Fiammetta Venner

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Fiammetta Venner

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Naissance 1971 (42-43 ans)
Beyrouth, Liban
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Essayiste
Conjoint

Fiammetta Venner, née en 1971 au Liban, est une essayiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fiammetta Venner est la fille de Monique Venner, célèbre judokate française[1]. Elle est l'auteur de nombreux essais traitant de l'intégrisme et des mouvements politiques radicaux et a enseigné à l'université d'Évry-Val d'Essonne et à la New York University de Paris[2]. Elle est la compagne de Caroline Fourest, avec qui elle a cosigné de nombreux textes[3].

En 1995, elle est membre de Sexe et Race, revue fondée par Rita Thalmann, de l'association féministe Les Maries-Jeannes, et signataire de la pétition Notre corps nous appartient.

Le 7 janvier 2002, elle soutient une thèse à l'Institut d'études politiques sous la direction de Pascal Perrineau dont le titre est : Les mobilisations de l’entre-soi. Définir et perpétuer une communauté. Le cas de la droite radicale française (1981-1999).

Elle a fait partie de la rédaction de Charlie Hebdo jusqu'à la fin du mois de septembre 2009. Certains de ses articles pour le journal Charlie Hebdo ont fait l'objet de polémiques[4], et ont été cités par l'intellectuel Philippe Corcuff comme l'une des raisons de son départ du journal en 2004[5]. Elle a également signé en 2006 un hors-série intitulé Charlie Blasphème.

Elle est aujourd'hui directrice de publication de la revue Prochoix.

De septembre 2010 à juillet 2012, elle est chroniqueuse dans l'émission de Catherine Clément Culture de soi, culture des autres sur France Culture.

Revue Prochoix[modifier | modifier le code]

Dans son premier livre dont le thème concerne les mouvements catholiques pro-vie (c'est-à-dire anti-avortement), elle montre la liaison entre ces groupes et l'aile traditionaliste du catholicisme. Elle a également écrit sur certaines associations musulmanes qu'elle qualifie d'« intégristes » comme l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).

En 1997, elle fonde la revue Prochoix avec Caroline Fourest et Moruni Turlot. Éditée par l'association du même nom, elle entend défendre les libertés individuelles face aux idéologies « dogmatiques, essentialistes, racistes et intégristes ». Ses thèmes de prédilection sont la protection de la laïcité, les droits des femmes et des homosexuels. Le mot « Prochoix », de l'anglo-américain Pro Choice, s'oppose à Pro Life, le mouvement anti-avortement aux États-Unis.

Contre le Front national, l'extrême droite et le "national-catholicisme"[modifier | modifier le code]

En 1998, elle coécrit avec Caroline Fourest Le Guide des sponsors du FN, un livre qui fournit le nom des entreprises finançant le Front national. L'une des entreprises mises en cause porte plainte, et Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont condamnées à lui verser chacune 10 000 francs de dommages et intérêts pour faute civile au titre de l'article 1382 du code civil[6].

En 2001, Fiammetta Venner perd un procès en diffamation contre Thierry Lefèvre, président de l'association pro-vie La Trêve de Dieu. La plainte de Fiammetta Venner portait sur un texte publié sur un site proche de l'association qui la qualifiait notamment de « militante abortiste pseudo féministe, qui avait cherché à se faire prendre pour une historienne »[7]. Le 21 septembre 2001, Fiammetta Venner est déboutée de sa plainte par la 17e chambre de la presse de Paris[8].

En octobre 2006, elle a publié chez Grasset un ouvrage sur l'extrême droite et le national-catholicisme à partir de sa thèse de doctorat en science politique sous la direction de Pascal Perrineau soutenue en 2001 à l'Institut d'études politiques de Paris, s'appuyant sur la totalité de leurs mobilisations de 1980 à 2005, intitulé Extrême France. Les mouvements frontistes, nationaux radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie.

En septembre 2008, elle publie Les Nouveaux Soldats du pape – Légion du Christ, Opus Dei, traditionalistes aux éditions du Panama avec Caroline Fourest.

En 2009, Fiammetta Venner et Caroline Fourest auraient été officieusement désignées par des membres de la Curie comme les instigatrices d'une campagne de déstabilisation du pape Benoît XVI en organisant la diffusion des propos de Richard Williamson trois jours avant la levée d'excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre[9]. Interrogées sur ces accusations, elles ont répondu n'être pas au courant de l'agenda du Vatican »[10].

Suite à la publication de la biographie Marine Le Pen dont elle est coauteur, elle est condamnée en octobre 2012 pour diffamation envers Marine Le Pen par le tribunal correctionnel de Paris[11],[12].

En janvier 2013, Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont également condamnées pour diffamation et atteinte à la vie privée à l'encontre de Frédéric Chatillon.[réf. nécessaire]

Sur les anti-Pacs[modifier | modifier le code]

En 1999, elle publie avec Caroline Fourest Les Anti-Pacs ou la dernière croisade homophobe, une enquête sur les mouvements anti-Pacs, leurs liens avec la droite catholique radicale et Christine Boutin. En annexe, le livre rend aussi publique la liste des maires ayant signé la pétition contre le Pacs.

En 2001, elle a soutenu sa thèse de sciences politiques sur les « mobilisations de la droite radicale » qui étudie plus de 28 000 mobilisations d'extrême droite, toutes tendances confondues.

Laïcité et religions[modifier | modifier le code]

En 2003, elle a coécrit un livre, Tirs croisés (avec Caroline Fourest, Calmann-Lévy, 2003) sur la « laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman ». S'élevant à la fois contre la stigmatisation de l'islam et contre la tentation de nier le danger intégriste islamiste, il s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires[réf. nécessaire].

Fiammetta Venner, comme Caroline Fourest, a dénoncé ce qu'elle désigne comme des rapprochements entre une partie de la gauche et les mouvements islamistes, notamment au sein du Réseau Voltaire. En 2004, Fiammetta Venner a publié un ouvrage, L'effroyable imposteur (Grasset, 2005), sur le parcours de Thierry Meyssan.

En 2005, elle publie OPA sur l’islam de France : les ambitions de l’UOIF (Calmann-Lévy, 2005) livre dans lequel elle dit avoir repéré une nature « intégriste » de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et reproche à Nicolas Sarkozy d'avoir institutionnalisé cette organisation au sein du Conseil français du culte musulman.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Askolovitch, « Caroline Fourest, Fiammetta Venner. Les hussardes », Le Nouvel Observateur, no 2064, 27 mai 2004.
  2. Présentation de la soirée thématique Ces droits de l'homme qu'on assassine, Arte, 21 avril 2009
  3. « Caroline Fourest, ouvertement lesbienne et engagée contre le FN », Têtu, 30 juin 2011.
  4. « Elle court, elle court la rumeur », Elisabeth Moineau, Henri Maler, Acrimed, 25 octobre 2004.
  5. « Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo », 3 décembre 2004.
  6. Droit de la Presse : Les nouveaux visages de la censure, Prochoix n°18, été 2001
  7. Texte intitulé Dernières nouvelles des survivants, paru sur le site survivants.org le 28 avril 1999.
  8. Jugement de la 17e chambre de la presse dans l'affaire Fiammetta Venner contre Thierry Lefèvre, 21 septembre 2001.
  9. Rumeur mentionnée par le vaticaniste Paolo Rodari dans (it) « Esclusivo. Il dossier segreto del Papa: Ratzinger vede una regia dietro il caso Williamson » sur son blog Palazzo Apostolico.
  10. « Ni moi ni la télévision suédoise ne connaissions à l'avance l'agenda du Vatican », propos recueillis par Jean-Baptiste Chastand in Le Monde, 24 février 2009, article en ligne
  11. Le Pen/diffamation : Fourest condamnée, Le Figaro, 9 octobre 2012.
  12. Caroline Fourest et Fiammetta Venner condamnées pour diffamation contre Marine Le Pen, Libération, 9 octobre 2012