Têtu (magazine)

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Têtu
Image illustrative de l'article Têtu (magazine)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre LGBT
Prix au numéro 5 €
Diffusion 35 871 ex. (2013)
Fondateur Pascal Loubet
Didier Lestrade
Date de fondation Juillet 1995
Date du dernier numéro en cours
Éditeur Communication Presse Publication Diffusion (CPPD SAS)
Ville d’édition Paris

Propriétaire Jean-Jacques Augier
Rédacteur en chef Yannick Barbe
ISSN 1265-3578
OCLC 35712662
Site web www.tetu.com
Supplément
  • TÊTU+
  • SO TÊTU
  • TÊTU Voyage

Têtu est un magazine français créé par Didier Lestrade[1] et Pascal Loubet[2] à destination de la communauté gay [3]. Le magazine se vend à près de 36 000 exemplaires par mois[4]. Le journal est la propriété de Jean-Jacques Augier (racheté à Pierre Bergé en janvier 2013).

Magazine[modifier | modifier le code]

Le premier numéro du magazine paraît en à l’occasion de la Gay Pride parisienne. Pour la première fois, un magazine homosexuel obtient dans ses pages des budgets annonceurs généralistes : couturiers, stylistes, opérateurs de téléphone, fournisseurs d'accès à Internet, parfumeurs, marques d'eau minérale, etc. Deux numéros suivent le premier opus, avant une interruption jusqu'au mois de , date à partir de laquelle le magazine sort de manière ininterrompue aux alentours du 20 de chaque mois. Dès la sortie de son premier numéro, Têtu prend le relais du magazine Gai Pied, disparu à l'automne 1992 (1979-1992), en devenant très rapidement le magazine référent de la communauté homosexuelle.

Certaines personnalités choisissent Têtu pour faire leur coming-out (Emmanuel Moire, Bruno Julliard) ou parler pour la première fois en longueur de leur homosexualité (Franck Riester, Muriel Robin[5]), tandis que certains hommes politiques y acceptent les interviews pour montrer leur ouverture d'esprit ou leur solidarité avec la communauté homosexuelle (notamment dans la lutte contre les discriminations et pour l'égalité des droits). En , Lionel Jospin et Jacques Chirac, candidats à la présidentielle, accordent une interview au magazine : c'est alors la première fois qu’un Premier ministre et un président de la République en exercice répondent aux questions d’un magazine homo. Depuis, les principaux candidats aux élections présidentielles de 2007 (Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy…) et 2012 (François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Éva Joly…) ont répondu aux questions de Têtu.

Chaque numéro comprend une rubrique sur le sida nommée « TÊTU + » coordonnée par Luc Biecq. Un guide d'information sur le VIH, appelé également « TÊTU + », est diffusé tous les deux ans depuis à raison de 200 000 exemplaires. Le prochain paraîtra en .

À son origine, Têtu s'est intitulé comme « le magazine des gays et des lesbiennes », slogan abandonné en 2007. Cependant, son lectorat principalement masculin va orienter le magazine vers des couvertures montrant surtout des hommes. Au mois de , une nouvelle rubrique consacrée aux filles apparaît : « TÊTUE ». Cette rubrique exclusivement lesbienne voit le jour sous la forme d’une section de quatre pages, jusqu’en . À cette date, la ligne éditoriale choisie est de faire de Têtu un magazine masculin.

Au fil des années, de nombreuses célébrités répondent aux questions de Têtu et en font parfois la couverture, telles que Catherine Deneuve à deux reprises (1996 et 2010), Valérie Lemercier, le nageur Frédérick Bousquet, Jamel Debbouze, Diane Kruger, les rugbymen Nick Youngquest et Alexis Palisson, ou encore Mylène Farmer en 2008 : la chanteuse, qui n’accorde que de rares interviews, choisit cette année-là le magazine pour s’y dévoiler puis en 2012. En dehors des célébrités, ce sont généralement des modèles masculins qui sont choisis pour poser en couverture. Ceux que le magazine appelle les « cover boys » sont photographiés par de grands noms tels que Jean-Baptiste Mondino, Mathias Vriens, David Amstrong ou encore Walter Pfeiffer.

Au mois de juin 2013, pour la première fois, le magazine choisit de mettre en couverture un père homosexuel tenant son enfant dans les bras[6].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Thomas Doustaly a été le rédacteur en chef, puis le directeur de la rédaction de Têtu pendant plus de dix ans. En , le magazine subit une crise interne[7]avec le licenciement de plusieurs membres de la rédaction, la presse s'en est fait écho, dont le site Rue89[8],[9] et le journal Le Monde 2[10]. Finalement, Thomas Doustaly quitte ses fonctions en . Le , Pierre Bergé nomme Gilles Wullus rédacteur en chef, puis directeur de la rédaction à partir de . Journaliste à Libération depuis 1994, Gilles Wullus en était le rédacteur en chef Édition quand il a quitté le quotidien en 2007. Dans un contexte de crise de la presse depuis l'automne 2008, il parvient à contenir l'érosion des ventes dans les limites de celle du marché des magazines. En 2011, il inverse la tendance et les ventes progressent de 1,64 %, première année positive depuis 2007[11].

Une nouvelle formule paraît en  : le magazine se décompose alors entre un journal principal, axé sur la culture, la mode, le people, les voyages, le lifestyle, la psycho, et un deuxième magazine plus petit, TÊTU News, inséré à l'intérieur centré sur l'actualité LGBT en France et dans le monde et sur les associations LGBT françaises.

Après le recrutement d'un nouveau directeur artistique, Nicolas Valoteau, en , et d'un nouveau directeur délégué, Jean-Marc Gauthier, venu du groupe Lagardère fin pour redresser les comptes, le magazine paraît sous une nouvelle formule à partir du , entièrement re-designée, enrichie de nouvelle rubriques (sport, cuisine, auto, sexo, 15-20 ans, déco), et qui voit l'arrivée de nouveaux chroniqueurs, les écrivains Philippe Besson, par ailleurs animateur de l'émission Paris Dernière, et Abdellah Taïa, Prix de Flore 2010. Le format du magazine change et un nouveau cahier central, SO TÊTU remplace l’ancien TÊTU News. SO TÊTU se veut la partie la plus communautaire du magazine, incluant un annuaire des adresses gays et gay-friendly à Paris et en régions, les dossiers sexy et pages associatives.

En , Têtu lance son application iPad, avec lecture optimisée du magazine, possibilité d’achat d’anciens numéros en format numérique avec possibilité d’abonnement via le Kiosque de l'Apple Store.

Plusieurs fois dans l'année, le magazine édite des hors-séries, dont TÊTU Voyage une fois par an, seule publication tourisme dédiée au public homosexuel masculin.

Cette nouvelle formule rencontre le succès : le magazine voit ses ventes augmenter de plus de 10 % sur les 6 premiers numéros selon le journal et selon l'OJD[12]. Du coup, début 2012, le magazine obtient deux nominations (Magazine de l'année, Prix de l'innovation) dans le concours organisé chaque année par le Syndicat de la presse magazine.

En octobre 2012, Pierre Bergé met en vente le magazine après une perte de 2,3 millions d'euros, pratiquement le double de l'année précédente et cherche un repreneur. Jean-Jacques Augier, homme d'affaires et ancien trésorier de campagne et proche de François Hollande, rachète le titre en février 2013[13].

Un plan social est alors annoncé. Sur 27 salariés, il prévoit la suppression de 16 postes, dont celui de Jean-Marc Gauthier. Gilles Wullus, quant à lui, est remercié dès mars 2013. Les postes sont supprimés essentiellement à la rédaction, à la maquette et dans les services administratifs. Une grève des salariés est observée pendant un jour[14]. Autre changement, la liquidation de Têtu.com (et la disparition de Têtue.com, seul site français à destination des lesbiennes), à cause des pertes du site web de Têtu, estimées à 400 000 € en 2012[15].

Yannick Barbe, rédacteur en chef adjoint du magazine de 2001 à 2006, rédacteur en chef de 2006 à 2007 puis rédacteur en chef de Yagg.com jusqu'en 2013, prend la direction de la rédaction du magazine[16].

Rubriques et chroniqueurs notables[modifier | modifier le code]

Sites internet[modifier | modifier le code]

Têtu.com, site officiel du magazine, voit le jour en 1997. La première version du site propose seulement des portraits de l'équipe, sondages en ligne, éditos et albums photos. En octobre 1999, têtu.com se refond dans une nouvelle version, plus complète, plus axée sur l’actualité. La rédaction web devient un service à part entière. Peu à peu, le magazine et le site vont se redéfinir l'un par rapport à l'autre pour devenir complémentaires.

En février 2009, Têtu.com est relancé, avec un design entièrement neuf et de nouveaux contenus (en plus de l'actualité : agenda culturel, clubbing, annuaire associatif, etc.). Le site se décline en deux, l'un à destination des gays, Têtu.com, l'autre à destination des lesbiennes, Têtue.com, seul site web francophone d’actualité 100% lesbien.

Cette nouvelle version est récompensée du prix du meilleur site de magazine pour l'année 2010 par le Syndicat de la presse magazine. Les deux sites sont rapidement devenus le principal portail d'information en France à destination des gays et des lesbiennes[17]. En développement permanent, ils offrent aujourd'hui de nouveaux services (vidéos, blogs participatifs, messagerie en ligne…). Sur Facebook, Têtu se classe premier parmi les magazines masculins en termes de nombre de fans et dispose d'une présence active sur les principaux réseaux sociaux[18].

À l'issue du rachat du magazine par Jean-Jacques Augier, le site internet du magazine a rejoint la plate-forme du site Yagg fin juin. LGNET, société éditrice de Yagg, et CPPD, qui édite Têtu, ont signé un contrat de prestation rédactionnelle et technique valable jusqu'en décembre 2014[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vous avez interviewé Didier Lestrade, 20 minutes, consulté le 19 novembre 2012
  2. Des personnalités fêtent les 15 ans de "Têtu"- Regardez, jeanmarcmorandini.com, consulté le 19 novembre 2012
  3. Jean-Jacques Augier : “Têtu est résolument gay et masculin”, Yagg.com, consulté le 15 novembre 2013
  4. http://www.ojd.com/adherent/4941
  5. Muriel Robin dans TÊTU: «Avant, je disais que j’étais bisexuelle, je me suis trompée» , Tetu.com, le 19 octobre 2011
  6. Un père homosexuel et son bébé en une de TÊTU, le Parisien.
  7. Tentative de suicide d'un salarié administratif : Le Monde du
  8. Article sur Site89
  9. Autre article sur Site89
  10. Crise à la rédaction du journal « Têtu », Le Monde (archive payante).
  11. 39 761 exemplaires en moyenne par mois en 2011 selon l'OJD OJD
  12. http://www.ojd.com/adherent/document/4941DSH201101201112
  13. http://www.bfmtv.com/societe/vendu-tetu-navigue-eaux-troubles-426838.html
  14. http://www.telerama.fr/medias/les-salaries-de-tetu-en-greve-contre-un-plan-social,95019.php
  15. I.H., « Têtu.com et Yagg.com s’acoquinent », sur liberation.fr, Libération,‎ 18 juin 2013 à 21 h 16 (consulté le 28 juin 2013) : « Pour justifier ce rapprochement, Augier avait affirmé qu’en 2012, les deux sites de Têtu (Têtu.com et Têtue.com) affichaient des pertes de 400 000 euros. »
  16. Yannick Barbe, co-fondateur de Yagg, devient directeur de la rédaction de Têtu, « Coulisses » de Yagg.com
  17. Google Analytics
  18. http://www.rue89.com/presse-sans-presses/2011/08/17/reseaux-sociaux-le-monde-est-champion-france-24-cartonne-218204
  19. Le mariage de Yagg et Têtu attendra, PresseNews.fr (article payant).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]