Guillaume Dasquié

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Guillaume Dasquié

Description de l'image  Guillaume Dasquié.jpg.
Activités Écrivain et enquêteur
Naissance 4 février 1966
Cahors

Œuvres principales

Guillaume Dasquié est un auteur et un ancien enquêteur français né le 4 février 1966 à Cahors (Lot). Auteur de romans, d'essais de géopolitique et de documents, il a dirigé le site Owni.fr. Certains de ses travaux ont eu un impact sur des dossiers judiciaires et ont été à l'origine de tensions avec divers services de renseignement. Il a participé dès 2002 à l'enquête dénommée Nautilus, qui a permis de relancer l'affaire de l'attentat de Karachi, et de remettre en cause la piste d'un attentat islamiste aveugle qu'a longtemps privilégiée la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Parcours scolaire et universitaire[modifier | modifier le code]

Guillaume Dasquié a obtenu en 1990 une licence en droit à Paris. Chercheur associé au CETEC, le laboratoire de recherche de l’Université Paris-Dauphine, en 1996 et 1997 il travaille sur l'impact des révolutions technologiques sur les pratiques sociales.

Dans les années 1999-2002, il est intervenant en DESS à l’Université de Marne-la-Vallée sur « la privatisation du renseignement » et « sur la recherche d’informations fermées ». Entre 2007 et 2008, il intervient en Master de journalisme à l'Université de Montpellier. En février 2009, il anime des séminaires à l'école de journalisme du CFJ.

Écrivain et journaliste[modifier | modifier le code]

Entre février 1999 et juin 2003, Guillaume Dasquié est rédacteur en chef d’Intelligence Online, lettre professionnelle consacrée à l’actualité du risque politique et de l’intelligence économique. Il démissionne de cette fonction en juin 2003.

En mars 1999, il publie Secrètes affaires (Flammarion, 1999). Débuté durant l'été 1997 et paru au mois de mars 1999, ce livre décrit et analyse les phénomènes de privatisation du renseignement et de la sécurité.

En novembre 2001, il est le coauteur avec Jean-Charles Brisard de Ben Laden, la vérité interdite (Denoël 2001). La thèse principale de l'ouvrage, selon la jaquette du livre, est que « la monarchie saoudienne s'est longtemps livrée à double jeu » et que les Saoudiens sont de « puissants financiers, à la fois partenaires de l'Occident et argentiers de la terreur ». Il rédige la première partie de ce texte consacrée aux discussions entre les Talibans et le département d'État, menées entre mars et juillet 2001, après l'embargo décrété par les Nations-Unies. L'existence de ces discussions a été ultérieurement confirmée et étayée par la déclassification de notes internes du département d'État, publiées le 30 janvier 2004 par l'organisation américaine National Security Archives de l'Université George Washington.

En mai 2003, il publie Les nouveaux pouvoirs (Flammarion), un livre d'enquête consacré au développement de l'industrie du lobbying et à la privatisation du droit. La même année, il crée la revue Minotaure.

De septembre 2003 à l'été 2005, il assure des fonctions de directeur de recherche à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques). À cette période, il travaille sur la crise irakienne et en particulier sur le dossier des armes de destructions massives en Irak sur lequel il communique des conclusions tranchées avant l'intervention militaire, notamment lors d'un journal télévisé de France 2[1] le 5 février 2003.

En 2005, il publie Al-Qaida vaincra (Privé/Flammarion), le dernier de ses ouvrages sur le terrorisme islamiste. Paru au mois de mai 2005, le livre montre qu'une structure nommée International islamic relief organization (IIRO) a financé Al-Qaida. Cette structure est inscrite en août 2006 sur la liste du Département américain du Trésor[2] des organisations accusées d'avoir soutenu le terrorisme islamiste.

Il exerce, jusqu'à sa démission en juillet 2005, les fonctions de directeur de collection chez Flammarion. Dans ce cadre, il a été chargé de développer la collection « Flammarion/Enquête ». À ce titre, il engage des auteurs tels Jean de Maillard, François Missen et Laurent Léger.

De 2005 à 2007, il présente une chronique hebdomadaire sur la chaîne de télévision i>Télé, le mercredi soir. Il gère le site geopolitique.com[3] et assure des collaborations ponctuelles avec l'agence CAPA et pour l'émission 90 minutes de Canal+.

En avril 2007, il est l'auteur d'une enquête publiée dans le quotidien Le Monde[4] qui révèle que les services secrets français avaient prévu dès janvier 2001 qu'Al-Qaida s'en prendrait aux États-Unis en utilisant ses avions de ligne.

Dans une enquête parue dans Le Monde du 11 juin 2007[5],[6], il révèle des documents démontrant l'existence de pressions politiques, émanant de l'Élysée et du directeur de cabinet du Garde des Sceaux, dans le dossier d'instruction du juge Borrel, relatif à ce magistrat assassiné en octobre 1995 à Djibouti[7].

De septembre 2007 à juin 2008, il présente sur France Info une chronique intitulée Un monde imparfait.

En 2008, il obtient la condamnation d'un ancien cadre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) pour avoir nié des évidences au sujet de la participation d'un important banquier saoudien au financement du terrorisme. En 2013, les derniers développements d'un dossier judiciaire ont montré que la DCRI avait lancé une opération de provocation à son égard, en demandant à un enquêteur privé d'initier une négociation financière sur des documents qu'il détenait, mais qui a été déclinée, dans le but d'identifier ses sources [8]. Il bénéficie d'un non-lieu en 2014[9].

De septembre 2008 à février 2011, il publie régulièrement des reportages dans le quotidien Libération ; en particulier plusieurs enquêtes sur l'affaire de l'attentat de Karachi[10] mais aussi sur des trafics d'armes[11], des opérations immobilières sur les prisons[12], l'affaire de Tarnac[13]. Au mois de mars 2010, le rapport parlementaire Cazeneuve sur l'attentat de Karachi décrit en annexe la participation dès 2002 de Guillaume Dasquié aux notes Nautilus qui permettront le redémarrage de la procédure sur l'attentat[14].

En janvier 2009, il publie un roman, La ville des mensonges chez Robert Laffont, qui suit à travers Hong Kong le parcours d'un altermondialiste déçu nommé à la direction de la Bank of China.

De mars 2011 à janvier 2013, il est directeur de la rédaction du site Owni.fr [15] comme le mentionne un long portrait que lui consacre le mensuel Technikart[16]. Il quitte la société pour exprimer son opposition à un plan de restructuration proposé en décembre 2012 [17].

Débats[modifier | modifier le code]

Des enquêtes de Guillaume Dasquié ont fait l'objet d'attaques diverses, menées par des membres des services secrets, des fonctionnaires du ministère français de la Défense, du fondateur du Réseau Voltaire ou du banquier saoudien Khaled bin Mahfouz :

  • L'affaire des documents de la DGSE

Selon un article du site Mediapart de janvier 2012, Guillaume Dasquié aurait tenté de vendre des documents de la DGSE à un cabinet d'investigation suisse, géré par son ancien coauteur Jean-Charles Brisard, selon des déclarations effectuées par ce dernier. Ces accusations étaient apparues dans l'instruction judiciaire touchant la publication de notes de la DGSE parue dans Le Monde. Or, dans cette affaire, le 6 janvier 2014 les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux ont dénoncé les méthodes de la DCRI, chargée de l'enquête, affirmant que ce service avait organisé de toute pièce cette opération de vente visant à compromettre Guillaume Dasquié, sans y parvenir, tandis que le principal témoin à charge, Jean-Charles Brisard, apparaissait comme un agent de la DCRI. Pour l'ensemble de ce dossier, les magistrats rendait en conséquence une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Guillaume Dasquié. Dans un article du mois de mars 2012, le journal Le Monde révélait un procès-verbal en relation avec ce dossier, où les liens entre Jean-Charles Brisard et la DCRI apparaissaient déjà. Finalement, des documents déclassifiés en 2013 ont montré qu'il s'agissait d'une opération de provocation visant le journaliste [18].

  • Les poursuites pour une enquête publiée dans Le Monde

Guillaume Dasquié a été interpellé par la DST à son domicile le 5 décembre 2007, placé en garde à vue puis mis en examen (ce contre quoi Reporters sans frontières a protesté[19]), le 6 décembre, pour « compromission du secret de la défense ». Il lui est reproché d'avoir divulgué, dans Le Monde du 17 avril 2007, des documents non déclassifiées provenant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Ces documents révéleraient des informations dont disposaient les services de renseignements français sur Al-Qaida avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Il s'agit notamment d'une note classée confidentiel-défense du 5 janvier 2001 sur Al-Qaida, intitulée « projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux » et d'une autre du 13 septembre 2001 consacrée aux ressources financières d'Oussama ben Laden faisant apparaître le nom du banquier saoudien Khaled bin Mahfouz. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, avait saisi le procureur de la république d'une plainte contre X. Dans un article du journal Le Monde du 26 décembre 2007[20], Dasquié détaille sa garde à vue. Il précise qu'il n'a pas révélé le nom de sa source, c'est-à-dire la personne qui lui avait remis les documents ; mais qu'il a confirmé que ses documents étaient sortis de la DGSE par la voie officielle, c'est-à-dire à l'initiative du directeur de ce service secret Jean-Claude Cousseran, qui en avait remis des copies à une trentaine de membres du gouvernement français[21].

  • L’effroyable mensonge, thèses et foutaises sur le 11 septembre

En juin 2002, il est le coauteur avec Jean Guisnel, journaliste au Point, de L'effroyable mensonge (La Découverte, 2002), un ouvrage qui conteste la version de Thierry Meyssan selon lequel, lors des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, aucun avion n'aurait percuté le Pentagone. Le livre L'effroyable mensonge a été poursuivi en justice par Thierry Meyssan, principal animateur du Réseau Voltaire, ainsi que, en 2002, par Hubert Marty-Vrayance, commissaire à la direction centrale des Renseignements généraux [22]. Cet ouvrage, sous-titré thèses et foutaises sur le 11 septembre, proposait une démonstration invalidant la théorie du complot de Thierry Meyssan et du Réseau Voltaire selon laquelle aucun avion ne se serait crashé sur le Pentagone le 11 septembre 2001. La contre-enquête de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel consistait à apporter des preuves confirmant l'information relative au crash de l'avion contre le Pentagone. Elle mettait également en évidence les liens entre Thierry Meyssan et un commissaire des renseignements généraux (RG), Hubert Marty-Vrayance et critiquait sur un ton pamphlétaire « certaines dérives » du Réseau Voltaire. Hubert Marty-Vrayance a été débouté de ses demandes contre le livre[23]. Le 17 mars 2007, la Cour d'appel de Versailles a également débouté Thierry Meyssan de ses plaintes contre le livre.

  • Ben Laden, la vérité interdite

Un chapitre du livre Ben Laden, la vérité interdite, publié en novembre 2001, coécrit par Guillaume Dasquié et Jean-Charles Brisard a été l'objet d'un contentieux judiciaire à Londres, sur la base d'une plainte pour diffamation de la part du banquier saoudien Khalid Bin Mahfouz. Jean-Charles Brisard a formellement reconnu être l'unique auteur du chapitre contesté, dans une attestation signée pour les tribunaux américain. Au mois d'octobre 2006, ce contentieux a donné lieu à une transaction signée entre les avocats de ce banquier et les deux auteurs, sous la forme d'une lettre d'excuses[24] mentionnant que les sources à l'origine du chapitre litigieux s'étaient rétractées postérieurement à sa publication. Les représentants de Khalid Bin Mahfouz, Kendall and Freeman, ont ensuite acheté des encarts publicitaires pour offrir une large diffusion à cette lettre d'excuses.[réf. nécessaire] Selon un jugement du Tribunal de grande instance de Paris du 30 mai 2008, postérieurement à ce contentieux, Guillaume Dasquié a recueilli en mars 2007 une interview du responsable du contre-terrorisme au sein des services secrets français de la DGSE, Alain Chouet, confirmant et détaillant le rôle de soutien financier de Khaled bin Mahfouz au profit d'Oussama ben Laden. Après des échanges écrits avec les avocats de Khaled bin Mahfouz, Alain Chouet avait affirmé que cette interview avait été inventée. Au vu des éléments matériels apportés à l'audience par Dasquié, le tribunal a confirmé l'authenticité de l'interview et a condamné le responsable de la DGSE à verser 9 000 € de dédommagement au journaliste.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]