Ange Leccia

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Ange Leccia

Naissance 19 avril 1952
Minerviu, Corse
Activités Artiste plasticien, cinéaste

Œuvres réputées

Ange Leccia, né le 19 avril 1952 à Minerviu en Corse, est un artiste contemporain français. Il pratique surtout la photographie et la vidéo. Il vit et travaille à Paris et en Corse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu un bac en arts plastiques, alors en expérimentation au lycée de Bastia, Ange Leccia entre à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il suit notamment les cours de cinéma de Dominique Noguez. Il réalise ses premiers essais cinématographiques, avec Tonie Smith (1971), TV+ (1979) puis Stridura (1980) dans lequel joue Pierre Clementi, tout en réalisant des œuvres au feutre noir, sorte de paysages mentaux.

En 1981, il est pensionnaire de la Villa Médicis - Académie de France à Rome. Il y continue ses recherches visuelles en travaillant à partir de supports différents, comme le film Super 8 et la vidéo. Ces techniques sont associées de façon à créer des images dont la texture est affirmée. Dans les années 1980, Ange Leccia développe des installations qu’il nomme des « arrangements ». Il s’agit le plus souvent de face-à-face d’objets industriels, en référence au monde de la communication, qui réinterprètent le ready-made duchampien.

En 1985, il commence à enseigner à l'École supérieure d'art de Grenoble, où il accompagne toute une nouvelle génération avec Dominique Gonzalez-Foerster, Philippe Parreno, Pierre Joseph, Christelle Lheureux ou encore Véronique Joumard ou Matthieu Laurette. Pensionnaire à la Villa Kujoyama à Kyoto en 1992-1993, il réalise dans les années 1990 un certain nombre de vidéos (Mer en 1991, Explosions et Fumées en 1995, Orage en 1999) qui correspondent à un seul plan monté en boucle, entre représentation et abstraction. Avec Dominique Gonzalez-Foerster, il réalise également trois films, Île de Beauté (1996), Gold (2000) et Malus (2001). Ce sont des errances poétiques entre la Corse et le Japon pour le premier, et dans le désert de l’ouest américain pour le second. En 2004, il continue seul ce type de déambulations avec Azé qui marque cette fois sa découverte du Proche-Orient. Entre temps, il est devenu en 1997 professeur à l’École nationale supérieure de Cergy, avant d’être nommé en 2000 directeur du Pavillon, le laboratoire de création du Palais de Tokyo. Il y accueille et forme, dès la première promotion, le tout jeune Apichatpong Weerasethakul (futur Palme d'Or au festival de Cannes), puis d'autres jeunes artistes dont il contribue à épanouir le talent, comme la cinéaste et actrice Mati Diop.

En 2005, Ange Leccia réalise La Déraison du Louvre avec Laetitia Casta. Ce court-métrage évoque la dérive nocturne d’une femme dans les couloirs du prestigieux musée, en proie à l’animation fantasmatique et mystérieuse de figures picturales. En 2007, il réalise un carnet de visite pour l' Abbaye de Fontevraud [1] En 2009, il réalise un long métrage, Nuit bleue, qui développe les mêmes caractéristiques plastiques que ses pièces vidéos : la lumière y devient un véritable personnage qui s’associe au mutisme des héros pour donner à voir leurs affects et leur psyché. C’est ce jeu constant entre intériorité et extériorité qui s’observe le plus souvent dans les œuvres de Leccia, entre sensibilité et rigueur, émotion et précision, expansion et pudeur. Le film connaît une brève carrière française et n'est vu que par quelques dizaines de spectateurs[2]. Il est toutefois montré avec succès au New York Film Festival (Lincoln Center) en 2011.

Pour la réouverture du Palais de Tokyo en 2012, il fait appel à Michelangelo Pistoletto comme figure tutélaire de la création dans sa vidéo intitulée Le Début des choses.

En 2012, il conçoit L'Amour Louvre pour l'inauguration du musée du Louvre Lens, un arrangement vidéo montré en boucle dans le hall, réalisé à base d'images personnelles des ouvriers mineurs.

Présent dans les collections de nombreux musées internationaux (Guggenheim à New York, Centre Georges Pompidou à Paris, City Art Museum à Hiroshima, etc.), il a également travaillé en tant que vidéaste/scénographe dans les spectacles du chanteur * Christophe (avec Dominique Gonzalez-Foerster), du chorégraphe Merce Cunningham et il a réalisé des décors pour l’opéra de Metz ou les Ballets de Monte-Carlo.

Quelques expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ange Leccia, Carnet de visite de l'Abbaye de Fontevraud (collection dirigée par Xavier Kawa-Topor), Fontevraud, CCO, 2007, 64 p. (ISBN 978-2-9513281-2-9)
  • Ange Leccia, Jeff Rian, et Gerald Petit, Le Pavillon : Laboratoire de création du Palais de Tokyo, Paris., Paris, Éditions Cercle d'art,‎ 2008, 443 p. (ISBN 978-2702208755)
  • Bernard Marcadé, Ange Leccia, Grenoble, Éditions Le Magasin, Centre national d'art contemporain,‎ 1990
  • Bernard Vasseur, Ange Leccia, Paris, Éditions Cercle d'art, coll. « Découvrons l'Art »,‎ 2009, 64 p. (ISBN 978-2702208991)

Liens externes[modifier | modifier le code]