sur-Oise, mais s'il ressemble bien à celui de Woodstock à cause de la pluie et de la boue, il est finalement annulé dans la nuit à cause de divers problèmes techniques alors que 20 000 personnes sont rassemblées[21].
[modifier] Idéologie du mouvement hippie
Jack Weinberg, leader du « Free Speech Movement » dans les années 1960, était l'auteur de la célèbre phrase « Ne faites pas confiance à quelqu'un de plus de trente ans »[22] qui traduisait sans équivoque la volonté de se distinguer de la génération précédente.
Les hippies n'avaient pas le désir de contrôler la société, contrairement aux rébellions des générations précédentes, comme les wobblies ou les activistes de la nouvelle gauche. Bien que très critiques, ils ne proposaient pas d'alternative à la société, le mot d'ordre était plutôt « faites ce que vous voulez faire et ne vous préoccupez pas de ce que les autres en pensent » (« do your own thing and never mind what everyone else thinks »)[5].
Selon Chuck Hollander, expert en drogues pour la National Student Association au début des années 1960 : « S'il existait un code hippie, on pourrait le présenter ainsi : faites ce que vous avez envie de faire, où vous le voulez et quand vous le voulez. Lâchez la société que vous avez connue. Explosez l'esprit de toutes les personnes rigides que vous rencontrez, branchez-les, sinon par la drogue, au moins par la beauté, l'amour, l'honnêteté et la rigolade »[5].
[modifier] Rapports à l'idéologie dominante
De manière générale, les hippies contestaient le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles, et tout ce qui y était lié. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail et à la réussite professionnelle, ainsi que le primat des biens technologiques au détriment des biens naturels. Ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles[5]. Ce complexe idéologique, essentiellement constitué en une praxis, n'a pas réellement été théorisé ; jamais non plus il n'a fait l'objet d'une homogénéité pratique parmi celles et ceux qui se reconnaissaient pourtant comme hippies.
[modifier] Le refus de l'autorité
Les hippies remettaient en cause l'idée d'autorité, d'abord l'autorité parentale[23], et tout ce qui en découlait : toute domination de l'un sur l'autre. Cherchant à établir d'autres rapports avec leurs propres enfants, les hippies adoptèrent les pédagogies anti-autoritaires; dans les communautés naquirent des « écoles sauvages » ou « écoles parallèles »[24], et le livre Libres enfants de Summerhill traduit en français en 1971 fut un succès pendant toute la décennie[25].
Ils refusaient aussi les frontières et la violence en général; le mot « pigs » (porcs) était régulièrement utilisé à l'encontre des forces de l'ordre[26].
Les Yippies sont des représentants notoires de cette prise de position. Un de leurs fondateurs, Jerry Rubin, initiateur des manifestations contre la guerre du Vietnam,fut arrêté et condamné pour conspiration et incitation à l'émeute, il écrivit en particulier Do it! scénarios de la révolution[27]. Perçus comme des « hippies avec des fusils », ils étaient aux États-Unis la frange la plus radicale du mouvement.
[modifier] Le pacifisme (« peace and love »)
Peace and love, « paix et amour », est l'expression du pacifisme hippie des années 1960. Un autre slogan, issu de la guerre du Viêt Nam, Make Love, not War[28], « faites l'amour, pas la guerre » a été repris par le courant hippie pour les mêmes raisons ; l'expression apparaît en 1974 dans la chanson Mind Games de John Lennon.
Flower Power, « le pouvoir des fleurs », est une autre expression pacifique qui trouve son origine dans le Summer of Love de 1967 à San Francisco. Consigne était alors donnée de « porter des fleurs dans les cheveux », comme l'illustre la chanson de Scott McKenzie San Francisco (Be Sure to Wear Flowers in Your Hair). Les hippies furent dès lors communément appelés flower children, « enfants-fleurs ». L'ensemble de ces expressions cherchaient à traduire une opposition à la guerre et à la violence en général, sans pour autant que les revendications soient toujours plus élaborées ou véritablement théorisées.
[modifier] Le retour à la nature
Après les premières manifestions pacifiques contre la pollution en 1968 à San Francisco, et leur répression, de nombreux hippies rejoignirent des communautés rurales[29], et ce retour à la terre amène l'idée d'un plus grand respect de la planète incluant produits bios, utilisation d'énergies renouvelables et recyclage[30].
Selon Timothy Leary également, les hippies sont à l'origine du mouvement écologique dans le monde[31]. L'hypothèse Gaïa a été en effet formulée par James Lovelock à cette période où les premières craintes pour l'environnement commençaient à s'exprimer[32].
[modifier] La liberté sexuelle
La liberté sexuelle fait partie intégrante de l'idéologie hippie. Elle prône la légalisation de la pilule contraceptive et le droit universel à l'avortement, ce qui va à l'encontre, aux Etats-Unis, de l'idéologie conservatrice américaine des autorités religieuses en majorité chrétiennes. Les hippies vivent alors en communauté et ont des pratiques sexuelles diverses s'inspirant parfois du Kama sutra. Le mot d'ordre était « Free Love » (voir amour libre). Un rassemblement de 100 000 personnes à San Francisco en 1967 s'est appelé le « Summer of Love ». Il est généralement considéré que c'est au retour de ce rassemblement que les valeurs et le mode de vie du mouvement hippie ont commencé à vraiment se diffuser.
[modifier] Les communautés
Selon Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, « les communautés sont l'expression par excellence du movement : son infrastructure, l'ancrage social sans lequel il aurait vite été réduit à une simple mode aussi extravagante qu'éphémère. Les communautés sont sa signature au bas de l'histoire du XXe siècle. ». Elles se comptait par milliers aux États-Unis vers 1969, au point que dans les Rocheuses les hippies furent près d'élire un des leurs comme shérif. En France, on en dénombrait environ 500 au début des années 1970[33].
Il n'y eut pas d'unité d'organisation entre ces communautés; les unes étaient des communautés urbaines, d'autres tentèrent de vivre d'agriculture et d'élevage et certaines n'étaient que des lieux de passage[33]. Confrontées aux problèmes de subsistance, et aux difficultés de la vie en commun en réinventant de nouvelles relations, la plupart eurent une durée d'existence assez brève[34].
La plus vaste expérience européenne fut celle de la commune libre de Christiania (Danemark), Copenhague; créée en septembre 1971, elle existe encore en 2009. Au début du XXIe siècle, il existait encore une quarantaine de communautés hippies en Allemagne[35]. En France, il n'en resterait qu'une à Charleval en Normandie[36].
[modifier] Les portes de la perception et l'influence orientale
Les hippies recherchèrent un sens à la vie dans des spiritualités qu'ils jugeaient plus authentiques que les pratiques religieuses dont ils avaient hérité, s'aidant parfois de substances psychotropes. Le livre Les Portes de la perception (The Doors of Perception) d'Aldous Huxley (1954) fut une inspiration pour beaucoup (il a, entre autres, inspiré le nom du groupe The Doors).
« Aujourd'hui, après deux guerres mondiales et trois révolutions majeures, nous savons qu'il n'y a pas de corrélation nécessaire entre la technologie plus avancée et la morale plus avancée. »
— Aldous Huxley, Les Portes de la perception
[modifier] Balbutiements du New Age
Selon certains témoins de l'époque, c'est au moment du Summer of Love de 1967 que furent fondés les prémices du New Age[37]. Les hippies avaient commencé à explorer les traditions orientales, le bouddhisme, l'hindouisme et le taoisme et certains ouvrages populaires tentaient d'en faire une analyse syncrétique « libre »[38], une manière d'aborder la spiritualité qui allait devenir la marque du New Age.
Les hippies trouvaient leur inspiration spirituelle chez des personnalités comme Gautama Bouddha qui, incarnant la négation du monde matérialiste en tant que seule voie possible d'atteindre le bonheur permanent, avait tourné le dos au roi, son père, et voyageait comme un mendiant, François d'Assise, qui abandonna également une famille riche pour vivre dans la pauvreté et dans la nature, et bien sûr le Christ (« a groovy cat » selon l'expression consacrée), ainsi que Gandhi, Aldous Huxley et Tolkien[5].
Élève d'Alan Watts, introducteur de la pensée orientale à San Francisco, Gary Snyder, rejoint par Jack Kerouac puis plus tard par Allen Ginsberg, également vont populariser la pratique de la méditation (Dhyana dans la tradition philosophique hindoue), et plus généralement du Tao et du Bouddhisme Zen.
[modifier] Les psychotropes
Le LSD (ou « acide ») fut découvert en 1943 par Albert Hofmann dans le laboratoire suisse Sandoz mais sera déclaré illégal aux États-Unis le 6 octobre 1966, ainsi que par l'ONU comme stupéfiant dans une convention de 1971. Jusqu'à cette interdiction sur le sol américain, la firme Sandoz met le LSD à disposition des chercheurs sous la forme d'une préparation appelée delysid. Le LSD apparaît d'abord comme prometteur dans le traitement de certaines maladies psychiatriques. Puis, il est popularisé comme étant un traitement dit miraculeux par les médias à partir du milieu des années 1950. Dans les années 1960, il devient un ingrédient du courant hippie.
L'esthétique psychédélique peut être assimilée aux visions provoquées par le LSD qui provoque, en somme, une déformation de la vision et entraîne dans un état rêveur où réalité et rêve sont confondus. Le psychologue Timothy Leary, le chimiste Augustus Owsley Stanley III et le romancier Ken Kesey ont parmi d'autres encouragé la consommation de LSD. À cette époque, « l'acide » a notamment été distribué gratuitement lors des acid tests des Merry Pranksters. L'écrivain William S. Burroughs est considéré comme l'un des théoriciens de la pratique junkie liée à la mentalité hippie. Dans Junky, il explique en quoi la drogue est une philosophie qui mène à ouvrir les portes de la perception et à découvrir l'« équation de la came ». Le point culminant de l'usage du LSD aux États-Unis fut atteint à l'été 1967, au cours du Summer of Love (« Été de l'amour »), qui vit des milliers de hippies se regrouper à Haight-Ashbury, un quartier de San Francisco. Dans le Golden Gate Park, à proximité de Haight Ashbury, des grandes réunions ou « love-in » (ou « be-in » également) et des concerts gratuits étaient organisés par des groupes comme Grateful Dead, Jefferson Airplane ou Country Joe and the Fish.
Il est possible de rattacher de nombreux courants artistiques à la consommation de psychotropes, aussi bien en musique (rock psychédélique, acid rock) que dans le dessin et la mode.
Outre le LSD, le cannabis était aussi massivement consommé par les hippies, en particulier sous sa forme la plus répandue, la Marijuana (qu'ils appelaient maryjane ou thé)[5].
Pour les hippies, le but de cette consommation de psychotropes est présenté comme une volonté d'ouverture d'esprit et d'abolition des frontières mentales. Une étude des années 1960 de l'Université de Californie du Sud avait dégagé trois tendances dans la communauté hippie de l'époque : Les « groovers » (les fêtards), qui prenaient du LSD pour faire la fête et trouver des partenaires, les « mind trippers » (les touristes de l'esprit), qui portent des vêtements à fleurs et cherchent une thérapie, et les « cosmic conscious » (les mystiques), « planant », dont la consommation de drogue « est par nature eucharistique »[5].
[modifier] La route
« La route des hippies » (Hippie trail) est une expression utilisée pour évoquer les voyages entrepris par cette génération des années 1960, principalement vers l’Europe et l’Asie. Le voyage se faisait fréquemment par bus ou en auto-stop, les étapes obligées étaient Amsterdam, Londres et les destinations Goa (Inde), Katmandou (Népal) mais aussi la Turquie et l’Iran. Un des objectifs déclarés de ces voyages était la « quête de soi » ou « la recherche de Dieu » mais également la recherche de toutes nouvelles expériences. Des ouvrages comme sur la route de Jack Kerouac, ouvrage fondateur de la Beat Generation[39] ont contribué au mythe de « la route »[40].
[modifier] L'esthétique hippie
[modifier] Le corps et ses usages
En partie par rébellion contre les usages, le hippie portait les cheveux longs, pour les hommes comme pour les femmes. Ces dernières les portant généralement défaits, sans aucun apprêt. La liberté du corps (Body freedom) est complémentaire à la liberté de l'esprit qu'il préconise. Les relations sexuelles libérées, le naturisme sont des valeurs qui sont mises en avant dans son mode de vie[41].
[modifier] Le vêtement
Les vêtements se voulaient choquants pour une époque où les tenues étaient assez uniformisées et sombres. Leurs pantalons étaient à « pattes d’éléphants », style lancé par les hippies californiens et l’influence de l’Orient leur avait donné le goût des sandales, des tuniques indiennes avec des motifs très fleuris et colorés, des gilets afghans et du patchouli. Ils portaient de petites lunettes rondes, des bandeaux dans les cheveux, des colliers et des bracelets de perles[42]. Ils pouvaient tout aussi bien être nus quand la situation le permettait[43]. Le blue-jeans est également un vêtement emblématique de la génération hippie, il est souvent porté peint, brodé, cousu, couvert de coquillages, de strass, de bijoux, de fleurs, et toujours avec les pattes d'éléphant.
[modifier] La musique
La musique est un élément capital et fédérateur des hippies. Le phénomène hippie sécrète une esthétique complète, musicale d'abord (Grateful Dead, Jimi Hendrix, The Doors, Pink Floyd, Crosby, Stills & Nash (and Young), Jefferson Airplane, Gong…) avec les premiers festivals, Monterey en 1967, Woodstock en 1969, l'Île de Wight en 1970, qui rassemblent des centaines de milliers de spectateurs ; mais aussi picturale, théâtrale, etc. Une nouvelle génération de chanteurs apparaît, dont Bob Dylan, représentant un nouveau genre musical : la protest song.
Les hippies apprécient la country, folk (Bob Dylan) ou le rock psychédélique (Janis Joplin), mais ils trouvent aussi leur inspiration beaucoup plus loin avec notamment Ravi Shankar, joueur de sitar indien qui participa au festival de Monterey. Ces sélections musicales représentent bien le mouvement par une volonté d'ouverture aux différentes cultures et d'affranchissement des règles en vigueur.
[modifier] Les réactions
La révolte contre l'ordre établi eut des conséquences sur le mouvement hippie. Outre les poursuites pour usages ou possessions de drogues, des condamnations pour outrage aux mœurs répondirent à leurs provocations en ce domaine. Les communautés connurent diverses tracasseries, qu'elles soient ou non des squats.
La « société de consommation » tant décriée des hippies s'accommoda par contre fort bien de ce mouvement qu'elle ne voulut voir que comme un effet de mode. Les productions décrivant les hippies furent des succès commerciaux, comme la comédie musicale Hair ou, pour les livres, L'antivoyage de Muriel Cerf. Le film du festival de Woodstock fut présenté à Cannes, et les idoles pop connurent la gloire à Hollywood.
Après avoir moqué les « Cheveux longs, idées courtes » Johnny Halliday lui même s'afficha un temps en look hippie pour chanter Jésus Christ est un hippie.
[modifier] Le déclin
Le concert gratuit des Rolling Stones à Altamont en décembre 1969, qui se voulait un second Woodstock, rassembla 300 000 personnes à l'est de San Francisco. Mais plusieurs décès lors de cet événement, dont celui de Meredith Hunter, un jeune homme de 18 ans qui fut poignardé par un membre du service d'ordre constitué de Hell's Angels (car il avait pointé un revolver en direction de Mick Jagger)[44], ainsi que l'adoption du style hippie par des personnalités comme Charles Manson et sa famille, condamnés pour meurtres (dont celui de Sharon Tate) dans la région de Los Angeles, portèrent un coup fatal au Peace and Love du mouvement. L'Amérique choquée et une bonne partie des hippies eux-mêmes commencèrent à prendre des distances sans pour autant que le mouvement disparaisse tout à fait.
Le passage aux « drogues dures » et la mort de Jimi Hendrix, de Jim Morrison et de Janis Joplin, entre autres, à la suite d'abus d'alcool, de médicaments ou par overdose contribua grandement à l'impression de chute. Neil Young écrivit The Needle and the Damage Done (« l'aiguille et les dommages causés ») pour évoquer tardivement le problème.
Avec la fin de la guerre du Vietnam, les médias perdirent leur intérêt pour les hippies. Avec l'arrivée du heavy metal, du disco et du punk, les hippies commencèrent même à apparaître ridicules.
La plupart des hippies finirent par abandonner leur envie de régénérer le « vieux monde » et se rangèrent dès la fin des années 1970 et le courant des années 1980. La trentaine venue, ils trouvent du travail, fondent une famille et s'intégrent dans la société de consommation qu'ils dénonçaient auparavant. Une étude américaine estimait que 40% des hippies californiens s'étaient rangés, moins de 30% restant « en marge »[45]. Jerry Rubin, devenu un des premiers actionnaires d'Apple[46], déclarait en 1985 : « Non, je ne lutte plus contre l'État. Ce n'est plus la peine, ce n'est plus le bon combat .../... La meilleure, la seule façon aujourd'hui de combattre l'État, c'est de le remplacer. Et nous sommes assez nombreux pour le faire. »[47].
[modifier] L'héritage du mouvement hippie
[modifier] La culture
Dans les arts, la musique et le pop-art marquèrent les esprits. Le slogan Flower Power (« pouvoir des fleurs ») était le symbole de la non-violence. La génération hippie a révolutionné la musique, l'art et a ouvert la voie à l'écologie, à l'action humanitaire, au pacifisme, à la libération sexuelle, au féminisme, entre autres, lesquels sont autant de symboles d'une révolution de la culture et des mœurs, aujourd'hui complètement intégrés dans les sociétés occidentales, sans que celles-ci aient forcément conscience de leurs origines hippies. Au début des années 1990, la rencontre entre les derniers hippies de Goa et les disc-jokey internationaux, fans de musiques électroniques et issus, en partie, de la vague Acid house, a donné naissance à la Trance-Goa ou trance psychédélique (psytrance), régulièrement jouée depuis en rave party.
[modifier] Les mœurs
Les hippies sont à l’origine de divers changements dans les mœurs occidentales, le principal concernant la sexualité. En plus de la liberté exprimée dans les relations amoureuses, les premiers sex-shop vendant divers jouets sexuels (Good Vibrations à San Francisco était le premier) et la diffusion des films pornographiques et leurs projections en salle de cinéma sont apparues au sein de la communauté hippie. Ils allèrent jusqu'à demander la légalisation de la prostitution à une époque où la masturbation était publiquement condamnée et où personne n’aurait jamais ouvertement fait la promotion du plaisir[48]. L'amour n'est plus honteux, et l'homosexualité n'est plus un tabou; c'est à cette époque que la première Gay Pride à lieu à New York, et San Francisco demeurera la capitale des deux tendances.
[modifier] Les institutions
Le « mouvement hippie », bien que peu structuré, portait en lui les germes d'un renouvellement inventif de la culture et du mode de vie des années d'après-guerre qui, par la réussite même de ses buts matérialistes, arrivait à un essoufflement particulièrement perceptible par la jeunesse. Dans différents domaines, des idées nouvelles perçaient : l'autogestion, l'écologie et le rejet des religions traditionnelles.
Il est difficile de déterminer précisément quelle influence peut être exclusivement attribuée aux hippies, mais ils sont, entre autres, crédités de divers apports, dont l'« auto-stop », une mode vestimentaire encore en vogue au XXIe siècle, les communautés écologiques et leurs propositions, la promotion d'un usage « récréatif » de drogues, les coopératives[48] etc.
[modifier] Les faillites
La révolution hippie s'est rapidement éteinte malgré le choc salutaire qu'elle apporta à la société de l'époque. Selon certaines analyses, elle a souffert principalement du manque de discernement dans l'attaque des institutions qui étaient toutes mises dans le même panier. En se coupant de possibles ressources, à cause de ce qui pouvait être perçu comme de la paranoïa, elle ne pouvait que disparaître. La prédominance des drogues dans la culture et les communautés hippies ainsi que les décès qui en ont résulté ont terni l'idéal des premiers temps[49]. L'explosion de liberté s'est faite au détriment d'un projet structuré dont l'absence a fini par provoquer la dissolution du mouvement.
Le sénateur de New-York, Robert Kennedy, présentait en 1967 la revendication hippie de cette manière : « Ils veulent être reconnus comme des individus dans une société où l'individu joue un rôle de moins en moins important. Voilà une combinaison difficile »[5]. Cet individualisme est pourtant passé dans les mœurs et l'arrivée du néo libéralisme aurait pour certains récupéré en les dénaturant les valeurs hippies[50].
[modifier] Notes et références
- ↑ Qu'est-ce qu'un hippie ?
- ↑ L'histoire de "hip" par Jesse Sheidlower
- ↑ McCleary, John Bassett The Hippie Dictionary: A Cultural Encyclopedia of the 1960s and 1970s, Ten Speed Press, pp. 246–247, 2004Extraits du dictionnaire
- ↑ Time Magazine
- ↑ a b c d e f g h i j Archives du Times de 1967 : Les hippies
- ↑ Return to nature
- ↑ a b c Lebensreform en allemagne
- ↑ « Ronald Creagh, qui a travaillé sur ces « laboratoires de l’utopie » libertaires aux États-Unis, replace le mouvement communautaire dans une histoire bien plus longue qui commence avec les communautés d’inspiration owenistes ou fouriéristes. Pour lui, il y aurait eu deux phases de floraison des communautés, l’une avant 1860, l’autre après 1960. » L'En Dehors - « Communes », « Communautés », « Milieux libres »
- ↑ Patrick Rambaud, cité par Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'aventure hippie, Plon, 1992, page 124 et Bernard Thésée, les aventures communautaires de Wao le laid, 1974 cité page 126-127 .
- ↑ Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'aventure hippie, Plon, 1992, page 130
- ↑ En partie parce que les journaux et magazines de l'époque commencent à utiliser le terme « hippie » (voir les archives du Times de 1967 : Les hippies) et parce que des prises de position plus affirmées contre les décisions du gouvernement commencent à apparaître cette année-là (en opposition au tournant dans la guerre du Vietnam qui provoqua des réactions plus vives à partir de 1964)
- ↑ Hippies, Barry Miles, pages 195-206
- ↑ L'aventure hippie, Bouyxou et Delannoy, page 86
- ↑ Provo movement and it’s influence on the City of Amsterdam, Kryštof Zeman, 1998
- ↑ Niek Pas , Provos in La France des années 1968, Syllepse, 2008
- ↑ Nous l'avons tant aimée, la révolution, Dany Cohn-Bendit, Point Actuels, 1988, page 47
- ↑ http://paris70.free.fr/babas.htm Paris années 70
- ↑ Hippies, Barry Miles, page 286-290
- ↑ Larzac, trente ans de contestation : 1973 à 2003 Ouest France, 7 août 2003
- ↑ L'aventure hippie, Bouyxou et Delannoy, page 120
- ↑ http://paris70.free.fr/auvers71.htm Festival d'Auvers
- ↑ Sur Berkeley Daily Planet
- ↑ L'histoire des Hippies
- ↑ Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'aventure hippie, 10-18, page 142.
- ↑ Les beaux jours de Summerhill, Le Monde, 20 février 2000
- ↑ Cops=Pigs"Pour manifester leur mépris de la politique, les manifestants avaient amenés un cochon qu'ils présentaient comme leur candidat, quand les forces de l'ordre tentèrent de les disperser, les porte-parole, s'adressant aux agents de police, dirent «Mais vous êtes les vrais porcs !». L'expression circula et tout le monde se mit à chanter «Pigs, Pigs». Les journaux reprirent l'expression en titre et elle se diffusa dans tout le mouvement ensuite.
- ↑ Do it! scénarios de la révolution, Seuil, 1973
- ↑ George Alexander Legman serait le créateur de la formule, lors d'une conférence à l'Université de l'Ohio. Love and death (and schmutz): G. Legman's second thoughts Village Voice, p. 41-43
- ↑ Je veux regarder Dieu en face, Michel Lancelot, cité dans L'aventure hippie, p 90.
- ↑ Les hippies avaient raison sur toute la ligne, San Francisco Chronicle, repris dans Courrier International n° 894-895 du 20 décembre 2007
- ↑ Timothy Leary, Michael Horowitz, Vicki Marshall Chaos and Cyberculture, 1994
- ↑ McIntosh, R. (1985) The Background of Ecology. Concept and Theory. New York: Cambridge University Press
- ↑ a b Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'aventure hippie, 10-18, page 141 et page 166.
- ↑ « Treize mois, six jours, durée moyenne d'une communauté rurale », L'aventure hippie, p 175-176
- ↑ Sur Arte
- ↑ Reportage sur la communauté de Charleval
- ↑ Messenger from the Summer of Love de David Rey Echt Deeds Publsihers 2001
- ↑ Voir This Season's People: A Book of Spiritual Teachings de Stephen Gaskin Book Publishers 1978
- ↑ Sur la route de Jack Kerouac Gallimard 1997
- ↑ Magic Bus : Sur la route des hippies d'Istanbul à Katmandou de Rory MacLean Hoëbeke, 2008
- ↑ Strange days indeed, Stuart Ward, Desert Sage books
- ↑ Tenues vestimentaires du hippie américain
- ↑ "Vivre nu" dans l'émission Temps présent du 14 septembre 1972 par Yvan Butler
- ↑ Rolling Stones Photo Galleries, Hell's Angels at Altamont, December 6, 1969, consulté le 30/03/09
- ↑ Enquête de l'Institut national d'hygiène mentale, citée par L'aventure hippie, P 352
- ↑ The Utopian
- ↑ Nous l'avons tant aimée, la révolution, Dany Cohn-Bendit, Point Actuels, 1988, page 47
- ↑ a b Un homme d'affaire fait l'inventaire de l'influence des hippies sur le monde occidental
- ↑ Dans The Atlantic, analyse de 1967
- ↑ Pour Charles Shaar Murray, « Le chemin qui mène des hippies aux yuppies n'est pas aussi tortueux que beaucoup aiment le croire. Une bonne partie de la vieille rhétorique hippie pourrait parfaitement être reprise par la droite pseudo-libertaire, ce qui s'est d'ailleurs produit. Rejet de l'État, liberté pour chacun de faire ce qu'il veur, cela se traduit très facilement par un yuppisme 'laisser-faire'. Voilà ce que cette époque nous a légué. »Cité dans Thatcher, héritière des hippies, The Guardian, Courrier international n° 894-895
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Festival de Woodstock | Festival international de musique pop de Monterey
- Beatnik | Flower Power
- socialisme utopique, communauté intentionnelle, simplicité volontaire
- New Age
- Mai 68
- Abbie Hoffman et le Youth International Party
- Subculture, Contre-culture
[modifier] Films
- Easy Rider de Dennis Hopper, 1969
- Zabriskie Point, Michelangelo Antonioni, 1970
- Quelques messieurs trop tranquilles de Georges Lautner, 1973
- Hair, Miloš Forman, 1979
- L'une chante, l'autre pas d'Agnès Varda, 1977
- Crève Hippie, crève ! est un épisode satirique critique de South park, 2005
- Hippie Masala de Damaris Lüthi et Ulrich Grossenbacher, 2006
[modifier] Bibliographie
- René Barjavel, Les Chemins de Katmandou, Hachette, 1969
- Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'Aventure hippie, 10/18, 2004, 416 p.
- Alain Dister, Oh, hippie days !, J'ai lu, 2001
- Charles Duchaussois, Flash ou le grand voyage, Livre de poche
- Michel Lancelot, Je veux regarder Dieu en face : le phénomène hippie, Albin Michel, 1968
- Rory Maclean, Magic Bus : sur la route des hippies d'Istanbul à Katmandou, Hoëbeke, 2008
- Barry Miles (trad. Denis Montagnon), Hippies, Octopus/Hachette, 2004
- Tom Wolfe, Acid test, Le Seuil, 1975
- Jacques Plessis et Emilie Leduc, Les années hippies, Dargaud, 2005
- (en) Lewis Yablonsky, The Hippie Trip: A Firsthand Account of the Beliefs and Behaviors of Hippies in America, iUniverse, 2000
- (en) Skip Stone, Hippies From A to Z: Their Sex, Drugs, Music and Impact From the Sixties to the Present, Hip, 1999
[modifier] Liens externes
- (fr) Hippie WebSite
- (en) Une collection de citations de personnalités autour du mouvement hippie
- Dossier « Summer of Love » Vidéos des archives INA


