Rachel Félix

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Rachel (gravure d'après une toile peinte par C.L. Müller)

Élisabeth Rachel Félix, plus connue sous son seul prénom Rachel ou comme Mademoiselle Rachel, née le 21 février 1821 dans l'auberge Soleil d'Or de Mumpf (Argovie, Suisse), morte le 3 janvier 1858 au Cannet, était une actrice de théâtre. Grande tragédienne, elle fut un idéal pour Sarah Bernhardt.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Jacob Félix (1796 né à Metz-1872), colporteur juif, et d'Esther Thérèse Hayer (1798-1873), Élisabeth a vécu une partie de sa jeunesse à Hirsingue, dans le sud de l'Alsace, ou Sundgau. Après avoir chanté, récité et mendié dans les rues des villes que ses parents traversent avant leur arrivée à Paris, Élisabeth Félix suit les cours du musicien Alexandre-Étienne Choron et de Saint-Aulaire, et prend quelques cours d'art dramatique au Conservatoire. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle débute en janvier 1837 au théâtre du Gymnase. Delestre-Poirson, le directeur, lui fait prendre comme nom de scène Rachel, nom qu'elle adopte dès lors également dans sa vie privée. Auditionnée en mars 1838, elle entre au Théâtre-Français à l'âge de 17 ans. Son succès est immédiat. Elle débute dans le rôle de Camille d'Horace, dont la recette s'élève à 735 francs le premier soir, pour atteindre dix-huit jours plus tard, la somme de 4889,50 francs.

Alors qu'elle débute analphabète, son interprétation des héroïnes des tragédies de Corneille, Racine et Voltaire la rendent célèbre et adulée, et remettent à la mode la tragédie classique, face au drame romantique. Elle créa un modèle nouveau d'actrice et de femme et fut une des femmes les plus célèbres de son siècle. Elle fut ainsi portraiturée par le sculpteur Jean-Auguste Barre.

Rachel par William Etty en 1840

Elle eut deux fils, l'un d'Arthur Bertrand, fils du maréchal Bertrand, l'autre, Alexandre (3 novembre 1844 - 20 août 1898) du comte Walewski, fils de Napoléon et de Marie Walewska.

Elle repose dans le carré juif du cimetière du Père-Lachaise (division 7). Malgré de nombreuses pressions, elle aura toujours voulu conserver la foi de ses ancêtres.

Tombe de Rachel (cimetière du Père Lachaise, division 7)

Anecdote[modifier | modifier le code]

À la suite de son décès, une image de Rachel reposant sur son lit de mort fut publiée par un journal. Sa sœur porta une action devant le tribunal afin de faire reconnaître une atteinte au droit à l'image de la défunte. Le 16 juin 1858, le tribunal civil de la Seine rend une décision dans laquelle, pour la première fois dans l'histoire du droit français, il consacre le droit à l'image.

Iconographie[modifier | modifier le code]

En 1846, le graveur Joseph Pingret exécuta une médaille à l'effigie de Rachel. Un exemplaire, frappé après la mort de la tragédienne, en est conservé au musée Carnavalet (ND 0442).

En 1859, Jean-Léon Gérôme peint le Portrait de la tragédienne Rachel en buste, costume antique.

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Au Théâtre-Français
Rachel dans le rôle de Chimène dans Le Cid

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ariane Charton, Alfred de Musset, Paris, Gallimard, 2010, coll. "Folio" (biographie).
  • Agnès Akérib, Mademoiselle Rachel, l'étoile filante, TriArtis éditions, 2010.
  • Frédéric Tournoux, Mademoiselle Rachel. Solitudes d'une tragédienne, Éditions Glyphe, 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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