Frères musulmans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Frères musulmans
Image illustrative de l'article Frères musulmans
Logo officiel
Présentation
Chef Mahmoud Ezzat (par intérim)[1]
Fondation 1928 à Ismaïlia
Fondateur Hassan el-Banna
Idéologie Islamisme
Panislamisme
Site web www.ikhwanweb.com

Les Frères musulmans (FM) (arabe : جمعية الأخوان المسلمين, jamiat al-Ikhwan al-muslimin, littéralement Association des Frères musulmans) est une organisation panislamiste fondée en 1928 par Hassan el-Banna, à Ismaïlia au nord-est de l'Égypte, avec comme objectif une renaissance islamique, la lutte officiellement non-violente[2],[3] contre l’influence occidentale[4]. Cette organisation est désormais officiellement considérée comme organisation terroriste par le gouvernement égyptien, la Russie[5] et l'Arabie saoudite[6]. Elle a rapidement essaimé ses idées dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, au Soudan et en Afrique du Nord, et a établi des « têtes de pont » jusqu’en Europe. Certains groupes de partisans se sont constitués en mouvements autonomes, comme le Jama’a al-islamiya ou encore le Hamas.

Son opposition fondamentale et parfois violente aux États laïcs arabes a amené son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays comme la Syrie ou encore l’Égypte. La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement, et le théoricien du jihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue. Néanmoins, ses différentes branches ont depuis condamné le recours à la violence en dehors de la Palestine. Le mouvement entretient avec les institutions promouvant le wahhabisme saoudien des relations alternant entre coopération et rivalité.

La nébuleuse des Frères musulmans serait coordonnée par la Muslim Association of Britain[réf. souhaitée] de Londres, s’appuyant sur la banque Al-Taqwa. Néanmoins, selon Xavier Ternisien, elle ne constitue pas une structure pyramidale centralisée mais une mouvance hétérogène, labile et multiforme.

Sommaire

Historique[modifier | modifier le code]

Création par Hassan el-Banna[modifier | modifier le code]

L’association est fondée en 1928 par Hassan el-Banna à Ismaïlia, au nord-est du Caire[7], en Égypte après l’effondrement de l’Empire ottoman, l'instituteur égyptien racontant dans ses mémoires que six ouvriers de la compagnie de Suez l’auraient poussé à créer son mouvement en réaction au pouvoir des étrangers[8]. Déterminé à lutter contre « l’emprise laïque occidentale et l’imitation aveugle du modèle européen »[9], son mouvement débute comme une simple association locale de bienfaisance mais rapidement se donne un but politique, celui d’instaurer un grand État islamique fondé sur l’application de la charia[10].

Lors du premier congrès du parti en 1933, l’organisation comptait 2 000 militants, un an plus tard ils sont 40 000, et en 1943 la confrérie compte plus de 200 000 militants.

L'association des Mères musulmanes, également fondée en 1928, devient en 1933 l'association des Sœurs musulmanes, puis en 1937 l'association des Femmes musulmanes. La plus connue de leurs militantes est Zainab al Ghazali[11].

Création de la branche armée et participation à la guerre de 1948 contre Israël[modifier | modifier le code]

En 1935, l’organisation rentre en contact avec Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, et participe à l’insurrection arabe de Palestine de 1936. En 1945, Saïd Ramadan crée une branche armée arabe de Palestine du mouvement, qui a pour objectif de combattre le mouvement sioniste. Les Frères musulmans connaissent du succès et de nombreux militants participent à la Guerre israélo-arabe de 1948.

Interdictions et dissolutions en Égypte[modifier | modifier le code]

En 1948, le 28 décembre, l'« appareil secret » (appelée aussi l'« organisation spéciale », branche paramilitaire des Frères musulmans) de l'organisation assassine le Premier ministre égyptien de l’époque, Mahmoud an-Nukrashi Pacha. En représailles, l'organisation est interdite et son fondateur Hassan el-Banna est assassiné par les agents du gouvernement le 12 février 1949[10]. Au début des années 1950, les États-Unis s’intéressent aux Frères musulmans comme alliés potentiels contre Nasser et l’établissement de régimes communistes ou socialistes au Moyen-Orient. Talcott Seelye (en), diplomate en poste en Jordanie, rencontre Saïd Ramadan en 1953[12]. Selon un document des renseignements allemands, les Américains lui obtiennent un passeport diplomatique jordanien pour faciliter ses déplacements[13]. Dès 1954, la confrérie est dissoute par les autorités égyptiennes. En 1954, Nasser, qui craint pour sa personne, décide à nouveau d’interdire l’organisation. Près de 20 000 militants sont incarcérés. En 1984, le pouvoir reconnut à la confrérie le statut d'organisation religieuse, mais refusa sa participation à la vie politique. Un interdit que les Frères musulmans contournèrent en présentant des candidats « sans étiquette » aux élections, et en intégrant le parlement via des alliances avec d'autres partis. Certains, dont Saïd Ramadan, après avoir tâté le terrain dans les pays arabes avoisinants, optent finalement pour l’Europe comme lieu d’implantation de leurs nouvelles bases, avec l’aide financière des Saoudiens.

Une reprise des actions violentes en Israël dans les années 1960[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1960, les Frères musulmans redeviennent actifs en Israël. Dans les territoires contestés, la branche palestinienne engendre l’Al-Mujamma' al-islami, qui deviendra en 1987 le Hamas. Sa charte comporte la destruction de l’État d’Israël comme objectif central. L’organisation se consacre ouvertement aux œuvres sociales et à la construction de mosquées, dont le nombre augmente sans cesse en Cisjordanie et dans la bande de Gaza entre 1967 et 1987. Elle recourt aux actions armées et aux attentats, y compris aux attentats suicides. Ses sources de financement proviennent en grande partie de l’Arabie saoudite et plus tard de l'Iran. En 1973, le Shah, encouragé par Nixon et Kissinger, "prit l'initiative, au nom de l'OPEP, de procéder à une augmentation très importante du prix du pétrole[14]". L'Arabie saoudite et l'Iran utilisèrent cette nouvelle opulence pour renforcer mondialement le fondamentalisme islamique, utilisant à cette fin des mouvements soutenus par la CIA tels que les Frères Musulmans et la Ligue islamique mondiale[14].

Des alliances de circonstance qui mènent à des scissions[modifier | modifier le code]

L'intérêt porté par les États-Unis aux mouvements réactionnaires islamistes censés contrer les progressistes, remonte aux années 1950. En 1953, Eisenhower reçut dans le Bureau ovale une délégation incluant Saïd Ramadan des Frères Musulmans, qui était le chef coordinateur d'organisations associées au Pakistan agissant pour la Ligue Islamique Mondiale, ainsi qu'au sein du Jamaat-e-Islami[15].

En Égypte, dans les années 1970, Sadate utilise les Frères musulmans pour faire contrepoids à l’extrême gauche et il leur promet l’intégration future de la charia dans les lois égyptiennes. En 1971, la CIA collabora avec les services de renseignements saoudiens pour soutenir les Frères Musulmans et leurs alliés dans une campagne mondiale contre le communisme, particulièrement en Égypte[14],[16]. En 1978, l’année de Camp David, ils renoncent officiellement au soutien des actions violentes, à l’exception du combat en Palestine. Cependant, leurs partisans qui ne partagent pas cette position se regroupent dans d’autres structures, comme la al-Gama'a al-islamiyya (Groupe islamique) dont un des membres assassine Sadate en 1981[17]. Les Frères entretiendront des contacts, plus ou moins étroits selon l’époque, avec cette organisation, qui commettra des attentats contre des touristes occidentaux en 1992 et en 1993. Par ailleurs, un bras armé clandestin se constitue dès le début des années 1980. Certains de ses membres tentent d’infiltrer les institutions gouvernementales, mais le régime laïque d’Hosni Moubarak fait obstacle à la plupart des manœuvres politiques, à l’exception notable de certains syndicats stratégiques actuellement infiltrés de toutes parts par les Frères musulmans, par exemple celui des avocats. En 1982, les organes de presse des Frères sont détruits et la quasi-totalité de leurs publications saisies. L'organisation reste interdite mais paradoxalement est tolérée[10].

Une répression sanglante en Syrie[modifier | modifier le code]

Cette même année, le président syrien Hafez el-Assad élimine (voir Massacre de Hama) le bras armé des Frères musulmans, l’al-Talia al-Muqatila (Avant-garde combattante) dont les militants se dispersent en Arabie saoudite, en Jordanie, au Koweït ainsi qu’en Afghanistan. Les Frères musulmans restent en 2007 hors la loi dans ce pays où l’appartenance à l’organisation est punie de la peine de mort.

Une reconnaissance religieuse mais non politique par le pouvoir égyptien[modifier | modifier le code]

En 1984, le pouvoir égyptien d'Hosni Moubarak reconnaît les Frères en tant qu’organisation religieuse mais leur refuse l’inscription en tant que parti politique. Les candidats fréristes participent aux élections comme indépendants ou comme représentants d’autres partis. Leurs militants manifestent souvent contre le pouvoir aux côtés d’autres mouvements d’opposition égyptiens, en faveur de réformes constitutionnelles et pour la fin de l’état d’urgence. L’organisation s’efforce d’être présente sur le terrain en aidant les classes défavorisées autant sur le plan social que financier, fournissant, entre autres, aux personnes dans le besoin des médicaments ou des prêts d’argent.

Dans les années 1990, en Égypte, la confrérie s’affiche publiquement comme un mouvement respectueux de la démocratie. Elle publie trois manifestes importants :

  • l’un plaidant en faveur de « l’indispensable démocratie » ;
  • l’autre portant sur les droits des minorités, notamment de « nos frères et compatriotes coptes » ;
  • et le troisième concernant « le statut de la femme ».

Al Wasat : une scission avortée[modifier | modifier le code]

Ces manifestes, dus pour la plus grande part à de jeunes membres du mouvement, sont adoptés par la confrérie, mais sans grande conviction pour ce qui est de la vieille direction dont la plupart des membres sont âgés de plus de 70 ans. Pour les jeunes, la vieille garde semble trop conservatrice. En 1996, dix-sept d’entre eux demandent officiellement la création d’un nouveau parti politique, Al Wasat. Ses fondateurs ont à peu près le même âge (entre 35 et 45 ans) et appartiennent pour la plupart aux professions libérales  : avocats, médecins, pharmaciens ou encore ingénieurs. Ils ont participé aux luttes estudiantines puis syndicales de l’époque. Réceptifs aux évolutions du monde du fait de leurs déplacements à l’étranger au cours desquels ils participent à maints colloques et conférences, ils ont acquis une expérience qui a creusé le fossé entre eux et les aînés de la confrérie, mais leur profond conservatisme religieux en comparaison d’autres jeunes musulmans reste un de leurs traits saillants.

Les fondateurs de ce nouveau parti politique reprochent aux dirigeants des Frères musulmans leur manque de modernité et leurs concepts archaïques. Ils proposent l’adoption d’« une vision moderniste fondée, certes, sur les acquis du passé, mais axée sur les défis du XXIe siècle». En opposition avec leurs aînés, ils établissent un programme plutôt libéral, fondé sur le Coran mais reconnaissant les évolutions de la société. Ils sont en faveur d’un système gouvernemental à l’« occidentale » qui respecte toutes les libertés collectives et individuelles, des élections pluralistes, l’alternance politique et la primauté de la loi. Un copte, Rafiq Habib, fils du président de la communauté anglicane d’Égypte, est membre du comité fondateur du parti. Mais Al Wasat ne verra finalement jamais le jour : le 13 mai 1996, les autorités égyptiennes déclarent irrecevable sa demande de légalisation. Deux jours après ce rejet, les fondateurs sont arrêtés et déférés devant la Haute Cour militaire.

La création d'une nébuleuse financière et d'influence durant les années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

Les années 1980 et 1990 voient également un déploiement d’activité au sein de la mouvance européenne des Frères musulmans, qui crée plusieurs organisations (UOIE, UOIF, CEFR…) visant à placer les communautés musulmanes en pleine croissance sous leur influence, et s’efforce d’être reconnue par les gouvernements comme représentante officielle de ces communautés. Les Frères musulmans se dotent d’institutions financières propres (banque Al-Taqwa, Fonds européen), le soutien direct des institutions saoudiennes comme la Ligue islamique mondiale (LIM) étant devenu aléatoire. En effet, après le soutien du mouvement à l'invasion du Koweït par Saddam Hussein, l'Arabie saoudite prend ses distances avec lui, laissant ainsi son rôle de protecteur au Qatar, dont le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani est persuadé que l'islamo-conservatisme des Frères correspond aux aspirations profondes des peuples arabes[18].

En 2007, reconnaissant leur poids au Proche-Orient, le gouvernement des États-Unis s’intéresse de nouveau à une alliance avec les Frères. Le Département d’État approuve une politique de contacts futurs entre des diplomates américains et des leaders du mouvement dans les pays arabes[19].

Instances nationales[modifier | modifier le code]

Égypte[modifier | modifier le code]

Une organisation qui doit osciller entre le religieux et le politique, utilisée comme soupape de sureté par le pouvoir[modifier | modifier le code]

Bien que disposant officieusement de 88 députés (sur 454) à l'Assemblée du peuple entre 2005 et 2010 (ce qui fait d'eux le premier groupe d'opposition), les Frères musulmans faisaient, avant la révolution du 25 janvier, face à un grave problème de stratégie politique. La confrérie, qui fait passer un message religieux (islamisation des mœurs, de l'habillement et de la culture) relayé par un important réseau de membres et ses actions caritatives, largement adopté par la société, ne pouvait pas concrétiser cette sympathie en succès politique. Son principal obstacle était la nature non-démocratique de l'État égyptien, qui refusait de faire d'elle une association légale. Les Frères pouvaient tout au plus présenter des candidats indépendants aux élections législatives mais jamais sous leur étiquette. Ce handicap résulte de deux facteurs  : le refus du pouvoir égyptien d'assister à la création d'un parti politique des Frères musulmans et le rejet des règles du jeu démocratique de la part de certains membres de la confrérie.

Malgré des efforts, l'association des Frères musulmans est en pleine stagnation, incapable de prendre l'initiative face à un pouvoir qui les manipule aux gré de ses besoins. En effet, le pouvoir égyptien menait une politique de la carotte et du bâton, relâchant de temps en temps la pression pour l'utiliser comme soupape à la colère populaire contre les politiques israéliennes et américaines au Proche-Orient, puis en resserrant la vis en arrêtant, en torturant ou en éliminant plusieurs des membres de la confrérie.

Une marche vers la respectabilité et l'intégration au jeu politique égyptien[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, pour conquérir le pouvoir les Frères musulmans ont appliqué une véritable métamorphose. La plupart des membres de la confrérie ont fait un important travail au niveau de leur apparence vestimentaire et physique. Habillé en costume à l'occidentale, ils sont soit complètement rasés, soit portent une barbe finement taillée. Ils sont pour beaucoup issus des hautes écoles, parlent tous plusieurs langues étrangères et se présentent désormais en démocrates. D'après l’une des membres de la confrérie, Makram al-Deiri, tous les candidats aux élections législatives du mouvement ont bénéficié d'une formation intensive aux techniques de communication, aux stratégies de persuasion et à l'art des négociations. Officiellement, le mouvement a abandonné tout projet d'État théocratique, ils disent prendre comme modèle les mouvements islamistes marocains qui sont connus pour leur pragmatisme. Ce, même si beaucoup de politologues et de journalistes en doutent, et émettent l'idée qu'ils aient mis fin momentanément à leur projet de république théocratique pour ne pas faire peur aux Égyptiens et prendre le pouvoir sans trop de violence. La nouvelle garde se déclare respectueuse de la souveraineté du peuple, de l’alternance démocratique et des droits des minorités.

Depuis leur création, les Frères musulmans ont toujours fait de l'éducation du peuple une priorité. Ils ont, jusqu'à présent, composé avec la constitution laïque de l'Égypte, mais plaident pour une société régie par la charia.

Le logo de la confrérie qui était constitué de deux sabres croisés a été momentanément abandonné au profit d'un logo moins agressif : deux mains jointes autour d'une motte de terre où prend racine une pousse verte.

Le mouvement a aussi choisi de ne plus combattre directement le régime de Moubarak. Ils ont ainsi voté pour la reconduction de Fathi Sorour (l’un des hauts responsables du régime) au perchoir de l'Assemblée du peuple. Ils ont également applaudi le discours du président Moubarak au parlement, et sont en contact régulier avec le gouvernement des États-Unis.

L'European Strategic Intelligence and Security Center accuse en février 2006 la confrérie des Frères musulmans d'avoir organisé l'escalade dans l'affaire des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten[20].

Lors des élections de 2010, ils sont marginalisés par des fraudes massives, et boycottent le second tour.

Évolutions post-révolution[modifier | modifier le code]

La puissante confrérie panislamiste des Frères musulmans, longtemps traquée par le régime et contrainte au secret, se taille désormais une place de choix dans le paysage politique post-Moubarak : 75 % de la population ont une opinion « plutôt » ou « très favorable » des Frères, indique un sondage du Pew Research Center publié en avril 2011. Le Parti de la Liberté et de la Justice, leur appendice électoral, pourrait dominer l'assemblée constituante qui devrait être élue en novembre (le secrétaire général de l'organisation, Mahmoud Hussein, indique que les Frères visent entre 45 et 50 % des sièges). La confrérie et ses alliés islamistes dicteraient alors l'esprit et la lettre de la prochaine constitution de l'Égypte et seraient la principale force politique du pays.

Les tendances à l'éclatement du courant islamiste, déjà présentes sous le régime de la dictature, se renforcent après la révolution de 2011  :

  • l'aile modernisatrice et libérale se sépare des Frères en 1996 pour créer le parti Al-Wasat (« le Milieu »), animé par Aboul Ela Madi (né en 1959)[21] ;
  • les musulmans salafistes, plus rigoristes, possèdent leur propre parti, al-Nour (« la Lumière »)[22] ;
  • en mars 2011, un membre important, Ibrahim Al-Zaafarani, crée le Parti de la renaissance égyptienne (حزب النهضة المصري - Hizb Ennahda Al-Masry), qui se veut lui aussi plus moderniste[22] ;
  • le parti des Frères musulmans, le parti de la Liberté et de la Justice, créé le 6 juin, tient à l'écart les femmes et les jeunes, pourtant moteurs de la révolution du 25 janvier[23] ;
  • le 19 juin, Abdel Moneim Aboul Fotouh est exclu pour avoir fait acte de candidature à l'élection présidentielle[22] ;
  • le 21 juin, 150[24] Jeunes Frères font scission et fondent le Parti du courant égyptien (حزب التيار المصري — Hizb Al-Tayyar Al-Masry), qui se veut porté par l'esprit de la révolution, démocratique, laïc, et porté par les valeurs arabo-musulmanes, et non par la charia[22],[25].

Le 20 janvier 2012, le parti de la Liberté et de la Justice, dirigé par Mohamed Morsi, remporte les élections législatives[26].

Alors que le parti avait initialement promis de ne pas se présenter à la présidentielle[27], le parti de la Liberté et de la Justice choisit Mohammed Morsi pour briguer le poste. Le 24 juin 2012, il est déclaré vainqueur de l'élection[28].

L'écrivain Tharwat El-Kherbaoui, ancien membre des Frères musulmans, publie en 2012 un livre sur les Frères musulmans qui obtient le prix du livre politique 2012 à la Foire internationale du livre du Caire. El-Kherbaoui avait précédemment déclaré que les Frères suivaient un mélange d'idéologies de différents groupes[29],[30].

Le 3 juillet 2013, le président Mohamed Morsi est renversé par l'armée après des jours de manifestations populaires rassemblant des millions de personnes dans tout le pays et de nombreux dirigeants du PLJ et des Frères musulmans sont arrêtés par l'armée. Les Frères musulmans étaient devenus impopulaires et très critiqués, notamment par les pouvoirs extraordinaires que s'était octroyé le président, la rédaction expéditive d'une constitution par les islamistes, leurs prises de position remettant en cause l'égalité homme-femme ou encore des choix politiques ambigus, comme la nomination d'un ancien chef terroriste au poste de gouverneur de Louxor[27].

Le 18 août 2013, le Premier ministre du gouvernement d'intérim, Hazem El-Beblaoui, propose leur dissolution[7].

Le 20 août, le guide suprême des Frères musulmans Mohammed Badie est arrêté et placé en détention provisoire pour « incitation au meurtre ». Il est immédiatement remplacé par son adjoint Mahmoud Ezzat[1]. En décembre 2013, l'ancien Premier ministre islamiste Hicham Qandil est arrêté après avoir essayé de s'enfuir au Soudan[31].

Fin décembre, le gouvernement égyptien déclare officiellement le mouvement des Frères musulmans « organisation terroriste » ; ses membres sont donc désormais interdits de manifester[32].

Syrie[modifier | modifier le code]

En Syrie, le mouvement a été fondé dans les années 1930 par des étudiants syriens, anciens membres des Frères musulmans égyptiens. Le mouvement ne se considère pas comme un parti politique, car pour eux, tous les partis politiques sont des rassemblements d'athées. La confrérie joue un grand rôle en Syrie : c'est la principale force d'opposition au régime baathiste, elle est surtout présente dans les grandes villes du pays (Hama, Homs et Damas) et les classes populaires forment le gros des effectifs du parti[33].

Article détaillé : Insurrection islamique en Syrie.

Une répression sanglante par le régime de Hafez el-Assad[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, le mouvement initia une lutte armée contre le régime baasiste, organisant des attentats, etc.[34]. Interdit, il fit l'objet d'une répression très forte, notamment lors du massacre de Hama (1982)  : les Frères musulmans ont tenté de soulever la population contre le président Hafez el-Assad, mais ils ont échoué, et l'armée a durement réprimé cette révolte  : le centre-ville fut rasé et près de 20 000 personnes tuées[35],[36]. En juillet 1980, la loi no 49 - toujours en vigueur[35]- stipule qu'« est considéré comme criminel et sera puni de la peine capitale quiconque est affilié à l'organisation de la communauté des Frères musulmans[34]. »

Le 17 mars 2006, les Frères musulmans syriens créent à Bruxelles avec Abdel Halim Khaddam, vice-président syrien ayant fait défection, un Front de Salut National auquel adhèrent aussi des opposants arabes et kurdes venus de divers partis[37].

En 2009, au moment de la guerre de Gaza, la confrérie conclut une trêve avec le pouvoir syrien[38].

En juillet 2010, Ali Sadr ad-Din al-Bayanouni, le leader syrien des Frères musulmans depuis 1996, cède sa place à Mohammed Riyad Al Chaqfeh[37], qui rompt la trêve avec le régime[38].

Une présence majoritaire dans le Conseil national syrien, à titre officieux[modifier | modifier le code]

La confrérie n'est plus aujourd'hui une force politique en Syrie, mais elle maintient néanmoins un réseau d'appui mené depuis Londres et Chypre, sa direction se situant à Istanbul. Son financement provient essentiellement du Qatar et des pétromonarchies du Golfe[39]. Dans le contexte de la guerre civile syrienne, elle est par ailleurs majoritaire au sein du Conseil national syrien[40], bien que ses membres y siègent à titre individuel et non au titre de leur mouvement[38], et domine la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution selon l'universitaire Fabrice Balanche et l'opposant syrien Haytham Manaa[41].

Comme en Égypte, le mouvement (qui a adhéré à la Déclaration de Damas en 2005) a officiellement abandonné la violence, et demande l'installation d'une démocratie en Syrie, où le multipartisme serait assuré dans l'espoir de prendre le pouvoir par les urnes[39]. Il n'exige pas un État islamique mais la référence à la charia comme "l’une des bases de la législation"[42]. Dans le cadre de la guerre civile syrienne, il prône une intervention étrangère limitée[39].

Les partis kurdes accusent régulièrement les Frères musulmans de servir de cheval de Troie pour la Turquie[42].

Territoires palestiniens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hamas.
Les membres de la confrérie ont combattu aux côtés des armées arabes pendant la guerre israélo-arabe de 1948.

La confrérie se développe dans la Bande de Gaza, met en place un réseau d'aide social et fait construire l'Université islamique de Gaza.

Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) est créé en 1987, il est précisé dans la charte du Hamas que "le Mouvement de la résistance islamique est l'une des ailes des Frères musulmans en Palestine".

Le mouvement s'attire la sympathie d'une partie de la population, grâce à son programme d'aides sociales, ils construisent des écoles, des cliniques…

Le parti participe aux élections législatives de 2006 et promet de rétablir la sécurité, et de débarrasser le pays de la corruption. Le Hamas gagne les élections avec 74 sièges contre 45 pour le Fatah.

Un nouveau gouvernement est formé, et Ismaël Haniyeh en devient son Premier ministre. Néanmoins, celui-ci ainsi que son gouvernement est évincé par le président Mahmoud Abbas en juin 2007, lorsque les forces armées du Hamas prennent par la force le contrôle de la bande de Gaza.

[réf. nécessaire]

Irak[modifier | modifier le code]

La branche irakienne des Frères musulmans est le Parti islamique irakien créé à la fin des années 1950. Le groupe est entré en clandestinité après l’accession du parti Baas (laïc) au pouvoir.

À la chute de Saddam Hussein, le parti revoit le jour, et il se fait le porte-parole de la communauté sunnite du pays. Le parti, après avoir présenté 275 candidats aux élections législatives de janvier 2005, fait un appel au boycott, pour protester contre les opérations militaires menées par l’armée américaine à Falloujah. Ensuite, le parti s'implique plus fortement dans la vie politique nationale, pour promouvoir la communauté sunnite dans les instances gouvernementales. Le parti a appelé à voter "oui" lors du référendum pour la ratification de la nouvelle Constitution irakienne. Le mouvement possède également une chaîne de télévision, nommé "Bagdad". Le leader du parti est Tareq al-Hachemi.

Des partis islamiques kurdes sont également plus ou moins proches des Frères musulmans. L'Union islamique du Kurdistan est présente au Parlement kurde, mais reste minoritaire face à des partis laïques comme l'Union patriotique du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan.

[réf. nécessaire]

Yémen[modifier | modifier le code]

Abdul Majeed al-Zindani

Les premières cellules des Frères musulmans ont été créées au Yémen au début des années 60. Le mouvement pris par la suite une forme plus concrète avec l'arrivée de Abdul Majeed al-Zindani (en), en provenance d'Égypte. al-Zindani crée la branche des Frères musulmans au Yémen au début des années 70 et se consacre essentiellement à construire une organisation parallèle d'éducation religieuse nommée Université des sciences et technologies dans la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) [43].

Les Frères musulmans, avant la réunification, ne participent pas directement à la vie politique du Yémen, mais s'occupent de ce réseau d'éducation. C'est de cette façon que les Frères prient pied dans le pays, en profitant des fortes affiliations tribales et de la ferveur religieuse du peuple yéménite. Néanmoins, les Frères musulmans participent indirectement à toutes les étapes importantes de la transformation politique du Yémen depuis les années 70, en appuyant les mouvements qui les favorisent dans chacun des conflits. À la fin des années 70, les velléités socialistes du Yémen du Sud facilitent le rapprochement de leurs adversaires au nord, c'est-à-dire le régime de Ali Abdallah Saleh et les Frères islamiques. Le rapprochement se produit dans les faits, mais aucune collaboration n’est officielle [44].

Première participation politique des Frères musulmans au Yémen[modifier | modifier le code]

Lors des élections libres qui ont lieu après la réunification du Yémen en 1990, les Frères musulmans et leurs alliés tribaux fondent le parti politique Al-Islah et font leur entrée sur la scène politique. L'autorité organisationnelle de ce parti est essentiellement dans les mains des Frères musulmans, ils considèrent leurs alliés tribaux comme une simple façon d'obtenir une protection.

L'association entre le régime de Saleh et al-Islah, et par extension aux Frères musulmans, tient bon tant qu'ils ont des adversaires communs : les forces sécessionnistes du Yémen du Sud et le Parti socialiste yéménite. Après la guerre civile de 1994, qui consacre la défaite et l'exil des opposants à Saleh, l'alliance est moins nécessaire. Saleh s'attaque à défaire le parti al-Islah, principale opposition au parlement, et ordonne le démantèlement des instituts scientifiques, moyen d'enseignement et de recrutement des Frères musulmans depuis plus de 25 ans. L'influence des Frères musulmans décline jusqu'en 2011 [45].

Les Frères musulmans et la révolution yéménite[modifier | modifier le code]

Manifestations le 3 février à Sanaa, capitale du Yémen

Le printemps arabe yéménite prend la forme d'une mobilisation contre le gouvernement de Saleh. Au cri de « Irhal ! » (Dégage !), la contestation débute à Sanaa et s'étend aux villes d'Aden et de Ta'izz. Dans un premier temps spontanées, les manifestations, marches et occupations réunirent les divers groupes politiques, religieux et tribaux opposés au gouvernement et sont, dans un premier temps, qualifiées de « progressistes ».

La révolution s'étirant, elle dure de février 2011 jusqu'au départ de Saleh un an plus tard, une organisation plus durable des campements est nécessaire. C'est dans ce contexte que le parti politique al-Islah, et donc les Frères musulmans, entre en scène et reprend en main la révolution yéménite afin d'arriver au pouvoir. Les réseaux actifs de solidarité d'al-Islah, de même que l'Université des sciences et des technologies, leur permettent ce détournement de la révolution dès le mois de mars 2011. De sociale, la révolution devient alors religieuse.

Saleh abdique en février 2012 et des élections présidentielles ont lieu. Émaillé de violences dans le sud du pays, le scrutin se déroule le 21 février 2012 avec un seul candidat soutenu par tous les partis : Abd Rabo Mansour Hadi. Il est élu avec 99,80 % des voix [45].

Europe[modifier | modifier le code]

Une implantation en Europe comme relais suite aux déboires en Égypte et au Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

C’est dans les années 1950, à la suite de leurs déboires en Égypte et au Moyen-Orient, que les Frères musulmans débarquent en Europe, toujours avec le projet de constituer des bases d’islamisation. Le plus connu d’entre eux, Saïd Ramadan, obtient pour cela du prince saoudien Fayçal l’assurance d’un soutien financier. La guerre froide favorise la bienveillance de certains gouvernements vis-à-vis des ennemis du socialisme et ils ne sont pas inquiétés, parfois même discrètement soutenus[46]. Ils vont s’ implanter et se développer — sans toutefois se constituer en association portant leur nom — en synergie, mais aussi en rivalité avec d’autres factions idéologiquement proches, les wahhabites et les partisans de Maududi. Les premiers financent une grande partie de leurs entreprises. Ils s’appuient aussi sur une base de musulmans issus du Proche et Moyen-Orient venus en Europe faire leurs études.[réf. nécessaire] Aujourd'hui les représentants officiels européens sont Hani Ramadan et Youssef al-Qaradâwî.

En 1961, Saïd Ramadan, assisté de Pakistanais, fonde le Centre islamique de Genève et prend vers la même période la tête d’un organisme islamique munichois (futur Islamische Gemeinschaft in Deutschland) destiné à des transfuges musulmans de l’armée rouge. Les destinataires d’origine abandonnent le terrain aux partisans arabophones de Ramadan, qui dirigera l’organisme jusqu’en 1968, lorsqu’il sera évincé par son partenaire Ghaleb Hammit. Genève et Munich sont les deux premières bases européennes des Frères[47]. Une autre tentative de reprise d’un projet existant, destiné cette fois-ci à des vétérans indiens, a lieu en 1964 à Londres, avec moins de succès semble-t-il. Le terrain est occupé par les Pakistanais partisans de Maududi et leur mission islamique[48]. Toujours représentés par Saïd Ramadan, les Frères musulmans jouent un rôle important dans la fondation en 1962 de la Ligue islamique mondiale, organisme saoudien qui les financera en grande partie.

À partir des années 1970, les Saoudiens interviennent directement dans l’islam européen, établissant leurs propres centres et mosquées financés par la Ligue mondiale, parfois aux dépens des institutions fréristes. En 1973, les Frères musulmans participent à la fondation du Conseil islamique d’Europe, mais c’est surtout dans les années 1980 qu’ils reviennent sur le devant de la scène avec la fondation de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE) et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) (1983), émanation de la précédente. La majorité des cadres de l’UOIE sont membres de l’UOIF. Bien que ces deux organisations ne se reconnaissent pas officiellement comme satellites des FM, elles s’appuient essentiellement sur les idéologies d’Al-Banna, Qutb et Maududi, ainsi que sur les fatwas d’Al-Qardawi[49]. Fouad Alaoui avoue souvent rencontrer Al-Houweidi, « ambassadeur » des Frères en Europe. Par ailleurs, l’UOIF partage le projet panislamique des Frères musulmans[50].

Une implantation financière qui vient compléter cette implantation religieuse[modifier | modifier le code]

En 1988 est fondée la banque Al-Taqwa basée aux Bahamas, en Suisse et au Liechtenstein, qui comprend comme actionnaires, entre autres, G. Hammit et Youssef Al Qardawi ; elle devient le principal organisme financier du mouvement. Discrète, son rôle est mis en évidence à partir de 2001 où elle fait partie des organismes financiers soupçonnées d’aider le terrorisme. En 1996, les difficultés de financement en provenance du Golfe Arabo-Persique, conséquence d’une plus sévère surveillance, amènent la création du Fonds européen (European Trust) dont six administrateurs appartiennent à l’UOIE. Les deux organismes ont pendant une période le même directeur, Ahmed Al Rawi[51].

Une lutte pour rester un acteur de référence en Europe[modifier | modifier le code]

En 1997 voient le jour le Conseil européen de la fatwa (Dublin), dirigé par Al-Qardawi, et l’Association musulmane de Grande-Bretagne. Le premier organisme, sur lequel s’appuient l’UOIE et l’UOIF, s’est donné pour mission d’émettre des fatwas spécialement destinées aux musulmans vivant en Europe afin qu’ils puissent rester intégralement gouvernés par la charia. Le second a pour but de renforcer la présence frèriste face aux autres organisations islamiques britanniques puissantes comme le British Muslim Council. Deux instituts de formation d’imams liés à l’UOIE et à l’UOIF sont créés : l'Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon (1990) et l’European Institute for Humanitarian and Islamic Studies au Royaume-Uni. Par ailleurs, un fils de Saïd Ramadan, non officiellement membre des FM mais disciple déclaré de Hassan el Banna, exercent comme prédicateurs et activistes. Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève depuis 1995 et employé par l’Union des jeunes musulmans. Depuis leur résurgence, les Frères musulmans rivalisent avec d’autres groupes islamistes pour être reconnus comme interlocuteurs privilégiés des gouvernements européens et sous-traitant officiels des affaires islamiques. Ils cherchent à se positionner en modérés en comparaison de leurs concurrents (wahhabites, néosalafis, tablighs), tout en s’alliant avec eux dans certaines entreprises. Suivant une technique qui a fait ses preuves dans d’autres régions, les associations fréristes s’efforcent d’être les plus présentes sur le terrain.[réf. nécessaire]

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Le mouvement des Frères musulmans est un mouvement panislamique, la confrérie a donc des ramifications dans la plupart des pays à majorité musulmane, ainsi que dans de nombreux autres ayant une minorité musulmane.

En avril 2014, le gouvernement britannique charge les services de renseignement MI5 et MI6 d'enquêter sur les liens entre les Frères musulmans et le terrorisme sur son sol[52].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le principal objectif des Frères musulmans est l'instauration au lieu des régimes en place de républiques islamiques dans les pays à majorité musulmane telles que l'Égypte, la Libye, la Syrie, ou encore la Tunisie. Les Frères musulmans s'opposent ainsi aux courants laïques des nations à majorité musulmanes et préconisent un retour aux préceptes du Coran, impliquant autant un rejet des influences occidentales que des influences soufies qui, elles, préconisent une adaptation du Coran au temps. Le mot d’ordre de l’organisation est : « Allah (Dieu en arabe) est notre objectif. Le prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad -guerre 'juste', appelé improprement guerre sainte- est notre voie.[53] ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Egypte: les Frères musulmans se choisissent un nouveau guide par intérim, RFI, 20 août 2013.
  2. « Egyptian Regime Resasserts Its Absolute Disrespect of Law » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 6 février 2007
  3. (en) History of Muslim Brotherhood Movement Homepage (lire en ligne)
  4. Andrea Mura, « A genealogical inquiry into early Islamism: the discourse of Hasan al-Banna », Journal of Political Ideologies, vol. 17, no 1,‎ 2012, p. 61–85 (DOI 10.1080/13569317.2012.644986, lire en ligne)
  5. Résolution de la Douma, le 2 Décembre 2003, décision numéro « N 3624-III GD » sur l'application par la Douma de la Fédération de Russie de la Loi « sur la répression des activités des organisations terroristes sur le territoire de la Fédération de Russie » 
  6. Saudi Arabia declares Muslim Brotherhood 'terrorist group', BBC, 7 mai 2014
  7. a et b http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/08/20/qui-sont-les-freres-musulmans_3463229_3212.html
  8. Hassan el-Banna, Après les Frères musulmans, Le Caire, Maison de la pensée islamique, 1996, p. 34-38
  9. Hasan Al-Bannâ, Moudhakkirat al-dawa wal daiyya (Mémoires du message et du messager), Beyrouth, éd. 1970
  10. a, b et c Marie Vannetzel, « Les Frères Musulmans », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 17 décembre 2012
  11. Voir Carré et Seurat 2002, p. 221-222 ainsi que Sonia Dayan-Herzbrun, Femmes et politique au Moyen-Orient, L'Harmattan, 2005, 157 p. (ISBN 978-2747593915) p. 15 et 116.
  12. R. Dreyfuss, « Cold War, Holy Warrior », Mother Jones, janv.-fév. 2006
  13. « How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam », The Wall Street Journal, 12 juillet 2005.
  14. a, b et c Peter Dale SCOTT, La route vers le nouveau désordre mondial : 50 d'ans d'ambitions secrètes des États-Unis, Demi Lune (ISBN 978-2-917112-16-8)
  15. Dreyfuss, Devil's Game p. 73-79
  16. Cooley, Unholy Wars, p. 43
  17. « Pacific News Service, 25 juillet 2003 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30.
  18. Christophe Ayad, Benjamin Barthe, Isabelle Mandraud, Serge Michel et Hélène Sallon, « La mainmise de l'Arabie saoudite sur les révolutions arabes », Le Monde, 13 janvier 2014
  19. (en) Worldtribune.com, 28 juin 2007.
  20. « Caricatures de Mahomet : Histoire et conséquences d’une manipulation mondiale » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30 - Par Claude Moniquet, Président de l’ESISC
  21. Éric Rouleau, « Les impasses des mouvements islamistes en Égypte », Le Monde diplomatique, janvier 1998
  22. a, b, c et d Hélène Sallon, « Les Frères musulmans égyptiens rattrapés par la révolution », Printemps arabe, blog du Monde, publié le 27 juin
  23. Sonia Dridi, « Les Frères musulmans ont leur parti… sans jeune, ni femme », Rue89, publié le 1er mai 2011, consulté le 27 juin
  24. Hicham Mourad, « Scission chez les Frères », Al-Ahram Hebdo en ligne, no 877 du 29 juin au 5 juillet
  25. Nadéra Bouazza, « Égypte : les jeunes des Frères musulmans créent leur parti », L'Express, publié le 22 juin 2011, consulté le 27 juin
  26. Lefigaro.fr
  27. a et b Delphine Minoui, « La vie dans l'ombre des Frères », in Le Figaro, vendredi 25 octobre 2013, page 13.
  28. [1]
  29. (en) « Brotherhood insider book wins Cairo book fair award », Al-Ahram,‎ 6 février 2013
  30. « El-Kherbaoui : Les Frères musulmans ont « un système spécial » qui ressemble aux milices », sur Bonjour Égypte,‎ 18 décembre 2012
  31. « L'ancien premier ministre égyptien, Hicham Qandil, arrêté », in lemonde.fr, 24 décembre 2013.
  32. « Pour l'Égypte, les Frères musulmans sont terroristes », in Le Figaro, jeudi 26 décembre 2013, page 7.
  33. Hafez al Assad et le Parti Baas en Syrie, Pierre Guingamp, p. 46
  34. a et b Damas liquide les Frères musulmans, Jeune Afrique, 2 février 2004
  35. a et b Syrie : les Frères musulmans resurgissent, Algérie DZ, 11 avril 2005
  36. Profil de la Syrie sur le site de l'Université de Sherbrooke (Canada).
  37. a et b Que veulent… et que peuvent les Frères musulmans syriens ? (1/3), Ignace Leverrier pour Le Monde, 22 novembre 2011
  38. a, b et c « Syrie: que cherchent les Frères musulmans? », Mediapart, 1er octobre 2011
  39. a, b et c « Comment s'organise l'opposition intérieure en Syrie ? », Le Monde,‎ 8 août 2012
  40. « Burhan Ghalioun reconduit à la tête du Conseil national syrien », Le Monde,‎ 16 février 2012
  41. Les Frères musulmans renforcés dans l'opposition par l'arrivée d'Al-Khatib, France 24, 13 novembre 2012
  42. a et b Que veulent… et que peuvent les Frères Musulmans syriens ? (2.2/3), Ignace Leverrier pour Le Monde, 30 novembre 2011
  43. Yadav, S.P. (2010), Understanding “what Islamists want:” public debate and contestation in Lebanon and Yemen, Middle East Journal; Spring 2010, Vol. 64 Issue 2, p199 -213
  44. Sidahmed, A. S., Ehteshami A. (1996), Islamic Fundamentalism, Westview Press
  45. a et b Bonnefoy, L., Poirier M. (2012), La structuration de la révolution yéménite, Essai d'analyse d'un processus en marche, Revue Française de science politique, 2012/5, Vol. 62, p.895-913
  46. Selon un document des renseignements allemands, les États-Unis obtiennent de la Jordanie un passeport diplomatique pour Saïd Ramadan : « How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam », The Wall Street Journal, 12 juillet 2005 ; Lorenzo Vidino, « Die Eroberung Europas durch die Muslim-Bruderschaft », Middle East Quarterly, hiver 2005.
  47. How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam, The Wall Street Journal, 12 juillet 2005.
  48. Robert Dreyfuss Devil's Game: How the United States Helped Unleash Fundamentalist Islam New York: Henry Holt and Company, 2005 Lire le résumé en ligne
  49. Fiammetta Venner OPA sur l’islam de France : les ambitions de l'UOIF, Calmann-Lévy, mai 2005
  50. Selon l’un de ses cadres Ahmed Djaballah, le premier stade du travail de l’UOIF se fera suivant la démocratie, le second sera l’instauration d’une société islamique ; cité par Mohamed Sifaoui, La France malade de l'islamisme, Le Cherche Midi, Paris, 2002, p. 49-50.
  51. Islamic group's ties reveal Europe's challenge Ian Johnson The Wall Street Journal 29 12 2005
  52. Florentin Collomp, « [www.lefigaro.fr/international/2014/04/07/01003-20140407ARTFIG00036-londres-enquete-sur-les-activites-des-freres-musulmans-sur-son-sol.php Londres enquête sur les activités des Frères musulmans sur son sol] », Le Figaro, 7 avril 2014, page 8.
  53. "General Strategic goal for North America", original suivi d'une traduction, page 21 (7/18) par."4- Understanding the role of the Muslim Brother in North America:"

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrea Mura, « A genealogical inquiry into early Islamism: the discourse of Hasan al-Banna », Journal of Political Ideologies, vol. 17, no 1,‎ 2012, p. 61–85
  • Emmanuel Razavi, Frères musulmans : Dans l'ombre d'Al Qaeda, Éditions Jean Cyrille Godefroy,‎ 2005.
  • Xavier Ternisien, Les Frères musulmans, Fayard,‎ 2005.
  • Christophe Ayad, Géopolitique de l'Égypte, Bruxelles, Complexe,‎ 2002.
  • Latifa Ben Mansour, Frères musulmans, frères féroces : Voyages dans l'enfer du discours islamiste, Éditions Ramsay,‎ 2002.
  • Paul Landau, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères Musulmans à la conquête de l'Europe, Éditions du Rocher,‎ 2005.
  • Olivier Carré et Michel Seurat, Les frères musulmans (1928-1982), L'Harmattan,‎ 2002, 2e éd., 252 p. (ISBN 978-2296286924)