Antiracisme

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L’Antiracisme inclus les opinions, actions, mouvements et les politiques adoptées ou développée pour s'opposer au racisme. En général l'antiracisme promeut une société dans laquelle les individus ne subissent pas de discrimination sur la base de leur ethnie dont la définition peut varier. De par sa nature, l'antiracisme avance la vision que le racisme dans une société est à la fois pernicieux et socialement pénalisant et que des changements politiques, économiques et/ou sociaux sont nécessaires pour l'éradiquer.

L'Expérience historique des causes et des luttes antiracistes[modifier | modifier le code]

En France, l'émergence de l'antiracisme a été lié aux actions suivantes :

  • Défense du capitaine Alfred Dreyfus,
  • Société des amis des Noirs qui luttait contre l'esclavage au début du XIXe siècle jusqu'à l'abolition de 1848,
  • Lutte contre le racisme pseudo-scientifique à la fin du XIXe siècle,
  • Mouvement anticolonialiste,
  • Principe de l'égalité des races en 1919,
  • Antiracisme contemporain, depuis l'émergence de la seconde génération (Les Français issus de l'immigration maghrébine et subsaharienne) au tournant des années 1970 et 1980 :
    • Lutte contre les violences policières et les homicides racistes de 1975 au milieu des années 1980,
    • Lutte contre le Front national et ses idées dans les années 1980 et 1990,
    • Lutte contre les "quartiers-ghettos" à partir des années 1990,
    • Lutte contre les discriminations raciales depuis la fin des années 1990,
    • Luttes mémorielles à propos de la colonisation, des traites et de l'esclavage depuis 1998 et 2005.

Capacité à détecter les manifestations du Racisme[modifier | modifier le code]

Lutter contre le racisme implique que l'on sache le reconnaitre sous toutes ses formes. Peu de typologies publiées aident à cette détection. À défaut, on relève cependant celle publiée par le Quotidien « La Croix »[1], qui liste les actes méritant réaction :

  • Les propos (écrits) ou le discours (oral): Dans la mesure où ils contiennent des éléments ou jugements racistes.
  • L'injure à caractère raciste : Emploi d'une expression outrageante, terme de mépris ou invective racistes , « qui ne renferme l'imputation d'aucun fait.»
  • La diffamation à caractère raciste : Emploi d'une expression qui renvoie à un fait précis susceptible de faire l'objet d'un débat contradictoire.
  • La provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, à caractère raciste : Constituée dès lors que l'auteur des propos ou des écrits manifeste la volonté d'amener la(les) personne(s) ou le public auxquels elle s'adresse à des réactions d'animosité de principe contre une origine ethnique, une nationalité ou une religion déterminée. IL n'est pas nécessaire que la provocation ait donné lieu à des actes concrets de discrimination pour que le délit soit constitué.
  • L'apologie des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité : Propos de nature à inciter le public à porter un jugement de valeur qui promeut ou justifie un crime de guerre ou un crime contre l'humanité.
  • Le Négationnisme : Négation ou minimisation d'un fait de l'histoire relatif à un crime contre l'humanité. En Droit pénal français, à ce jour, seul le négationnisme relatif à l'extermination des juifs par les nazis est prévu et réprimé.

Évolution et diversité des conceptions et des actions de l'antiracisme[modifier | modifier le code]

Positivement et dans son sens le plus général, l'antiracisme souhaite que tous puissent vivre dans une société plurielle , où aucun n'aurait à souffrir de discrimination pour des raisons raciales.

Évolution des manifestations racistes[modifier | modifier le code]

Selon JB François « Les manifestations du rejet de l'autre ont évolué. Elles se fondent moins sur des critères biologiques que sur des aspects culturels ou religieux. Le racisme exprime davantage une peur de voir son identité remise en question par d'autres » [2].

Pour le sociologue Alain Mergier [3] : « Plutôt que sous la forme d'une idéologie, le racisme émerge bien davantage dans les milieux fragilisés comme une réaction aux expériences de la vie quotidienne : des différences dans les habitudes alimentaires ou des coutumes peuvent aboutir à un rejet brutal d'autres catégories de personnes jugées comme incompatibles »

Selon Christine Lazerges, Présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNDCH) [4] : « Nous savons que les chiffres que nous récoltons ne sont que l'écume de la réalité. Globalement un ensemble de facteurs - la crise économique, l'insécurité sociale, ou encore la dé-diabolisation du FN - conduit à une chute du seuil de tolérance. On sent que le racisme “banalisé”, qui se traduit le plus souvent par un regard, un ricanement, un commentaire déplacé, peut très vite déraper. »

Diversité des analyses[modifier | modifier le code]

L'antiracisme est divisé à propos de la "diversité" ou du multiculturalisme[5]. Certaines associations revendiquent des discriminations positives, tandis que d'autres s'y opposent farouchement. Plus généralement, l'antiracisme n'est pas un courant uniforme, la notion de racisme est fluctuante, ainsi il existe donc autant d'antiracismes que de visions de ce qui est raciste :

refuser de reconnaître les différences (culturelles), ou au contraire considérer qu'il y a des différences (raciales),
refuser l'expression de spécificités culturelles ou religieuses, ou au contraire enfermer les individus dans leurs identités d'origine...

Pour Philippe Raynaud, l'antiracisme est pour la gauche, "à la fois un thème fédérateur et une source de divisions", car d'un côté l'antiracisme unit la gauche pour une cause jugée grande, à la manière de l'antifascisme, mais de l'autre il divise les partisans de l'universalisme républicain et ceux du multiculturalisme, il divise encore sur la place de l'Islam[5].

Diversité des programmes d'action[modifier | modifier le code]

Pour œuvrer contre ce phénomène, beaucoup[Qui ?] misent sur le milieu scolaire, où se manifestent dès le plus jeune âge des violences à caractère raciste[réf. nécessaire].
Philippe Castel [6] fait valoir que « dès la maternelle, l'enfant développe une compétence à distinguer les choses. C'est sans doute le moment le plus propice pour commencer à percevoir la différence sans en avoir peur ni la rejeter. »


Les mouvements antiracistes en France[modifier | modifier le code]

En France, les associations antiracistes peuvent se porter partie civile devant les juridictions pénales. Les plus connues sont SOS Racisme, Les Indivisibles, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), l'United for Intercultural Action (UNITED) et l'AGRIF. Il existe aussi : Mouvement de l'immigration et des Banlieues, Asterix, ACLEFEU.[réf. souhaitée]

Critiques[modifier | modifier le code]

Des approches critiques de l'idéologie antiraciste ont été avancées:
Le politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff en propose une analyse dans La Force du préjugé (1988) et dans plusieurs ouvrages ultérieurs.

À la suite de la Conférence de Durban II boycottée par plusieurs pays et où certaines délégations qualifient l’État israélien de raciste), le philosophe français Alain Finkielkraut dénonce l'antiracisme comme vecteur de la persécution et du fanatisme : « la persécution, le fanatisme contemporain ont une prédilection pour les atours de la lutte contre la discrimination et contre l'exclusion. On ne porte plus la croix gammée, on la colle sur ceux qu'on veut abattre. » Dans cette perspective, l'antiracisme a perdu sa nature de rejet du racisme et devient une rhétorique artificielle qui sert à cacher les turpitudes des pays du Tiers-Monde[7].
Pascal Bruckner voit l'idéologie affichée par des régimes autoritaires - notamment à la tribune de l'ONU - être propagée sous les apparences de la lutte contre le racisme [8].

Pour le sociologue Paul Yonnet, l'antiracisme peut consister à remplacer la lutte des classes par la lutte des "races". Professant un différencialisme destructeur de l'Assimilation culturelle, l'idéologie antiraciste provoquerait en retour une réaction identitaire dont l'extrême droite serait bénéficaire. En conséquence l'antiracisme nourrirait pour lui le racisme[9].

Philippe Raynaud critique la façon dont certaines formes d'antiracisme conduiraient à une réinterprétation intéressée de l'histoire de France et la nourriture du ressentiment dans une logique victimaire, qui trouverait en la personne de Dieudonné son porte-parole médiatique [5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Antiracisme.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mercredi 5 septembre 2012, page 2
  2. Quotidien La Croix, Mercredi 4 septembre 2012, p. 2
  3. Directeur du Cabinet Wei, cité par le Quotidien La Croix, op. cit.
  4. citée par le Quotidien La Croix, op. cit.
  5. a, b et c L'extrême-gauche plurielle, La fracture coloniale, Perrin, 2007, chap. 2
  6. Chercheur en psychologie sociale à l'Université de Bourgogne, cité par le Quotidien La Croix, op. cit.
  7. (fr) Alain Finkielkraut sur Durban II
  8. (fr) « L’antiracisme, nouvelle idéologie des dictatures. », Pascal Bruckner, Libération le 11/03/2009.
  9. Paul Yonnet Voyage au centre du malaise français, Gallimard, 1993