Closer (magazine)

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Closer
Image illustrative de l'article Closer (magazine)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse à scandale
Diffusion 445 569 ex. (2011)
Date de fondation 2005
Ville d’édition Issy-les-Moulineaux

Propriétaire Mondadori France
Directeur de publication Arnaud de Puyfontaine
Rédacteur en chef Laurence Pieau
ISSN 1774-7201
Site web Closer

Closer est le titre d'un magazine hebdomadaire de presse people distribué au Royaume-Uni, en France et en Allemagne.

L'édition française a été lancée en juin 2005 par Emap France, filiale du groupe de presse britannique Emap. À la suite de la vente d'Emap France en août 2006, l'édition française appartient désormais à Mondadori France, filiale du groupe de presse italien Arnoldo Mondadori Editore, propriété de Silvio Berlusconi via la Fininvest. À noter que les éditions de Closer au Royaume-Uni et en Allemagne appartiennent depuis 2008 au groupe de presse allemand Bauer Media Group.

Historique en France[modifier | modifier le code]

En 2005, après six mois de présence en kiosque, l'édition française atteint 399 589 exemplaires vendus par semaine en moyenne selon l'OJD (Voici, son principal concurrent parmi la presse people, affiche 525 500 exemplaires par semaine en diffusion payée en 2005). Ce succès commercial doit tout autant au contenu éditorial qu'au budget de douze millions d'euros consacré au lancement.

En l'espace d'un an, Closer est devenu sinon un des fleurons du groupe, tout au moins une des raisons pour redorer le blason d'Emap France. La filiale française avait en effet perdu de considérables parts de marché depuis le lancement par ses concurrents en 2003-2004 de bimensuels dans le secteur de la presse télé. Selon certains analystes financiers, Closer n'aurait été lancé en France que pour faire remonter la cote d'Emap France afin, ensuite, d'être revendu à meilleur prix.

En effet, dès le printemps 2006, la maison mère britannique annonçait vouloir se séparer de sa filiale française, en raison notamment d'un repositionnement de ses activités vers l'audiovisuel au Royaume-Uni. L'ensemble de la filiale française a finalement été acquis, en août 2006, par Mondadori pour 545 millions d'euros, le groupe de presse italien récupérant ainsi les licences d'exploitation des magazines FHM et Closer, deux titres créés au Royaume-Uni par Emap puis adaptés en France. Laurence Pieau résume la ligne éditoriale de cette période ainsi : « Fabriquer un hebdomadaire qui mette en scène la vie ordinaire de gens extraordinaires. En ne s'interdisant rien et en n'épargnant personne[1]. » Rapidement, Closer franchit la limite du monde politique jusque là préservé et bat un record avec 700 000 exemplaires des photos de Ségolène Royal en maillot de bain, titré « Et dire qu'elle a 53 ans ! »[1]. Les unes ayant pour sujet la vie privée des politiques s’enchainent : les images à la plage au Maroc de Hollande et Valérie Trierweiler, Sarkozy et Carla Bruni à Disneyland, la séparation de Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair…[1] Les révélations de la relation du président de la République avec l'actrice Julie Gayet publiées sur trois numéros consécutifs entraine des ventes d'1,6 millions d'exemplaires au total[1].

La rédactrice en chef de Closer depuis le milieu des années 2000, Laurence Pieau, occupait la même fonction auparavant chez Public. À 2013, une trentaine de journalistes composent la rédaction du magazine[1].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Closer est devenu un des principaux titres du marché de la presse à scandale dite people. Le magazine, qui se présente comme un « féminin », se veut « complice, plus proche » (closer en anglais) de ses lectrices et des célébrités. Depuis l'été 2011, le titre sort quelques hors-séries au cours de l'année.

Poursuites judiciaires et menaces[modifier | modifier le code]

En 2008, Closer a été condamné à verser 30 000 euros de dommages et intérêts à Cécilia Sarkozy pour la publication d'une photo la montrant en maillot de bain en regard d'une photo de Carla Bruni[2].

En septembre 2012, Closer est condamné pour atteinte à la vie privée pour avoir publié des photos « volées » de Kate Middleton bronzant seins nus sur une terrasse dans une propriété privée en Provence[3]. Laurence Pieau, rédactrice en chef de la publication, fait l'objet de menaces de mort pour avoir publié ces photos[4], et les époux Windsor engagent deux démarches auprès de la justice française : un référé pour obtenir le blocage de la diffusion des clichés, et une plainte contre X au pénal auprès du tribunal de Nanterre[5].

Le 10 janvier 2014, Closer publie des photos dévoilant que le président de la République, François Hollande, entretiendrait une relation avec l'actrice Julie Gayet. Cette dernière attaque le magazine pour atteinte à la vie privée, et demande 50 000 euros de dommages et intérêts, 4 000 euros pour les coûts de procédure, et une publication judiciaire sur la moitié de la couverture du magazine[6].

Le 27 mars 2014, le tribunal de grande instance de Nanterre condamne le magazine à verser 15 000 euros euros de dommages et intérêts à l'actrice.

Soupçons de manipulations[modifier | modifier le code]

En décembre 2013, le magazine Closer révèle l'interpellation de l'un des fils de Valérie Trierweiler pour l'achat d'une petite quantité de cannabis et publie des extraits du rapport de police correspondant. Cette fuite d'un rapport de la BAC, aussi rapidement après les faits, conduit alors le couple présidentiel à y voir l'action de « réseaux sarkozistes souterrains »[7].

Le 10 janvier 2014, à la suite de la publication par Closer d'un reportage dévoilant la relation que le président de la République, François Hollande, entretiendrait avec l'actrice Julie Gayet, plusieurs journalistiques politiques évoquent publiquement l'hypothèse d'une possible manipulation du magazine, destinée à « piéger » le président de la République. Selon le magazine Le Point, qui parle de « trahison », l'entourage de Valérie Trierweiler met en cause Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur[8]. Trois jours plus tard, deux journalistes d'investigation du journal Le Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, font part de leurs soupçons dans un article repris sur le site Monde.fr, intitulé « Affaire Hollande-Gayet : les questions qui se posent », où ils exposent la possibilité d'une manipulation de la part des réseaux sarkozistes de la haute hiérarchie policière[7].

De même, Alain Duhamel, éditorialiste à RTL, affirme « s'être posé la question » de la manipulation lorsqu'il a appris la nouvelle le 10 janvier 2014. « C'est quand même bizarre que ça arrive pile à ce moment-là », s'interroge-t-il sur Canal+, faisant référence au calendrier politique de François Hollande, et en particulier à sa conférence de presse prévue le 14 janvier 2014[9]. Le chroniqueur politique Thierry de Cabarrus publie le 14 janvier 2014 sur le site du Nouvel Observateur un article intitulé « Gayet / Hollande... et Sarkozy ? 10 raisons de ne pas exclure la thèse d'un complot »[10]. Sur le même site internet, Bruno Roger-Petit évoque le rôle qu'auraient joué des « taupes » socialistes et sarkozystes dans la propagation de la rumeur[11].

François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat et proche de François Hollande, ne pointe pas de failles dans la sécurité présidentielle, dit ne pas croire du tout au complot sarkozyste et « laisse à d'autres » les « théories du complot »[12].

Dans un article originellement publié dans le Corriere della Sera et repris par le magazine en ligne Slate le 14 janvier 2014, Jean-Marie Colombani écrit que « certains dirigeants du Parti socialiste ne sont pas loin de partager les vues du Canard enchaîné, qui expliquait il y a quelques jours à quel point le ministère de l’Intérieur et la police restaient aux mains de fidèles de Nicolas Sarkozy. Cela pourrait expliquer que François Hollande ait été tenu dans l’ignorance de la traque dont il faisait l’objet »[13]. Le Canard enchaîné dans son édition du 15 janvier 2014, rapporte en page 2 une « conviction », « à l’Élysée comme à Matignon », du rôle actif dans cette affaire des « amis policiers de la bande à Sarkozy », qui « auraient aidé à localiser le couple et à préciser l'heure de ses rencontres ». Le même article cite Hollande lui-même, lequel aurait parlé de « barbouzerie », ajoutant : « Il y a des gens qui étaient au GSPR (Groupement de sécurité de la présidence de la République), du temps de Sarkozy, qui ont des informations et qui doivent les transmettre à leurs amis. » Autre élément troublant selon l’hebdomadaire, des témoignages de journalistes qui ont rencontré Nicolas Sarkozy avant que n’éclate l’affaire Gayet. Selon ces propos rapportés, l’ancien chef de l’État prévenait ses interlocuteurs, de manière énigmatique, les invitant à « acheter la presse people », ajoutant : « Vous allez vous marrer »[14].

Le 15 janvier, Le Monde publie un entretien avec le paparazzi Sébastien Valiela, auteur des clichés du scoop de Closer. Le photographe estime qu'« il y avait enfin tant de photographes sur cette info qu'elle devait sortir un jour ». Il dément la thèse d'une manipulation politique dans cette affaire (« N'importe quoi », dit-il) et affirme que, comparée à la photo qu'il avait prise en 1994 et qui avait révélé l'existence de la fille cachée de François Mitterrand, « la photo de Hollande était bien plus facile à faire, tant il était mal protégé »[15]. La possibilité d'un coup monté n'est pas retenue non plus par le magazine VSD, qui pointe la responsabilité des milieux médiatique et cinématographique dans la propagation de la rumeur[16].

Dans un article du 16 janvier 2014 publié sur le site de Slate, le journaliste Emmanuel Fansten estime « crédible l'hypothèse d'une opération de déstabilisation », « tous les ingrédients » étant réunis, selon lui, « pour donner du poids à la théorie du retour des cabinets noirs »[17].

Dans leur livre Sarko s'est tuer[18], Fabrice Lhomme et Gérard Davet affirment que Nicolas Sarkozy savait dès novembre 2013 que François Hollande rendait secrètement visite en scooter à l’actrice tout près de l'Élysée. Les deux journalistes du Monde rapportent que lors d'une rencontre le 18 novembre 2013, l'ancien président a déclaré « devant témoins » : « Vous vous rappelez les rumeurs de Benjamin Biolay et Carla, ou Chantal Jouanno et moi ? Tout ce qui a été écrit ? Et lui, Hollande, qui sort trois fois par semaine de l’Élysée en scooter pour aller voir sa bonne amie... Que font les journalistes ? Rien, bien sûr. »[19]

Diffusion[modifier | modifier le code]

Diffusion hebdomadaire (source OJD[20])
Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Diffusion totale 399 589 419 612 506 226 534 933 506 301 483 186 445 569 393 009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Renaud Revel, « Closer côté cuisines », L'Express, Groupe Express-Roularta, no 3266,‎ 5 février 2014, p. 80 à 83 (ISSN 0014-5270)
  2. « Closer condamné à verser 30 000 euros à Cécilia », sur obsession.nouvelobs.com, L'Obs,‎ 5 février 2008
  3. Laurence De Charette, « Closer condamné à rendre ses photos à Kate Middleton », sur Le Figaro,‎ 18 septembre 2012
  4. « La directrice de Closer menacée de mort », sur L'Express,‎ 25 septembre 2012
  5. « Kate et William portent plainte au pénal contre Closer », sur Le Point,‎ 16 septembre 2012
  6. AFP, « Julie Gayet poursuit « Closer » pour atteinte à la vie privée », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 16 janvier 2014 (consulté le 16 janvier 2014)
  7. a et b Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Affaire Hollande-Gayet : les questions qui se posent », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 13 janvier 2014
  8. Aziz Zémouri, « Affaire Hollande-Gayet : la trahison de Manuel Valls », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 12 janvier 2014
  9. « "Le Grand Journal" du 13/01/14 - Part. 2 "Hollande/Gayet révélations ?" », sur canalplus.fr, Canal+,‎ 13 janvier 2014
  10. Thierry de Cabarrus, « Gayet / Hollande... et Sarkozy ? 10 raisons de ne pas exclure la thèse d'un complot », sur leplus.nouvelobs.com, L'Obs,‎ 14 janvier 2014
  11. Bruno Roger-Petit, « Hollande / Gayet : naissance d'une troublante rumeur entre anecdotes et complot sarkozyste », sur leplus.nouvelobs.com, L'Obs,‎ 14 janvier 2014
  12. « " Il ne doit pas y avoir de première dame ", estime Rebsamen », sur www.lesechos.fr, Les Échos,‎ 14 janvier 2014
  13. Jean-Marie Colombani, « La liaison prêtée à François Hollande résume le degré zéro du débat politique en France », sur www.slate.fr, Slate,‎ 14 janvier 2014
  14. Le Canard enchaîné du 15 janvier 2014
  15. Michel Guerrin, « Sébastien Valiela, paparazzi de Mitterrand à Hollande », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 15 janvier 2014
  16. VSD du 16 janvier 2014
  17. Emmanuel Fansten, « Gayet-Hollande : tous les ingrédients sont réunis pour donner du poids à la théorie du retour des cabinets noirs », sur www.slate.fr, Slate,‎ 16 janvier 2014
  18. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Sarko s'est tuer, Stock, 2014 - ISBN 9782234079267
  19. Fillon a-t-il demandé à l’Elysée d’accélérer les actions judiciaires contre Sarkozy ? Libération, le 6 novembre 2014
  20. « Fiche de Closer », sur OJD

Lien externe[modifier | modifier le code]