Violette Nozière

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Violette Nozière

Description de cette image, également commentée ci-après

Violette Nozière dans les couloirs de l'instruction, en 1933.

Nom de naissance Violette Germaine Nozière
Naissance 11 janvier 1915
Neuvy-sur-Loire (Nièvre)
Décès 26 novembre 1966 (à 51 ans)
Le Petit-Quevilly (Seine-Maritime)
Nationalité Drapeau : France Française

Violette Nozière est une femme française, née le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire (Nièvre) et morte le 26 novembre 1966 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime) qui défraie la chronique judiciaire et criminelle dans les années 1930. Cette jeune parricide de 18 ans est condamnée à mort par la cour d'assises le 12 octobre 1934 à Paris, peine commuée par le président de la République Albert Lebrun en travaux forcés à perpétuité. Elle est finalement libérée le 29 août 1945, puis graciée par le général de Gaulle le 15 novembre suivant. La cour d'appel de Rouen rend un jugement exceptionnel dans les annales de la justice française concernant l'auteur d'un crime de droit commun qui a été condamné à la peine capitale, et prononce la réhabilitation de Violette Nozière le 13 mars 1963. Cette affaire connait un grand retentissement en France et de par son impact médiatique jusqu'à nos jours, est devenue un fait de société.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

L'immeuble au no 10 bis rue Montgallet, où habitent en 1914 les parents de Violette Nozière.
  • Biographie des familles Nozière et Hézard, voir le chapitre : Historique.

Violette Nozière naît le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire, à quatre heures du soir[1]. Elle est la fille unique de Baptiste Nozière[2], mécanicien aux Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), et de Germaine Joséphine Hézard[3].

Germaine Hézard rencontre au mois de juin 1913, Baptiste Nozière. Le couple demeure à Paris, dans le 12e arrondissement, au no 10 bis rue Montgallet. Elle est déjà enceinte de quatre mois, lorsqu'elle épouse en secondes noces Baptiste, à Paris dans le même arrondissement, le 17 août 1914[4]. Les époux n'ont pas fait de contrat de mariage. Germaine Hézard est mécanicienne[4], car un certain nombre de femmes remplacent les hommes mobilisés[5]. C'est le début de la Première Guerre mondiale[6]. Baptiste Nozière est chauffeur aux chemins de fer et le reste tout au long des hostilités : il effectue la campagne contre l'Allemagne au PLM, du 2 août 1914 au 10 novembre 1918, au transport des troupes et du matériel militaire[7]. Pendant toute la période de la Guerre, Neuvy-sur-Loire est le lieu de résidence de Baptiste et Germaine Nozière.

À la fin de la « Grande Guerre », Baptiste Nozière revient à Paris, du fait de sa profession. La famille se loge au no 9 rue de Madagascar, dans le 12e arrondissement, proche de la gare de Lyon. Violette va passer toute sa jeunesse dans un simple deux-pièces cuisine, au sixième étage sur cour. La promiscuité des lieux ne laisse que peu de place à l'intimité. Le climat familial devient pour Violette trop étouffant. Bonne élève, Violette obtient le certificat d'études. Elle poursuit ses études dans l'école primaire supérieure de jeunes filles, Sophie Germain du 4e arrondissement, puis au lycée Voltaire, dans le 11e arrondissement. Les parents de Violette inscrivent ensuite leur fille au lycée Fénelon, dans le Quartier latin.

Ces changements d'établissements, sont la conséquence de la dégradation des résultats scolaires, mais surtout du comportement de Violette. Un conseil des professeurs rend un avis sans appel : « Paresseuse, sournoise, hypocrite et dévergondée. D'un exemple déplorable pour ses camarades »[8]. La jeune fille paraît plus que son âge ; elle découvre les premiers sentiments amoureux, et compte parmi ses premiers amants, Pierre Camus, un étudiant en médecine à Paris, et Jean Guillard, un ami d'enfance qu'elle retrouve pendant les vacances à Neuvy-sur-Loire. Elle recourt à ses premiers mensonges, du fait de retards et d'absences répétés. Violette va acquérir la réputation d'être une « petite coureuse », tout comme sa meilleure amie, Madeleine Debize, dite Maddy[9], qui demeure également dans le 12e arrondissement. Maddy a une véritable influence sur Violette. Cette génération née dans la guerre, vivant dans une période de crise économique profonde, pense surtout à se divertir et veut se libérer de la tutelle moralisatrice et envahissante de la précédente génération. Elles n'ont pas le droit de vote et doivent attendre l'âge de la majorité, soit vingt et un ans, pour être autonomes. L'avenir que la société leur réserve est tout tracé : être une bonne mère et une bonne épouse[10]. Un lendemain encore bien lointain pour Violette. Le besoin d'indépendance, de liberté, de plaisirs, de changer de vie, est de plus en plus réel. Pour ses sorties, et faire face à ses dépenses comme les toilettes, les restaurants, les bars, les hôtels, les taxis, Violette a besoin d'argent. Commencent alors les vols, au domicile de ses parents ou chez des commerçants. Elle va également recourir à la prostitution occasionnelle[11], pour subvenir rapidement à ses dépenses, ce que Violette nommera pudiquement « Les passages utilitaires »[12]. Elle n'hésite pas non plus, à poser nue pour une revue[13]. Une lente dérive s'amorce et une double vie s'installe.

Au mois d'avril 1932, Violette apprend, après plusieurs consultations auprès du docteur Henri Déron, à l'hôpital Xavier-Bichat, situé dans le 18e arrondissement de Paris, qu'elle est syphilitique[8]. Elle va imaginer une sœur du docteur Déron, une relation flatteuse et au-dessus de tout soupçon, pour justifier ses absences auprès de sa famille. Désœuvrée, Violette passe la majeure partie de son temps dans les cinémas et les brasseries des grands boulevards du 5e arrondissement. Ses préférences sont le bar de la Sorbonne ou le Palais du Café au 31 boulevard Saint-Michel et cet établissement devient son « quartier général ». La fréquentation du monde étudiant, cette classe sociale aisée, amène aussi Violette à mentir sur ses origines, son milieu : son père est devenu ingénieur en chef au PLM et sa mère est « première » chez Paquin. Violette a honte de ses parents, qui sont pourtant bien indulgents avec leur fille. Elle s'en éloigne de plus en plus. Elle confie à ses camarades, ses tourments : que son père « oubliait qu'il était son père », ou « sa conduite trop particulière envers elle »[14] et qu'il était jaloux de ses amis. Le 14 décembre 1932, Violette dérobe un dictionnaire dans une librairie. À la suite de ce méfait, une dispute éclate entre le père et la fille. Le lendemain de l'incident, les parents découvrent un mot de Violette, qui leur fait part de son intention de se jeter dans la Seine. Aussitôt, les commissariats proches sont alertés. Leur fille est retrouvée quai Saint-Michel dans le 5e arrondissement, saine et sauve [A].

La maladie de Violette s'aggrave au début du mois de mars 1933 et elle n'a plus d'autre choix que d'informer ses parents de son état de santé, suivant les recommandations de son médecin. Elle amène le docteur Henri Déron à rédiger un faux certificat de virginité. De cette façon, c'est rendre ses parents responsables de cette maladie contagieuse, l'hérédosyphilis. Le médecin convoque à l'hôpital, Baptiste Nozière le 19 mars 1933. À son retour, il prévient son épouse de cette maladie « héréditaire », dont souffre Violette. En résulte une nouvelle dispute entre les parents et leur fille, mais pour Violette, ce sera une dispute de trop.

L'affaire Violette Nozière[modifier | modifier le code]

Les faits[modifier | modifier le code]

L'immeuble du no 9 rue de Madagascar.

L'atmosphère du foyer est délétère et le ressentiment de Violette envers ses proches s'accentue. Elle pense à sa tentative de suicide du mois de décembre et décide d'entraîner sa famille dans la mort. Le 23 mars 1933, Violette achète un tube de soménal, un somnifère[15], en pharmacie. Elle persuade ses parents de prendre ce médicament, que le docteur Déron aurait prescrit, afin de les protéger d'une éventuelle contagion. Il s'agit de la première tentative d'empoisonnement. La dose administrée est faible et Violette Nozière ingère également les comprimés[16]. Au cours de la nuit vers deux heures du matin, un début d'incendie se déclare dans l'appartement. Le feu consume le rideau qui sépare le couloir de la chambre[17]. Violette alerte ses voisins de palier, monsieur et madame Mayeul. Baptiste Nozière parvient à revenir à lui, mais son épouse est hospitalisée à l'hôpital Saint-Antoine (12e arrondissement). L'enquête ne va pas plus loin et établit que les malaises des parents sont dus à l'intoxication de la fumée.

Malgré ces événements, le quotidien reprend son cours normal et Violette continue de mener sa double vie. Un séjour à Prades en Haute-Loire, berceau de la famille Nozière, est décidé pour les fêtes de la Pentecôte au mois de mai[18] chez le père de Baptiste, Félix Nozière, ancien boulanger et aubergiste. Un différend familial oppose pourtant le fils à son père. La relation qu’entretient Félix Nozière avec sa belle-fille, Marie Michel[19], veuve de son frère Ernest Nozière[20], envenime la situation. Mais cela n'empêche pas les parents de Violette de rester quinze jours et leur fille, six semaines. Plus d'une fois, elle échappe à la vigilance de son grand-père, pour rejoindre les jeunes gens du pays. Les vacances s'achèvent, Violette revient à Paris le 26 juin 1933.

Violette Nozière rencontre le 30 juin 1933, un étudiant en droit, Jean Dabin (né à Coutras en Gironde, le 21 novembre 1912). C'est un nouvel amant, mais un amant de cœur. Violette, comme à son habitude, enchaîne les mensonges concernant la situation professionnelle de ses parents. Quant à Jean Dabin, il est en dette permanente et vit sans l'ombre d'un moindre remords, aux crochets de Violette qui lui remet chaque jour 50 ou 100 francs[21].

Au début de l'été 1933, la situation professionnelle de Baptiste Nozière s'améliore. Estimé par sa hiérarchie, son salaire est augmenté. Le 2 juillet 1933, Baptiste est désigné pour conduire le train du président de la République, Albert Lebrun. Le 8 juillet, notre cheminot reçoit la médaille des Chemins de Fer. Mais le 14 suivant, en gare de Lyon, Baptiste Nozière perd l'équilibre et tombe de sa locomotive. Hospitalisé à La Pitié-Salpêtrière, il est de retour parmi les siens, le 17 août 1933. Deux semaines de convalescence sont prescrites à Baptiste, très affaibli.

Ce même 17 août, Jean Dabin doit partir en Bretagne à Hennebont dans le Morbihan et Violette souhaite passer les vacances avec lui, mais en automobile ; il lui faut trouver la somme.

Le 21 août 1933, Violette renouvelle sa tentative du 23 mars, mais avec une dose beaucoup plus forte de soménal. Elle en achète trois tubes et écrit une fausse ordonnance émanant du docteur Déron. Les comprimés sont réduits en poudre et celle-ci est répartie dans deux sachets identiques. Un troisième sachet marqué d'une croix, contient un dépuratif inoffensif. Pendant ce temps, les parents ne sont pas au bout de leurs surprises. Ils découvrent que de l'argent a disparu et en cherchant dans les affaires de leur fille, trouvent une lettre de Jean Dabin. Au retour de Violette, c'est une violente dispute. Le climat finit par s'apaiser. Le soir après le dîner, Violette absorbe le contenu du sachet identifié par une croix. Son père sans méfiance, avale la totalité du poison, par contre sa mère en jette la moitié, ce qui lui sauve la vie. Baptiste s'effondre sur le lit de Violette. Germaine tombe à son tour et se blesse à la tête en heurtant un montant du lit. Violette vole l'argent qui se trouve sur sa mère et prend la paie de son père. Elle quitte l'appartement pour y revenir le 23 août à une heure du matin. Violette ouvre le gaz, afin de faire croire que ses parents ont tenté de se suicider par ce moyen et alerte ses voisins, comme au mois de mars, monsieur et madame Mayeul. Baptiste Nozière est mort[22]. Son épouse inconsciente respire encore, et elle est emmenée en urgence, à l'hôpital Saint-Antoine.

L'enquête de la police révèle deux faits importants : l'absence des dépenses inscrites au quotidien, dans un registre tenu par madame Nozière pour la journée du 22 août et le compteur à gaz entre deux relevés, démontre que la quantité échappée est insuffisante pour asphyxier le couple.

Le 23 août 1933 à 15 h 00, le commissaire Gueudet emmène Violette à l'hôpital Saint-Antoine, dans l'intention de la confronter avec sa mère qui commence à sortir du coma. Le policier va s'enquérir de son état de santé et vouloir poser quelques questions à Germaine Nozière. Il demande à la jeune fille de l'attendre dans le petit bureau de la surveillante[23], attenant à la salle où se trouve sa mère. Cette dernière n'est pas en état de répondre aux questions du policier, qui s'en retourne aussitôt. Mais le commissaire constate que Violette Nozière a disparu. Cette fuite est alors considérée comme un aveu de culpabilité. Le 24 août, la mère de Violette peut enfin s'exprimer et donne sa version des faits. Ce même jour, Violette est inculpée pour homicide volontaire et fait l'objet d'un mandat d'amener[24]. Sa cavale dure une semaine dans Paris. Un témoin dira même que la jeune femme s'est jetée dans la Seine[25]. La presse se déchaîne : « Le monstre en jupons traqué par la police »[26]. Le 28 août 1933, Violette Nozière, est arrêtée dans le 7e arrondissement, par la brigade criminelle, que dirige le commissaire Marcel Guillaume, à la suite de la dénonciation d’un jeune homme de « bonne famille », André de Pinguet.

La presse, la politique et l'affaire[modifier | modifier le code]

Aussitôt, la presse s'empare de l'affaire, qui fait la « une » des quotidiens. Elle se demande qui est cette parricide de 18 ans. Dans une revue mensuelle de septembre 1933, l'article consacré à Violette, se termine ainsi : « … Comme on le voit, Violette Nozière est passée au premier plan de l'intérêt public et le crime dont elle s'est rendue coupable subsistera longtemps dans la mémoire de ceux que passionnent et répugnent à la fois ces émouvantes tragédies humaines. Déjà, de l'autre côté de l'Atlantique, des écrivains, particulièrement doués d'un sentiment sinistre, préparent des scénarios inspirés de l'abominable crime de la rue de Madagascar »[21].

Sur fond de passion, la presse donne le ton : le mythe Violette Nozière est né. Les rédactions envoient leurs équipes de journalistes, qui mènent leurs propres investigations, sur le lieu du drame, au 36 quai des Orfèvres, au Palais de Justice, au laboratoire de toxicologie de la préfecture de police, où est analysé le poison, à l'Institut médico-légal du quai de la Rapée dans le 12e arrondissement où le corps de Baptiste Nozière a été transporté pour l'autopsie, à l'hôpital Saint-Antoine dans le même arrondissement où se trouve la mère de Violette, dans le département de la Nièvre ou de la Haute-Loire.

Emmanuel Jacob, « La dramatique confrontation de Violette Nozières et de sa mère », Le Petit Parisien, no 20640,‎ 2 septembre 1933 (lire en ligne)

Le lecteur doit tout savoir sur Violette. Une surenchère d'informations les plus diverses sont publiées, où se mêlent les comptes-rendus rigoureux et la recherche du sensationnel. Cette affaire impliquant une femme, grave son empreinte dans la mémoire collective. La presse a bien compris l'impact que ce drame pouvait avoir sur le public. Certains journaux vont même innover, afin d'obtenir un succès commercial rapide[27]. Les reportages appuyés par de multiples photographies, tel le déroulement d'un film, avec ses titres chocs, interpellent, immergent le lecteur dans l'action, qui participe ainsi indirectement à l'enquête. Le lecteur devient acteur[28]. Les tirages des quotidiens augmentent : Violette Nozière fait vendre. L'actualité nationale et internationale est mise à un niveau de moindre importance. La foule se déplace en masse sur le passage de Violette lors des convocations du juge d'instruction Edmond Lanoire, des confrontations qui s'ensuivent, devant la prison de la Petite Roquette où Violette est détenue. Les chansonniers prennent le relais. L'opinion publique se divise en deux camps et s'enflamme pour l'affaire Violette Nozière.

La reconstitution du crime au 9 rue de Madagascar attire une foule nombreuse.
« Une foule carnassière »
écrit Marcel Aymé, dans le journal Marianne le 24 octobre 1934.

L'affaire précisément prend une nouvelle dimension, car l'enquête est confiée à un commissaire de renom : Marcel Guillaume[29]. Le commissaire divisionnaire du 36 quai des Orfèvres, est connu pour s'être occupé des crimes de la bande à Bonnot, Landru et l'assassinat du président de la république Paul Doumer. Si le juge d'instruction Edmond Lanoire charge ce haut personnage de mener les investigations sur Violette Nozière, c'est que l'affaire est jugée sérieuse, digne des plus grands criminels. Le magistrat lui-même est redoutable, aguerri par ses années d'expérience. Enfin, Violette aura pour avocats Maître Henri Géraud, un ténor du barreau, qui a défendu Raoul Villain, l'assassin de Jean Jaurès et Paul Gorgulov, le meurtrier du président de la République Paul Doumer. Le second avocat de Violette, est Maître René de Vésinne-Larue. Ce jeune licencié en droit, est aussi licencié ès sciences, diplômé d'astronomie et de l'Institut des sciences politiques. Ces personnalités autour de cette jeune parricide, inconnue des services de police, aura un impact considérable sur l'opinion publique et bien évidemment sur la presse. Voici Violette Nozière projetée sur le devant de la scène. Cette soudaine notoriété, va dépasser le cadre judiciaire.

Dans le contexte d'affrontement entre droite et gauche, l'affaire est très vite au centre des choix politiques. La droite fustige en Violette, une jeunesse d'après-guerre dévoyée, fait appel à l'ordre moral et au retour des valeurs. Le monde à ce moment semble perdre tous ses points de repères. L'année 1933 est marquée par l'arrivée d'Adolf Hitler en Allemagne, et les plus lucides s'interrogent sur l'avenir. Cette même année, le 2 février 1933, un autre fait divers avait secoué la France : le double meurtre des sœurs Papin. Christine et Léa Papin, domestiques, avaient massacré leur patronne et sa fille à la suite d'un différend. D'aucuns considèrent cet acte de démence, comme une atteinte à l'ordre social. À présent, le crime de Violette Nozière, commis dans le milieu des classes moyennes, jette le trouble, l'effroi et l'horreur. Tous les fondements de la société, familiaux et sociaux, vacillent. Qui plus est, ces fondements sont mis à mal par une jeune femme. Ainsi, par delà les volets clos d'un « foyer respectable », l'inimaginable a été commis par une étudiante, votre propre enfant. Les Français sont sous le choc. Violette Nozière est mise au ban de la société. Comment « le monstre en jupons » s'est-il affranchi de toute morale, allant jusqu'à accuser son père de relations incestueuses ? Les bien-pensants refusent de croire la jeune fille, dont la double vie scandalise : mythomane, voleuse, libertine, provocante, le portrait que l'on trace d'elle n'engage pas à l'indulgence. La vengeresse n'a jamais eu l'attitude d'une victime.

Le commissaire Marcel Guillaume, à la suite de ses recherches, juge crédible la version de Violette Nozière. Il exprime ainsi son sentiment personnel après le premier interrogatoire de Violette : « Il y a des cris de sincérité auxquels on ne peut pas se tromper : c'est un de ces cris que j'ai entendu au cours de la soirée du 28 août, et qui me fait écrire aujourd'hui que, si coupable que fût Violette Nozière, elle méritait du moins d'obtenir les circonstances atténuantes »[30]. Le commissaire Guillaume sera rejoint par d'autres défenseurs de Violette.

La gauche fait de Violette un symbole de la lutte contre la société et ses dérives. L'amant de Violette, Jean Dabin, celui qui a corrompu Violette en vivant de ses générosités, n'est-il pas un camelot du roi ? Les surréalistes prennent la défense de Violette qui devient leur muse. Louis Aragon signe en 1933 une chronique dans L'Humanité où il la présente comme une victime du patriarcat. Le 24 octobre 1934, Marcel Aymé interpelle par son plaidoyer, en faveur de Violette : « Dans l'hypothèse d'un inceste, quelle pitié ne méritait pas la malheureuse, et quel pardon ! »[31]. L'inceste, sujet tabou dans une société masculine, permet à Paul Éluard d'écrire un poème qui reste dans les mémoires : « Violette a rêvé de défaire / A défait / L'affreux nœud de serpents des liens du sang »[32]. Écrivains, poètes, mais également peintres, prennent fait et cause pour Violette Nozière. Cette médiatisation de l'affaire influencera les chefs d'État successifs qui eurent, par la suite, à décider du sort de Violette.

Les enquêtes parallèles menées par les journalistes, ont également une influence sur celles des autorités. Des lettres de dénonciation parviennent dans les rédactions de la presse, à la police judiciaire ou chez le juge d'instruction[33]. Le monde étudiant et le Quartier Latin en particulier, font l'objet des attaques de la presse : « Nous partageons entièrement l'opinion de M. Clément Vautel, mais nous nous permettrons d'ajouter qu'à l'intervention scolaire dans l'épuration du quartier Latin, nous souhaiterions voir se joindre, l'activité de l'autorité compétente »[21]. Les accusations de Violette Nozière remettent en cause l'institution familiale, sur laquelle repose l'autorité du père. La presse évite les termes « inceste » ou « viol », qui relèvent de l'Interdit culturel et pèsent sur le langage. Mais cette affaire permet aussi de libérer la parole des victimes d'inceste. Cette pression médiatique aura des conséquences sur le déroulement futur du procès[33].

Une presse réactionnaire n'hésite pas à désigner les amis de Violette, comme étant d'origine étrangère ou sur fond de racisme : « Le noir, Louis, François Pierre » dans Le Matin du 3 septembre 1933, « Un témoin coloré », dans la revue mensuelle Drames de septembre 1933 ou « le musicien nègre » dans le journal Excelsior du 3 septembre 1933. Dans ce dernier quotidien sera cité « Jacques Fellous, démarcheur de cercles de jeux, 4 rue de Sèze, est un tunisien », qui devient algérien dans Le Petit Journal du 4 septembre 1933. Pour Le Matin du 9 septembre 1933, voici un autre témoin : « l'algérien Atlan ». L'Excelsior du 12 septembre 1933 précise le second prénom, non sans une arrière pensée antisémite : « Violette revint donc avec deux amis, Robert Isaac Atlan et l'italien Adari ». Ces propos dans la presse à caractère xénophobe, se situent dans un contexte particulier, celle de la montée du fascisme. Les ligues d'extrême droite souhaitent prendre le pouvoir comme en Allemagne et en Italie. Quelques mois plus tard, les évènements vont se précipiter en France avec les émeutes de ces extrémistes, le 6 février 1934. Les écrits tenus dans une certaine presse préfigurent déjà ceux qui paraîtront en France occupée, sous Philippe Pétain.

L'enquête[modifier | modifier le code]

Le siège de la police judiciaire de Paris, au 36, quai des Orfèvres.

Le jeudi 24 août 1933, le docteur Paul, médecin légiste expert auprès du tribunal de la Seine, procède à l'autopsie de Baptiste Nozière[34], à l'Institut médico-légal du quai de la Rapée dans le 12e arrondissement. Le lendemain, le professeur Kohn-Abrest, directeur du laboratoire de toxicologie à la préfecture de police, analyse les sachets ayant contenu le poison, retrouvés au domicile de la famille Nozière. L'empoisonnement par le soménal est confirmé. D'autre part, la victime présentait des lésions antérieures au crime et son état de santé fragilisé par l'accident du 14 juillet, ont facilité l'action toxique du poison.

Le lundi 28 août, le commissaire Marcel Guillaume et ses hommes, le brigadier-chef Gripois et l'inspecteur Lelièvre, emmènent Violette Nozière au 36 quai des Orfèvres. Le juge d'instruction chargé de l'affaire, Edmond Lanoire est prévenu de l'arrestation de la fugitive. Malgré l'interdiction qui lui est faite d'interroger directement Violette Nozière, Marcel Guillaume aura une brève conversation avec la jeune femme et décrit cet entretien dans le quotidien Paris-Soir en 1937 [30] :

« En courtes phrases haletantes, brèves, elle nous raconta comment un jour son père avait odieusement abusé d'elle, pendant un voyage de sa mère. Quand celle-ci fut de retour, elle n'avait rien osé lui avouer, par peur. Et, docilement, pendant des mois et des années, elle s'était prêtée à l'odieux caprice de l'homme pour qui elle ne pouvait plus éprouver que de la haine et du mépris, mais un jour, elle avait fait la connaissance d'un amant qu'elle avait tout de suite aimé avec cette inconscience des courtisanes, mais aussi avec cette passion qui est peut-être leur seule pureté. Alors, elle avait essayé de se refuser à son père, hélas !

- Sa mort seule pouvait me délivrer de lui, conclut-elle d'une voix lassée, et c'est ainsi qu'est née peu à peu en moi, l'idée de l'empoisonner … »

Le commissaire divisionnaire Marcel Guillaume.

Violette Nozière avoue donc son crime à la police judiciaire le lundi 28 août 1933 et renouvelle ses déclarations devant le juge d'instruction, Edmond Lanoire[30]. Elle confirme n'avoir eu aucun complice et assume la responsabilité de ses actes. Violette affirme que son géniteur était seul visé et l'accuse de pratiques incestueuses[35] :

« Si j’ai agi ainsi, vis-à-vis de mes parents, c'est que, depuis six ans, mon père abusait de moi. Mon père, quand j'avais douze ans, m'a d'abord embrassée sur la bouche, puis il m'a fait des attouchements avec le doigt, et enfin il m'a prise dans la chambre à coucher et en l'absence de ma mère. Ensuite, nous avons eu des relations dans une cabane du petit jardin que nous possédions près de la Porte de Charenton, à intervalles variables, mais environ une fois par semaine. Je n'ai rien dit à ma mère parce que mon père m'avait dit qu'il me tuerait, et qu'il se tuerait aussi. Mais ma mère ne s'est jamais douté de rien. Je n'ai jamais parlé des relations que j'avais avec mon père, à aucun de mes amants, ni à personne […] Il y a déjà deux ans que j'ai commencé à détester mon père, et un an que j'ai pensé à le faire disparaître »

Le mercredi 30 août 1933, les avocats Maître Henri Géraud et Maître René de Vésinne-Larue sont désignés pour assurer la défense de Violette Nozière.

Le jeudi 31 août 1933, Baptiste Nozière est inhumé à Neuvy-sur-Loire[36]. Une foule impressionnante assiste aux obsèques : la municipalité, les habitants de Neuvy-sur-Loire, les collègues cheminots de Baptiste Nozière, la famille dont la grand-mère de Violette, Madame Clémence Hézard, 83 ans[37] (née à Neuvy-sur-Loire, le 23 novembre 1849). Elle pose son front sur le cercueil et l'embrasse en demandant, pour Violette sa petite-fille, pardon au père qu'elle avait tué [38].

Le vendredi 1er septembre 1933, a lieu la confrontation entre Violette et sa mère, toujours hospitalisée à Saint-Antoine. Confrontation des plus douloureuses, où malgré sa demande de pardon, Violette Nozière, prise de crises nerveuses, est rejetée par sa mère qui prononce ces mots : « Violette ! Violette ! Tue-toi ! Tu as tué ton père. Un époux si bon. Tue-toi ! »[39]. Malgré une nouvelle demande de pardon, Germaine Nozière crie à sa fille : « Jamais, jamais ! », tendant le poing vers elle et faisant des efforts pour se soustraire à l'étreinte de ceux qui la maintenaient sur son fauteuil, « Jamais … Je ne te pardonnerai qu'après le jugement, quand tu seras morte ! »[40].

Au cours des interrogatoires, Violette Nozière indique que des gravures pornographiques et des chansons libertines appartenant à son père se trouvent au domicile rue de Madagascar, ainsi que le chiffon dont il se servait pour ne pas rendre sa fille enceinte[41]. Une perquisition à l'appartement des victimes permet de retrouver ces pièces à conviction. L'étude par le laboratoire d'un échantillon du tissu, accrédite la thèse de Violette. Germaine Nozière interrogée sur la présence de ce morceau d'étoffe dans la chambre à coucher, révèle qu'il permettait de protéger ses rapports avec son mari. Lors d'une confrontation afin d'éclaircir ce point, mère et fille restent sur leurs positions.

Le vendredi 8 septembre, le juge Lanoire se transporte sur le lieu de la première cabane de jardin que possédait Baptiste Nozière, à l'extrémité de la rue de Charenton. Le terrain est concédé par la Ville de Paris, mais il ne subsiste plus rien à la suite de démolitions. Cette cabane disparue, où Baptiste Nozière aurait violenté sa fille, était assez spacieuse pour contenir des outils et une chaise. Le second abri sur le bord de la Seine, porte de Charenton, est exposé aux regards, de dimension modeste et le voisinage n'a rien remarqué quoi que ce soit d'anormal. Les accusations d'inceste sont réitérées par Violette, le 9 septembre 1933 à la prison de la Petite Roquette où s'est déplacé le juge d'instruction.

Le mercredi 13 septembre, Violette maintient sa version devant le juge Lanoire et précise que sa motivation n'est pas la captation de l'héritage. En effet, un ami lui assurait une aide financière régulière[42]. Son bienfaiteur est âgé d'une soixantaine d'années, industriel, marié et père de famille. De son identité, Violette ne connaît que le prénom sous la dénomination de « Monsieur Émile ». Le renseignement dont elle dispose pour permettre de retrouver ce témoin est la description de son automobile, de marque Talbot et de couleur bleue. Les recherches des enquêteurs sont restées vaines. Coup de théâtre, le 15 septembre : Germaine Nozière se constitue partie civile contre sa propre fille[43], une première dans les annales judiciaires. Une seconde confrontation aura lieu le 27 septembre entre la mère et la fille. L'instruction se poursuit avec les auditions des témoins, les interrogatoires de Violette, les rapports des médecins psychiatres et les perquisitions. La mise en présence le 18 octobre, entre Violette, sa mère et Jean Dabin, provoque une nouvelle surprise. Quel étonnement pour Germaine Nozière de voir que Jean Dabin porte au doigt une bague appartenant à son défunt époux ! Violette avait « offert » cette bague à son amant, qui ignorait son origine. Ce bijou est restitué à Germaine Nozière. Le 19 novembre a lieu la reconstitution du drame au 9 rue de Madagascar, dans le 12e arrondissement, en présence de Violette Nozière, sa mère et M. Mayeul, leur voisin. À la fin du mois de décembre 1933, le juge Edmond Lanoire a terminé son enquête et transmet le 5 janvier 1934 les pièces du dossier au procureur général. Le 27 février suivant, la Chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Paris renvoie Violette Nozière devant la Cour d’Assises de la Seine.

Le procès[modifier | modifier le code]

Violette Nozière en cour d'assises, en 1934.

Le 10 octobre 1934, le procès de Violette Nozière s'ouvre à Paris devant la cour d'assises de la Seine. La veille de ce procès a lieu un attentat à Marseille : le roi de Yougoslavie, Alexandre Ier est assassiné par des croates et le ministre français des Affaires étrangères Louis Barthou perd la vie également. Malgré cette tragique actualité, la foule envahit le tribunal. Les charges qui pèsent sur Violette Nozière sont lourdes. Elle est accusée d'avoir « le 23 mars 1933, tenté de donner volontairement la mort à ses père et mère légitimes par l'administration de substances susceptibles de la donner plus ou moins promptement et le 21 août 1933, volontairement donné la mort à son père légitime et tenté de la donner à sa mère légitime par les mêmes moyens ». La première journée de l'audience est axée sur la personnalité de Violette, ses amis, le milieu familial et les circonstances du drame. Violette perd connaissance lors de l'interrogatoire du président Peyre. La question de l'inceste n'est pas clairement abordée, mais Violette maintient ses accusations contre son père. Les déclarations qui suivent sont celles du docteur Déron - qui va s'abriter derrière le secret professionnel, des époux Mayeul et des premiers intervenants après le drame : pompiers et policiers. Mais à aucun moment le commissaire Marcel Guillaume n'est appelé à la barre, ce qui est pour le moins inattendu.

Madame Nozière à la barre des témoins et son avocat, Maître Boitel.

Le lendemain a lieu la déposition de Germaine Nozière. La mère de Violette, bien que s'étant constituée partie civile, finit par pardonner à sa fille et implore, en larmes, le jury : « Pitié, pitié pour mon enfant ! »[44]. Les experts psychiatres concluent à la pleine responsabilité de l'accusée. Maître de Vésinne-Larue intervient et met en doute les méthodes employées concernant ces expertises et cite l'exemple des sœurs Papin, dont l'une, bien que condamnée à mort, a été reconnue irresponsable quelques mois après. L'avocat général Gaudel lui répond : « Nous ne faisons pas le procès des sœurs Papin, non plus que celui de Gorguloff ! ». Maître de Vésinne-Larue rétorque aussitôt : « Non ! Nous faisons celui de l'analyse psychiatrique ! »[45]. Viennent ensuite les témoignages des amants et surtout de Jean Dabin. L'avocat général Gaudel devant l'attitude hautaine de ce témoin capital, n'a pas de mots assez durs à son encontre : « Vous avez trouvé tout naturel que cette femme, que dis-je, cet enfant, vous donnât de l'argent. Vous ne sentez donc pas dans cette salle ce qu'on pense de vous, ce que j'en pense moi-même ? Vous avez déshonoré votre famille. Vous avez vécu aux crochets de cette malheureuse. Elle est coupable et je requerrai contre elle. Vous n'êtes pas accusé. Vous ne relevez pas de la Justice, vous relevez du mépris public et je vous le dis en face »[45]. Enfin, ce sont les auditions de l'amie de Violette, Madeleine Debize et les collègues de travail de Baptiste Nozière.

La dernière journée du procès est celle du terrible réquisitoire de l'avocat général qui demande la peine capitale contre l'accusée. L'avocat de la défense, Maître de Vésinne-Larue, fait venir à la barre un nouveau témoin, à la surprise générale. Les relations incestueuses de Baptiste Nozière sont de nouveau évoquées. Mais curieusement, le viol n'est pas la partie essentielle de la plaidoirie de l'avocat. Même si ce dernier évoque cet enchaînement dramatique, il démontre que Violette n'avait aucune raison de souhaiter la mort de sa mère. Mais pour les jurés, Violette Nozière n'aurait agi ainsi que pour avoir les 165 000 francs économisés par ses parents, parents qu'elle avait déjà commencé à voler auparavant, dans le but de continuer à entretenir son amant. Ce sera cette thèse d'accusation qui sera retenue.

La condamnation[modifier | modifier le code]

Le 12 octobre 1934 à 19 h 00, après seulement une heure de délibération, Violette Nozière est condamnée à la peine de mort pour parricide et empoisonnement[46], sans aucune circonstance atténuante.

« … la mort était prononcée contre l'accusée. Quand le greffier Willemetz lut la réponse du jury à Violette Nozière, celle-ci demeure impassible :
- Je remercie ma mère de m'avoir pardonné.
Impassible, elle l'est encore, à peine pâlie, les yeux baissés, quand le président Peyre, après avoir énuméré les articles des codes pénal et d'instruction criminelle, lit la sentence terrible qui frappe les parricides :

L'avocat général
Louis Gaudel :
« Je vous demanderai, messieurs les Jurés, de prononcer la peine capitale contre cette misérable fille. »

- En conséquence, la Cour condamne Violette Nozière à la peine de mort. L'exécution aura lieu sur une place publique. La condamnée amenée nus pieds, en chemise, un voile noir lui recouvrant la tête. Elle sera exposée sur l'échafaud, durant qu'un huissier lui lira la sentence. Après quoi, elle sera exécutée à mort.
Un silence accablant régnait alors dans la salle surchauffée. Pas un muscle de la misérable enfant n'avait tressailli. Mais avant que les gardes n'emmènent la condamnée, Maître de Vésinne-Larue veut exiger de sa cliente qu'elle signe son pourvoi en cassation. Cette simple demande provoque la crise que Violette était parvenue à contenir :

Maîtres René de Vésinne-Larue
et Henri Géraud, avocats
de Violette Nozière.

- Non ! Non ! … Laissez-moi ! … Je ne veux pas … Je ne veux pas !
Et se tournant vers la Cour qui s'éloigne, le visage bouleversé, la condamnée crie désespérément :
- J’ai dit la vérité ! C'est honteux ! Vous n'avez pas été pitoyables ! [47]
Des gardes se saisissent d'elle et l'entraînent, pendant qu'elle se débat contre eux …
Et maintenant, la foule s'écoule, silencieuse … »[48].

La peine capitale est qualifiée de symbolique par l'avocat général puisqu'à l'époque, on ne guillotinait plus les femmes. Le pourvoi est rejeté le 6 décembre 1934, par la Chambre criminelle de la Cour de cassation. Maître de Vésinne-Larue demande alors, un recours en grâce auprès du président de la République. Le 19 décembre 1934, Marcel Aymé en appelle au droit : « Mais prions bien humblement M. le président qu'il fasse grâce à Violette Nozières. On ne dira pas que c'est faiblesse, mais simple justice »[49].

Le président Albert Lebrun, accorde la grâce qui commue la peine de mort prononcée contre Violette, en celle des travaux forcés à perpétuité, le 24 décembre 1934[46].

Le commissaire Guillaume, qui dirige la brigade criminelle, exprime son malaise à l'énoncé du verdict[50] :

« Durant les longues journées du procès, je restais dans les couloirs du palais de justice, prêt à déposer, à faire partager par ces hommes qui avaient la mission sacrée de juger un être humain, ma conviction que Violette m'avait paru sincère, et j'aurais voulu pouvoir leur dire aussi que nous devions nous montrer d'autant plus indulgents que nous n'avions pas toujours fait notre devoir vis-à-vis de ces enfants perdus, que nous n'avions pas su proposer un idéal à leur jeunesse, que nous n'avions pas cessé devant eux, selon le mot d'un éducateur : De rabaisser nos devoirs au lieu de les leur offrir comme un privilège et, les laissant à leur solitude, à leurs tentations, à leur inconscience, nous n'avions pas su, parents égoïstes ou imprudents, leur tendre fraternellement la main, les serrer affectueusement contre notre cœur. Mais je n'eus pas à dire tout cela : la défense elle-même ne me fit pas appeler et il y eut un numéro de plus parmi les recluses de la Maison centrale de Haguenau »

La détention et la libération[modifier | modifier le code]

Violette Nozière est emprisonnée à la Centrale de Rennes de 1940 à 1945.

Le 14 janvier 1935, Violette part pour la Centrale d'Haguenau en Alsace[51] dans un convoi de quatorze femmes, enchaînées les unes aux autres[8]. L'univers carcéral à Haguenau est très dur. L'isolement est la règle, avec interdiction de se parler entre détenues, de s'entraider ou de partager des colis. Violette Nozière, face aux conditions de détention éprouvantes et son mauvais état de santé, puise sa force morale dans la religion. Les sœurs de Béthanie, présentes à la prison, soutiennent la captive. La transformation de Violette Nozière et son attitude irréprochable sont citées en exemple. Elle devient une prisonnière modèle et commence sa reconstruction. Violette Nozière n'a désormais plus rien de commun avec celle du quartier Latin.

Au mois d'octobre 1937, deux évènements se produisent. Violette Nozière rétracte les accusations portées contre son père. Cette rétractation tardive dans une lettre de Violette adressée à sa mère est reproduite dans toute la presse. Ce qui permet à la mère de Violette d'être soulagée financièrement des frais du procès, jusqu'à maintenant à sa charge[8]. La réconciliation entre la mère et la fille est enfin scellée.

La nouvelle du décès de Jean Dabin parvient à Violette en ce même mois. Engagé dans l'armée coloniale en 1934, il va contracter en Tunisie une maladie tropicale. Le 27 octobre 1937, décède à vingt heures trente, Jean Dabin[52], à un mois de son vingt-cinquième anniversaire, à l'Hôpital militaire du Val-de-Grâce au 277 bis rue Saint-Jacques, dans le 5e arrondissement de Paris. Le 16 février 1940, le grand-père de Violette, Félix Nozière, meurt à Prades à l'âge de 82 ans[53], sans jamais avoir pardonné à sa petite-fille.

Le 14 mai 1940, face à l'avancée allemande, Violette est transférée à la maison d'arrêt de Rennes en Bretagne[54]. Ses compagnes d'infortune sont emmenées en plusieurs groupes. Deux gendarmes accompagnent Violette Nozière, qui de par sa « célébrité », a l'avantage d'un déplacement individuel par le train. L'administration a même réservé un compartiment pour ce voyage. À son arrivée, Violette Nozière est affectée à l'atelier de la lingerie. Comme à Haguenau, elle observe la même détermination spirituelle qui dicte son action. La direction pénitentiaire n'aura jamais le moindre reproche à lui faire. Germaine Nozière entreprend un long voyage depuis la Nièvre pour se rendre à Rennes. Elle informe sa fille que Maître Vésinne-Larue multiplie les démarches pour obtenir une réduction de sa sanction pénale.

La conduite exemplaire de Violette Nozière plaide en sa faveur. Grâce à une intervention de l'Église catholique, le maréchal Philippe Pétain réduit sa peine à 12 ans de travaux forcés à compter de la date de son incarcération en 1933, par un décret du 6 août 1942[46]. Cette période sombre de l'Histoire française n'est pourtant guère favorable à la clémence, où des femmes de droit commun sont de nouveau exécutées [B]. De nombreuses résistantes sont également incarcérées à la prison des femmes de Rennes et, jusqu'en 1943, vingt-six détenues politiques sont remises aux Allemands pour des attentats contre l'Occupant. Cent-trois femmes politiques arrivées par convoi au début de l'année 1944 se révoltent. Le 6 mars 1944, le directeur de la prison fait appel aux gardes mobiles de réserve (GMR) qui sont reçus à coup de projectiles. Menacées d'être fusillées, les résistantes se rendent et subissent la mise aux cachots avec privation de colis, parloirs et courriers[55]. Mais les 5 avril, 2 mai et 16 mai 1944, les deux cent quarante-cinq résistantes condamnées par les tribunaux d'exception français et emprisonnées à la Maison Centrale de Rennes sont livrées par le régime de Vichy aux nazis. Elles sont toutes déportées vers le camp de concentration de Ravensbrück[56].

L'administration sépare les politiques des droits communs dès la fin de l'année 1941, à la suite de manifestations organisées par les femmes communistes[57]. Violette Nozière reste donc à l'écart de ces luttes qui sont à l'opposé de ses convictions religieuses. Sa réduction de peine prononcée, elle entre au service du greffier-comptable de la prison le 22 août 1942 et reçoit une formation d'aide-comptable. Ce nouveau statut lui permet de se déplacer à l'intérieur de la prison, sans surveillance. Une demande de libération conditionnelle est refusée à Violette Nozière le 24 février 1944 et elle devra donc finir sa peine à la Centrale jusqu'à son terme. La nouvelle année 1945 revêt deux événements importants pour Violette : celui de sa libération tant attendue et l'arrivée à Rennes le 7 janvier 1945[58] du nouveau greffier-comptable : Eugène Garnier [C]. C'est un homme généreux et profondément humain. Eugène est veuf depuis près d'un an et vivent avec lui cinq de ses enfants. Un des aînés se prénomme Pierre, séparé de son épouse Jeanne. Violette va très vite s'intégrer à cette famille et se sentir proche de Pierre, qui partage les mêmes sentiments à son égard.

Violette Nozière est libérée le 29 août 1945. Le 15 novembre de cette même année, le général Charles de Gaulle, président du Gouvernement provisoire, lève son interdiction de séjour de vingt ans sur le territoire français, par un nouveau décret présidentiel. Violette Nozière a bénéficié des grâces successives de trois chefs d'État, ce qui fait toute la singularité et l'originalité de son dossier judiciaire.

Réhabilitation et fin de vie[modifier | modifier le code]

Le destin[modifier | modifier le code]

L'interdiction de séjour supprimée, Violette Nozière retrouve une liberté pleine et entière et vient habiter Paris. Elle emménage au 115 boulevard Jourdan dans le 14e arrondissement et choisit l'anonymat sous un nom d'emprunt, celui de sa mère, Germaine Hézard. Violette obtient un emploi en tant que secrétaire-comptable à la Fédération chrétienne des étudiants au 24 rue Notre-Dame-de-Lorette, dans le 9e arrondissement de Paris. Pierre Garnier, le fils du greffier de la maison d'arrêt, abandonne son métier de cuisinier à Rennes pour rejoindre Violette. Il se loge à Bagnolet et exploite une petite fonderie. Pierre est en instance de divorce avec sa première épouse, Jeanne. Divorce prononcé le 5 février 1946, en vertu d'un jugement de la 19e chambre du tribunal civil de Paris. Dans l'attente de son mariage, Violette se rapproche du domicile de Pierre et déménage pour un nouveau logement, rue Saint-Antoine dans le 4e arrondissement. Le mariage entre Pierre Garnier (né le 19 février 1919) et Violette Nozière a lieu à Neuvy-sur-Loire, le 16 décembre 1946 à dix-sept heures trente[59]. Violette découvre un Neuvy-sur-Loire complètement différent de celui qu'elle a connu dans son enfance. Une commune martyrisée, ravagée par trois bombardements américains en ces journées funestes du lundi 17 juillet, mercredi 2 et lundi 7 août 1944. Les « forteresses volantes » déversent leurs bombes à plus de 5000 mètres d'altitude sur des objectifs ferroviaires, mais sans les atteindre. Les Alliés ont semé mort et destruction. Les pertes humaines s'élèvent à près de 130 morts et plus de 180 blessés[60]. Soixante-dix immeubles de Neuvy-sur-Loire sont détruits et 97 % des maisons sont plus ou moins sinistrées. Les monuments historiques, exceptés les édifices religieux, sont anéantis. La mairie a disparu et c'est dans une ancienne école que la cérémonie du mariage est accomplie. Violette reprend goût à la vie et a cinq enfants, une fille et quatre garçons nés de 1947 à 1959, auxquels elle ne parla jamais de son passé. En avril 1950, le mari de Violette est heurté par un autobus, alors qu'il se déplaçait à moto. Il est immobilisé durant de longs mois dans un centre hospitalier à Garches. Une fois rétabli, Pierre, cuisinier de formation, renoue avec son activité première et gère un café-hôtel à Clamart. Violette et sa mère, Germaine, se chargent de l'approvisionnement aux Halles de Paris. Après un bref passage à Pavillons-sous-Bois, Pierre et Violette achètent en juin 1953 l'hôtel de L'Aigle d'Or, rue de Bécanne à L'Aigle dans l'Orne en Normandie. Germaine Nozière, quant à elle, s'occupe de ses petits-enfants. Quatre ans plus tard, le couple vend leur fonds de commerce. Au mois d'avril 1957, ils arrivent en Seine-Maritime et acquièrent l'Hôtel de la Forêt, au lieu-dit « La Maison-brûlée »[61], sur la commune de La Bouille, à vingt kilomètres de Rouen. Le sort s'acharne sur la famille et un nouveau drame survient au cours du mois de juillet 1960. Pierre, au volant de sa voiture, manque un virage, quitte la route et se retourne dans un fossé, dans la côte de Moulineaux, aux environs de Rouen. Après de nombreux séjours en clinique et une ultime opération réussie à Paris, Pierre, âgé de 42 ans, sombre brutalement dans le coma et décède d'une hémorragie interne, le 30 juin 1961 à trois heures du matin. Violette doit à présent élever seule ses enfants et continue toujours de veiller sur sa mère, Germaine Nozière, qui demeure avec eux.

La réhabilitation[modifier | modifier le code]

Le 24 février 1953, la Chambre des mises en accusation doit examiner une requête en réhabilitation présentée par Maître de Vésinne-Larue[62]. Au mois de mars suivant, André Breton, infatigable défenseur de Violette Nozière, écrit[63] :

« Réhabilitez-la. Cachez-vous ! De mémoire d'homme, jamais affaire criminelle n'aura fait surgir à la cantonade plus belle collection de crapules que le procès Violette Nozières, il y a vingt ans … À qui la palme, du père souilleur de sa fille (c'était la conviction du commissaire Guillaume, mais la défense se garda bien d'invoquer son témoignage), de l'amant de cœur Jean Dabin, camelot du roi-maquereau, du vicomte de Pinguet qui courut « donner » la jeune fille au sortir de son lit, des infâmes chroniqueurs judiciaires qui signaient Pierre Wolff ou Géo London les « papiers » que j'ai sous les yeux ou du mystérieux « protecteur » M. Émile (Émile Cottet, 60 rue des Tournelles, 3e arrondissement), qui a attendu le 26 février 1953 pour se faire connaître à France-Soir : « il s'agit d'un honorable commerçant » (sic) ? Le 1er décembre 1933, les surréalistes publiaient en volume un recueil d'hommages à Violette Nozières. À l'issue du verdict, ils lui adressaient, aux soins de son avocat, une gerbe de roses rouges. Quoi qu'on ait pu obtenir d'elle par l'abominable régime auquel on l'a soumise depuis lors, que sous ses nouveaux traits, Mme Françoise G… sache qu'elle n'a pas cessé de grandement nous émouvoir et qu'elle ne compte parmi nous que des amis »

Dix années s'écoulent après la prise de position d'André Breton pour que les efforts de l'avocat de Violette Nozière soient couronnés de succès : « Ce jourd'hui mercredi treize mars mil neuf cent soixante trois […] attendu que Nozière Violette sollicite sa réhabilitation […] et réunit les conditions prévues par les Articles 782 et suivants du Code de procédure pénale […] Par ces motifs : La Cour, après en avoir délibéré conformément à la loi, prononce la Réhabilitation de Nozière Violette. Ordonne que le présent arrêt sera exécuté à la diligence de Monsieur le Procureur Général »[64].

Le 13 mars 1963, Violette est réhabilitée par la cour d'appel de Rouen et retrouve donc le plein exercice de ses droits civiques et un casier judiciaire de nouveau vierge. Cette mesure est exceptionnelle dans l'histoire judiciaire française. Grâce à l'opiniâtreté de Maître de Vésinne-Larue, de la fidélité de l'avocat à sa cliente, c'est l'aboutissement de trente années de combat et qui récompense la réinsertion réussie de Violette Nozière. L'écrivain Jean-Marie Fitère souligne avec juste raison[65] :

« … c'est la première fois en effet, dans les annales de la justice française, que l'auteur d'un crime de droit commun est réhabilité après avoir été condamné à la peine capitale. Pour Maître de Vésinne-Larue, cet arrêt de la cour de Rouen, qui le comble, va très loin. Il démontre d'une façon éclatante l'inanité de la peine de mort. La réhabilitation de Violette Nozière est, pour lui, la preuve qu'il existe pour tout être humain, aussi bas qu'il soit tombé, des possibilités de rachat. Combien parmi ceux qui périssent sous le couperet de la guillotine ne seraient pas capables de suivre une voie comparable à l'admirable chemin de la parricide ? On frémit en songeant que si, en 1934, la peine de mort n'avait pas été abolie pour les femmes, Violette Nozière eût été exécutée, emportant avec elle ses prodigieuses capacités de repentir et de rachat »

Violette déclare : « Cette réhabilitation, j'y tenais pour mes enfants. Pour moi, ça m'était bien égal. Ma vie est finie. Je suis heureuse que ma mère, à qui j'ai tout dit, ait enfin compris la vérité. Elle sait que j'étais innocente - malgré ce que j'avais fait - et m'a pardonnée »[66].

Son dernier combat[modifier | modifier le code]

Tombeau de Violette Nozière
à Neuvy-sur-Loire (Nièvre)

Violette Nozière ne pourra guère profiter de cette réhabilitation. En janvier 1963, Violette est opérée à la clinique Saint-Hilaire de Rouen, d'une tumeur cancéreuse au sein gauche. Elle décide de vendre l'Hôtel de la Forêt à « La Maison-Brûlée » en juillet 1963, pour acquérir un café-restaurant « Le Relais » au 62 quai Gaston-Boulet à Rouen. Ce commerce se révèle trop épuisant et la santé de Violette se dégrade. Elle est atteinte de décalcification des vertèbres lombaires. La voici infirme, ne pouvant plus travailler. En janvier 1965, le café-restaurant est vendu. Toute la famille s'installe dans un appartement, au 14 avenue des Canadiens à Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen rive-gauche. Violette apprend une terrible nouvelle. Le mal dont elle souffre est un cancer des os. Elle se sait condamnée. « Jusqu'à la fin, elle a fait preuve d'un courage bouleversant, nous dit la religieuse qui la soignait depuis longtemps, et qui l'a assistée jusqu'à sa mort. Depuis des mois, elle se savait perdue, mais le cachait aux siens, se montrant gaie, aimable, faisant des projets d'avenir. Bien qu'elle souffrît atrocement, elle refusait les calmants que nous lui proposions, afin de garder toute sa lucidité et de pouvoir diriger sa maison et s'occuper de ses enfants. Elle s'était rachetée. Elle nous a quittées sauvée »[66].

Violette meurt le 26 novembre 1966[67] à deux heures trente du matin, en son domicile au 14 avenue des Canadiens à Petit-Quevilly, en paix avec elle-même et les siens.

L'année 1968 voit disparaître les deux dernières femmes de la famille portant le nom de Nozière. Sa tante, Marie Véronique Michel, veuve d'Ernest Nozière, domiciliée à Prades, décède le 7 mars 1968[68] au monastère des dominicaines sainte-Catherine de Sienne à Langeac en Haute-Loire. La mère de Violette, Germaine Nozière, entourée de ses petits-enfants, décède le 5 septembre 1968[69] à l'âge de 80 ans, chez sa petite-fille Michèle à Grand-Quevilly.

Violette Nozière repose désormais dans le caveau familial à Neuvy-sur-Loire, à côté de son mari, de sa mère et de son père[70]. Son secret disparaît avec elle : « Qui était donc Violette Nozière, inconnue endeuillée pour la vie, qui s'est réfugiée dans le silence, sans jamais délivrer son mystère ? »[71].

Épilogue[modifier | modifier le code]

Fait divers ou fait de société ?[modifier | modifier le code]

L'affaire Violette Nozière dépasse le simple qualificatif « fait divers ». Par sa médiatisation et son impact jusqu'à nos jours, les controverses suscitées, la naissance d'un mythe, ce fait divers devient fait de société. Anne-Emmanuelle Demartini[72] de l'Université Paris VII - Diderot, précise « que c'est aussi par la petite histoire que s'engouffre la grande »[41]. Nous pourrions intituler « l'affaire Violette Nozière, sans Violette Nozière ». Les surréalistes voient dans cette affaire, l'occasion de fustiger la société et soutiennent Violette Nozière. Le réalisateur Claude Chabrol avec son film « Violette Nozière », perpétue cette image de muse se dressant contre une société bourgeoise.

Cette « bonne société » d'avant-guerre a canalisé toutes ses craintes dans cette affaire. Une France coloniale, plongée dans la récession, les crises politiques et les scandales. À croire que face à sa propre faillite et à la corruption de quelques personnalités[73], la « bonne société » a trouvé un dérivatif en rejetant ses propres fautes morales dans l'affaire Violette Nozière. Cette dernière est accusée de tous les maux et d'après les échos de la presse, menace les fondements mêmes de ladite société. La liste est longue dans cet amalgame : crime, sexe, mensonges, cupidité, immoralité, émancipation féminine, éducation. La dérive médiatique exploite à outrance cette affaire et mise sur l'émotion qu'elle provoque. Le secret de l'instruction est bafoué et la collusion entre la presse et la justice est évidente[74]. En réalité, « c'est que dans cette affaire judiciaire se trouvent noués le parricide et l'inceste, soit la transgression de deux tabous fondamentaux, étroitement liés l'un à l'autre, qui fondent la filiation et le lien social, conformément aux analyses célèbres de Freud »[41]. L'accusation d'inceste ignorée, Violette Nozière est condamnée à mort par un jury composé d'hommes, parce qu'une jeune parricide effraie la société et remet en cause toutes ses valeurs.

Mais Violette Nozière bénéficie des grâces successives de trois chefs d'État, grâces méritées par sa conduite irréprochable en prison. Elle passe du statut de condamnée à mort pour empoisonnement et parricide à celui, après sa libération, d'une réinsertion remarquable. Sa réhabilitation en 1963 permet à Violette Nozière de retrouver tous ses droits et prérogatives. Bernard Oudin note à ce propos : « conclusion exemplaire s'il en fut, qui satisfait à la fois les moralistes et ceux qui s'opposent à la peine de mort, au nom du rachat toujours possible des condamnés »[75].

Soutien des surréalistes[modifier | modifier le code]

L'Ange noir[modifier | modifier le code]

Les surréalistes prirent sa défense dans un ouvrage collectif, Violette Nozières[76], publié en décembre 1933 à Bruxelles aux Éditions Nicolas Flamel dirigées par E. L. T. Mesens. Avec notamment des poèmes d'André Breton, René Char, Paul Éluard, Maurice Henry, César Moro, Gui Rosey, E. L. T. Mesens et Benjamin Péret. Les dessins sont de Salvador Dalí, Yves Tanguy, Max Ernst, Victor Brauner, Marcel Jean, René Magritte, Hans Arp et Alberto Giacometti. La couverture du livre est signée Hans Bellmer et l'auteur de la photographie est Man Ray[77]. Violette Nozière, « Ange noir » des surréalistes, est devenue leur égérie. L'œuvre du mouvement artistique exprime par la crudité des termes, la violence des mots et la dureté des illustrations, un véritable réquisitoire à l'encontre de la famille, de la bourgeoisie, de l'hypocrisie des défenseurs de l'ordre établi, et dans un sens plus large, de la société elle-même. Les poètes prennent ouvertement position en faveur de Violette Nozière par la provocation[78]. Cette réalisation collective intègre les poèmes de huit surréalistes, dont les extraits suivants[79],[80],[81] :

« Violette a rêvé de défaire
A défait
L’affreux nœud de serpents des liens du sang »

— Paul Éluard

« La personnalité inconnue
De Violette Nozières meurtrière
Comme on est peintre »

— Gui Rosey

« Tu ne ressembles plus à personne de vivant, ni de mort
Mythologique jusqu'au bout des ongles »

— André Breton

Les écrivains et artistes engagés dénoncent une injustice et en cela, rejoignent leur illustre prédécesseur, Émile Zola et son célèbre « J'accuse…! » lors de l'affaire Dreyfus. Le Collectif des surréalistes a été par ailleurs édité en Belgique, par crainte des poursuites judiciaires.

Œuvres inspirées par l'affaire[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Son histoire sert de trame au film Violette Nozière, réalisé par Claude Chabrol en 1977. Le rôle titre est incarné par Isabelle Huppert. Le scénario est d'Odile Barski, Hervé Bromberger et Frédéric Grendel, d'après le roman de Jean-Marie Fitère. Le film sort au cinéma en France le 24 mai 1978. À propos de ce long-métrage, voir le chapitre Documentaires.

Le film Violette Nozière, avec l'interprétation d'Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Jean Carmet et une notable mise en scène du cinéaste, compte parmi les œuvres majeures du cinéma français. Le long métrage a été récompensé par le Prix d'interprétation féminine décerné à Isabelle Huppert et le César de la meilleure actrice dans un second rôle à Stéphane Audran. Claude Chabrol connaissait « l'affaire Violette Nozière » mais c'est Pierre Brasseur qui lui suggéra de tourner un film sur ce personnage fascinant. Claude Chabrol s'intéresse aux faits divers qui assurent une authenticité, une crédibilité aux comédiens et une bonne base pour un film. Le réalisateur souhaitait Isabelle Huppert pour jouer le rôle de Violette et Jean Carmet pour celui de son père. Ces deux acteurs avaient précédemment joué ensemble dans le film Dupont Lajoie, d'Yves Boisset, dans lequel Jean Carmet violait Isabelle Huppert. Claude Chabrol reconnaît avoir choisi ses acteurs en référence à ce film[82], ce qui lui permettait de suggérer dans l'inconscient du public, la relation incestueuse et d'entretenir l'ambiguïté des personnages, même s'il ne croit pas à la version de Violette[82]. Claude Chabrol s'évertue à modifier les rôles, insinue confusion et incertitude. Les parents, victimes de leur enfant, passent au statut inverse de par leur mentalité étriquée et la médiocrité de leur existence. Le couple entretient une atmosphère pesante, accentuée dans un logement exigu où l'intimité est inexistante. Dans ce milieu en vase clos, la moindre attitude déplacée prend des proportions aggravantes. Claude Chabrol emploie le terme de « viol intellectuel » à propos du comportement de Baptiste Nozière envers sa fille. Violette quant à elle, est perçue comme froide et irréelle, inaccessible comme la vérité. Le réalisateur essaie de comprendre ses motivations, sa métamorphose et ce qui l'amène à commettre l'irréversible. L'impression première qui se dégage, est celle de la compassion pour Violette. Isabelle Huppert donne son sentiment au sujet de Violette Nozière : « L'horreur de son acte n'a d'égal que sa souffrance »[82]. Ce film sur fond d'étude sociale, est aussi un réquisitoire contre la peine de mort. Les enfants de Violette Nozière ne souhaitaient pas un film sur l'histoire de leur mère[83]. Leur autorisation est nécessaire pour que ce film voie le jour. Claude Chabrol dissipe toute inquiétude et réussit à convaincre les enfants du bien-fondé de son entreprise. Le succès du film a été immédiat, avec plus d'un million d'entrées dans les salles de cinéma. Claude Chabrol cultive la légende et en cela, succède aux surréalistes. L'écrivain Bernard Hautecloque[84] explique que « dans bien des esprits, Violette Nozière a désormais les traits de la comédienne Isabelle Huppert, avec laquelle pourtant, elle n'avait physiquement rien en commun ». Avec ce film, la renommée de Violette Nozière connaît de nouveau, un formidable retentissement. Depuis près de huit décennies, Violette Nozière, « l'Ange Noir », continue d'inspirer et de fasciner.

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Émission « Des crimes presque parfaits » de Planète+ Justice, diffusée le 26 novembre 2011 : Violette Nozière. La réalisation est de Patrick Schmitt et Pauline Verdu. Ce documentaire est présenté par Danielle Thiéry, ancienne commissaire divisionnaire, avec la participation de Anne-Emmanuelle Demartini, Jean-Marie Fitère, Bernard Hautecloque et Sylvain Larue.

Cette enquête, dont les sources principales sont issues du livre de Jean-Marie Fitère, n'est pas exempte d'erreurs chronologiques :

  1. Danielle Thiéry évoque le jour de l'empoisonnement à la date du 22 août 1933. En réalité, le crime a lieu le lundi soir 21 août 1933.
  2. Pierre et Violette ne sont pas restés dix ans dans le département de l'Orne. Le couple tient un hôtel-restaurant dans la ville de L'Aigle pendant quatre ans, de 1953 à 1957. Ils partent par la suite pour la Seine-Maritime.
  3. La date de réhabilitation de Violette Nozière n'a jamais été le 18 mars 1963. La Cour d'appel de Rouen rend son arrêt, le mercredi 13 mars 1963.
  4. Le décès de Violette Nozière n'est pas survenu le 28 novembre 1966. Violette meurt à Petit-Quevilly (Seine-Maritime), le 26 novembre 1966.
  5. Germaine Hézard, la mère de Violette, décède moins de deux ans après sa fille, mais en aucun cas le 4 août 1968. Le 4 août est le jour de sa naissance. Germaine Hézard meurt à Grand-Quevilly (Seine-Maritime), le 5 septembre 1968.
  • Émission « Mémoires » de Frédérick Gersal dans Télématin sur France 2, présentée par William Leymergie et diffusée le lundi 14 janvier 2013. Le chroniqueur historien évoque le destin de Violette Nozière, née le 11 janvier 1915[85]. L'intérêt de ce documentaire est la brève apparition de Violette Nozière dans l'extrait d'un film d'actualité cinématographique en novembre 1933, lors de la reconstitution du crime[86], ainsi que les photographies de l'époque. Deux films d'actualité de la société Pathé sur Violette Nozière sont tournés à ce moment[87].

Radio[modifier | modifier le code]

  • Émission Histoires criminelles sur France Info, du 16 août 2011 : Violette Nozière, l'empoisonneuse[89], la chronique de Jacques Expert, journaliste et écrivain. La réhabilitation de Violette Nozière a eu lieu à Rouen (Seine-Maritime) le 13 mars 1963, et non à Rennes (Ille-et-Vilaine) comme annoncée par erreur, au cours de cette diffusion[90].
  • Lors du centenaire de la Brigade criminelle, l'affaire Violette Nozière est évoquée le 5 juillet 2012, en première partie dans l'émission L'Heure du crime sur RTL, présentée par Jacques Pradel avec Marie Vindy, écrivain et chroniqueuse judiciaire[91].
  • Émission Un jour dans l'Histoire sur La Première du 11 février 2014, consacrée à Violette Nozière[92] et le film de Claude Chabrol. Présentateur : Laurent Dehossay avec le journaliste et scénariste Eddy Simon, auteur du livre Violette Nozière vilaine chérie, publié aux éditions Casterman.

Complaintes[modifier | modifier le code]

Les chanteurs des rues en 1933 et 1934, accompagnés par les joueurs ambulants d'orgue de barbarie ou à l'accordéon, interprètent sur fond d'airs connus, l'histoire de Violette Nozière à travers des complaintes populaires. Ils entretiennent la légende dans un climat passionnel[93]. Des livrets se vendent avec la photographie de Violette, dont l'extrait ci-dessous intitulé : « Le Drame dans toute son horreur », chanté sur une musique à la mode de Vincent Scotto : Quand on s'aime bien tous les deux[94] :

Elle empoisonna ses parents
La lâche Violette Nozières
Se riant de leur calvaire
Pour leur soutirer de l'argent
Sans pitié pour les blancs cheveux
De ceux qui la mirent au monde

Cette gueuse vagabonde
A commis ce crime monstrueux
Pour aller faire la noce
Danser, boire, changer d'amis
Roulait déjà, fille précoce
Dans les hôtels et boîtes de nuit

La mère râle, le père est mort
Mais elle n'a pas un seul remords
Tue-toi, c'est quand tu seras morte
Qu'alors tu seras pardonnée
Dit la pauvre mère qu'on emporte
Douloureuse et le cœur brisé.

Nous retrouvons dans le film de Claude Chabrol en 1978, la « Complainte de Violette Nozière », d'après Cachan et Vincent Scotto aux éditions Méridian. D'autres versions existent, sur une musique de Théodore Botrel : La Paimpolaise, avec pour titre « Violette, l'empoisonneuse » en sept couplets, paroles de Mme Godard, à Paris en 1933[95].

Dominique Desmons chanteur lyrique et auteur-compositeur, cite Violette Nozière dans l'une de ses publications en expliquant que « la complainte est liée à la tradition orale […] la chanson réaliste remet le genre au goût du jour avec le colportage de complaintes criminelles dès la fin du XIXème siècle, mais surtout de l'entre-deux-guerres. Le chanteur de rue joue alors un rôle d'information, souvent dangereux parce ce que partial et agitateur. La musique est facile à retenir, répétitive par la succession des couplets »[96].

Musique[modifier | modifier le code]

Quatre universitaires de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), prennent le nom de Violette Nozière pour créer un groupe de rock en décembre 1981[97]. Leur carrière est éphémère et se termine en 1984.

Le groupe italien de rock progressif Area[98] a dédié en 1978 l'une de ses chansons en Hommage à Violette Nozières[99] sur leur album 1978 gli dei se ne vanno, gli arrabbiati restano![100]. Le compositeur est le chanteur du groupe, Demetrio Stratos[101], et le texte est inspiré par les poèmes des surréalistes. Cette chanson est reprise par un autre groupe italien en 1999 : Elio e le Storie Tese, sur l'album Tutti gli uomini del deficiente[102].

Études[modifier | modifier le code]

Sarah Maza, professeur d'Histoire à l'Université Northwestern, explique dans son ouvrage Violette Nozière, A story of murder in 1930s Paris[103], les motivations de ce crime et les raisons de sa notoriété. Elle approfondit plusieurs dossiers : une étude de la société française de l'entre-deux-guerres, de la classe ouvrière, des crises politiques et de la montée des extrémismes. Comment les différents courants, de la gauche à la droite, ont utilisé cette affaire. Mais aussi le pouvoir et la presse : une médiatisation qui détourne l'attention de l'opinion face aux événements importants comme la progression d'Adolf Hitler en Allemagne, la crise économique ou les scandales financiers. L'historienne s'attache aussi à comprendre le monde dans lequel Violette Nozière vivait : le Paris des années 1930. Sarah Maza nous propose un nouveau regard sur l'affaire Violette Nozière. L'auteur analyse avec habileté la transformation de Violette, de l'étudiante à l'icône culturelle : un destin hors du commun[104]. Ce livre comporte des photographies inédites, un index complet, des sources, des références et des notes nombreuses.

Sarah Maza a précédemment écrit un article consacré aux classes sociales et l'affaire : « Violette Nozière : The wounds of class in 1930s Paris »[105], publié le 25 janvier 2012 dans le cadre d'une conférence qui s'est tenue à l'Université de Princeton dans l'État du New Jersey aux États-Unis, le 14 mars 2012 au Conseil des sciences humaines.

Anne-Emmanuelle Demartini[72], ancienne élève de l'École normale supérieure d'Ulm, agrégée d'histoire, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université Paris VII - Diderot, a effectué un travail de recherches sur Violette Nozière et publié quatre études dont deux en collaboration avec Agnès Fontvieille-Cordani, Maître de conférence en langue française et stylistique à l'Université Lumière Lyon II. Ces analyses éclairent l'aspect médiatique et judiciaire de l'affaire, ainsi que la question de l'inceste[106] :

  1. Le Crime du sexe. La justice, l'opinion publique et les surréalistes - regards croisés sur Violette Nozière : « À cet égard, la censure qui a frappé l'inceste dans la presse et les discours de la justice aura bien pris les trois visages du tabou énoncés par Michel Foucault dans son Histoire de la sexualité : affirmer que ça n'est pas permis, empêcher que ça soit dit, nier que ça existe ».
  2. Violette Nozière ou le Fait divers médiatique au miroir surréaliste : « Le fait divers, et singulièrement le fait divers criminel, entrés depuis longtemps dans l'univers médiatique, sont au cœur des stratégies éditoriales de la grande presse d'information qui triomphe dans l'entre-deux-guerres […] C'est de la lecture de la presse que naquit l'indignation des surréalistes ».
  3. L’Affaire Nozière. La parole sur l'inceste et sa réception sociale dans la France des années 1930 : « Les nombreux éléments de l'histoire de Violette qui sont conformes au tableau de l'abus sexuel intra-familial dressé aujourd'hui, autorisent à considérer l'inceste paternel comme très vraisemblable. On peut d'ailleurs émettre l'hypothèse que le parricide a été un passage à l'acte par lequel Violette s'est libérée du secret de l'inceste […] Envisager la relation incestueuse entre Violette Nozière et son père comme une vérité, c'est se donner la possibilité d'orienter l'analyse non pas seulement vers les modalités de la réception de la parole accusatrice mais également vers un déni de l'inceste qui est en soi un fait historique ».
  4. L’Affaire Nozière entre instruction judiciaire et médiatisation : « Il y a la vérité d'un constat généralisable relatif au fonctionnement de la justice en régime médiatique. La médiatisation de la justice, ce peut-être immoralité publique et voyeurisme, ce peut être également déformations et pressions, mais c'est aussi via l'introduction dans le processus judiciaire du citoyen-lecteur-spectateur, exercice démocratique de la justice ».

Un colloque international est organisé le vendredi 7 et samedi 8 mars 2008 par l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, en partenariat avec l'université Paris VII - Diderot et l'Institut national de l'audiovisuel sur le thème des « Figures de femmes criminelles »[107] :

« Le but est de répondre à cette interrogation paradoxale : alors que la part des femmes dans la criminalité est restée moindre que celle des hommes et que le droit traite en principe les deux sexes à égalité, pourquoi le récit de leurs crimes les transforme-t-il si facilement en monstres ? Dans cette construction de la figure des femmes criminelles, une large place doit donc être donnée aux fantasmes que secrète la société. Ils se nourrissent de l'image de gardienne du foyer traditionnellement assignée à l'épouse et à la mère, rôle qu'il est dangereux d'enfreindre. »

Lors de ce colloque, Anne-Emmanuelle Demartini, membre du comité scientifique, aborde la figure de l'empoisonneuse à travers les personnalités comme la marquise de Brinvilliers, Marie Lafarge et Violette Nozière. À la suite de cette réunion, les travaux historiques sont édités en 2010, sous le titre « Figures de femmes criminelles, de l'Antiquité à nos jours », aux Publications de la Sorbonne[108].

L'affaire Violette Nozière a fait l'objet d'une étude pédagogique dans un collège de l'Académie de Créteil : Violette Nozière, un procès remarquable[109] par Catherine Favier, le 30 novembre 2011. Les thèmes abordés sont principalement : l'État de droit, la justice et l'abolition de la peine de mort[110]. Les informations de cette étude proviennent notamment du site de l'exposition virtuelle Violette Nozière de Philippe Zoummeroff (consulter le chapitre Sources).
Philippe Zoummeroff, industriel aujourd'hui à la retraite, était le directeur de la société Facom, fabricant de l'outillage à main. Son grand-père est le fondateur de cette entreprise : Louis Moses, ingénieur. Grand collectionneur et mécène[111], Philippe Zoummeroff est administrateur de la Bibliothèque nationale de France. Il a créé une bourse de réinsertion des détenus avec l'Association française de criminologie[112]. Il met à la disposition d'un large public, une bibliothèque relative à la justice pénale sur un site internet[113]. Ce site permet de consulter des manuscrits, livres, journaux, articles, comptes rendus de procès, photographies, dessins et gravures.

L'histoire de Violette Nozière est également le thème central pour les travaux du lycée Molière[114] de la Mission laïque française de Villanueva de la Cañada[115] en Espagne, le 22 mai 2013.

Myriam Chermette-Richard, ancienne élève de l'École nationale des chartes, doctorante en histoire à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, conservateur à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, réalise en juin 2007 une recherche sur l'évolution et l'utilisation photographique dans le monde de la presse et ses effets. L'affaire Violette Nozière est le sujet central de son ouvrage : Le Succès par l'image ? Heurs et malheurs des politiques éditoriales de la presse quotidienne (1920-1940) dans la revue Études photographiques no 20, consacrée à « La trame des images et histoires de l'illustration photographique » (consulter le chapitre Sources). Myriam Chermette cite à ce propos : « Nous nous appuyons à plusieurs reprises sur cet exemple car il a été abondamment traité dans la presse quotidienne française, par le texte et par l’image, et il permet ainsi d’établir une étude comparée des différents journaux ». Elle reçoit le 6 septembre 2007 le Prix Louis-Roederer pour ses travaux d'investigation scientifique dans le domaine de la photographie[116].

Littérature[modifier | modifier le code]

Violette Nozière, muse des Surréalistes, devient pour André Breton une légende vivante :
« Mythologique jusqu'au bout des ongles »
L'écrivain Marcel Aymé prend la défense de Violette Nozière :
« Dans l'hypothèse d'un inceste, quelle pitié ne méritait pas la malheureuse, et quel pardon ! »
Colette ne croyait pas au possible rachat de Violette Nozière :
« Je pensais à la mauvaise enfant criminelle, à l'atmosphère de mensonge bas qu'elle avait organisée »

Les plus grands noms du surréalisme participent en 1933 à une œuvre commune : Violette Nozières (se reporter au chapitre « Soutien des surréalistes »). Anne-Emmanuelle Demartini souligne que « plus spectaculaire et de plus vaste portée critique, quoique restée confidentielle, est la protestation du groupe surréaliste qui publie le 1er décembre 1933, un recueil de poèmes et de dessins. Plaidoyer en faveur de la jeune fille, « Violette Nozières » prend le contre-pied du discours médiatique en tenant l'inceste pour vrai et en érigeant la jeune parricide en figure lumineuse de la révolte contre une société patriarcale dont les institutions – presse, justice et police – sont jugées solidaires des pères violeurs »[74].

Ces institutions qui éludent la relation incestueuse sont dénoncées avec force par l'écrivain Marcel Aymé, dans le journal Marianne du 24 octobre 1934[31] : « En condamnant Violette Nozières sans vouloir entendre parler d'inceste […] le tribunal s'est montré fidèle à l'une de ses plus chères traditions. Il a voulu affirmer le droit du père à disposer absolument de ses enfants, tout compris : droit de vie et de mort, et droit de cuissage aussi ». Marcel Aymé publie dans le même journal le 19 décembre 1934, un second article contre la peine de mort[117] : « Nous apprenons par les journaux que le pourvoi de Violette Nozières a été rejeté. il manquait au palmarès une enfant de dix-neuf ans […] mais prions bien humblement M. le président qu'il fasse grâce à Violette Nozières. On ne dira pas que c'est faiblesse, mais simple justice ».

L'affaire amène une nouvelle prise de position dans le monde littéraire avec Louis-Ferdinand Céline sous le pseudonyme de Ferdinand Bardamu, dans La revue anarchiste[118] : « Au demeurant, de quoi se plaint-on ? Cette affaire et celle d'Oscar Dufrenne sont des aubaines pour tous. Pour la foule qui renifle le sang et le sperme, pour la presse qui la triture, pour le juge qu'elle met en vedette. Nozières est sous terre et Violette est en taule. L'un en proie aux helminthes, l'autre aux remords. Deux victimes dont l'une est enterrée vivante. Deux victimes du Milieu social. On s'agite et l'on danse autour : la Danse macabre ».

Pierre Drieu la Rochelle observe attentivement le bouleversement causé par l'affaire Nozière et prend part au débat. Véronique Lesueur-Chalmet cite le romancier controversé dans sa biographie consacrée à Violette[119] :

« Le problème que la justice va devoir résoudre tient en quelques mots : « empêcher la contagion du mal ». Violette a porté le poison au cœur de son géniteur et de son pays. Les accusations contre son père et le geste criminel de la jeune femme pour s'en libérer, prennent soudain une ampleur politique. Dans l'hebdomadaire Marianne de cette même semaine, Pierre Drieu la Rochelle[120], pointe le caractère singulier de « l'affaire Nozières » : « On commence par dire : Elle a tué, pas d'affaire. Pourquoi parlez-vous d'une affaire. C'est clair. On ajoute tranquillement : Elle a tué ses parents. Attention. Cette simple affirmation qui semble reposer sur l'évidence absolue est en réalité une formule jetée en l'air et qui peut, en retombant, se casser en trois morceaux ». L'écrivain dépeint trois êtres humains tourmentés, s'anéantissant les uns les autres au terme d'un infernal huis clos. On ne tue pas ses parents pour de l'argent, sur une brève impulsion ou sous l'emprise d'un vague « coup de folie » ! À la source du meurtre, gronde la haine. Une haine occultée par des faux-semblants, bâillonnée par les convenances, étouffée par l'hypocrisie généralisée d'une société attachée aux apparences. Jusqu'à la terrible délivrance du passage à l'acte meurtrier. »

À l'inverse se manifestent les défenseurs de l'ordre moral : « Depuis Landru, personne n'avait séduit la foule que cette héroïne pâle et défaite avec les détails douteux et sales de sa vie navrante, la grise atmosphère de débauche où alternaient les cocktails, la drogue et le café crème, l'argent et la misère, un atroce monde sans Dieu »[121], s'indigne Robert Brasillach, écrivain d'extrême droite et collaborationniste à venir, tout comme le sera Louis-Ferdinand Céline, ainsi que Pierre Drieu la Rochelle.

Hostile à Violette Nozière, la romancière Colette (1873-1953) lui prête des propos imaginaires dans l'éditorial de L'Intransigeant, grand quotidien du soir d'opinion de droite : « À l'époque où je régnais sur les cœurs, lorsque d'un geste suprêmement élégant, je vidais coupe sur coupe et j'allumais, à la flamme d'un briquet de grande valeur, les cigarettes d'Orient avant de m'élancer dans ma Bugatti, je m'avisais que, sans manquer d'argent, mes parents manquaient totalement de chic. Disons le mot : ils n'étaient pas montrables… »[122].

Au sujet de cet article, une controverse s'engage entre l'écrivain Louis Laloy et Colette. Preuve, s'il en est, des débats passionnés que le procès de Violette Nozière provoque[123] :

« Au début des années trente, Colette poursuit ses chroniques judiciaires […] C'est le dernier interrogatoire de Violette Nozière avant les assises, note Colette dans La République du 20 décembre 1933 […] Colette en donne le compte rendu dans L'Intransigeant du 13 octobre[122], sous le titre Le drame et le procès. Mais la première phrase de son article va donner lieu à une polémique : C'est du petit monde, c'est du petit monde malheureusement, reprend-elle au début du quatrième paragraphe. Louis Laloy n'apprécie guère la formule qu'il associe à « petites gens », titre de l'article qu'il fait paraître dans L’Ère nouvelle du 16 octobre : Mme Colette est au nombre des rares auteurs de notre pays qui ont gardé le contact avec le peuple et voilà qu'elle semble se détacher de lui. La réponse de Colette ne se fait pas attendre, Louis Laloy la glisse aussitôt dans le numéro du 25 octobre : Chez nous on appelle « petit monde », ou « chetit monde », les méchants. « Petit monde » : je pensais à la mauvaise enfant criminelle, à l'atmosphère de mensonge bas qu'elle avait organisée, à l'étroite suspicion, à cette camaraderie pourrie entre la fille et des garçons sans scrupule. »

Plusieurs ouvrages sont consacrés à Violette Nozière (se reporter à la Bibliographie), parmi lesquels on peut citer :

  • Jean-Marie Fitère, Violette Nozière, la biographie la plus complète sur la jeune parricide. Comme le remarque l'éditeur : « Jean-Marie Fitère a su faire de ce fait divers qui défraya la chronique dans les années 1930, le roman d'une vie. Un roman à la fois cruel, poignant et tendre ».
  • Véronique Lesueur-Chalmet, Violette Nozières, la fille aux poisons, un livre romancé qui dresse un portrait psychologique en recréant des situations, plus ou moins fictionnelles : « Pas de demi-mesure. On maudit Violette Nozières ou on l'adore ».
  • Bernard Hautecloque, Violette Nozière, la célèbre empoisonneuse des années trente. L'écrivain présente une Violette Nozière dissemblable et il précise dans son avant-propos : « Je ne prétends pas pour autant avoir fait une recherche de type universitaire, mais une œuvre littéraire. J'ai eu le privilège de dialoguer avec deux autres de ses biographes, Jean-Marie Fitère et Véronique Chalmet. Nous avons comparé, voire confronté nos visions respectives du personnage. Or, bien qu'ayant travaillé tous trois sur les mêmes documents, « nos » Violette Nozière sont fort différentes les unes des autres. Faut-il s'en étonner ? ».

Patrick Modiano évoque Violette Nozière et le quartier Latin dans son roman Fleurs de ruine[124] :

« La neige qui se transforme en boue sur les trottoirs, les grilles des thermes de Cluny devant lesquelles se dressaient des étalages de marchands à la sauvette, les arbres dénudés, toutes ces tonalités grises et noires dont je garde le souvenir me font penser à Violette Nozière. Elle donnait ses rendez-vous dans un hôtel de la rue Victor-Cousin, près de la Sorbonne, et au Palais du Café, boulevard Saint-Michel. Violette était une brune au teint pâle que les journaux de l'époque comparait à une fleur vénéneuse et qu'ils appelaient « la fille aux poisons ». Elle liait connaissance au Palais du Café avec de faux étudiants aux vestons trop cintrés et aux lunettes d’écaille. Elle leur faisait croire qu'elle attendait un héritage et leur promettait monts et merveilles : des voyages, des Bugatti… Sans doute avait-elle croisé, sur le boulevard, le couple T. qui venait de s'installer dans le petit appartement de la rue des Fossés-Saint-Jacques »

La trame de l'histoire de Modiano se déroule à Paris en 1933. Un couple se suicide dans leur appartement pour de mystérieuses raisons. La cause de ce drame, ne sera jamais élucidée complètement. L'auteur mêle personnages de fiction et personnages réels, ce qui donne encore plus d'authenticité au récit.

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Violette Nozière inspire également les auteurs et dessinateurs du neuvième art. L'année 2012 voit deux projets de bande dessinée en cours de réalisation, dont l'un est publié le 28 septembre de la même année, avec sa sortie en album : L'Affaire Violette Nozière de Julien Moca et Frank Leclercq. Le début du récit se situe au mois de novembre 1966 et un avocat, Maître René de Vésinne-Larue, nous raconte l'histoire de la plus célèbre de ses clientes, Violette Nozière.

Le second album, Violette Nozière, d'Eddy Simon et Camille Benyamina[125], est sorti le 15 janvier 2014. Les auteurs nous donnent de Violette Nozière, « l'Ange Noir », un portrait empreint de poésie et de mystère…

Généalogie[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

Les 18 et 19 mai 2012, la société généalogique de Haute-Loire : GenDep43[126], organise sa 5e rencontre dans la salle d'exposition du journal L'Éveil[127], place Michelet au Puy-en-Velay. Le thème principal est la généalogie et les grandes affaires criminelles. Les membres de l'association mentionnent Violette dont la famille paternelle est originaire du département : « Nous sommes partis d'un livre qui évoque certaines affaires intervenues en Haute-Loire. L'un des cas les plus intéressants est sans doute celui de Violette Nozière, connue pour avoir assassiné son père (né à Prades) et tenté d'assassiner sa mère, et dont l'histoire a été retranscrite dans des films », explique Brigitte Dumas[128], la présidente du GenDep43. La maxime du poète Jean de La Bruyère qui illustre ce salon, se vérifie bien plus souvent qu'on ne le croit : « Tout homme descend à la fois d'un roi et d'un pendu »[128].


Félix Nozière
 
Marie Constance Bernard
 
 
 
Alsime François Hézard
 
Clémence Philomène Boutron
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Baptiste Nozière
 
 
 
 
 
 
 
Germaine Joséphine Hézard
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Violette Nozière
 
 
 
 
 
 
 

Historique[modifier | modifier le code]

La famille Nozière est originaire du département de la Haute-Loire, en Auvergne. L'aïeul paternel de Violette Nozière est Félix Nozière, né à Saint-Julien-des-Chazes le 8 mars 1858[129], de père inconnu et de Marie Nozière, vingt-deux ans. La naissance de cet enfant naturel a lieu au domicile de son grand-père maternel, Antoine Nozière (1798-1880)[130], cultivateur. Marie Nozière, ménagère, va contracter un mariage six ans plus tard, avec un dénommé Baptiste Vigouroux, cultivateur, son aîné de huit ans. La célébration se déroule dans la commune de l'époux à Prades, le 26 mai 1864[131]. Marie Nozière décède à Prades, à l'âge de 41 ans, le 6 janvier 1878[132]. Son fils, Félix Nozière, domestique, épouse Marie Constance Bernard, 17 ans, à Prades le 12 janvier 1884[133]. De cette union sont nés trois enfants : Baptiste Nozière le 17 février 1885[134], Ernest Félix Nozière le 5 janvier 1887[135] et Marie Juliette Nozière, le 20 février 1900[136]. Baptiste quitte très tôt le milieu familial en 1901, apprend la mécanique et entre aux Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) à Paris, comme ajusteur. Ernest est boulanger à Prades, comme son père. Ce dernier tient également une auberge dans le village. Ernest Nozière épouse Marie, Véronique Michel à Prades, le 11 janvier 1913[137]. Son frère, Baptiste, mécanicien, est présent à la cérémonie. Un contrat de mariage est établi, les 24 et 25 décembre 1912 par Maître Plantin, notaire à Saint-Julien-des-Chazes. Le 17 février 1914, naît René Baptiste Nozière à Prades, le premier enfant d'Ernest et Marie Nozière[138].

La vie paisible de la famille Nozière est de courte durée et connaît une succession de drames. La Guerre éclate et désormais plus rien ne sera comme avant. L'horreur de la guerre frappe d'innombrables foyers, meurtris par ce conflit[6]. Si Baptiste Nozière accomplit son engagement militaire au PLM, il en est autrement pour son frère envoyé sur le front, dans les tranchées. Ernest Nozière est incorporé le 2 août 1914[139], en tant que soldat de 2e classe au 299e régiment d'infanterie[140]. Le 3 août 1914, il rejoint son régiment stationné à Sainte-Colombe-lès-Vienne dans le département du Rhône [D]. Le 11 mars 1915, Ernest Nozière intègre la 74e Division et la 147e Brigade du Détachement de l'Armée de Lorraine (DAL). Le 24 juillet 1915, les troupes reçoivent la visite du Président de la République, Raymond Poincaré. Au mois d'octobre 1915, les combats font rage sur le front de Reillon en Meurthe-et-Moselle[141] :

« Le 8 octobre 1915, le 299ème fut alerté brusquement et enlevé en auto-camions pour débarquer à Bénamenil. Il s'agissait de parer une attaque qui avait réussi à s'emparer du bois Zeppelin en avant de Reillon. Dès son arrivée, le régiment fut jeté en pleine bataille et se lança à la contre-attaque. Pendant dix jours les combats se poursuivirent avec acharnement sur un terrain très difficile, bouleversé par les bombardements et les intempéries. Les difficultés de ravitaillement, l'état du sol détrempé par l’eau, la précarité des communications, sans cesse coupées, imposèrent aux troupes de grandes fatigues. Pendant cette période d'attaques et de contre-attaques, le régiment perdit 305 hommes tués ou blessés, mais il eut la satisfaction d'infliger aux Allemands de sanglants échecs. »

Au cours des assauts, Ernest Nozière est pris sous le feu Allemand. Le 14 octobre 1915 à 19 h 00, Ernest succombe des suites de ses blessures[142]. Il avait 28 ans[143]. Marie Nozière, veuve de guerre sans ressources avec un enfant[144], est prise en charge par son beau-père, Félix Nozière. L'enfant d'Ernest et Marie Michel, René Nozière, décède à h, au matin du 5 mai 1917[145], âgé seulement de trois ans, d'une diphtérie. Marie, Juliette Nozière disparaît [E] à Prades le 25 août 1918[146], dans sa dix-neuvième année. L'épouse de Félix Nozière, Marie Bernard meurt à Prades l'année suivante le 4 janvier 1919[147], moins de cinq mois après leur fille Juliette. Félix Nozière affronte deuils et solitude. Son seul enfant à présent, Baptiste, est éloigné et toujours en déplacement, de par son métier. Le dernier lien familial, est sa belle-fille Marie, qui décide de vivre avec le patriarche. Leur liaison et la grande différence d'âge de trente années du couple, vont alimenter les conversations des habitants de Prades. Cette situation est un sujet de discorde permanent entre Baptiste Nozière et et son père, Félix Nozière. Quoi qu'il en soit, Baptiste se rend à Prades chaque année avec sa nouvelle épouse Germaine Hézard. Par ailleurs, Germaine témoigne de l'affection pour son beau-père et ce sentiment est réciproque.

La famille Hézard a ses racines dans le département de la Nièvre en Bourgogne. Germaine, Joséphine Hézard est née à Neuvy-sur-Loire, le 4 août 1888[148]. Elle est la fille de Alsime, François Hézard, 42 ans, vigneron, et de Clémence, Philomène Boutron, 38 ans, sans profession[149]. Dix-huit années séparent Germaine de sa sœur aînée Philomène Hézard[150], mariée le 12 novembre 1889 à Neuvy-sur-Loire avec Auguste Desbouis, vigneron[151]. Auguste abandonne très vite le métier familial pour devenir gardien de la paix dans le département de la Seine.

Germaine Hézard, couturière, épouse en premières noces à l'âge de 18 ans, le 5 février 1907 à Neuvy-sur-Loire[152], Louis Pierre Arnal[153], doreur sur papier et domicilié au 83 rue d’Angoulême à Paris, dans le 11e arrondissement. Mais Louis Arnal brutalise sa femme Germaine, la trompe et joue aux courses. La séparation est inévitable. Un jugement par défaut intervient, le 8 octobre 1913. Le divorce est prononcé le 22 janvier 1914, au Palais de justice de Paris, par le tribunal civil de première instance du département de la Seine, au profit de Germaine Hézard.

  • Suite de l'historique, voir le chapitre : Biographie.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Le film Violette Nozière[154] est présenté au 31e festival du cinéma à Cannes[155]. Le chroniqueur et producteur Maurice Leroux reçoit le réalisateur Claude Chabrol et la comédienne Isabelle Huppert au cours de son émission sur le festival international du film, le 19 mai 1978 (France 3 Régions Marseille). Claude Chabrol explique pourquoi il s'arrête à la moitié de la vie de Violette Nozière, son choix concernant Jean Carmet dans le rôle du père, la question de l'inceste, les trois grâces présidentielles et la réhabilitation. Isabelle Huppert évoque son personnage et le compare à celui de La Dentellière. Elle donne également son avis sur Violette Nozière (voir le chapitre détaillé : Cinéma).

Sources[modifier | modifier le code]

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Archives[modifier | modifier le code]

  • Département de la Haute-Loire :
    Archives municipales - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    Archives municipales - Mairie de Saint-Julien-des-Chazes. Le Bourg 43300 Saint-Julien-des-Chazes
    Archives municipales - Mairie de Saint-Berain. Le Bourg 43300 Saint-Berain
    Archives municipales - Mairie de Brioude. 2 place Lafayette 43100 Brioude
    Archives municipales - Mairie de Langeac. Place Favière 43300 Langeac
    Archives de l'État civil - Archives départementales de la Haute-Loire. Avenue de Tonbridge 43012 Le Puy-en-Velay.
    Archives militaires - Archives départementales de la Haute-Loire. Avenue de Tonbridge 43012 Le Puy-en-Velay.
  • Département de la Nièvre :
    Archives municipales - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
    Archives de l'État civil - Archives départementales de la Nièvre. 1 rue Charles Roy 58039 Nevers.
  • Département de Paris :
    Archives judiciaires - Archives de Paris. 18 boulevard Sérurier 75019 Paris
    Archives municipales - Mairie du 12e arrondissement. 130 avenue Daumesnil 75012 Paris.
    Archives municipales - Mairie du 5 e arrondissement. 21 place du Panthéon 75005 Paris.
  • Département de la Seine-Maritime :
    Archives judiciaires - Archives départementales de Seine-Maritime. Hôtel du Département. Quai Jean-Moulin 76101 Rouen.
    Archives municipales - Mairie de Rouen. Place du Général-de-Gaulle 76000 Rouen.
    Archives municipales - Mairie de Petit-Quevilly. Place Henri-Barbusse 76140 Le Petit-Quevilly.
    Archives municipales - Mairie de Grand-Quevilly. Esplanade Tony-Larue 76120 Le Grand-Quevilly.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Commissaire Marcel Guillaume, Mémoires - Mes grandes enquêtes criminelles : De la bande à Bonnot à l’affaire Stavisky, Les Équateurs,‎ octobre 2010 (1re éd. 2005) (ISBN 978-2-84990-168-7), chap. 24 (« Violette Nozière »), p. 337 à 356. Édition revue et augmentée par Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

A La source citée est extraite du livre de Jean-Marie Fitère, « Violette Nozière », éditions Presses de la Cité, 3e trimestre 1975. Une autre version est celle du journal « La France » : « L'affaire Nozières - Première menace de suicide », article du 15 septembre 1933. La déposition de Violette Nozière devant le juge, le 13 septembre 1933, est en effet différente : « Enfin, point important, l'interrogatoire arriva à la tentative de suicide de l'accusée, du 16 décembre 1932 : Ce jour là, dit-elle, j'éprouvai un dégoût insurmontable de l'inconduite de mon père à mon égard. Ma mère m'avait fait de vives remontrances de mes absences au lycée. Je profitai de ce que mes parents étaient absents pour me rendre à Auteuil, sur les quais de la Seine, où je voulais me noyer. Auparavant, bien en vue, j'avais laissé dans notre appartement une lettre annonçant mon acte de désespoir. Mr et Mme Nozières trouvèrent la lettre le soir et coururent, affolés, dans les commissariats. On leur dit, à celui de l'Odéon, que Violette Nozières, bien connue, venait de quitter le Quartier Latin et des amis s'offrirent à aller à sa recherche. Ces derniers devaient trouver, vers 22 heures, la désespérée errant le long des quais. Elle n'avait pas eu le courage de mettre son projet à exécution ».

B Elizabeth Lamouly veuve Ducourneau, 35 ans, condamnée à mort également pour parricide à Bordeaux le 26 avril 1940, ne bénéficie pas de la grâce du chef de l'État français, Philippe Pétain. Elle est guillotinée le 8 janvier 1941. C'est la première femme exécutée en France depuis Georgette Lebon épouse Thomas, 25 ans, journalière, condamnée à mort avec son mari Sylvain Thomas, 30 ans, journalier, pour parricide, le 24 novembre 1886 à Blois. Les époux sont guillotinés sur la place publique à Romorantin, le 24 janvier 1887[160].
Philippe Pétain a également refusé la remise de la peine capitale, pour quatre autres femmes : Georgette List épouse Monneron, 30 ans, guillotinée à Paris le 6 février 1942. Germaine Besse épouse Legrand, 29 ans, guillotinée à Saintes le 8 juin 1943. Czeslawa Sinska veuve Bilicki, 33 ans, guillotinée à Chalon-sur-Saône le 29 juin 1943. Marie-Louise Lempérière épouse Giraud, 39 ans, blanchisseuse à Cherbourg. Condamnée à mort, pour avortements clandestins le 8 juin 1943 à Paris par un tribunal d’État. C’est un procès et une condamnation politique. Marie-Louise Giraud est guillotinée dans la cour de la prison de la Roquette à Paris, le 30 juillet 1943. Son histoire est reprise par Claude Chabrol pour son film : « Une affaire de femmes » dont l'actrice principale est Isabelle Huppert.
Sous la présidence de Vincent Auriol, avocat de formation, socialiste et républicain, les exécutions de femmes se sont poursuivies : Lucienne Fournier veuve Thioux, 45 ans, guillotinée à Melun le 11 décembre 1947. Madeleine Mouton, guillotinée à Sidi-Bel-Abbès en Algérie française, le 10 avril 1948. Geneviève Danelle épouse Calame, fusillée avec son mari Roger Calame, au Fort de Montrouge le 8 juin 1948. Ils étaient des agents doubles de la Résistance française et travaillaient pour la Gestapo : 144 résistants arrêtés, 46 déportations, 22 exécutions. La dernière femme exécutée en France est Germaine Godefroy, veuve Leloy : 31 ans, commerçante à Baugé. Condamnée à mort pour le meurtre de son mari, Albert Leloy, le 26 novembre 1948 à Angers. Elle est guillotinée dans cette même ville, le 21 avril 1949.

C Eugène Garnier : le véritable nom de famille est modifié. Le pseudonyme cité dans le livre de Jean-Marie Fitère, est repris dans cet article. Bernard Hautecloque prend le nom de Giraud dans son ouvrage[161] et précise : « Le nom a été transformé. En 2010 vivent parmi nous une femme et quatre hommes. Ils ont entre soixante-deux et cinquante-deux ans, portent le vrai nom et sont légitimement fiers de leur mère. De toute façon, ils ont le droit à la tranquillité ». À propos de la force des liens familiaux, Jean-Marie Fitère écrit[162] si justement : « Lorsque les enfants connaîtront brutalement, par les journaux, le passé de leur mère au lendemain de sa mort, ils recevront un choc terrible. Mais nul sentiment de gêne ou de honte ne les envahira. La tendresse passionnée, l'admiration qu'ils ressentent pour leur mère ne faibliront pas. Ils garderont intact le souvenir de celle qui n'avait été à leurs yeux que bonté, dévouement et courage ».

D Les informations sur l'État-civil d'Ernest Nozière transmises à l'Armée au moment de sa mobilisation, sont pour le moins surprenantes. Il est déclaré domicilié à Saint-Julien-des-Chazes, célibataire et son père, Félix Nozière, décédé. Les erreurs sont toujours possibles au vu du contexte de l'époque, en période de conflit. Mais avec trois renseignements erronés, les interrogations demeurent. Les autres données comme l'État-civil de sa mère Marie Constance Bernard, sont correctes. Ernest Nozière meurt sur le front, le 14 octobre 1915. Une mention rectificative du chef du Bureau des Archives administratives du Ministère de la Guerre est donc intervenue, avant la transcription de l'acte de décès à Prades. Félix Nozière et sa belle-fille Marie, Véronique Michel ont une liaison. À quel moment commence cette relation ? Dans quelles circonstances ? Ces fausses déclarations sont-elles une conséquence directe : une façon d'occulter une situation inacceptable ? L'écrivain Jean-Marie Fitère dans sa biographie sur Violette Nozière, donne sa version des faits : « Le vieux Nozière fait partie de ces patriarches chefs de clan qui s'arrogent tous les droits, y compris le droit de cuissage sur leur belle-fille ». Devenue veuve en 1915 et après le décès de sa belle-mère en 1919, Marie Michel choisit de rester avec Félix Nozière.

E Dans le journal « Le Petit Parisien » du lundi 4 septembre 1933, l'article d'Henri Bibert, « Quand Violette Nozières était en vacances », mentionne Juliette Nozière, la sœur cadette de Baptiste Nozière : « Veuf [Félix Nozière], la guerre lui prit son fils Ernest, puis l'enfant de celui-ci, âgé de trois ans, fut emporté par la diphtérie. Il avait encore la consolation d'avoir auprès de lui sa belle-fille, sa fille Juliette et son fils Baptiste, qui vient d'être empoisonné dans les circonstances tragiques que l'on connaît ». Sarah Maza, professeur d'Histoire à l'Université Northwestern aux États-Unis, s'interroge dans son ouvrage Violette Nozière, A Story of Murder in 1930s Paris[163], sur le devenir de Marie, Juliette Nozière : « Était-elle morte aussi, ou mariée et vivant ailleurs ? ». Le journaliste de l'époque commet une erreur. Juliette Nozière était déjà décédée en 1933, depuis quinze ans.
Voici la copie intégrale de l'acte de décès[146] de Juliette Nozière (1900-1918) : « Le vingt-cinq août mil neuf cent dix-huit, quatre heures du soir, Marie Juliette Nozière, née à Prades (Haute-Loire) le vingt février mil neuf cent, sans profession, fille de Félix Nozière, cultivateur et de Marie Constance Bernard, son épouse, ménagère, domiciliés à Prades, célibataire, est décédée en son domicile, lieu dit Prades. Dressé, le vingt-six août mil neuf cent dix-huit, huit heures du matin, sur la déclaration de Félix Nozière, soixante ans, cultivateur, père de la défunte, sus-désigné, et de Félix Bernard, soixante-un ans, cultivateur, domicilié en cette commune, oncle de la défunte, qui lecture faite, ont signé avec nous, Jules Brun, maire de Prades. Signatures : Nozière, Bernard, Brun ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 1 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
    Germaine est bien le second prénom de Violette Nozière, et elle est bien née à quatre heures du soir et non à quatre heures du matin.
  2. Baptiste Nozière est né à Prades en Haute-Loire le 17 février 1885. Source : Archives municipales : État civil - acte de naissance no 2 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    Un seul prénom dans l'acte de naissance de Baptiste Nozière. Son père, Félix Nozière, 27 ans, est cultivateur et sa mère Marie, Constance Bernard, 19 ans, ménagère. Les professions de Félix Nozière sont successivement : domestique, cultivateur, boulanger, aubergiste.
  3. Germaine Hézard est née à Neuvy-sur-Loire le 4 août 1888. Source : Archives municipales : État civil - acte de naissance no 17 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
    Ses parents sont Alsime François Hézard, 42 ans, vigneron, et Clémence Philomène Boutron, 38 ans, sans profession.
  4. a et b Archives municipales : État civil - acte de mariage no 1173 - Mairie du 12e arrondissement. 130 avenue Daumesnil 75012 Paris.
    Les témoins habitent le même arrondissement : Charles Bois, 58 ans, fabricant de meubles, au 3 rue Érard. Antoine Vidal, 45 ans, ébéniste, au 8 rue Chaligny. Talma Portal, 55 ans, employé, au 1 rue Bignon. Fernand Duchesne, 46 ans, employé de commerce, au 7 rue Crozatier.
  5. Chemins de Mémoire : La Grande Guerre a-t-elle fait progresser l'émancipation des femmes ?..
  6. a et b Chemins de Mémoire : La Première Guerre mondiale (1914-1918)..
  7. Archives militaires : état signalétique et des services et registre matricule de recrutement no 1823. Archives départementales de Haute-Loire. Avenue de Tonbridge 43012 Le Puy-en-Velay.
  8. a, b, c et d Jean-Marie Fitère, Violette Nozière - Empoisonnement, parricide, inceste …, Éditions Acropole, coll. « Jugés coupables »,‎ 3 mai 2007, 228 p. (ISBN 978-2-73570-288-6)
  9. Maddy, diminutif repris par la presse et l'écrivain Jean-Marie Fitère, ainsi que dans le film « Violette Nozière ». Mado sera le prénom, noté par le commissaire Marcel Guillaume dans ses mémoires et l'historien Bernard Hautecloque.
  10. Bonne mère et bonne épouse, ce que sera effectivement Violette Nozière après sa libération.
  11. « Une grisette comme on en rencontre tant au Quartier Latin », Paris-Soir,‎ 27 août 1933.
    Se reporter au livre de Bernard Hautecloque, Violette Nozière : la célèbre empoisonneuse des années trente, Éditions Normant,‎ 1er novembre 2010, 200 p. (ISBN 978-2-915685-48-0), p. 49. Comme le souligne l'auteur, une centaine d'étudiantes se livraient ainsi à la prostitution d'après les estimations de la police.
  12. « L'affaire Nozières : Le nouvel interrogatoire de l'inculpée », La France,‎ 15 septembre 1933.
    Lire également l'article de Bernard Oudin, « L'Affaire Violette Nozière », Historia, Librairie Jules Tallandier, no 379,‎ juin 1978, p. 93 à 99
  13. « Célébrités : des photos très peu officielles », Le Crapouillot, no 48 « Spécial photos défendues »,‎ automne 1978. Commentaire de l'article : Violette Nozière photographiée au cours d'une soirée intime (Collection Romi).
    Gilles Martin-Chauffier, « Les femmes de notre siècle, Violette Nozière : pour la première fois, une criminelle donne des états d'âme à la société », Paris Match,‎ 15 octobre 1982, p. 146 à 147. Commentaire de l'article : Violette était fière de cette photo « coquine », réalisée par un photographe anonyme « spécialisé » (Collection Romi).
  14. Maurice Aubenas, « Violette Nozière a-t-elle menti ? », Le Petit Journal,‎ 12 septembre 1933.
  15. Le soménal est un somnifère vendu sans ordonnance en pharmacie. Chaque tube acheté par Violette, contient douze comprimés. Ce médicament possède des propriétés identiques au véronal, barbiturique qui se présente sous la forme de petits cristaux solubles.
  16. La thèse du suicide est vraisemblable avec le funeste projet de Violette, d'emmener ses parents dans la mort. L'écrivain Bernard Hautecloque dans l'émission de radio « L'Heure du crime » consacrée à Violette Nozière, exprime le même avis. Les raisons ne manquent pas : un mal de vivre, les dérives de Violette et sa maladie, les disputes familiales mais aussi la question de l'inceste.
  17. Lors de son procès, Violette Nozière déclare : « J'étais incommodée. Je ne pouvais allumer l'électricité. Alors je me suis servie d'un gros briquet qui se trouvait là et c'est peut-être en me butant que j'ai mis le feu accidentellement ». Source : Saint-Martin, « Violette Nozières comparait devant les jurés de la Seine », Grand Écho du Nord de la France, no 284,‎ 11 octobre 1934.
  18. U. Rouchon, « Violette Nozière au pays de son père », Le Petit Journal,‎ 4 septembre 1933.
  19. La Guerre a pris le second fils de Félix Nozière, Ernest, en 1915. Devenu veuf de Marie Bernard en 1919, Félix Nozière vit maritalement avec sa belle-fille, Marie Michel (1888-1968). Cette seconde union n'eut pas de postérité.
  20. Biographie d'Ernest Nozière (1887-1915), voir le chapitre : Historique.
  21. a, b et c G.A. de Zelli, « Le plus abominable crime de l'époque », Drames, no 1 « La vérité sur le crime de Violette Nozières »,‎ septembre 1933.
  22. Archives municipales : État-civil - acte de décès no 3255 - Mairie du 12e arrondissement. 130 avenue Daumesnil 75012 Paris.
    Le décès de Baptiste Nozière est constaté officiellement le 23 août 1933 à deux heures quarante au 184 rue du Faubourg-Saint-Antoine (hôpital Saint-Antoine). Décès déclaré le même jour à seize heures dix.
  23. Commissaire Marcel Guillaume (préf. Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS), Mémoires - Mes grandes enquêtes criminelles : De la bande à Bonnot à l'affaire Stavisky, Éditions des Équateurs,‎ 28 octobre 2010 (1re éd. 2005), 402 p. (ISBN 978-2-84990-168-7), chap. 24 (« L'affaire Violette Nozières »), p. 349
  24. Journal Excelsior : « Violette Nozière a empoisonné ses parents - un mandat d'amener est lancé contre la fugitive ». Article du samedi 26 août 1933.
  25. Paris-Soir : « On ignore toujours ce qu'est devenue Violette Nozière - Ce matin, des recherches ont été opérées dans la Seine où la criminelle, d'après un témoin, se serait peut-être jetée ». Article du 28 août 1933.
    Extrait cité également dans Études photographiques, « Le Succès par l'image ? » de Myriam Chermette, page 99, revue no 20, juin 2007.
  26. Le journal Paris-Soir du 1er septembre 1933 emploie les termes « monstre en jupons » et « fleur vénéneuse », à propos de Violette Nozière. Cité par Anne-Emmanuelle Demartini et Agnès Fontvieille : « Le crime du sexe. La justice, l'opinion publique et les surréalistes : regards croisés sur Violette Nozière », dans « Femmes et justice pénale, XIXe-XXe siècle », page 244. Collection Histoire. Éditions Presses universitaires de Rennes. Rennes, 20 novembre 2002. Réédition, janvier 2011.
  27. Consulter l'exposition virtuelle sur Violette Nozière et la presse : Collection privée Philippe Zoummeroff.
  28. Lire à ce propos sur l'affaire Violette Nozière et son impact dans la presse, le document de Myriam Chermette : « Le Succès par l'image ? » dans Études photographiques no 20, juin 2007.
  29. Marcel, Ludovic Guillaume (né à Épernay le 17 octobre 1872 - décédé à Bayeux le 10 février 1963), commissaire de police en 1913, puis commissaire divisionnaire depuis 1928, est le chef de la brigade criminelle de 1930 à 1937. Il s'occupe également des enquêtes sur l'affaire Stavisky et l'Affaire du conseiller Prince en 1934. Il était opposé à la peine de mort. Mis à la retraite en 1937, cette grande figure de la police française et le plus célèbre de l'entre-deux-guerres, va inspirer l'écrivain Georges Simenon (1903-1989) pour son personnage du commissaire Maigret.
  30. a, b et c Au mois de janvier 1937, le commissaire Marcel Guillaume prend sa retraite. Le 27 février 1937, le quotidien Paris-Soir commence la publication des enquêtes du célèbre policier. L'ensemble des mémoires de Marcel Guillaume paraît dans ce journal jusqu'au 18 avril 1937 en raison d'un article quotidien, soit une cinquantaine d'épisodes. « L'affaire Violette Nozières » est éditée dans Paris-Soir les 21 mars, 1er et 2 avril 1937. L'écrivain Jean-Marie Fitère va reprendre dans son ouvrage « Violette Nozière » en 1975, les souvenirs de Marcel Guillaume. Les mémoires du commissaire Guillaume sont de nouveau imprimées aux Éditions des Équateurs en 2005 et rééditées en 2010.
    Citations de Marcel Guillaume, « L'affaire Violette Nozières », Paris-Soir,‎ 21 mars, 1er et 2 avril 1937.
    Lire également : Commissaire Marcel Guillaume (préf. Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS), Mémoires - Mes grandes enquêtes criminelles : De la bande à Bonnot à l'affaire Stavisky, Éditions des Équateurs,‎ 28 octobre 2010 (1re éd. 2005), 402 p. (ISBN 978-2-84990-168-7), chap. 24 (« L'affaire Violette Nozières »), p. 353 à 355
  31. a et b Journal Marianne no 105 : Article « Incestes » de Marcel Aymé, le 24 octobre 1934.
    Marcel Aymé : « Œuvres romanesques complètes », volume II. Article « Incestes », pages 1212 à 1214. Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, le 4 septembre 1998.
  32. Extrait du poème de Paul Éluard, dans le Collectif Violette Nozières (André Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret …), Violette Nozières, Poèmes, dessins, correspondances, documents, Paris, Éditions Terrain Vague, coll. « Le Désordre »,‎ 1991 (ISBN 978-2-85208-149-9). Réédition de l'ouvrage des surréalistes (décembre 1933), préfacée par l'écrivain José Pierre (1927-1999).
  33. a et b Se reporter aux études suivantes :
    Anne-Emmanuelle Demartini : « L'Affaire Nozière. La parole sur l'inceste et sa réception sociale dans la France des années 1930 ». Revue d'histoire moderne et contemporaine no 56-4, page 190 à 214. Éditions Belin, avril 2009.
    Anne-Emmanuelle Demartini : « L'affaire Nozière entre instruction judiciaire et médiatisation ». Revue d'histoire : Le Temps des médias no 15, page 126 à 141. Nouveau Monde Éditions, septembre 2010.
  34. Le Petit Parisien : « Le drame de la rue de Madagascar - Le mécanicien et sa femme ont été victimes d'un empoisonnement criminel ». Article du vendredi 25 août 1933.
  35. Archives judiciaires : Archives de Paris - 18 boulevard Sérurier 75019 Paris. Site officiel : Archives judiciaires de la cour d'assises de la Seine
    Procès-verbal de première comparution, cote D2 U8 379. Source : Anne-Emmanuelle Demartini, « L'Affaire Nozière : La parole sur l'inceste et sa réception sociale dans la France des années 1930 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, Belin, no 56-4,‎ avril 2009, p. 190 à 214.
  36. La Tribune Républicaine : « Les obsèques de M. Nozières à Neuvy-sur-Loire ». Article du samedi 2 septembre 1933.
  37. Clémence Philomène Boutron, fille de Joseph Boutron et de Louise Barré, veuve de Alsime François Hézard. La grand-mère de Violette décède à Neuvy-sur-Loire, le 13 février 1934.
    Archives municipales : État civil - acte de décès no 5 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
  38. Le Petit Parisien : « Les obsèques émouvantes de M. Nozières ». Article de Yves Dautun, du vendredi 1er septembre 1933.
  39. La Dépêche : « Une tragique confrontation » . Article du samedi 2 septembre 1933.
  40. Le Progrès : « Le drame de la rue de Madagascar. Au cours d'une pathétique confrontation, Violette Nozières s'écrie : Pardon, pardon Maman. Maudite par sa mère qui l'adjure de se tuer, la parricide s'évanouit ». Article du samedi 2 septembre 1933.
  41. a, b et c Anne-Emmanuelle Demartini : « L'Affaire Nozière. La parole sur l'inceste et sa réception sociale dans la France des années 1930 ». Revue d'histoire moderne et contemporaine no 56-4, pages 190 à 214. Éditions Belin, avril 2009.
  42. Journal La France, édition de Bordeaux : « L'affaire Nozières ». Article du vendredi 15 septembre 1933
  43. Le Quotidien : « Mme Nozière s'est constituée partie civile contre sa fille. Elle s'est présentée hier après-midi devant le juge d'instruction ». Article du samedi 16 septembre 1933.
  44. L'ami du Peuple : « Mme Nozière implore la pitié des jurés pour sa fille », par Marcel Espiau. Article du vendredi 12 octobre 1934, no 2350.
    Pendant l'Occupation allemande, le journaliste Marcel Espiau écrit dans Les Nouveaux Temps, quotidien du soir de la presse collaborationniste française. Marcel Espiau est du nombre des cent trente écrivains interdits à la Libération, en septembre 1944.
  45. a et b Grand Écho du Nord de la France : « Les témoignages de Mme Nozières et de Jean Dabin provoquent des incidents dramatiques », par Saint-Martin. Article du 12 octobre 1934, no 285.
  46. a, b et c Archives judiciaires : Arrêt de la cour d'appel de Rouen en date du 13 mars 1963 - Réhabilitation de Violette Nozière. Document ADSM - Cote 3397 W 229.
    Archives départementales de la Seine-Maritime - Hôtel du Département. Quai Jean Moulin 76100 Rouen
  47. L'Ami du Peuple : « Violette Nozière est condamnée à mort », par Marcel Espiau, du 13 octobre 1934. La presse de l'époque rapporte bien, à quelques variantes près, les propos exacts de Violette Nozière à l'annonce de la condamnation : « Laissez-moi ! Laissez moi ! C'est honteux ! J'ai dit la vérité !… Vous n'êtes pas pitoyables ! », dans le journal Le Matin du 13 octobre 1934. La version de l'écrivain Jean-Marie Fitère : « Vous me dégoutez tous ! Vous êtes des saligauds sans pitié. Voilà ce que vous êtes !…  », ou celle du réalisateur Claude Chabrol dans son film « Violette Nozière » : « Vous me dégoutez, vous êtes tous des salauds, vous êtes pitoyables, je vous maudis tous autant que vous êtes… », accentue le côté dramatique.
  48. L'Ami du Peuple : « Violette Nozière est condamnée à mort », par Marcel Espiau. Article du samedi 13 octobre 1934, no 2351.
  49. Journal Marianne no 113 : Article « Peine de mort » de Marcel Aymé, le 19 décembre 1934.
    Marcel Aymé : « Œuvres romanesques complètes », volume II. Article « Peine de mort », pages 1216 à 1217. Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, le 4 septembre 1998.
  50. Commissaire Marcel Guillaume - Mémoires - Mes grandes enquêtes criminelles. Violette Nozière : citation page 356, Éditions des Équateurs, octobre 2010.
  51. Aujourd'hui, la Centrale d'Haguenau est devenue la Médiathèque au 24 rue du maire André Traband à Haguenau. Vous retrouvez l'historique et les photographies de la prison sur les sites suivants :
    Net Comète : « Le lourd passé de la Médiathèque ».
    Net Comète : « Autour de la Maison centrale ».
    Net Comète : « Album photographique ».
  52. Archives municipales : État-civil - acte de décès no 1305 - Mairie du 5e arrondissement. 21 place du Panthéon 75005 Paris.
    Le décès de Jean Dabin est déclaré le 28 octobre 1937 à quinze heures. Jean Dabin était maréchal des Logis au 123 e Régiment du Train. Célibataire, il était domicilié chez ses parents, au 97 Quai de la Gare dans le 13e arrondissement de Paris.
  53. Archives municipales : État civil - acte de décès no 3 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    La date de naissance inscrite dans l'acte de décès est incorrecte. Félix Nozière est né à Saint-Julien-des-Chazes, le 8 mars 1858 et non le 12 avril 1858, comme indiquée par erreur lors de la transcription à Prades.
  54. Les dossiers des détenues de la Maison Centrale de Rennes pour la période 1910-1953 sont déposés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine. Celui de Violette Nozière est référencé sous la cote 278 W 395. Archives judiciaires - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine. 1 rue Jacques Léonard 35000 Rennes.
  55. Corinne Jaladieu, « Les résistantes dans les prisons de Vichy : l'exemple de la Centrale de Rennes », Cahiers d'Histoire. Revue d'histoire critique, no 89,‎ octobre 2002, p. 81à 97 (ISBN 2-907-45216-9)
  56. Lire le document de Yves Boivin (janvier 2004) : Les condamnées des Sections Spéciales incarcérées à la Maison Centrale de Rennes. Déportées les 5 avril, 2 mai et 16 mai 1944.
  57. Corinne Jaladieu, La prison politique sous Vichy : L'exemple des centrales d’Eysses et de Rennes, Éditions L'Harmattan, coll. « Logiques sociales »,‎ 4 décembre 2007, 24 cm × 15 cm, broché, 292 p. (ISBN 978-2-29604-748-8, lire en ligne), p. 198 à 199
  58. En indiquant l'année 1940, la version du romancier Jean-Marie Fitère concernant la chronologie professionnelle du futur beau-père de Violette Nozière dans l'administration pénitentiaire, est erronée.
  59. Archives municipales : État-civil - acte de mariage no 10 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
    Témoins au mariage : Auguste Desbouis, retraité et Lucien Lanoux, boulanger, domiciliés à Neuvy-sur-Loire. Le lieu de résidence des époux est déclaré également à Neuvy-sur-Loire. En réalité, Pierre, 27 ans, cuisinier, et Violette, 31 ans, sans profession, demeurent à Paris. L'épouse signe au bas de l'acte : « V. Nozière ».
  60. Récit de l’Abbé Châtillon, curé de Neuvy-sur-Loire : « 1944, année terrible, année des bombardements - Neuvy martyrisé ».
  61. Site internet de la commune : La Bouille (Seine-Maritime). Voir sur ce site, le chapitre 2 sur « La Maison-brûlée ».
  62. Libération : « Vingt ans après sa condamnation à mort, Violette Nozières demande sa réhabilitation ». Article du 23 février 1953.
  63. André Breton : Médium-feuille no 5, revue des surréalistes, Paris, mars 1953.
  64. Archives judiciaires : Archives départementales de la Seine-Maritime - Hôtel du Département - Quai Jean Moulin 76100 Rouen.
    Site officiel : Archives départementales de Seine-Maritime.
    Réhabilitation de Violette Nozière : extraits de l'arrêt de la Cour d’appel de Rouen en date du 13 mars 1963. Document ADSM - Cote 3397 W 229. Les majuscules du texte original sont respectées. Les dates du 18 mars et du 18 mai 1963, avancées par des ouvrages sont erronées.
  65. Jean-Marie Fitère, Violette Nozière, Presses de la Cité,‎ 3e trimestre 1975, 222 p. (ISBN 2-258-00423-3)
  66. a et b Paris Match : « Violette Nozière 18 ans, condamnée à la guillotine », article de Georges Reyer, du 10 décembre 1966.
  67. Archives municipales : État civil - acte de décès no 392 - Mairie de Petit-Quevilly. Place Henri-Barbusse 76140 Petit-Quevilly.
    Le décès de Violette Nozière est déclaré ce même jour, 26 novembre 1966, à dix heures quinze minutes, par sa fille aînée.
  68. Archives municipales : État civil - acte de décès no 13 - Mairie de Langeac. Place Favière 43300 Langeac.
    Le décès est déclaré par sa demi-sœur Florentine Michel, épouse Chavot, qui demeure dans le département du Rhône.
  69. Archives municipales : État civil - acte de décès no 130 - Mairie de Grand-Quevilly. Esplanade Tony-Larue 76120 Grand-Quevilly.
    Des ouvrages mentionnent la date du 4 août 1968. L'origine de cette erreur provient de la retranscription erronée du décès, inscrite en marge de l'acte de naissance de Germaine Nozière à Neuvy-sur-Loire. Le 4 août est le jour de naissance de Germaine Nozière et non celui de son décès. La mairie de Neuvy-sur-Loire procède à la rectification. Le second exemplaire du registre d'État civil, déposé aux Archives départementales de la Nièvre à Nevers, comporte en mention marginale, la date correcte du décès.
  70. Le nom de Violette Nozière et celui de sa mère, Germaine Hézard, ne sont pas gravés sur le tombeau. En fait, bien des caveaux ne comportent que les noms des familles, ce qui est le cas ici : « Nozière-Hézard ». Le nom de « Nozière Baptiste 1885-1933 » est quant à lui, gravé dans le marbre (le prénom est en abrégé). Concession perpétuelle acquise le 30 août 1933, attribuée à Madame Nozière-Hézard.
  71. Citation de Jacques Vergès, extraite de son livre : Justice et littérature, Presses universitaires de France,‎ 9 mars 2011 (ISBN 978-2-13057-538-2), « L'accusé, cet inconnu : Le mystère de Violette Nozière », p. 185 à 199.
  72. a et b Site universitaire Paris VII - Diderot : Anne-Emmanuelle Demartini.
  73. Le procès de Violette Nozière en 1934 est précédé par des scandales qui aboutissent à des crises du régime parlementaire, sans précédent. Lire les articles sur l'Affaire Stavisky et l'Affaire du conseiller Prince.
  74. a et b Anne-Emmanuelle Demartini : « L'affaire Nozière entre instruction judiciaire et médiatisation ». Revue d'histoire : Le Temps des médias no 15, pages 126 à 141. Nouveau Monde Éditions, septembre 2010.
  75. Bernard Oudin : « L'affaire Violette Nozière », revue mensuelle Historia no 379. Éditions Librairie Jules Tallandier, pages 93 à 99, juin 1978.
  76. Par une erreur constante, les surréalistes ajoutent systématiquement un « s » à la fin du nom de Violette Nozière. Henri Béhar : André Breton le grand indésirable. Éditions Fayard, Paris septembre 2005, page 299, qui date d'avril 1934 la publication de la plaquette.
  77. Documents, presse, dessins, concernant Violette Nozière sur le site André Breton.
  78. Gérard de Cortanze, Le monde du surréalisme, Paris, Éditions Complexe, coll. « Bibliothèque Complexe »,‎ 2 septembre 2005, 332 p. (ISBN 978-2-80480-056-7, résumé)
    Pour l'écrivain Gérard de Cortanze, le cinéaste Claude Chabrol, est le digne héritier des surréalistes, en dénonçant les vrais coupables, dans son film « Violette Nozière ».
  79. Extraits des poèmes à partir des ouvrages suivants :
    Les surréalistes André Breton, René Char, Paul Éluard, Maurice Henry, E. L. T. Mesens, César Moro, Benjamin Péret, Gui Rosey, Salvador Dalí, Yves Tanguy, Max Ernst, Victor Brauner, René Magritte, Marcel Jean, Hans Arp, Alberto Giacometti : Violette Nozières (recueil), éditions Nicolas Flamel, Bruxelles, 1er décembre 1933.
    Collectif Violette Nozières (André Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret …) (préf. José Pierre 1927-1999), Violette Nozières : Poèmes, dessins, correspondances, documents, Paris, Terrain Vague, coll. « Le Désordre »,‎ 20 novembre 1991 (ISBN 978-2-85208-149-9).
    Anne-Emmanuelle Demartini, Agnès Fontvieille, Emmanuelle André (dir.), Martine Boyer-Weinmann (dir.) et Hélène Kuntz (dir.), Tout contre le réel. Miroir du fait divers, Paris, Éditions Le Manuscrit, coll. « L'esprit des Lettres »,‎ 25 juin 2008 (ISBN 978-2-304-00582-0), « Violette Nozière ou le fait divers médiatique au miroir surréaliste », p. 105 à 130
  80. (it) Collectif des surréalistes (trad. Carmine Mangone, préf. Andrea Bruni), Gruppo surrealista : Violette Nozières, Éditions Maldoror Press,‎ avril 2011, Pdf, 34 p. (lire en ligne)
  81. Agnès Fontvieille-Cordani, Le gré des langues, Paris, Éditions L'Harmattan (no 15),‎ 1999, 202 p. (ISBN 2-73848-103-5, lire en ligne), « La question de l'énonciation dans le poème de Paul Éluard publié dans le recueil surréaliste Violette Nozières (décembre 1933) », p. 90 à 111
  82. a, b et c Entretien télévisé du 19 mai 1978 : Claude Chabrol et Isabelle Huppert à propos du film Violette Nozière, voir Documentaires.
  83. Consulter à ce propos, le site d'Isabelle Huppert.
  84. Bernard Hautecloque, Violette Nozière, la célèbre empoisonneuse des années trente, Éditions Normant,‎ novembre 2010
  85. La commune de naissance de Violette Nozière est bien Neuvy-sur-Loire, mais le département est celui de la Nièvre, et non celui du Cher.
  86. Voir le documentaire Violette Nozière sur France 2
  87. Lire à ce propos : Anne-Emmanuelle Demartini, André Rauch (dir.) et Myriam Tsikounas (dir.), L'historien, le juge et l'assassin, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Hommes et Société »,‎ 14 juin 2012, 286 p. (ISBN 978-2-85944-701-4, résumé), « Celle dont on ne voit pas les yeux : portraits de Violette Nozière », p. 185 à 196.
  88. Pour plus d'informations sur cette émission radiophonique vous pouvez écouter L'Heure du crime : L'Affaire Violette Nozière.
  89. Version archivée uniquement en ligne - Histoires criminelles : « Violette Nozière, l'empoisonneuse ».
  90. En 1963, Violette Nozière habitait à l'Hôtel de la Forêt, lieu-dit « La Maison-brûlée », sur la commune de La Bouille dans la Seine-Maritime. La notification de l'arrêt de la cour d'appel de Rouen, est envoyée au domicile de Violette, par lettre recommandée le 15 mars 1963.
  91. Émission, L'Heure du crime sur RTL le 5 juillet 2012 : « Les cent ans de la Crim' ».
  92. Émission, Un jour dans l'Histoire : Violette Nozière, « L'ange noir ».
  93. Véronique Chalmet, Violette Nozières, la fille aux poisons, Flammarion,‎ 10 novembre 2004 (ISBN 978-2-08068-488-2), p. 239.
  94. Alain Monestier, Les Grandes affaires Criminelles, Éditions Bordas, coll. « Les Compacts »,‎ 1988 (ISBN 978-2-04016-364-8), « Violette Nozière », p. 130 à 133.
    Voir aussi le site « Chansons perdues, chansons retrouvées », extrait no 214 : « Le Drame dans toute son horreur » de Vincent Scotto et Marcel-Robert Rousseaux.
  95. Document galerie virtuelle Violette Nozière de Philippe Zoummeroff.
  96. Dominique Desmons, Crime et châtiment dans le roman populaire de langue française du XIXe siècle : Le crime dans la chanson réaliste, Presses Universitaires de Limoges (Éditions Pulim), coll. « Littératures en marge »,‎ 1994 (ISBN 978-2-91001-625-8)
  97. Informations complémentaires sur le groupe Violette Nozière sur MySpace.
  98. (it) Area sur Wikipédia
  99. (it) Hommage à Violette Nozières sur Wikipédia
  100. (it) 1978 gli dei se ne vanno, gli arrabbiati restano! sur Wikipédia
  101. Demetrio Stratos, de son vrai nom Demetriou Efstratios, est né à Alexandrie en Égypte, le 22 avril 1945 et décédé à New York, le 13 juin 1979. D'origine grecque, il était parolier, musicien et chanteur d'un groupe de rock italien. Voir l’article Demetrio Stratos en italien.
  102. (it) Tutti gli uomini del deficiente sur Wikipédia
  103. Sarah Maza, Violette Nozière : Une histoire de meurtre dans le Paris des années 1930 (ISBN 978-0-520-26070-2). Une seconde édition brochée de l'ouvrage est sortie en juin 2012 ((ISBN 978-0-520-27272-9)).
    Pour plus d'informations sur l'auteur, se reporter au document PDF, de l'université.
  104. Lire à ce propos : (en) Judith Warner, « The Murder That Transfixed 1930s Paris », The New York Times,‎ 3 juin 2011 (lire en ligne).
  105. (en) Sarah Maza, professeur d'Histoire à l'Université Northwestern : Document PDF « Violette Nozière : The wounds of class in 1930s Paris ».
  106. Toutes les citations sont extraites des études d'Anne-Emmanuelle Demartini et Agnès Fontvieille-Cordani, mentionnées dans ce chapitre. Pour des informations complémentaires sur les ouvrages, consulter la Bibliographie.
  107. Colloque international à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne : Figures de femmes criminelles
  108. Anne-Emmanuelle Demartini, Figures de femmes criminelles : de l'Antiquité à nos jours, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Colloques et ouvrages collectifs »,‎ 25 mars 2010, 352 p. (ISBN 978-2-85944-631-4), « La figure de l'empoisonneuse, de Marie Lafarge à Violette Nozière », p. 27 à 39.
  109. Consulter la fiche du ministère de l'Éducation nationale et le programme pédagogique.
  110. Voir le document Powerpoint Violette Nozière, un procès exceptionnel.
  111. Informations concernant Philippe Zoummeroff et son mécénat : document PDF Association Enjeux d'enfants.
  112. Richard Bornia, « Lavaur, visite à la prison pour mineurs », La Dépêche du Midi,‎ 5 avril 2010 (lire en ligne)
  113. Site officiel : Collection Philippe Zoummeroff.
  114. Consulter le programme du lycée Molière de Villanueva de la Cañada : L'affaire Violette Nozière
  115. Site pédagogique : Lycée Molière de Villanueva de la Cañada
  116. Site universitaire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : La Bourse de recherche Louis Roederer pour la photographie a été décernée à Myriam Chermette.
  117. Marcel Aymé (préf. Michel Lecureur), Du côté de chez Marianne : Chroniques 1933-1937, Éditions Gallimard, coll. « NRF »,‎ 6 octobre 1989, 360 p. (ISBN 2-07-071735-6 et 978-2-07071-735-4), « Peine de mort », p. 253 à 255. Article publié dans Marianne no 113, le 19 décembre 1934.
  118. La revue anarchiste no 18, article de Ferdinand Bardamu, octobre 1933.
  119. Véronique Lesueur-Chalmet, Violette Nozières, la fille aux poisons, Flammarion,‎ 10 novembre 2004, p. 217 à 218.
  120. Pierre Drieu la Rochelle : Article « Le cas de Violette Nozières », publié dans Marianne, no 46, le 6 septembre 1933.
  121. Robert Brasillach : « Notre avant-guerre », Éditions Plon, 1er janvier 1941. Réédition de l'ouvrage : Éditions Godefroy de Bouillon, 14 mars 1998. ISBN 978-2-84191-066-3.
  122. a et b L'Intransigeant, édition du samedi 13 octobre 1934 : « Violette Nozière va connaître son sort : Je demande un verdict terrible : la peine capitale…, dit l'avocat général ». Lire l'intégralité de l'article « Le drame et le procès vus par Colette ».
  123. Citation extraite du Centre d'études Colette - Direction des Affaires culturelles du Conseil général de l'Yonne : « Colette chroniqueuse judiciaire », document Pdf, page 2, juin-décembre 2004, dans le cadre de l'exposition « Colette, de l'autre côté du miroir », au musée Colette.
    Le Musée Colette, Le Château 89520 Saint-Sauveur-en-Puisaye : Site internet.
    Lire à ce propos, l'ouvrage de Josette Rico, Colette ou le désir entravé, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Critiques Littéraires »,‎ 2 mars 2004, 278 p. (ISBN 978-2-74756-190-7, lire en ligne), « Chronique de l'actualité : Violette Nozière », p. 44 à 47
  124. Patrick Modiano, Fleurs de ruine, Le Seuil, coll. « Cadre Rouge »,‎ 4 avril 1991 (ISBN 978-2-02012-450-8)
  125. Site officiel. Pour suivre le projet, lire Violette Nozière, et découvrir la réalisation des premières pages.
  126. Site officiel de l'Association généalogique de Haute-Loire.
  127. « Haute-Loire : Le salon de la généalogie se poursuit samedi à L'Éveil », L'Éveil de la Haute-Loire,‎ 18 mai 2012 (lire en ligne).
  128. a et b « Le-Puy-en-Velay : Généalogie, tous fils d'un roi et d'un pendu », L'Éveil de la Haute-Loire,‎ 19 mai 2012 (lire en ligne).
  129. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 4 - Mairie de Saint-Julien-des-Chazes. Le Bourg 43300 Saint-Julien-des-Chazes.
    Un seul prénom concernant Félix Nozière. La naissance est déclarée quatre jours plus tard, le 12 mars 1858.
  130. Archives municipales : État civil - Mairie de Saint-Julien-des-Chazes. Le Bourg 43300 Saint-Julien-des-Chazes.
    Antoine Nozière, fils d'Antoine Nozière (prénom identique, 1770-1817) et de Marie Lamy. Né le 25 brumaire an VII (15 novembre 1798), marié avec Élisabeth Barthélémy le 23 janvier 1832, décédé le 5 janvier 1880 à Saint-Julien-des-Chazes.
  131. Archives municipales : État civil - acte de mariage no 1 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    Marie Nozière est sans profession, née à Saint-Julien-des-Chazes, le 11 mars 1836.
  132. Archives municipales : État civil - acte de décès no 4 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    Le nom de famille Nozière dans l'acte de décès est orthographié Naugère et rectifié en mention marginale. Marie Nozière était ménagère. Fille d'Antoine Nozière, cultivateur à Saint-Julien-des-Chazes et de défunte Élisabeth Barthélémy dont le prénom apparaît sous le diminutif Babé.
  133. Archives municipales : État civil - acte de mariage no 2 - Mairie de Prades. Le bourg 43300 Prades.
    Marie, Constance Bernard, née à Prades le 25 janvier 1866. Fille de François Bernard, cultivateur et de Marie Vigouroux.
  134. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 2 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades
  135. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 1 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
  136. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 3 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades
  137. Archives municipales : État civil - acte de mariage no 2 - Mairie de Prades. Le bourg 43300 Prades.
    Marie Véronique Michel est née à Saint-Bérain, le 30 juin 1888. Fille naturelle de Joséphine Michel, 28 ans, dentellière. La naissance a lieu au domicile de son grand-père maternel, Henri Michel, 57 ans, cultivateur. Marie Michel est reconnue, le 22 août 1888 à Saint-Bérain par Jean-Baptiste Michel, 27 ans, cultivateur, lors de son mariage avec la mère de l'enfant, Joséphine Michel (née à Saint-Bérain, le 12 janvier 1860). Les époux portent le même nom de famille. La mère, Joséphine Michel décède à Saint-Bérain, le 2 novembre 1891 à l'âge de 31 ans. Le père, Jean-Baptiste Michel en 1913, est propriétaire cultivateur et s'est remarié.
  138. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 2 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
    René Nozière est le seul et unique enfant d'Ernest Nozière et Marie Michel.
  139. Archives militaires : état signalétique et des services et registre matricule de recrutement no 1322. Archives départementales de Haute-Loire. Avenue de Tonbridge 43012 Le Puy-en-Velay. Site officiel : Archives départementales de la Haute-Loire.
  140. Se reporter au document Pdf sur le 299e régiment d'infanterie : La Grande Guerre - Historique du 299e régiment d'infanterie..
  141. Consulter le document Pdf sur le 299e régiment d'infanterie, extrait de l'historique, chapitre II - page 3 et 4 : La forêt de Parroy - Reillon et le bois Zeppelin..
  142. Archives municipales : État civil - Transcription de l’acte de décès no 1, en date du 17 février 1916 - Mairie de Prades. Le bourg 43300 Prades.
  143. Ernest, Félix Nozière (1887-1915) : Mort pour la France le 14 octobre 1915, aux avant-postes du sous-secteur de Reillon en Meurthe-et-Moselle. Inhumé à la Nécropole nationale de Reillon. Tombe no 834. Consulter l'article de la liste des nécropoles militaires en Lorraine.
    Ministère de la Défense - SGA Mémoire des hommes : Ernest Nozière 1887-1915.
    Voir également le site : Mémorial GenWeb - Nécropole nationale de Reillon
    Se reporter à la fiche individuelle d'Ernest Nozière sur le même site : Mémorial GenWeb - Ernest, Félix Nozière (1887-1915)
  144. Chemins de Mémoire : Veuves et orphelins de la Première Guerre mondiale.
  145. Archives municipales : État civil - acte de décès no 3 - Mairie de Saint-Berain. Le Bourg 43300 Saint-Berain.
    Marie Véronique Michel, veuve d'Ernest Nozière, et son enfant, sont bien domiciliés à Prades. Le lieu du décès de René Nozière à Saint-Berain, commune de naissance de la mère, est précisé par l'officier d'État civil : « de passage à Pouzols, commune de Saint-Berain ».
  146. a et b Archives municipales : État civil - acte de décès no 9 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
  147. Archives municipales : État civil - acte de décès no 1 - Mairie de Prades. Le Bourg 43300 Prades.
  148. Archives municipales : État civil - acte de naissance no 17 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
  149. Alsime, François Hézard et Clémence, Philomène Boutron, se sont mariés à Neuvy-sur-Loire, le 10 novembre 1869.
    État civil de Neuvy-sur-Loire - acte de mariage no 23. Archives départementales de la Nièvre : Cote 5Mi20 957.
  150. Clémence, Philomène Hézard est née à Neuvy-sur-Loire, le 7 septembre 1870.
    État civil de Neuvy-sur-Loire - acte de naissance no 28. Archives départementales de la Nièvre : Cote 5Mi20 957.
  151. État civil de Neuvy-sur-Loire - acte de mariage no 3. Archives départementales de la Nièvre : Cote 2 Mi EC 357.
  152. Archives municipales : État civil - acte de mariage no 1 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
    Germaine Hézard ne s'est jamais mariée à l'âge de seize ans, contrairement à ce que mentionnent des biographies.
  153. Louis, Pierre Arnal est né à Neuvy-sur-Loire, le 18 septembre 1881.
    Archives municipales : État civil - acte de naissance no 20 - Mairie de Neuvy-sur-Loire. Place de la Mairie 58450 Neuvy-sur-Loire.
  154. Voir la fiche du film sur le site officiel du Festival de Cannes : Violette Nozière
  155. Se reporter au site de la 31e édition du Festival de Cannes 1978
  156. À propos de cet ouvrage, consulter les articles du journal Le Monde :
    Pascale Robert-Diard, « Chroniques judiciaires : Secrets policiers », Le Monde,‎ 8 décembre 2008 (lire en ligne)
    Isabelle Mandraud, « Dans les secrets de la police. Quatre siècles d'histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la Préfecture de police : le panthéon des faits divers », Le Monde,‎ 11 décembre 2008 (lire en ligne)
  157. Le centenaire de la brigade criminelle et l'affaire Violette Nozière sont évoqués dans l'émission L'Heure du crime sur RTL présentée par Jacques Pradel, le 5 juillet 2012 : « Les cent ans de la Crim' ».
  158. Anne-Emmanuelle Demartini fait référence à l'article de : Louis Latzarus, « Le procès de Violette Nozière : Celle dont on ne voit pas les yeux », L'Intransigeant, no 20069,‎ 12 octobre 1934 (lire en ligne)
  159. a et b Anne-Emmanuelle Demartini est Maître de conférence en Histoire contemporaine à l'Université Paris VII - Diderot, Agnès Fontvieille est Maître de conférence en Langue française et stylistique à l'Université Lumière Lyon II.
  160. Lire à ce propos sur cette affaire, le journal L'Express : « Les grandes affaires du Loir-et-Cher, mort d'une sorcière solognote ». Édition du 8 décembre 2008.
  161. Bernard Hautecloque : « Violette Nozière, la célèbre empoisonneuse des années trente », page 178. Éditions Normant, novembre 2010.
  162. Jean-Marie Fitère : « Violette Nozière - Empoisonnement, parricide, inceste … », page 217. Collection : Jugés coupables . Éditions Acropole, mai 2007.
  163. (en) Sarah Maza, professeur d'Histoire à l'Université Northwestern, Violette Nozière, A story of murder in 1930s Paris, University of California Press,‎ 1er mai 2011 (ISBN 978-0-520-26070-2), « A Neighborhood in Paris », p. 12