École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre

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École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre
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Informations
Fondation 1941 à Paris
Localisation
Coordonnées 45° 45′ 12″ N 4° 48′ 41″ E / 45.753256, 4.811422 ()45° 45′ 12″ Nord 4° 48′ 41″ Est / 45.753256, 4.811422 ()  
Ville Lyon
Pays Drapeau de la France France
Divers
Site web www.ensatt.fr/

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École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre

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École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre

L'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT), appelée familièrement autrefois École de la rue Blanche, créée en 1941 sous de Centre de Formation Professionnelle du Spectacle[1], est l'une des trois écoles nationales de théâtre en France.

Missions[modifier | modifier le code]

Élèves de l'école, 1e promotion 1944.

L’ENSATT est une « École-Théâtre » où sont enseignés les métiers d'acteur, d'administrateur, de costumier concepteur, de costumier coupeur, de directeur technique, d'écrivain dramaturge, de metteur en scène, de réalisateur lumière, de réalisateur sonore et enfin de scénographe.

À ces enseignements professionnels s'ajoute un département théorique transversal: Arts et humanités. L'établissement accueille près de 150 étudiants en formation initiale et 120 en formation continue.

Les diplômes de l'ENSATT s'inscrivent dans le LMD à la rentrée 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

La genèse, les années 40

Nous sommes le 15 avril 1941, en pleine occupation allemande. Le Centre de Formation Professionnelle du Spectacle voit le jour et s'installe provisoirement au 32, rue Flachat, à Paris XVIIème. Rapidement, le 20 novembre, il est transformé en Centre de Jeunesse du spectacle.

Cette naissance institutionnelle se réalise dans le cadre des centres de formation professionnelle nouvellement institués par le gouvernement de Vichy. Il s'agit de créer une école préparatoire dévolue aux aspirants comédiens qui, jusque là, n'ont à leur disposition que des cours privés dispendieux pour se préparer à l'entrée au Conservatoire Nationale Supérieur d'Art Dramatique (alors Conservatoire de Musique et de Déclamation).

Le projet est toutefois d'emblée plus ambitieux puisque, dès son ouverture, le Centre est ouvert à de nombreuses disciplines, notamment la décoration, tandis que l'écriture de pièces ou la mise en scène sont encouragés. Axée sur le théâtre, la formation se veut aussi largement interdisciplinaire et présente la caractéristique de mélanger enseignements théoriques et pratiques.

Véritable cheville ouvrière du projet, Raymond Rognoni est ancien pensionnaire de la Comédie Française, chef de troupe, acteur dans de nombreux films de l'entre deux guerres et, surtout, fondateur en 1924 de l'École des enfants du spectacle qui porte encore aujourd'hui son nom rue du Cardinal Lemoine à Paris Vème.

Il se voit ainsi confier la direction de ce centre dont les professeurs ont pour nom Pierre Dux, Jean DEBUCOURT, Jean MEYER, Julien BERTHEAU, Jean LE GOFF - tous sociétaires de la Comédie-Française - ainsi que Guy LAINÉ danseur étoile et Andrée MARILLET, chanteuse, venus de l'Opéra de Paris. Les activités sont rapidement réparties sur trois adresses: 32, rue Flachat; 24, rue du Cardinal Lemoine et 5, rue Gervex afin de permettre l'apprentissage des différentes formations proposées.

Peu à peu, cet inconfort suscite le besoin d'un lieu unique pour accueillir l'institution. Ainsi, le 7 mai 1942, un bail est signé pour l'installation du Centre au 21, rue Blanche dans le IXème arrondissement. Celle-ci est définitive le 15 avril 1944, date à laquelle toutes les autres adresses sont abandonnées, le centre ne conservant plus qu'un petit "atelier de décoration" en plus de l'art dramatique.

L'histoire du 21, rue Blanche commence dans un hôtel particulier à l'abandon construit vers 1900 par Charles GIRAULT (célèbre architecte du Petit Palais) à la demande d'un éditeur de musique, Paul DE CHOUDENS.

Avec ses étages hautement plafonnés, ses pièces nombreuses, son sous-sol, sa terrasse sur le toit, sa cour intérieure plantée d'arbres, son salon d'apparat, sa grande salle à manger, sa rotonde, son jardin d'hiver et, naturellement, sa salle de musique, cette demeure ne manque pas d'allure. Si, à l'usage, elle se révèle incommode et peu fonctionnelle au fur et à mesure que le nombre des élèves augmente (surtout après la création des sections techniques) elle conserve malgré tout un charme, celui du style néoclasique de son temps.

En septembre 1944, le Centre est placé sous tutelle de l'Enseignement technique rattaché au Ministère de la Jeunesse et des Sports en tant que centre d'apprentissage. Jean MEYER succédant à Raymond ROGNONI, en prend la direction artistique.


Les années de fondation, 1951-1969

De 1951 à 1969, madame Andrée LEHOT assure la direction administrative du Centre d'Apprentissage, tandis que monsieur Jean MEYER se consacre à sa direction artistique.

Pendant cette période de reconstruction du pays, l'école, elle aussi, se bâtit durablement. La nécessité de réunir les corps de métiers et de proposer des formations adéquates amène naturellement l'idée d'instituer officiellement les sections techniques. En 1953, c'est chose faite:

- Création de la section des machinistes-constructeurs par monsieur Louis GINHOUX, chef machiniste du Théâtre de la Madeleine. - Création de la section des électriciens-éclairagistes par monsieur Georges NÉGLUAUX, éclairagiste de la Comédie-Française. - Création de la section des régisseurs par monsieur Lucien PASCAL, directeur de la scène à la Comédie-Française - Création de la section des habilleurs par mademoiselle Fabienne THOUAND, anciene élève costumière qui compte cinq ans de pratique professionnelle. - Monsieur Gérard MORGER, ancien élève, est chargé d'instruire tout spécialement les élèves décorateurs en ce qui concerne la réalisation des décors peints, tandis que monsieur Claude-Henri BRUCHET, sculpteur, les forme à la pratique des maquettes de décors et de costumes. - Monsieur Jacques Gaulme, en tant que professeur principal de la section décoration, axe son attention sur la conception et la réalisation des maquettes de décors et de costumes.

Ainsi la totalité des besoins utiles à la formation des acteurs et techniciens de théâtre de l'époque est assurée.

Enfin, c'est dans cet état d'esprit d'aboutissement du travail de formation théâtrale et afin que les étudiants se confrontent concrètement à la création que, dès 1951, Jean MEYER fait aménager un petit théâtre de 60 places dans la salle de musique. Il s'agit de présenter des spectacles d'élèves avec décors, costumes, accessoires et machineries, sous la direction de professeurs metteurs en scène, au bénéfice d'un public scolaire.

L'aventure d'Égletons: 1959-1969

Pour faire connaître aux comédiens tous les aspects de la vie professionnelle, le Centre organise chaque année un évènement particulier, véritable aventure collective: le Festival d'Égletons, en Corrèze.

Au 21 rue Blanche, on y pense dès la rentrée. C'est la consécration estivale, la récompense, un grand moment de plaisir pour les élèves. C'est déjà la vie professionnelle, la vie de troupe.

Lors de la première édition, en 1959, les techniciens se rendent sur place à l'avance pour installer le théâtre dont l'équipement est des plus rudimentaires. Le gros de le troupe, cinquante personnes à peu près, les rejoint. On joue un spectacle d'humour regroupant COURTELINE, Alphonse ALLAIS, Jules RENARD, ainsi que Polyeucte de CORNEILLE dont la qualité exceptionnelle marque pour toujours le festival et décide de son avenir.

Rapidement son rayonnement est sensible. Sa durée passe de quatre à sept jours. Le nombre des spectacles augmente également ainsi que le nombre des représentations. Un public de six à sept mille personnes se presse, venu non seulement d'Égletons, mais de toutes les écoles du département, avec l'accord et même la recommandation de l'inspecteur d'académie, M. DURAND.


1968, une tourmente constructive

Imitant leurs camarades du conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, les élèves du Centre s'insurgent et occupent leur école durant un mois. Jacques WEBER se distingue à la tête des contestataires.

Dans l'ex-Centre, avec leurs "ex-professeurs", comme ils les appellent, les élèves rebelles discutent sans relâche et rêvent d'un monde meilleur. Monsieur Jean MEYER joue en Suisse à ce moment là. Averti de cette prise de pouvoir par madame Andrée LEHOT, il revient en catastrophe. S'informant de la situation, d'emblée il en saist le caractère. Avec un sens rare de l'opportunité dans un climat crispé, fort de son charisme naturel, il invite immédiatement tous les élèves dans la plus belle salle de l'école, la salle LAGRANGE, en pleine clarté, avec le sourire. L'atmosphère se détend. S'ensuit toute une série de séances plénières durant lesquelles chacun peut s'exprimer. en peu de temps, un projet de statut nouveau est mis sur pied. tout aussi rapidement, monsieur MEYER obtient l'accord des services de monsieur Edgar FAURE, ministre de l'Éducation Nationale.


1970-1991

En juin 1969, le centre d'Apprentissage d'Art Dramatique est transformé en lycée technique avec appellation d'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre. Par la grâce d'un titre dû à madame LEHOT, L'ENSATT prend vie avec ses deux niveaux d'enseignement, l'un post baccalauréat, l'autre pré baccalauréat. La perspective des diplômes d'école s'établit, les uns équivalent au brevet de technicien supérieur, les autres au brevet technique.

Après la promulgation du décret fixant le nouveau statut du Centre, madame LEHOT est promue directrice d’un autre établissement. En mars 1970, Pierre ROUDY, agrégé d’anglais et auteur dramatique, est nommé proviseur du nouveau lycée technique (il ne prendra véritablement ses fonctions qu’à la rentrée de septembre). Il est le nouveau chef d’un établissement dont Jean MEYER, en tant que directeur artistique, devient le responsable adjoint.

C’est un renversement de l’organisation initiale de l’école qui voyait jusqu’alors la directrice administrative placée sous l’autorité du directeur artistique. Après le départ de Jean MEYER, qui démissionne en mars 1979, c’est Jean DESCHAMPS qui est nommé directeur artistique et tente de prendre le pouvoir à part entière. Une situation de tensions successives qui se conclut par son départ en 1980. Se met alors en place, à la demande de l’inspecteur d’académie, un conseil artistique présidé par l’administrateur général de la Comédie-Française, Jacques TOJA, et composé de plusieurs personnalités de la critique, du cinéma, du théâtre et de la radio. Son rôle, informel, consistant notamment à choisir les professeurs engagés à l’ENSATT, est rapidement abandonné. Le proviseur, que chacun nomme directeur, a alors les mains libres pour diriger la maison.

Durant cette période, un travail significatif de refonte des diplômes et des grilles d’enseignement dans toutes les sections est entamé.

1975 : La section électriciens devient éclairagistes, montrant l’évolution du métier vers la création lumière.

1976 : La section éclairagiste devient éclairagiste/sonorisateur, ainsi le son  entre à l’ENSATT.

1980 : Marguerite BOULAY partant à la retraite, Pierre BETOULLE  prend la direction de la section costume. Dorénavant une transition s'opère et la coupe enseignée s'oriente vers une coupe historique.

1981 : Grâce à Serge BOUILLON qui est arrivé en 1975 à l’Ecole, les éclairagistes/ sonorisateurs deviennent  les régisseurs son/lumière, pour répondre aux besoins du théâtre.

1982 : Régie/administration se divise en deux sections : régie générale et administration.

1990 : Décor/scénographie est confié à Claire DEHOVE, qui axe petit à petit la section sur la conception.

Des enseignements complémentaires sont proposés. Ainsi, à la culture physique, à l’escrime et à l’équitation s’ajoutent l’expression corporelle et le judo pour les acteurs. A l’histoire du théâtre et au cours d’anglais se joignent un cours spécifique assurant une connaissance plus approfondie de la langue française et la possibilité de s’initier aux autres langues vivantes.

Nombre de professeurs d’interprétation se succèdent qui marquent l’école de leur talent : Yves GASC, Brigitte JACQUES, Marcel BOZONNET, Yves BUREAU, Jean-Paul ZEHNACKER, Roger MOLLIEN, Michel FAVORY, Geneviève ROSSET, Pierre TABARD, Jean-Christian GRINEVALD, Julian NEGULESCO, Jean-Louis JACOPIN, Stuart SEIDE, Roland MONOD, Pierre VIELHESCAZE, Andrzej SEWERYN ou encore Alain KNAPP.

À cette époque les études qui durent de deux à trois ans sont sanctionnées par des diplômes compatibles avec leurs niveaux de connaissance. Des conventions ont été passées avec les Universités. Un système d’équivalences élargit les possibilités de conversions et de débouchés.

La réhabilitation du Grand Guignol

En 1979, Pierre ROUDY est chargé de prospecter en vue de l’éventuel achat d’un théâtre d’application pour l’école.  A cette date, sont à vendre le Théâtre Saint Georges, le Théâtre Michel, le Théâtre 347 dit Chaptal et le Théâtre de l’Atelier.

Les deux premiers étant inadaptés, des négociations s’ouvrent sur l’acquisition du Théâtre de l’Atelier, propriété de la famille BARSACQ pour les murs et de Marcel LUPOVICI pour le bail. Le Ministère de l’Education Nationale ne pouvant envisager l’achat du bail sans celui des murs, Marcel Lupovici rachète les murs et propose le 6 décembre 1979 une vente de l’ensemble pour la somme de 2 800 000 francs. Mais la profession théâtrale est réticente à voir disparaître du circuit un théâtre aussi prestigieux et rentable alors même que le Théâtre Chaptal, également propriété de Marcel LUPOVICI, accumule les échecs artistiques et commence de coûter cher au fonds de soutien du théâtre privé.

Dans une lettre du 17 septembre 1980, le Président du syndicat des directeurs de théâtres Privés parisiens, Denis MAUREY, indique que le Théâtre 347 est à vendre pour la somme de 2 950 000 francs. Le ministère, conforté par les services fonciers de Paris et par le comité de décentralisation qui rend un avis favorable le 20 janvier 1981, accepte la transaction.

Le 21 mars 1981, Christian BEULLAC, ministre de l’Éducation nationale, inaugure le théâtre 347. L’ancien Grand Guignol, doté de 347 places est progressivementréaménagé. Il devient la deuxième salle de spectacles de l’ENSATT avec celle déjà existante rue Blanche et restructurée à la demande de Pierre ROUDY en 1974.


De 1991 aux années 2000, de Paris à Lyon

En septembre 1991, succédant à Pierre ROUDY, Patrick BOURGEOIS est nommé directeur de l’ENSATT.

Ancien acteur, codirecteur du Théâtre de Paris puis directeur du Festival de Vaison-la-Romaine et du Théâtre du Gymnase à Marseille, il dresse l’état des lieux d’un établissement en surchauffe et sous doté en personnels et en moyens.

Trois administratifs en tout et pour tout (une secrétaire, une comptable et un intendant), un chef des travaux (Michel MILLERET), équivalent du directeur des études actuel ainsi qu’un conseiller pédagogique et d’éducation. Du côté des enseignants, vingt-neuf emplois du second degré (c'est-à-dire des professeurs certifiés mais aussi des professeurs de lycée technique). Dix-neuf d’entre eux sont titulaires de l’Education Nationale. Quelques professeurs vacataires complètent l’effectif pédagogique. Hors emplois, l’école possède un budget d’un million cent cinquante mille francs. L’équipement pédagogique mobilier et immobilier est quasi inexistant.

L’inadéquation des lieux

Hormis le 21 rue Blanche et le Théâtre 347, le recensement fait état de neuf lieux de pédagogie différents dans Paris et sa banlieue. Un vrai chemin de croix quasi quotidien pour les étudiants d’alors.

La pédagogie

Il y a, à l’époque, des sections et non des départements comme aujourd’hui. Certaines sont des BTS, dont le niveau de sortie est à bac+2, d’autres des BT correspondant au niveau bac. Pour les BT, on trouve celui des habilleurs ainsi que celui des machinistes-constructeurs. Côté BTS, l’école possède quatre sections : l’art dramatique, la décoration, la régie-administration (nomenclature émanant à l’époque du théâtre privé), les costumes et enfin la régie lumière. Pas de section dédiée au son. Les contenus d’enseignement sont révisés tous les dix ans par des commissions paritaires. Aussi, très vite, à l’usage, leur inadéquation se fait sentir.

Par nécessité, des modifications s’opèrent en interne de façon empirique. Par exemple, les gens de lumière prennent en charge quasi systématiquement les questions de son. Ici aussi, la référence avec les théâtres privés fait loi. Il faudra attendre 1995 pour voir naître un département dédié à la création sonore à part entière, créé par Daniel DESHAYS.

En 1991, l’ENSATT est une anomalie presque mondiale de par la pluridisciplinarité de ses cursus : la réunion de toutes les sections tant artistiques que techniques au sein d’une même école ne se trouve nulle part ailleurs.

Surtout, par décret du 27 juin 1991, l’ENSATT devient un établissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.

Une gronde comme un levier

Lionel JOSPIN, alors ministre de l’Éducation Nationale, est confronté à une fronde d’étudiants grévistes de deux établissements aux statuts semblables : l’ENSATT et l’École Nationale Supérieure Louis Lumière. Les frondeurs réclament le rattachement de leurs écoles au Ministère de la Culture qui ne s’y montre pas favorable.

Dès lors d’autres solutions sont recherchées à l’Éducation Nationale pour calmer le mouvement étudiant. La première consiste à nommer à la tête de ces établissements des directeurs issus des milieux professionnels concernés. Dans un deuxième temps, le ministère envisage de faire passer ces deux établissements dans l’Enseignement Supérieur lequel deviendra parallèlement un ministère à part entière.

Très vite, le changement de tutelle se concrétise : en mars 1993, l’ENSATT et l’Ecole Louis Lumière passent sous tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur. L’école est stabilisée dans ses statuts mais pas dans son fonctionnement qui demeure chaotique. D’évidence, un déménagement s’impose.

La migration comme aboutissement de la transformation

La recherche de nouveaux locaux, dans cette période de décentralisation et d’aménagement du territoire, s’oriente vers les grandes agglomérations de province. Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier… Toutes sont passées au crible mais une seule d’évidence retient l’attention, Lyon.

L’étude du tissu théâtral et culturel de cette cité, l’inventaire de ses grandes institutions (TNP de Villeurbanne, Théâtre de La Croix-Rousse, Théâtre des Célestins, Opéra, Maison de la danse, Biennales, CDN de Lyon, Grenoble ou Valence, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse, Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts…), le nombre impressionnant de compagnies indépendantes présentes dans la région, le rapprochement avec Avignon, la proximité de Genève et de l’Italie, la puissance économique locale : tout fait très vite apparaître un contraste de taille avec les autres villes concurrentes.

La première tâche consiste à convaincre l’école elle-même, son personnel, ses enseignants et ses étudiants de cette nécessité. Un petit référendum assez simple est organisé par la direction. A la question principale «êtes-vous pour où contre la délocalisation de l’école à Lyon ?» la réponse est sans appel : 87 % sont contre. Patrick BOURGEOIS et quelques personnes clefs convaincues de la nécessité de ce projet (dont Madame Edmonde CHARLES-ROUX, présidente du conseil d’administration de l’époque) vont s’armer de patience et, avec détermination, chercher à inverser la tendance. Un consensus finit par se dégager grâce, entre autres, aux conditions remarquables que le projet lyonnais offre à l’école (projet chiffré et exposé en 1995).

Sur place, les collectivités locales sont enthousiastes et participent activement à la venue de cette institution de l’enseignement théâtral. Pourtant le « processus Lyonnais » ne s’accélère vraiment qu’à partir de l’intervention de Christian PHILIP, Lyonnais d’origine, directeur de cabinet de François FILLON fraîchement nommé ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par Edouard BALLADUR.

1994-1995, le choix du lieu

L’idée première est de trouver un lieu à réhabiliter dans l’agglomération lyonnaise. Les recherches sont longues et n’aboutissent à rien de concluant. Cet échec finit presque par mettre en péril le projet. Alors que l’on s’achemine au minimum vers un report de ce déménagement, un site privilégié va retenir l’attention du directeur lors d’un de ces derniers voyages entre Paris et Lyon: la résidence universitaire du Fort Saint-Irénée. Le lieu est légèrement en retrait, très boisé, dans un cadre historique unique, à proximité de toutes commodités, une opportunité unique. Seul inconvénient de taille : il ne s’agit plus d’une réhabilitation d’un lieu pré existant mais bien d’une construction intégrale d’un bâtiment dédié. Pour l’école cette orientation nouvelle du projet est l’idéal… mais faut il encore pour Patrick BOURGEOIS convaincre les acteurs décisionnaires du projet de changer leur fusil d’épaule. En définitive, tous acceptent rapidement ce changement de programme. Le transfert à Lyon est en cours.

ENSATT : 4, rue sœur Bouvier, 69005 Lyon


Nous sommes début septembre 1997 et cette adresse est désormais celle de « La Rue Blanche ».
A partir de cette date et jusqu’à aujourd’hui trois directeurs (Patrick BOURGEOIS jusqu’en 2006, Gérard SCHEMBRI de 2006 à 2009 et Thierry PARIENTE depuis 2009) vont se succéder.

Des départements nouveaux apparaissent (mise en scène et écriture dramatique en 2003). Une offre de formation continue se développe à partir de 2001. Les Arts et Humanités s'imposent dès 2007 comme un enseignement à part entière. Enfin, les relations internationales s'amplifient tandis que la recherche artistique s'impose. Pour les étudiants, « éssais », « solos », « travaux d’hypothèse », « laboratoires d’expérimentations théâtrales » et surtout, trois « ateliers-spectacles » par an confiés à des metteurs en scène invités, favorisent l’apprentissage collectif du théâtre. Une aide à l’insertion professionnelle est mise en œuvre dès 1999 et les lieux de travail sont placés sous la responsabilité d’un directeur technique à part entière, accompagnée de régisseurs permanents.

La délocalisation et le passage dans l’enseignement supérieur permettent de doter l’établissement de nouveaux budgets, sans commune mesure avec ceux qui étaient les siens sur Paris, mais aussi, surtout, d’un outil magnifique unique en Europe, géré par une équipe administrative et pédagogique solide et doté d’équipements de haut niveau ainsi que de deux salles de spectacle, l’une entièrement modulable (les Studios Jean-Jacques LERRANT), l’autre frontale (le Théâtre Laurent TERZIEFF inauguré le 30 juin 2011).

Liste d’anciens élèves[modifier | modifier le code]

Liste de professeurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'ENSATT

Lien externe[modifier | modifier le code]