Susan Sontag

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Susan Sontag

Nom de naissance Susan Rosenblatt
Activités Essayiste, romancière
Naissance 16 janvier 1933
New York
Décès 28 décembre 2004
New York
Langue d'écriture Américain
Distinctions Prix Prince des Asturies 2003

Susan Sontag, née Rosenblatt à New York le 16 janvier 1933, décédée le 28 décembre 2004 à New York, est une essayiste et romancière américaine.

Sommaire

Sa vie[modifier]

Elle passe son enfance et son adolescence à Tucson, Arizona puis à Los Angeles en Californie. Sa mère d'origine polonaise, était institutrice, son père, né en Estonie, un négociant en fourrures mort en Chine alors qu'elle avait 5 ans.

Lectrice précoce à 3 ans, elle fréquente l'université dès ses 16 ans en 1949. Elle épouse à 17 ans un assistant d'université de 28 ans, Philip Rieff. Elle donne naissance à un fils, David, à l'âge de 19 ans et divorce de Rieff en 1959. À 26 ans, elle est un temps enseignante en philosophie des religions à l'université Columbia, puis participe à plusieurs magazines américains et britanniques comme Partisan Review, The New Yorker, Granta ou le supplément littéraire du Times.

Elle arrive à Paris en 1951.

Elle s'est fait connaître par ses essais sur la littérature et l'art. Elle est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages traduits dans plus de 30 langues ; son premier roman, Le Bienfaiteur, est paru en 1965.

Engagée à gauche, proche de Roland Barthes et compagne de la photographe Annie Leibovitz de la fin des années 1980 à sa mort , elle fut connue pour son engagement politique contre la guerre du Viêt Nam, puis plus tard contre la guerre contre l'Irak et contre la torture pratiquée dans la prison irakienne d'Abu Ghraib.

En 2000, le National Book Award, l'un des plus prestigieux prix littéraires américains, lui a été attribué. Elle a également reçu le prix Jérusalem pour l'ensemble de son œuvre. Elle avait aussi tourné quatre films et mis en scène des pièces pour le théâtre.

Son essai Sur la photographie est considéré comme l'un des ouvrages de réflexion les plus importants sur le sujet. Laborieusement écrits en cinq ans (de 1973 à 1977), les six volumes ont fortement influencé toute la pensée sur la photographie avec notamment ce constat : « Écrire sur la photographie, c'est écrire sur le monde ».

Elle passe la fin de sa vie avec la photographe Annie Leibovitz et meurt d'une leucémie à l'âge de 71 ans à New York à l'hôpital Sloane Kettering en décembre 2004. Susan Sontag est enterrée à Paris, au cimetière du Montparnasse.

Tombe de Susan Sontag
Tombe de Susan Sontag - détail

Controverses[modifier]

Le cancer de l'humanité[modifier]

Sontag s'est attiré des critiques pour avoir écrit en 1967 dans Partisan Review :

« Mozart, Pascal, l'algèbre booléenne, Shakespeare, le parlementarisme, les églises baroques, Newton, l'émancipation des femmes, Kant, les ballets de Balanchine, et al. n'absolvent pas ce que cette civilisation particulière a infligé au monde. La race blanche est le cancer de l'Histoire humaine[1]. »

Selon le journaliste Christopher Hitchens, Sontag s'est par la suite rétractée, disant que « cela diffamait les cancéreux[2] ».

Plagiat[modifier]

Fascisme à visage humain[modifier]

À un rassemblement new-yorkais en soutien à Solidarność en 1982, Sontag déclara que « les gens de gauche », comme elle, « ont de bonne grâce ou à contre-cœur raconté beaucoup de mensonges[3] ». Elle ajouta qu'ils

« croyaient à, ou du moins appliquaient, un deux poids, deux mesures au langage angélique du communisme […] Le communisme est un fascisme — un fascisme qui a réussi, si vous voulez. Ce que nous avons appelé fascisme est, plutôt, la forme de tyrannie qui peut être renversée — qui a, en grande partie, échoué. Je répète : non seulement le fascisme (et le gouvernement militaire déclaré) est la probable destinée de toutes les sociétés communistes — particulièrement quand leur population est amenée à se révolter —, mais le communisme est en lui-même une variante, la variante la plus efficace, du fascisme. Un fascisme à visage humain […] Imaginez, si vous voulez, quelqu'un qui lisait seulement le Reader's Digest [magazine généraliste] entre 1950 et 1970, et quelqu'un à la même période qui lisait seulement The Nation ou le New Statesman [journaux de gauche]. Quel lecteur eût été le mieux informé au sujet des réalités du communisme ? La réponse, je crois, devrait nous faire réfléchir. Se pourrait-il que nos ennemis eussent raison[3] ? »

Le discours de Sontag « récolta des huées et des cris du public ». The Nation publia son discours, excluant le passage comparant le magazine au Reader's Digest, et les réactions d'autres intellectuels au discours. Les réponses varièrent, certains soutenant qu'elle avait trahi ses idéaux[3].

Œuvres[modifier]

Romans[modifier]

  • 1965 : Le Bienfaiteur
  • 1967 : Derniers recours (trad. française : Christian Bourgois éditeur, 2011)
  • 1992 : L'Amant du volcan (trad. française : Christian Bourgois éditeur, 2011)
  • 1999 : En Amérique (National Book Award)

Essais[modifier]

  • 1966 : Against Interpretation and other essays
  • 1969 : Voyage à Hanoï
  • 1977 : Sur la photographie (trad. française : Christian Bourgois éditeur, 1982)
  • 1978 : La maladie comme métaphore (trad. française : Christian Bourgois, 1979)
  • 1982 : L'Écriture même : à propos de Roland Barthes (trad. française : Christian Bourgois, 1979, rééd. 2009)
  • 1988 : Le sida et ses métaphores (trad. française : Christian Bourgois, 1989)
  • 2003 : Devant la douleur des autres (Prix de la paix à la foire du livre de Francfort)
  • 2005 : Temps forts
  • 2005 : avec Pérètz Kidron : Refuznik !: les soldats de la conscience en Israël, Golias, 2005. (ISBN 2914475691)
  • 2008 : Garder le sens mais altérer la forme
  • 2010 : L'œuvre parle
  • 2010 : Renaître

Distinctions[modifier]

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • (de) Daniel Schreiber, Susan Sontag : Geist und Glamour. Biographie, Aufbau, Berlin, 2007, 342 p. + pl. (ISBN 978-3-351-02649-3)
  • (en) Phillip Lopate, Notes on Sontag, Princeton University Press, Princeton, Oxford, 2009, VI-247 p. (ISBN 978-0-691-13570-0)
  • (en) Annalisa Zox-Weaver (intro.), « On Susan Sontag », in Women's studies, numéro spécial, n° 8, décembre 2008, vol. 37, p. 899-1054
  • (fr) Raphaëlle Rérolle, « Susan Sontag ou le triomphe de la volonté », Le Monde des Livres, supplément du Monde, 16 février 2001
  • (fr) Raphaëlle Rérolle, « Susan Sontag, la lutte, toujours  », Le Monde des Livres, supplément du Monde, 2 juillet 2004
  • (fr) David Rieff, Mort d'une inconsolée : les derniers jours de Susan Sontag (traduit de l'anglais par Marc Weitzmann), Climats, Paris, 2008, 181 p. (ISBN 978-2-0812-1320-3)
  • (fr) Susan Rubin Suleiman, « Susan Sontag, les passions de l'esprit » (nécrologie), Le Monde, 30 décembre 2004

Liens externes[modifier]

Références[modifier]

  1. Partisan Review, hiver 1967, p. 57
  2. (en) Susan Sontag: Remembering an intellectual heroine., Slate, The Slate Group, 29 décembre 2004. Consulté le 9 juillet 2011
  3. a, b et c (en) « Susan Sontag Provokes Debate on Communism », The New York Times, 27 février 1982 [texte intégral (page consultée le 13 septembre 2010)]