Michel Polac

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Michel Polac
Image illustrative de l'article Michel Polac
Michel Polac en 2007.

Naissance 10 avril 1930
Paris
Décès 7 août 2012 (à 82 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste
Autres activités Producteur, écrivain, critique littéraire et cinéaste
Récompenses Prix Georges Sadoul 1970
Grand prix du festival de Biarritz 1975

Michel Polac, né le 10 avril 1930 à Paris et mort le 7 août 2012 à Paris[1],[2], est un journaliste de presse, de télévision et de radio, producteur, écrivain, critique littéraire et cinéaste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de la bourgeoisie parisienne, Michel Polac est le fils d'un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, juif et pétainiste, mort en déportation à Auschwitz, pendant la Seconde Guerre mondiale et dont il n'apprend les conditions de la disparition que cinquante ans plus tard[3],[4].

Neveu de Clara Goldschmidt, femme d'André Malraux[5], Michel Polac épouse une héritière de la dynastie kadjar, de dix ans son ainée, qu'il quitte après quelques semaines. Il épouse par la suite Dominique une journaliste du magazine Vogue dont il se sépare quelques années plus tard et avec laquelle il a une fille, Juliette[6]. Puis il épouse Nadia[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1947, âgé de 17 ans, il est repéré par Jean Tardieu et intègre le Club d'Essai, « laboratoire expérimental » de la RDF[8] : « J'étais encore lycéen à Janson de Sailly, raconte Michel Polac, j'animais, avec des camarades, un journal lycéen fait de bric et de broc, Entre nous, que nous diffusions dans tous les lycées de Paris[9] ».

Il multiplie par la suite les petits boulots. Ouvrier dans une usine de serrures frigorifiques à Saint-Ouen, agent d'assurances au porte-à-porte, mousse sur un bateau de pêche à Cassis[5], il propose à Jean Tardieu, en 1951, Entrée des auteurs, émission visant à repérer les nouveaux talents du théâtre.

En 1953, il devient critique littéraire au journal Arts, où il officie jusqu'en 1964, puis il intègre la rédaction de L'Express[10].

En 1955, à la demande de Jean Tardieu, il crée et anime Le Masque et la Plume avec François-Régis Bastide, magazine public des lettres et du théâtre, lancé le dimanche 13 novembre 1955, émission encore diffusée sur France Inter.

En 1956, il publie son premier roman, La Vie incertaine, sous le parrainage de Jean Paulhan et d'Albert Camus[11]. Ce dernier déclare : « L'auteur est à suivre de près : il est intelligent, direct et parfois émouvant[12]. »

Dans les années 1960, il participe à l'émission Dim, Dam, Dom et Bibliothèque de poche, de 1966 à 1970, émission consacrée au livre de poche réalisée par Yannick Bellon. En 1969, il présente un documentaire consacré à Louis-Ferdinand Céline : D'un Céline l'autre[13]. En 1970, il obtient le Prix Georges Sadoul pour son film Un fils unique[14].

Au début de l'année 1970, France Inter s'apprête à remplacer Le Masque et la plume, mais renonce devant la colère des auditeurs. Un différend entre Georges Charensol et Polac pousse ce dernier à quitter l'émission en mai 1970. Il anime alors Post-scriptum, qu'il est également contraint d'arrêter en 1971 pour avoir abordé le thème de l'inceste, à propos du film de Louis Malle, le Souffle au cœur[15]. Il est remplacé par Italiques, produit et animé par Marc Gilbert. Il devient également producteur de télévision, surtout d'émissions et de documentaires littéraires[16]. Il obtient le Grand Prix du Festival de Biarritz, en 1975, pour Question de confiance[14].

Après dix ans d'absence télévisuelle comme animateur, il revient à la télévision et présente l'émission Droit de réponse (1981), sur TF1. L'émission sera arrêtée peu de temps après la privatisation de TF1 dans le giron de Bouygues, en 1987, après qu'un dessin en direct satirique, sous la plume de Wiaz, eut énoncé en direct cette phrase de Cabu : « Une maison de maçon ; un pont de maçon ; une télé de m... ».

En mars 1986, il présente son livre Mes dossiers sont les vôtres, dans l'émission de Bernard Pivot au cotés d'Yves Mourousi, Henry Chapier et José Frèches. Le 16 juin 1986, Jérôme Garcin lui consacre un numéro de son émission Boîte aux lettres, diffusée sur FR3[17].

En 1987, il fait son entrée à L’Événement du jeudi où il tient une chronique littéraire.

De 1988 à 1989, il anime Libre et change, une émission littéraire, sur M6. Il déclare alors mettre fin à sa carrière télévisuelle et prendre sa retraite[18].

Au début des années 1990, Michel Polac participe, notamment en tant que présentateur, à de nombreux documentaires réalisés par le Centre de recherche et d’information pour le développement[19]. Il présente également Trois minutes pour faire lire, sur Antenne 2[20].

En mai 1994, à l'occasion des élections européennes, il participe à la constitution de la liste « L'Europe commence à Sarajevo » pour contraindre les partis politiques à prendre en compte la situation dans les Balkans[21].

En 1996, il anime une chronique consacrée aux écrivains voyageurs sur la chaîne Voyage[22].

En 1997, il intègre la rédaction de Charlie Hebdo, en tant que chroniqueur littéraire.

En janvier 1999, il signe, ainsi que 131 autres personnalités tels Gilles Perrault, Pierre Bourdieu ou Hubert Reeves, un appel pour le droit de mourir dans la dignité qui sera publié par France-Soir : « Mourir digne, cela me semble juste. Je ne supporterais pas de partir réduit. Le souvenir que l'on laisse, c'est son empreinte. Un homme a le droit de vouloir laisser une empreinte digne[23]. » La même année il anime une émission hebdomadaire sur France Inter, Intemporel[24].

Au début des années 2000, il est chroniqueur dans Field dans ta chambre[25] puis dans Ça balance à Paris[26], sur Paris Première.

À partir du 16 septembre 2006, Polac est chroniqueur aux côtés d'Éric Zemmour dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier sur France 2, ce qui marque son grand retour sur une chaîne hertzienne. Pour des raisons de santé, il est remplacé le 9 juin 2007 par le chroniqueur Éric Naulleau.

Animateur de télévision[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

Michel Polac meurt le 7 août 2012[27], « d'épuisement, après plusieurs maladies[28]. » Quelques années avant sa mort, il avait lui-même rédigé son épitaphe : « Touche-à-tout, il a fini par toucher terre[29]. » Il est inhumé à Cabrerolles, dans l'Hérault[30]. De nombreuses personnalités lui rendent hommage dont, entre autres, Guy Bedos, Jean-François Kahn, Éric Naulleau, Bernard Pivot, Laurent Ruquier, Anne Sinclair et Michèle Rivasi[31],[32]. Le 12 août 2012, la chaîne Paris Première lui rend également hommage en lui consacrant une soirée[33].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Le 11 mai 1973, Michel Polac participe à l'émission Italiques, en tant qu'invité, pour présenter l'ethnologue péruvien Carlos Castaneda, dont la véracité des écrits sera remise en cause. Raphaël Sorin, présent à l'époque sur le plateau, dénonce aujourd'hui ce qu'il apparente à une arnaque[34].

En juin 2000, Michel Polac obtient la suppression d'une émission Ripostes de Serge Moati, consacrée aux « carnets intimes » en menaçant la chaîne France 5 de poursuites en référé[35]. Selon Marc-Édouard Nabe, invité à la même émission, la lecture d'un extrait de son journal intime (Journal, PUF, 2000) par la journaliste Dorothée Woillez, portant sur des relations sexuelles avec des mineurs, aurait créé un violent incident sur le plateau[36]. Michel Polac se défend en expliquant que la production avait fait le choix de couper au montage des propos antisémites de Marc-Édouard Nabe qu'il tentait de citer et qu'il s'opposait donc à la diffusion de l'émission[37].

Le 27 avril 2007, dans l'émission On n'est pas couché animée par Laurent Ruquier, Michel Polac s'en est pris à Daniela Lumbroso car celle-ci avait plusieurs années auparavant, dans une émission littéraire sur LCI, cité le même extrait de son journal intime, dont elle jugeait le caractère pédophile (page 147)[38]. Daniela Lumbroso a pour sa part maintenu son jugement sur ce passage du journal de Michel Polac[39].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Vie incertaine, roman, Gallimard, 1956 ; rééd. Neige/Ginkgo éditeur, 2007
  • Dictionnaire des Pataquès, illustrations de M. Henry, Le Seuil, 1966
  • Maman, pourquoi m'as-tu laissé tomber de ton ventre ?, roman, Flammarion, 1969 ; rééd. Flammarion, 2000
  • Un fils unique, scénario, L'Avant-Scène, 1970
  • Ça ne peut pas durer, essai, Julliard, 1972
  • Le Grand mégalo ou la vie pour rien, roman, Stock, 1975
  • Le QI ou le roman d'un surdoué, roman, Belfond, 1978
  • Les Revues de presse de « Droit de réponse », document, Mengès, 1983
  • Hors de soi, roman, Barrault, 1985 ; rééd. PUF, 2001
  • Mes Dossiers sont les vôtres, essai, Balland, 1986
  • Droit de se taire, essai, avec Franck Tenaille, Robert Laffont, 1987
  • L'Instant d'après, textes sur photos de Charles Camberoque, Ville de Béziers, 1992
  • La Luxure. Fragments d'un autoportrait en luxurieux, autobiographie érotique, Textuel, 1999
  • Journal 1980-1998, journal intime, PUF, 2000
  • Franchise postale, échange épistolaire, PUF, 2003
  • Mettez un livre dans mon cercueil, chroniques, PUF, 2014

Textes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1975 : Monsieur Jadis
  • 1977 : Un comique né
  • 1979 : L'Homme sandwich
  • 1980 : La Sourde oreille
  • 1981 : Le Beau monde

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • 1991 : La Chute d'un corps
  • 1998 : Fragment d'un autoportrait en vieil ours[40]

Acteur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Michel Polac est mort à l'âge de 82 ans », sur liberation.fr (consulté le 7 août 2012)
  2. (notice BnF no FRBNF11920161r), consultée le 14 août 2012.
  3. [vidéo] Interview biographie de Michel Polac, Ina/Dailymotion, consulté le 9 août 2012
  4. Michel Polac, critique écorché, polémiste populaire et ronchon, Le Point, 7 août 2012.
  5. a et b Jérôme Dupuis, « Mes années Gallimard », L'Express, 15 mai 2007.
  6. [vidéo] Interview « Check up » de Michel Polac, Ina.fr, 17 octobre 1992.
  7. Obsèques du journaliste français Michel Polac, dans le village de Cabrerolles, le 10 août 2012, purepeople.com, 10 août 2012.
  8. « Michel Polac », sur Fluctuat.net (consulté le 29 juin 2011)
  9. « Le Masque et le Plume », sur Radio France (consulté le 29 juin 2011)
  10. Annie Yanbékian, « La mort de Michel Polac », francetv.fr, 7 août 2012.
  11. « Michel Polac », sur Babelio (consulté le 29 juin 2011)
  12. Guillemette Odicino, « Michel Polac, le promeneur intranquille », Télérama, 8 août 2012.
  13. « Soirée spéciale Céline le jeudi 30 juin. A l'occasion du 50ème anniversaire de sa mort », sur Histoire (consulté le 29 juin 2011)
  14. a et b Michel Polac,Journal 1980-1998, bibliographie de fin de volume, PUF, 2000.
  15. Emmanuel Poncet, « Pourquoi Polac est devenu culte », GQ, 7 août 2012.
  16. « Michel Polac », sur BnF (consulté le 29 juin 2011)
  17. [vidéo] Jérôme Garcin chez Michel Polac, Le Nouvel Observateur, 8 août 2012.
  18. [vidéo] Michel Polac à propos de son départ de la télévision, Ina.fr, 17 juin 1989.
  19. Voir catalogue de le BNF : Michel Polac, catégorie « Images animées »
  20. Trois minutes pour faire lire, Ina.fr, 5 octobre 1991.
  21. « La liste Bernard-Henri Lévy officiellement déposée hier », sur L'Humanité,‎ 28 mai 1994
  22. Martine Esquirou, « Voyages, pour faire du tourisme dans un fauteuil », Libération, 16 avril 1996.
  23. « Un appel pour le droit de mourir dans la dignité », sur L'Humanité,‎ 13 janvier 1999
  24. Baptiste Liger, « Michel Polac », Technikart, 1er novembre 1999.
  25. Michel Polac : la télé lui rend hommage, Première, 8 août 2012.
  26. Éric Naulleau : « Michel Polac demeure mon influence majeure », Télé 2 semaines, 7 août 2012.
  27. Agence France-Presse (AFP), « Mort du journaliste, écrivain et critique Michel Polac à 82 ans », People, sur bluewin.ch,‎ 8 août 2012 (consulté le 8 août 2012)
  28. Delphine Solanet, « Michel Polac est mort », Gala, 7 août 2012.
  29. [vidéo] L'Hommage à Michel Polac en moins de 3 minutes, Le Nouvel Observateur, 8 août 2012.
  30. Laure Costey, « Les obsèques de Michel Polac auront lieu vendredi prochain », Gala, 9 août 2012.
  31. Yaëlle Kahn, « Décès de Michel Polac : de nombreuses personnalités lui rendent hommage », Closer, 8 août 2012.
  32. Mireille Rossi, « Comment Michel Polac aida à la naissance de la Criirad », Le Dauphiné Libéré, 9 août 2012.
  33. Paris Première rend hommage à Michel Polac, Télérama, 8 août 2012.
  34. Raphaël Sorin, « Avec Droit de réponse, Michel Polac a créé un monstre », Evene.fr, 7 août 2012.
  35. [vidéo] Arrêt sur images, La Cinquième, 2000.
  36. Marc-Édouard Nabe, « La mort de Polac », Cancer !, no 2, 6 juin 2000.
  37. Michel Polac et Albert Algoud, La Partie continue, France Inter, juin 2000.
  38. Michel Polac accusé de pédophilie par Daniela Lumbroso, suchablog.com, 2 mai 2007.
  39. Luc Le Vaillant, « Psy que pendre », Libération, 14 mai 2007
  40. Également connu sous le titre Un âge passe.

Liens externes[modifier | modifier le code]