Gabriel Matzneff

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Gabriel Matzneff

Activités écrivain
Naissance 12 août 1936 (77 ans)
Neuilly-sur-Seine
Langue d'écriture français
Genres roman, essai, journal intime, chroniques, poésie
Distinctions Prix Renaudot de l'essai (2013)

Œuvres principales

  • Le Défi (1965)
  • Les Moins de seize ans (1974)
  • Ivre du vin perdu (1981)
  • Mes amours décomposés (1990)
  • Carnets noirs 2007-2008 (2009)
  • Séraphin c'est la fin ! (2013)

Gabriel Matzneff, né le 12 août 1936 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gabriel Matzneff est issu d'une famille de hobereaux russes émigrée en France après la révolution de 1917. Ses parents divorcent dans sa prime enfance, et ses premières années sont assez chaotiques, entre tensions familiales et Seconde Guerre mondiale.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il évolue dès son plus jeune âge dans le milieu raffiné et cultivé des Russes blancs émigrés de Paris, où religion et littérature nourrissent également les esprits. Il demeure pétri de cette atmosphère particulière, et y fait référence à de nombreuses reprises dans son œuvre, particulièrement dans ses trois premiers romans.

Dès l'âge de dix ans, il monte à cheval. Il gagne son premier concours hippique à treize ans. Après son service militaire, il coupera toute relation avec le monde du cheval.

En 1953, il commence à tenir son journal intime, qu'il publie progressivement à partir de 1976. Il l'achève le 31 décembre 2008[1].

À partir de 1954, il étudie les Lettres classiques à la Sorbonne, où il suit également des cours de philosophie, notamment ceux de Jankélévitch et Deleuze, tout en étudiant le russe aux Langues orientales.

En 1957, il rencontre Henry de Montherlant, dont il demeure un fidèle et un intime, malgré des brouilles intermittentes, jusqu'au suicide de ce dernier en 1972. Il dispersera ses cendres, avec son exécuteur testamentaire Jean-Claude Barat, sur le forum romain et dans le Tibre[2].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

En 1959, il part en Algérie pour faire de l'épigraphie latine. Il y écrit son essai sur le suicide chez les anciens Romains (qui sera recueilli dans Le Défi) et il y retournera à de nombreuses reprises. Le 6 novembre 1959, il est incorporé dans un régiment d'infanterie coloniale. Ses camarades lui donneront le surnom de « Gab la Rafale », car il excelle au fusil mitrailleur.

À son retour à Paris, en 1961, il commence à publier des textes dans des revues (telles la revue de théologie orthodoxe Contacts ou La Table ronde) et dans le quotidien Combat, dont le directeur, Philippe Tesson, finit par lui proposer, en octobre 1962, d'écrire une chronique chaque jeudi à la une du journal.

Il ne cessera, à partir de cette date, de collaborer à de nombreux organes de presse, de couleurs politiques fort diverses : Aux Écoutes, Notre République, La Nation française, Pariscope, Les Nouvelles littéraires, Matulu, Le Nouvel Adam, Le Quotidien de Paris, Le Figaro, Le Monde, Impact Médecin, La Revue des Deux Mondes, Newmen, L'Idiot international, Le Choc du mois. On peut aujourd'hui le lire dans La Revue Littéraire, L'Indépendance, Éléments , La Presse littéraire et Le Point.

Il est alors proche de François Mitterrand, dont il a écrit, avant même qu'il ne soit candidat à l'élection présidentielle de 1965, qu'il était « le seul homme d'État de la gauche[3] ». Mitterrand, alors Président de la République, écrira un article sur lui témoignant de leur amitié[4].

En 1964, il participe à la création du Comité de coordination de la jeunesse orthodoxe. Il sera, de même, à l'origine de l'émission télévisée « Orthodoxie », dont il demeurera le coproducteur jusqu'en 1972, année où, son divorce d'avec Tatiana (épousée en 1970) ayant entraîné chez lui une crise religieuse, il se défera de ces deux charges. Il rencontre Hergé la même année, en décembre. Leur amitié ne cessera qu'à la mort de ce dernier, en mars 1983.

Son premier livre, Le Défi, qui est un recueil d'essais, paraît en 1965. Son premier roman, L'Archimandrite, dont il a commencé la rédaction pendant son service militaire, paraît en 1966.

En avril 1967, il séjourne en URSS et en République populaire de Pologne. Il y passe en fraude des livres interdits, rencontre des poètes et des peintres contestataires, ainsi que des familles de prisonniers politiques. Il rapporte en France des œuvres d'intellectuels et d'artistes russes dissidents.

Il fait dans les années 1970, en particulier en 1970 et 1971, de nombreux voyages au Proche-Orient, en particulier au Liban, en Égypte, en Syrie et, plus tard, en Libye. Il s'engage fortement, dans la presse et dans son livre Le Carnet arabe, auprès des Palestiniens, dont il s'éloignera plus tard, à mesure qu'ils se rapprocheront des courants islamistes. Il publie plusieurs livres durant la même période, dans des genres très différents.

Son travail d'écrivain est reconnu, depuis ses débuts, comme l'un des plus originaux de son époque. Outre Montherlant et Hergé, François Mauriac, Louis Aragon, Cioran (dont il deviendra un des plus proches amis), Dominique de Roux, Jean d'Ormesson, Jean Dutourd, Guy Hocquenghem, Jean-Louis Bory ou Claude Mauriac manifestent de la sympathie et de l'enthousiasme à son égard. Le critique Pol Vandromme écrit de lui, en 1974, qu'il est « le premier écrivain de sa génération[5] ».

En 1995, des lecteurs créent une Société des amis de Gabriel Matzneff, qui est dissoute en 2006.

Depuis 2004, les archives de Gabriel Matzneff sont déposées à l'IMEC.

Le premier ouvrage collectif consacré à son œuvre paraît à l'automne 2010[6].

Après 1990, à la suite d'une polémique retentissante autour de son goût affiché pour les jeunes partenaires sexuels, il s'éloigne partiellement de la vie publique, mais continuera de publier régulièrement romans, essais, tomes de son journal intime, poèmes. Ses livres sont moins présents dans les médias et les journaux qu'avant la controverse. Il continue cependant de trouver des soutiens auprès d'écrivains tels que Philippe Sollers, Roland Jaccard, Patrick Besson, Bernard-Henri Lévy, Dominique Noguez ou Christian Giudicelli. Certains, dans la nouvelle génération, le revendiquent comme un maître, notamment Frédéric Beigbeder, Nicolas Rey, Christian Authier, Vincent Roy et Franck Delorieux. Le critique et écrivain Hugo Marsan le qualifie en 1993 de « dandy oublié »[7].

Polémiques autour du goût de l'écrivain pour les « moins de seize ans »[modifier | modifier le code]

En 1974, paraît un essai, Les Moins de seize ans, dans lequel Gabriel Matzneff expose son goût pour les « jeunes personnes », soit les mineurs des deux sexes. Dans cet ouvrage, Matzneff use du terme « enfant » pour désigner indifféremment les enfants et les jeunes adolescents, sans évoquer la notion de puberté. Il écrit :

« Ce qui me captive, c'est moins un sexe déterminé que l'extrême jeunesse, celle qui s'étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être — bien plus que ce que l'on entend d'ordinaire par cette formule — le véritable troisième sexe. Seize ans n'est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge. (..) En revanche, je ne m'imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (...) Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l'être. À mes yeux l'extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. »

Gabriel Matzneff revendique pour lui-même la qualification de « pédéraste », soit un « amant des enfants ». Il dénonce par ailleurs le fait que le « charme érotique du jeune garçon » soit nié par la société occidentale moderne « qui rejette le pédéraste dans le non-être, royaume des ombres »[8]. Il ajoute plus loin : « les deux êtres les plus sensuels que j'aie connus de ma vie sont un garçon de douze ans et une fille de quinze »[9]. Pour Matzneff, « curieusement, l'amour des gosses est dans l'esprit des gens lié à l'idée de violence. Pour eux, un satyre ne peut être qu'un sadique. (...) Un enfant ne peut disposer ni de son cœur, ni de son corps, ni de son amour, ni de ses baisers. Un enfant appartient à ses parents et à ses maîtres. Ce sont eux qui en ont l'usage exclusif. Pourtant, c'est nous que ces nauséabonds personnages accusent de détournement de mineur ». Il ajoute que « n'importe quelle personne qui aime les gosses peut témoigner qu'ils draguent ferme ou (ce qui revient au même) excellent dans l'art de se faire draguer. (...) Tout récemment encore (...) je me suis fait aborder rue Gay-Lussac, à Paris, par un mômichon d'une douzaine d'années qui avait peut-être envie que je lui paye le ciné, mais qui avait surtout envie d'autre chose. Il y a des gosses qui sont très sages, c'est exact, mais il y a aussi des gosses qui sont très putes. » Commentant un fait divers au cours duquel un quinquagénaire avait, au cours de « ballets roses », abusé de fillettes âgées de onze à quinze ans, Matzneff estime qu'« il n'y a pas un homme normalement constitué qui lise le croustillant récit des amours de Tonton Lucien sans bander et songer qu'il aurait bien aimé être à sa place ». Pour lui, au sujet de la prostitution des mineurs, « chacun donne ce qu'il a, l'oiseau son chant, la fleur son parfum, le créateur son œuvre, la cuisinière ses bons petits plats, le sage vieillard sa sagesse, le riche son argent, le bel enfant sa beauté. En outre, si violence il y a, la violence du billet de banque qu'on glisse dans la poche d'un jean ou d'une culotte (courte) est malgré tout une douce violence. Il ne faut pas charrier. On a vu pire[10]. »

Matzneff admet cependant l'existence d'« ogres », d'abuseurs sadiques d'enfants : il se souvient avoir « toujours eu un faible pour les ogres » et avoir suscité la polémique en relativisant, dans les colonnes de Combat, le crime de Lucien Léger, ou l'affaire des meurtres de la lande, achevant cependant son propos en dénonçant la « confusion » entre les criminels et l'ensemble des « pédérastes », qui apportent aux « enfants » « la joie d'être initiés au plaisir, seule “éducation sexuelle” qui ne soit pas une foutaise »[11]. Pour l'universitaire américain Julian Bourg, la distinction opérée ainsi par Matzneff relève d'un désir de défendre les « pédophiles bien intentionnés comme lui »[12].

Matzneff qualifie en 1994 son livre de « suicide mondain » et reconnaît : « C'est des Moins de seize ans que date ma réputation de débauché, de pervers, de diable. » Il déplore par ailleurs le fait que « les impostures de l'ordre moral n'ont jamais été aussi frétillantes et bruyantes. La cage où l'État, la société et la famille enferment les mineurs reste hystériquement verrouillée »[13].

Matzneff revient sur ses goûts sexuels dans plusieurs de ses livres, notamment dans les différents tomes de son journal intime. Déjà scandaleuses à l'époque de leur parution, ces confessions lui vaudront plus tard d'être de plus en plus controversé, surtout à partir des années 1990, durant lesquelles la question de la pédophilie est devenue une préoccupation croissante.

Gabriel Matzneff et le philosophe René Schérer viennent témoigner au procès du pédophile Jacques Dugué, en faveur de ce dernier. En 1982, Matzneff est, comme Schérer, impliqué à tort dans l'affaire du Coral[14], ce qui provoque son renvoi du journal Le Monde, où il tenait une chronique hebdomadaire depuis 1977.

En 1990, Matzneff publie Mes amours décomposés, son journal intime pour les années 1983-1984, dans lequel il évoque sa vie quotidienne, ses amours avec de multiples partenaires dont plusieurs adolescentes âgées de quatorze à seize ans, et son renvoi du Monde à la suite de l'affaire du Coral. Il raconte également son voyage à Manille, aux Philippines, au cours duquel il se livre au tourisme sexuel. Il écrit notamment, au cours de ce passage : « Un joli gamin, pétillant de malice, parlant un bon anglais, écolier bien propre, treize ans. Il n'a pas voulu que je le baise, mais il m'a sucé à merveille et m'a fait jouir[15] » ; « la peau douce, le corps gracile, la bouche industrieuse, le culo divino d'un Gilbert, treize ans, d'un Normin, douze ans, me donnent beaucoup de plaisir, mais un corps de très jeune fille aux formes non totalement épanouies mais déjà esquissées me trouble davantage. N'en déplaise à ceux qui me tiennent pour un amateur de petits garçons qui a parfois des faiblesses pour les filles, c'est le contraire qui est vrai. (...) Ici, à Manille, de l'autre côté du globe, je goûte aux suprêmes joies de la liberté — y compris celle de ne pas faire l'amour, tout en n'ayant qu'un geste à faire pour avoir aussitôt dans mon lit une fille de quatorze ans ou un garçon de douze[16]. » À Manille, il fréquente notamment des occidentaux venus à la recherche de contacts sexuels, comme Edward Brongersma, juriste et homme politique néerlandais et défenseur connu de la pédophilie, intéressé par des rencontres avec « les jeunes personnes les plus jeunes »[17]. En conclusion de son voyage, Matzneff écrit : « Amoureusement, ce que je vis en Asie est très inférieur à ce que je vis en France, même si les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare. Oui, un piment, mais seulement un piment : une épice, et non le plat de résistance[18]. »

Le 2 mars 1990, peu après la sortie du livre, sur le plateau de l'émission de télévision Apostrophes présentée par Bernard Pivot, un face-à-face tendu oppose Gabriel Matzneff à l'écrivain québécoise Denise Bombardier. Cette dernière, choquée par Mes amours décomposés, compare Matzneff à ces « messieurs qui attirent des enfants avec des bonbons ». Gabriel Matzneff se retire alors pour un temps de la vie publique. Il se dit plus tard convaincu que Denise Bombardier n'avait pas lu son ouvrage[19]. Matzneff reçoit encore, des années plus tard, des soutiens de la part de la presse française et des milieux intellectuels. Christine Angot estime ainsi qu'« Elle prouve, cette femme [Denise Bombardier], que ce qui dérange, ce n'est pas ce qu'il fait dans la vie, c'est l'écriture. Elle lui reproche en fait d'être un écrivain, c'est ça qui la dérange »[19]. En 2009, un article du Figaro estime que « Matzneff fut la proie d'un néopuritanisme conquérant »[20]. Dans Libération, Pierre Marcelle écrit : « Voici déjà pas mal d'années, il me semble avoir entendu Mme Denise Bombardier franchir, chez M. Bernard Pivot, le mur du son. J'en conserve le souvenir, un peu flou mais encore suffisamment effrayant, d'éructations appuyées et de glapissements torquemadesques — il était question de pédophilie — dont ce pauvre Gabriel Matzneff, je crois, fut la cible. C'était bien avant l'affaire Dutroux, mais déjà Christine Boutin pointait sous Bombardier[21]. »

A contrario, Le Nouvel Observateur parle en 1993 de « viol au nom de la littérature » et cite Marie-France Botte et Jean-Paul Mari, auteurs du livre Le Prix d'un enfant, consacré à la prostitution enfantine dans le tiers-monde ; ces derniers estiment que « Matzneff est un personnage public. Lui permettre d'exprimer au grand jour ses viols d'enfants sans prendre les mesures nécessaires pour que cela cesse, c'est donner à la pédophilie une tribune, c'est permettre à des adultes malades de violenter des enfants au nom de la littérature[22]. »

Le psychiatre Bernard Cordier estime en 1995 qu'« un écrivain comme Gabriel Matzneff n'hésite pas à faire du prosélytisme. Il est pédophile et s'en vante dans des récits qui ressemblent à des modes d'emploi. Or cet écrivain bénéficie d'une immunité qui constitue un fait nouveau dans notre société. Il est relayé par les médias, invité sur les plateaux de télévision, soutenu dans le milieu littéraire. Souvenez-vous, lorsque la Canadienne Denise Bombardier l'a interpellé publiquement chez Pivot, c'est elle qui, dès le lendemain, essuya l'indignation des intellectuels. Lui passa pour une victime : un comble ! (...) Je ne dis pas que ce type d'écrits sème la pédophilie. Mais il la cautionne et facilite le passage du fantasme à l'acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu'ils ne sont pas les seuls de leur espèce. D'ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l'égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments : si des gens éclairés défendent cet écrivain, n'est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d'arrière-garde[23] ? »

Le psychanalyste Pierre Lassus déclare quant à lui, en 2003 : « Matzneff n'écrit pas de romans, mais des journaux, comme il est spécifié, qu'il rend publics, et où il raconte avec délectation des viols sur des enfants de douze ans ». Pierre Lassus a plusieurs fois dénoncé la complaisance culturelle et médiatique dont bénéficie Gabriel Matzneff, faisant notamment campagne en 2000 pour que l'écrivain n'obtienne pas le Prix de l'Académie française (finalement remporté cette année-là par Pascal Quignard)[24].

Gabriel Matzneff récuse pour sa part l'amalgame de l'amour des adolescents avec la pédophilie et déclare en 2002 : « Lorsque les gens parlent de « pédophilie », ils mettent dans le même sac le salaud qui viole un enfant de huit ans et celui qui vit une belle histoire d’amour avec une adolescente ou un adolescent de quinze ans. Pour ma part, je méprise les salauds qui abusent des enfants et je suis partisan de la plus grande sévérité à leur égard. Mais les gens confondent tout. Pour eux, le mot « enfance » est un mot générique qui désigne aussi bien un bambin de trois ans à la crèche qu’un élève de première au lycée. Les gens ont de la bouillie dans la tête. S’ils n’avaient pas de la bouillie dans la tête, ils ne confondraient pas des petits enfants qui ne sont pas maîtres de leurs décisions, qui peuvent être abusés et violés, avec des adolescents de l’un et l’autre sexe qui ont le droit de découvrir le plaisir, l’amour, la passion[25]. »

L'attribution le 4 novembre 2013 du prix Renaudot de l'essai pour son ouvrage Séraphin c'est la fin ! relance la polémique au sujet de sa pédophilie[26],[27].

Thèmes récurrents dans ses ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le libertinage.
  • La foi religieuse, l'amour de la liturgie orthodoxe, l'intérêt pour le jansénisme.
  • Les références à l'antiquité, au stoïcisme (notamment sur la question du suicide), à l'épicurisme, au pyrrhonisme, ainsi qu'aux poètes latins.
  • Le dandysme, le goût du dilettantisme, des voyages, le refus des contraintes sociales.
  • La pédophilie, l'éphébophilie et la pédérastie (cf. ci-dessus).
  • Les idées politiques : la revendication d'idées anarchistes (sans rattachement à un courant particulier) et la permanence du sentiment monarchiste (tendance Romanov), un anarchisme paradoxal.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Journaux intimes

Le titre originel de la série, jusqu'en 2009, était « Journal », aussi bien aux éditions de la Table ronde, de 1976 à 1991, qu'aux éditions Gallimard, de 1990 à 2007. Selon le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, à partir de 2009, avec la publication aux éditions Léo Scheer, un nouveau titre d'ensemble aurait été adopté : « Carnets noirs »[28].

Romans
Essais
  • Le Défi, éditions de la Table ronde, Paris, 1965. Nouvelle édition, revue et augmentée, éditions de la Table ronde, Paris, 1977, 207 p., (notice BnF no FRBNF35001130h).
  • La Caracole, éditions de la Table ronde, Paris, 1969
  • Les Moins de seize ans, éditions Julliard, coll. « Idée fixe », Paris, 1974 (première édition), 125 p., (notice BnF no FRBNF34559062j).
  • Les Passions schismatiques, éditions Stock, coll. « Le Monde ouvert », Paris, 1977 160 p., (ISBN 2-234-00771-2), (notice BnF no FRBNF345867642).
  • La Diététique de Lord Byron, éditions de la Table ronde, Paris, 1984, 215 p., (ISBN 2-7103-0185-7), (notice BnF no FRBNF34752435d).
  • Le Sabre de Didi : pamphlet, éditions de la Table ronde, Paris, 1986, 266 p., (ISBN 2-7103-0298-5), (notice BnF no FRBNF348777816). — Édition revue et augmentée de La Caracole. — Recueil de textes de diverses provenances, parus entre 1963 et 1986.
  • Le Taureau de Phalaris : dictionnaire philosophique, éditions de la Table ronde, Paris, 1987, 300 p., (ISBN 2-7103-0313-2), (notice BnF no FRBNF34908696x). Réédition en 1994 en coll. « La Petite Vermillon ».
  • Maîtres et complices, éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 1994, 313 p., (ISBN 2-7096-1485-5), (notice BnF no FRBNF36680568w). — Réédition : coll. « La Petite Vermillon ».
  • Le Dîner des mousquetaires, éditions de la Table ronde, Paris, 1995, 408 p., (ISBN 2-7103-0686-7), (notice BnF no FRBNF357894722). — Recueil d'articles de diverses provenances, parus entre 1961 et 1993.
  • De la rupture, éditions Payot & Rivages, coll. « Manuels Payot », Paris, 1997, 167 p., (ISBN 2-228-89070-7), (notice BnF no FRBNF35860367s).
  • C'est la gloire, Pierre-François !, éditions de la Table ronde, Paris, 2002, 284 p., (ISBN 2-7103-2479-2), (notice BnF no FRBNF388062554). — Recueil de textes, de provenances diverses, parus entre 1962 et 2001.
  • Yogourt et yoga, éditions de la Table ronde, coll. « Vermillon », Paris, 2004, 267 p., (ISBN 978-2-7103-2671-7), (notice BnF no FRBNF39140535n). — Recueil de textes, de provenances diverses, parus entre 1962 et 2003.
  • Vous avez dit métèque ?, éditions de la Table ronde, Paris, 2008, 415 p., (ISBN 978-2-7103-3087-5), (notice BnF no FRBNF41362523w)? — Recueil de 107 chroniques publiées entre 1958 et 2007
  • La Séquence de l'énergumène, éditions Léo Sheer, 2012, 340 p., (ISBN 2-7561-0360-8) - Chroniques sur les émissions de télévision des années 60.
  • Séraphin c'est la fin !, Paris, La Table Ronde, 2013, 266 p. ((ISBN 978-2-7103-7006-2)) qui obtient le Prix Renaudot de l'essai 2013[29].
Récits
  • Le Carnet arabe, éditions de la Table ronde, Paris, 1971, 231 p., (notice BnF no FRBNF35173361f). — Réédition : coll. « La Petite Vermillon ».
  • Comme le feu mêlé d'aromates : récit, éditions de la Table ronde, Paris, 1989, 176 p., (ISBN 2-7103-1168-2), (notice BnF no FRBNF35001130h).
  • Boulevard Saint-Germain, éditions du Rocher, coll. « La fantaisie du voyageur », Monaco et Paris, 1998, 194 p., (ISBN 2-268-03059-8), (notice BnF no FRBNF37069451r).
  • Monsieur le comte monte en ballon, Paris, Éditions Léo Scheer, 2012, 72 p. (ISBN 978-2-7561-0387-7)
Poèmes

Sur Gabriel Matzneff[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Philippe Delannoy, Gabriel Matzneff, Éditions du Rocher, 1992
  • Vincent Roy, Matzneff, l'exilé absolu, Michalon, 2003
  • Gabriel Matzneff, collectif sous la direction de Florent Georgesco, Éditions du Sandre, 2010

Chapitre[modifier | modifier le code]

  • Anne-Claire Gignoux, « Formes et fonctions de l’intertextualité dans un livre de sagesse : De la rupture, de Gabriel Matzneff », dans Sylvie Freyermuth, Le registre sapiential: le livre de sagesse ou les visages de Protée, Bern, P. Lang,‎ 2007, p. 231-242

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chronique du 14/03/2009 », matzneff.com.
  2. Cf. « Le tombeau de Montherlant », Le Défi.
  3. Cf. « Le chancre mou », in Le Sabre de Didi, p. 62.
  4. « Matzneff à l'Élysée », La Feuille littéraire, janvier 1989. Repris in Gabriel Matzneff, Éditions du Sandre, 2010, p. 258.
  5. Le Rappel de Charleroi, 27 avril. Repris in Gabriel Matzneff, Éditions du Sandre, 2010, p. 271.
  6. Éditions du Sandre..
  7. Hugo Marsan, « La cérémonie des aveux », Le Monde, 26 mai 1993.
  8. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, p. 21-25, 29.
  9. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, p. 65.
  10. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, p. 37-42.
  11. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, p. 42-46.
  12. Julian Bourg, « French pedophiliac discours of the 1970s », in Between Marx and Coca-Cola: youth cultures in changing European societies, 1960-1980, Berghahn Books, 2005, p. 298.
  13. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, préface, p. 12-13.
  14. Entretien de Gabriel Matzneff avec Antoine Perruchot, paru en 1982 dans l'hebdomadaire Gai pied, sous le titre « L'Archange aux pieds nus », reproduit sur le site matzneff.com.
  15. Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés : journal 1983-1984, Gallimard, 1990, p. 222.
  16. Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés : journal 1983-1984, Gallimard, 1990, p. 226-227, 232.
  17. Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés : journal 1983-1984, Gallimard, 1990, p. 233.
  18. Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés : journal 1983-1984, Gallimard, 1990, p. 233-234.
  19. a et b « Bombardier contre Matzneff », canoe.ca, 23 novembre 2001.
  20. « Denise Bombardier Gabriel Matzneff », Le Figaro, 22 janvier 2009.
  21. Florence Guernalec, « Y a-t-il une affaire Cohn-Bendit ? », Linternaute.com.
  22. « Censurer Gabriel Matzneff ? », Le Nouvel Observateur, 11-17 novembre 1993.
  23. « Non au prosélytisme », L'Express, 2 février 1995.
  24. « Droit des romanciers : la censure a plusieurs visages », L'Express, 1er mars 2003.
  25. « Gabriel Matzneff : “Le décervelage est à l’ordre du jour.” », L'Humanité, 13 novembre 2002.
  26. Non Gabriel Matzneff, la pédophilie n'est pas un « style de vie », Charlotte Pudlowski, Slate.fr, 19 novembre 2012.
  27. Quand le prix Renaudot Essai est attribué à Gabriel Matzneff, défenseur de la pédophilie, Dom Bochel Guégan, Le Nouvel Observateur, 9 novembre 2013.
  28. Notice de collection ou de série no FRBNF34306951, dans le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
  29. Gabriel Matzneff remporte le Renaudot essai pour Séraphin, c'est la fin !

Liens externes[modifier | modifier le code]

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