Nan Goldin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Goldin.

Nan Goldin

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Nan Goldin

Naissance 12 septembre 1953
Washington, D.C., États-Unis
Nationalité américaine
Activités photographe
Mouvement artistique « Cinq de Boston » (Five of Boston)
Récompenses Prix Hasselblad (2007)

Œuvres réputées

The Ballad of Sexual Dependency,
The Other Side

Nancy Goldin dite « Nan Goldin » est une photographe américaine, née le 12 septembre 1953[1] à Washington, D.C., États-Unis.

L'œuvre de Nan Goldin est inséparable de sa vie : marquée par le suicide de sa sœur, c'est en photographiant sa famille qu'elle entame son œuvre photographique qui, par la suite, reste très proche de l'album de famille, par sa technique comme par ses sujets.

Elle considère, depuis sa jeunesse, la photographie comme le médium idéal pour conserver des traces de vie, permettant ainsi de faire naître une deuxième mémoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nan Goldin grandit dans le Maryland, dans une famille bourgeoise. À quinze ans, elle s’initie à la photographie, poussée par un de ses professeurs de la Satya Community School de Boston.

Dans une interview à The Advocate, elle déclare être activement bisexuelle depuis le début de sa vie sexuelle[2]. Elle indique par ailleurs avoir été largement inspirée et influencée par la communauté LGBT, qui l'a entourée depuis son adolescence[2].

En 1972, elle entre à l’école des beaux-arts de Boston où elle rencontre le photographe David Armstrong. Ce dernier devient drag queen, ce qui permet à Nan Goldin de côtoyer ce milieu très marginalisé qu'elle photographiera tout au long de sa vie. À cette époque, Nan Goldin utilise surtout le noir et blanc. Après avoir déménagé à New York, en 1978, elle commencera à réaliser des photos aux couleurs saturées, plongées dans une lumière artificielle.

Durant ces années commence à naître l’œuvre qui la rendra célèbre (et qui mit plus de 16 ans à être élaborée), The Ballad of Sexual Dependency, constituée de plus de 800 diapositives projetées en boucle et accompagnées de chansons d’univers et d’inspirations très divers, tels que James Brown, Maria Callas ou encore le Velvet Underground.

Les principaux thèmes évoqués sont la fête, la drogue, la violence, le sexe, l’angoisse de la mort. Pourtant, Goldin a avant tout le désir de photographier la vie telle qu'elle est, sans censure. Or, pour elle, ce qui l'intéresse, c'est le comportement physique des individus. Elle traite de la condition humaine, de la douleur et de la difficulté de survivre.

Nan Goldin n’a pas de tabou, allant même jusqu'à se photographier peu après avoir été battue par son petit ami de l’époque, ce qui avait manqué de lui faire perdre un œil. Ce fameux cliché fait partie de la série intitulée « All By Myself » qui évoque et qui atteste de son propre délabrement, physique et mental. C’est en étalant publiquement sa vie et son histoire qu’elle réussit à mieux se comprendre et à s’accepter, tout en s’identifiant dans la société.

Nan Goldin est confrontée au début des années 1980 à l’apparition du sida, qui décime ses amis proches et ses modèles, qu’elle considère comme sa propre famille, et qu’elle photographie de leur vie quotidienne à leur cercueil. C'est, par exemple, le cas de Cookie Mueller, morte à 40 ans le 10 novembre 1989, à qui Goldin consacre une exposition en 1991 ; à cette occasion est publiée « La dernière lettre » (A Last Letter) de son amie, qui décrit le drame de la génération du début du baby-boom fauchée par l'épidémie.

Nan Goldin vit à présent (2007) entre Londres et Paris. Son travail a évolué vers des ambiances moins destructrices et plus tendres que ne l'étaient ses travaux des années 1980.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Nan Goldin et ses photographies forment un ensemble singulier où le spectateur se sent « aspiré » par leur monde. Archétypes communs, mémoire collective, histoires dans lesquelles il s'identifie et/ou s'interroge, la photographie de Nan Goldin renvoie le spectateur à ses propres questionnements.

Son travail est considéré comme un miroir tendu à sa génération ou comme un répertoire désenchanté d'évènements récents de notre expérience collective ; il soulève, notamment, les problèmes de la relation entre vérité et simulation, entre prose et poésie.

Diaporamas[modifier | modifier le code]

Principales expositions[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Collection Lambert Avignon FRANCE

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications de Nan Goldin[modifier | modifier le code]

Publications sur Nan Goldin[modifier | modifier le code]

  • (en) Christoph Heinrich (Sous la direction de), Emotions & relations : Nan Goldin, David Armstrong, Mark Morrisroe, Jack Pierson, Philip-Lorca diCorcia, Köln New York, Taschen,‎ 1998, 200 p. (ISBN 3822875074)
  • Guido Costa, Nan Goldin, Paris, Phaidon, coll. « 55 »,‎ juillet novembre 2001, 125 p. (ISBN 0714891487)
  • « Nan Goldin ou la politique de l'intimité », Frédéric Martel, Nouvelle Revue Française, Gallimard, octobre 2001, no 559, p. 274–289

Film[modifier | modifier le code]

  • Contacts, Jean-Pierre Krief, France, 2000, 14 min, Arte

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  2. a et b (en) The Advocate, 15 oct. 1996, p.68
  3. Insignes remis par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, le 27 juin 2006.
  4. Discours prononcé par le ministre.
  5. Philippe Régnier, Le FILAF lance sa troisième édition à Perpignan, Le Quotidien de l'Art, n°407, 26 juin 2013
  6. Art Media Agency, 21 juin 2013

Liens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]