Alternatives économiques

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Alternatives économiques
Image illustrative de l'article Alternatives économiques

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse économique
Diffusion 105 694 ex. (2011)
Date de fondation 1980
Ville d’édition Quetigny - Paris

Directeur de la rédaction Thierry Pech
Rédacteur en chef Guillaume Duval
ISSN 0247-3739
Site web www.alternatives-economiques.fr

Alternatives économiques, dit aussi Alter éco, est un magazine mensuel traitant de questions économiques et sociales. Ses auteurs sont des universitaires proches des théories économiques néo-keynésienne, régulationniste ou post-keynésienne. Le journal, constitué en coopérative, n'est pas adossé à un groupe de presse et vit principalement de ses ventes.

Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Alternatives économiques a été fondée par l'économiste Denis Clerc en réaction au slogan « There is no alternative » de Margaret Thatcher[1]. Depuis le premier numéro de novembre 1980 tiré à 2 000 exemplaires, ses ventes ont continuellement augmenté pour atteindre aujourd'hui plus de 100 000 exemplaires. Alternatives économiques a un chiffre d'affaires de plus de sept millions d'euros[2]. En 2012, la société était déficitaire d'environ 73 000 euros [3].

Sur le plan juridique, Alternatives économiques est une Société coopérative et participative (Scop). En conséquence, elle appartient à ses salariés. Une association de lecteurs et une société des lecteurs se sont aussi constituées autour de la revue.

En 1995 la revue lance la Lettre de l'insertion par l'activité économique traitant des questions d'emploi, de chômage et d'insertion des personnes en difficulté sur le marché du travail. Puis, son activité s'est étendue avec la publication du magazine Alternatives internationales, en coopération avec l'hebdomadaire Télérama la première année, avec Libération entre 2007 et 2010, puis seul après cette date. La coopérative édite aussi le trimestriel L'Économie politique contenant des articles de recherche en économie.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Proche du keynésianisme, Alternatives économiques traite également des thèmes altermondialistes et se montre critique vis-à-vis du néolibéralisme et de l'école néoclassique. Le journal revendique explicitement une ligne éditoriale « de gauche ».

C'est un des périodiques les plus appréciés parmi certains membres du mouvement altermondialiste et la revue fait partie, comme personne morale, des membres fondateurs de l'association Attac. Dans les années 1990, les enquêtes de ses journalistes ont mis en lumière les nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité et critiqué à de nombreuses reprises la validité scientifique du Théorème de Schmidt.

Il est également régulièrement cité comme source d'inspiration par Europe Écologie Les Verts dont l'ex-ministre Pascal Canfin est un ancien de la rédaction.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Diffusion payée d'Alternatives économiques[4],[5]
Titre 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008 2011
Alternatives économiques 94 269 97 858 102 280 103 821 105 837 107 678 104 240 105 694

Positionné aussi comme outil pédagogique, Alternatives économiques est, en France, promu par de nombreux enseignants de sciences économiques et sociales. Présent dans les manuels scolaires du secondaire, le magazine est parfois une source des sujets de l'épreuve d'économie du baccalauréat. Des tarifs avantageux sont proposés par la revue pour des abonnements scolaires.

Critiques[modifier | modifier le code]

Certains critiquent l'orientation néo-keynésienne ou altermondialiste d’Alternatives économiques. Ainsi La Tribune affirme que le journal appartient à « la gauche de la gauche »[2] ; pour Le Figaro, ses couvertures sont « antiglobalisation »[6].

D'autres insistent sur la trop grande place accordée selon eux au « social » au détriment de la vie des entreprises, comme l'ALEPS[7] ou l'Ifrap. Ce dernier, un cercle de réflexion libéral-conservateur, juge le journal en bonne partie responsable du « mépris » supposé de l'éducation nationale envers l'entreprise et les entrepreneurs, et de la présentation de la mondialisation comme une « menace », et de l'« étatisme » comme un bienfait auprès des élèves[8]. Ces idées sont également défendues par le petit patronat[9] et une partie de la presse économique concurrente (L'Expansion, Capital). Pour ces critiques, le journal serait en partie responsable de la diffusion d'idées antilibérales dans l'enseignement français et constituerait l'une des causes d'une défiance des élèves vis-à-vis de l'économie de marché, du fait de son utilisation en classe et par les éditeurs de manuel.

En effet, certains reprochent donc aux éditeurs et auteurs de manuels d'accorder une place trop importante au journal dans leurs ouvrages (selon Les Échos, Alternatives économiques représente 30 % des sources de presse des manuels Bordas et Hachette[10]. Ces chiffres sont confirmés par une étude de l'APSES, qui précise que la presse quotidienne et la presse magazine représentent les deux-tiers restants. Cette même étude relativise cependant cette vision en rappelant que toutes sources confondues, Alternatives économiques représente 8,6 % des sources chez Hachette et 2,8 % chez Bordas. En effet, les publications scientifiques et les rapports publiés par l'Insee, l'INED, le Conseil d'analyse économique ou le Sénat français forment l'essentiel des sources chez tous les éditeurs analysés par l'étude[11]).

Répondant à ces critiques, Philippe Frémeaux reconnaît que le journal défend une ligne qu'il qualifie comme étant « de gauche ».[réf. nécessaire] L'ancien PDG et directeur de la rédaction de la Scop précise que, selon lui, la revue accorde autant d'importance à une couverture des faits sociaux qu'aux faits économiques de l'actualité, la distinguant ainsi de la plupart des revues du secteur.

À l'inverse de ces critiques, le journal altermondialiste Pour lire pas lu considère la revue comme n'étant « pas assez de gauche » et proche de la Fondation Saint-Simon[12].

D'autres observateurs remarquent que le magazine, compte tenu de la faible part de ses recettes publicitaires dans son chiffre d'affaires, est un des seuls à être réellement indépendant du monde économique et à considérer dans ses articles que les choix économiques dépendent aussi du champ politique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Retraites : l'autisme n'est pas une bonne politique…
  2. a et b Comptes de l'entreprise 2012, http://www.alternatives-economiques.fr/comptes-2012-nbsp-une-periode-de-tr_fr_art_1225_64590.html
  3. http://www.alternatives-economiques.fr/comptes-2012-nbsp-une-periode-de-tr_fr_art_1225_64590.html
  4. Diffusion Contrôle, 2008, site Office de Justication de la Diffusion.
  5. Page Annonceurs du site officiel du magazine
  6. « Les manuels d'histoire friands d'altermondialisme », Le Figaro, 18 janvier 2008.
  7. « Les manuels de la désinformation »
  8. Analyse de l'Ifrap
  9. Ainsi, le groupe de réflexion de Jeunesse et Entreprise qui regroupent entre autres la CGPME, CroissancePlus, l'ASMEP, l'Institut de l'entreprise, écrit dans son rapport du 15 juin 2008 à propos entre autres d'Alternatives économiques : « elles affichent des préférences politiques évidentes, constituent surtout un danger pour nos jeunes par le caractère gravement et perpétuellement pessimiste, sceptique, décourageant et démobilisateur, alors que nos jeunes ont surtout besoin d'optimisme et d'espoir ».
  10. « Alternatives économiques, un instrument de travail et d'influence », Les Échos, 5 mai 2008.
  11. « Quelle est la nature des sources des documents utilisés dans les manuels de SES ? », APSES, 8 février 2008
  12. « Il n'y a pas d'Alternatives Économiques », Pour lire pas lu, n° 22, décembre 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]