Claire Denis

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Claire Denis

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Claire Denis lors de la Mostra de Venise 2009

Naissance 21 avril 1946 (68 ans) ou 1948
Paris
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Réalisateur, scénariste
Films notables Chocolat, Beau Travail, Trouble Every Day, 35 rhums, White Material

Claire Denis, née à Paris le 21 avril 1946[1],[2],[3] ou 1948[4],[5],[6] selon les sources, est une scénariste et réalisatrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Claire Denis est la fille — ainée de quatre enfants — d'un administrateur civil travaillant en Afrique. Née à Paris, en raison de la volonté de sa mère d'accoucher en France, elle repart à l'âge de deux mois en Afrique où elle grandit et fait sa scolarité primaire dans les écoles mixtes notamment au Cameroun, en Somalie, au Burkina Faso et à Djibouti[4],[7],[5]. Son père, bien que travaillant dans les colonies françaises d'Afrique, présentait à ses enfants l'indépendance comme une chose positive pour les pays africains[8],[4]. Atteinte, comme sa sœur cadette, de poliomyélite vers 12 ans, elle rentre en France pour se faire soigner et poursuit sa scolarité au lycée de Saint-Germain-en-Laye ; c'est là, auprès d'un professeur d'histoire cinéphile qu'elle découvre le cinéma d'auteur, en particulier japonais[4]. Elle déclare s'être sentie très mal à l'aise en France, n'arrivant pas a s'y intégrer, se sentant étrangère, « marginale » et déracinée[8]. Après des études de lettres et une licence de sciences économiques, puis un passage éphémère aux Langues O, Claire Denis ne se plait pas à la faculté, et mariée en 1969 à un photographe, décide de devenir son assistante jusqu'au divorce rapide du couple[4]. Elle retourne en Afrique travailler à Télé Niger où elle réalise des films d'animation, puis rentre en France et travaille pour le service « Recherche » de l'ORTF[9].

Claire Denis passe le concours d'entrée de l'IDHEC en janvier 1969[2] dont elle sort diplômée en 1972[9]. Durant cette période elle se sent enfin chez elle à Paris, l'IDHEC constituant surtout pour elle un apport sur le plan « personnel et social », l'école laissant les étudiants assez libres en ce qui concerne la technique[8]. Elle y ressent une filiation avec Louis Daquin[8] et est particulièrement marquée par les cours d'Henri Alekan qui influencent la réalisation de son court métrage d'étude, une œuvre d'anticipation inspirée de Philip K. Dick[9] (alors passionnée par la science-fiction et elle aurait aimé travailler pour la série télévisée La Quatrième dimension[8]). Ce film, Le 15 mai, est présenté au Festival de Hyères où il attire l'attention de producteurs de Pathé Cinéma qui financent son premier long métrage consacré au « Grand Magic Circus » de Jérôme Savary[9].

Débuts dans le cinéma[modifier | modifier le code]

Après ses études, Claire Denis devient assistante réalisation. Beaucoup de ceux qui sortent de l'IDHEC entrent alors à l'ORTF mais elle souhaite éviter de s'engager sur une longue période[10]. Ce travail est un moyen pour elle de gagner sa vie, mais il s'agit aussi d'un moment où elle croit avoir eu tort de penser qu'elle voulait devenir réalisatrice et de faire des études de cinéma. Elle a aussi des préjugés sur ce que sont les rapports de production et imagine qu'il lui serait trop difficile et douloureux de réaliser dans ce cadre[11]. Elle considère que ce travail ne lui a pas appris à réaliser mais à trouver le moyen de garder sa liberté en le faisant[11].

Elle assiste alors le réalisateur Robert Enrico sur deux films, Le Vieux Fusil (1975) et L'Empreinte des géants (1980). Elle travaille également à cette époque avec Jacques Rivette qui aura une forte influence sur son travail futur notamment dans l'importance « de ne pas trahir ses personnages[8],[9] » et celle d'avoir une « perspective morale » — quelle qu'elle soit — par rapport à son travail[8]. D'autres grands réalisateurs marqueront ses débuts. En premier lieu Wim Wenders, qui la choisit comme assistante pour Paris, Texas en 1984 (sans doute selon elle parce qu'elle est « le premier nom sur une liste qu'on lui avait donnée[8] ») puis pour Les Ailes du désir en 1987. Paris, Texas est le film sur lequel, voyant de nombreux problèmes de production être résolus au tout dernier moment, elle entrevoit que « dans certaines conditions » il lui serait possible de réaliser elle-même « sans trop souffrir de ce [qu'elle croyait] être les rapports de production[11]. » Elle comprend aussi sur ce tournage l'importance pour ses propres films de travailler particulièrement l'écriture du scénario, se sachant peu capable de construire un film en improvisant au jour le jour comme le fait Wenders[8]. Elle rencontre également auprès de Wenders Agnès Godard, alors assistante-caméra, qui l'accompagnera comme directrice de la photographie tout au long de sa carrière. Elle travaille ensuite avec Jim Jarmusch pour Down by Law en 1986. C'est enfin Jean-François Stévenin qui la convainc de devenir réalisatrice et de se lancer dans ses propres projets[9].

Carrière de réalisatrice[modifier | modifier le code]

Poussée par ces expériences et les encouragements de Wim Wenders, Claire Denis écrit et réalise son premier film, Chocolat en 1988, très autobiographique, marqué notamment par son enfance au Cameroun qui sera sélectionné en compétition officielle lors du 41e Festival de Cannes. Suivront de nombreux films d'auteur, souvent attachés à la description du désir (comme Beau Travail ou Vendredi soir) et de l'amour dans toute sa violence (comme Trouble Every Day)[12], et où la musique tient une place importante[13] (collaboration avec Tindersticks ou Dickon Hinchliffe seul). Elle a aussi collaboré avec le groupe américain Sonic Youth, en réalisant le clip de leur chanson Incinerate, issue de l'album Rather Ripped (2006).

Très influencée par le travail de Wim Wenders, de Jim Jarmusch mais également de Yasujirō Ozu et Hou Hsiao-hsien, Claire Denis déclare en 1995 à propos de son approche cinématographique : « J'ai choisi le camp des cinéastes qui font confiance à l'image[14] », mettant en avant l'importance de la scène, de son cadre et de l'image qui, selon elle au cinéma, « parle d'abord », la récurrence des non-dits, et seulement en dernier l'usage des dialogues qui sont seulement en plus.

En 2005, elle a été membre du jury de la Mostra de Venise. Elle a été intervenante à La Fémis.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Assistante réalisatrice[modifier | modifier le code]

Distinction et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claire Denis sur le site lesgensducinema.com. Page consultée le 29 septembre 2012. Ce site revendique l'extrait de naissance comme source.
  2. a et b Annuaire des anciens élèves de l'IDHEC, La Fémis, 1994, p. 252 (ISBN 2-907114-26-3)
  3. BiFi.fr
  4. a, b, c, d et e Mal (2008), p. 13-15.
  5. a et b Claire Denis dans l'Encyclopædia Universalis. Page consultée le 29 septembre 2012.
  6. (en) Claire Denis sur l’Internet Movie Database. Page consultée le 29 septembre 2012.
  7. Claire Denis, le tremblement du monde par Jean-Michel Frodon dans les Cahiers du cinéma.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h et i Serge Kaganski, « Noir Désir, interview de Claire Denis », Les Inrockuptibles, no 57,‎ juillet 1994, p. 70-75
  9. a, b, c, d, e et f Mal (2008), p. 16-18.
  10. Laurent Rigoulet, « « Pourrons-nous continuer à faire du cinéma ? » À la question « comment vivez-vous », réponses de Cedric Khan, Claire Denis, Laurence Ferreira Barbosa », Libération,‎ 13 mai 1996 (lire en ligne)
  11. a, b et c Thierry Jousse et Frédéric Strauss, « Entretien avec Claire Denis », Cahiers du cinéma, no 479/480,‎ mai 2013, p. 25-30
  12. Le tabou, autour du charnel, le point obscur au cœur du sexuel font ainsi partie des thèmes de prédilection qu'explore Claire Denis. Voir Vincent Bonnet, « “Politique” du regard : J'ai pas sommeil de Claire Denis », Entrelacs n°9, 2012 [lire en ligne].
  13. « Un film peut naître d'une musique », entretien avec Didier Péron, Libération
  14. Claire Denis, la vagabonde documentaire de 48 minutes de Sébastien Lifshitz, 1995.
  15. (en) Fiche de Nénette et Boni sur le site du festival de Locarno
  16. Palmarès 1996 du festival de Namur

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Martine Beugnet, Claire Denis, université de Manchester, 2004, (ISBN 978-0-7190-6481-4)
  • (es) Alvaro Arroba, Claire Denis : Fusión fría, ediciòn Ocho y Medio, Libros de Cine, S.L., 2005, (ISBN 978-8496582101).
  • Cédric Mal, Claire Denis, cinéaste à part, et entière..., éditions de Verneuil,‎ 2008 (ISBN 978-2-906994-80-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le Cinéma de Claire Denis ou l'Énigme des sens , par Sébastien David, Fabrice Fuentes, Paul Gibert, sous la direction de Rémi Fontanel, éditions Aléas, 2008, (ISBN 9782843012105).

Liens externes[modifier | modifier le code]