Benoît Jacquot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jacquot.

Benoît Jacquot

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Benoît Jacquot en 2013 à la 38e cérémonie des César.

Naissance 5 février 1947 (67 ans)
Paris 16e, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur
Films notables La Fille seule
Tosca
Villa Amalia
Les Adieux à la reine

Benoît Jacquot est un réalisateur français né le 5 février 1947 dans le 16e arrondissement de Paris[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Benoît Jacquot commence sa carrière cinématographique en 1965 comme assistant de Bernard Borderie sur un film de la série Angélique et comme assistant de Marguerite Duras, Marcel Carné et Roger Vadim[2].

Il a été le compagnon de Dominique Sanda et de Judith Godrèche lorsque celle-ci, vers seize ans, a quitté le domicile familial pour venir habiter avec lui[3]. À propos de cette liaison, Jacquot déclare : « Je venais de finir Les Mendiants, que je considérais comme un ratage. Judith Godrèche, une tornade, a décidé de façon très téméraire et très amoureuse de me sauver. Elle m’a amené à réaliser un deuxième premier film. Elle a sauvé ma vie cinématographique en se proposant comme clé[4] ».

Avec l'actrice Anne Consigny, Benoît Jacquot a eu un fils devenu acteur, Vladimir Consigny auquel il a offert son premier rôle dans un téléfilm Gaspard le bandit sur la vie du « Robin des Bois provençal » Gaspard de Besse, diffusé sur Arte en 2007.

Benoît Jacquot est membre de L'Exception, un groupe de réflexion sur le cinéma créé par Jean-Michel Frodon. Il a été président du jury du concours d'entrée de la Fémis en 2003 et membre du jury au Festival de Cannes, alors présidé par Emir Kusturica, en 2005. En 2012, il reçoit le Prix Louis-Delluc pour Les Adieux à la reine, adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas. En 2013, le film obtient trois Césars. Il fait une apparition (père de Xavier) dans le dernier film de Cédric Klapisch "Casse tête chinois"

Style et esthétique[modifier | modifier le code]

Les mises en scène de Benoît Jacquot, discrètes et peu ostentatoires, restent difficilement cernables dans leur ensemble. Elles dénotent à la fois un certain classicisme, voire de l'académisme, associés à des aspects beaucoup plus modernes, parfois proches de l'expérimentation ou d'une recherche novatrice dans l'écriture cinématographique. Cette hétérogénéité peut être justement considérée comme le propre de son style. Jean-Michel Frodon, dans Les Cahiers du cinéma évoque l'œuvre « variée et inégale » d’un cinéaste fondamentalement insaisissable, « qui croit très fort au réel, très fort à la littérature, et très fort à l’inconscient »[5]. L'influence de Robert Bresson reste manifeste dans ses premiers films. L'Assassin musicien, d'après Dostoievski, est caractérisée par l'ascèse de son découpage (peu de plan) et par la quasi-fixité de sa caméra. Le réalisateur dément toutefois cette filiation :

« Dès mon premier film, on m'a rapproché de lui, alors que pour moi Bresson est plutôt un épouvantail. Je n'aime pas beaucoup ses derniers films. À mes yeux, les meilleurs sont Pickpocket et Le Journal d'un curé de campagne. Ne serait-ce qu'à cause de l'importance décisive qu'ont pour moi les comédiens, je suis l'inverse de Bresson, avec qui je n'ai qu'une similitude : la rigueur. Mais Dreyer est au moins aussi rigoureux que Bresson et, d'après moi, beaucoup plus grand cinéaste[6]. »

Benoit Jacquot abandonne ce minimalisme "bressonien" au fur et à mesure de sa carrière. Cela ne l'empêche pas d'expérimenter des formes de narration très particulières, comme dans La Fille seule (1995), filmé selon un principe de "temps réel" (temps de l'action calquée sur la durée du film) durant lequel on suit Valérie, l'héroïne, de couloirs en escaliers, d'un café à la chambre d'hôtel dans de longs plans séquences.

Benoît Jacquot alterne également gros budgets avec des stars (Pas de scandale, Adolphe) avec des productions beaucoup moins coûteuses et, en un sens, plus libres dans leur narration et leur méthode de tournage (L'Intouchable, tourné en Inde en 16 mm, et quelques plans en caméra vidéo). Ses personnages principaux sont souvent des femmes (Isabelle Huppert dans Villa Amalia, L'École de la chair, Les Ailes de la colombe et Pas de scandale, Virginie Ledoyen dans La Fille seule, Judith Godrèche dans La Désenchantée, Isabelle Adjani dans Adolphe, Sandrine Kiberlain dans Le Septième Ciel, Isild Le Besco dans L'Intouchable et À tout de suite). Ces héroïnes se caractérisent par un mouvement de fuite, qui les fait tourner le dos à leur passé, à leur famille ou à leur métier.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts et moyens métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Mises en scène[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Filiation de Wikifrat sur Fraternelle
  2. Fiches personnalités, Benoît Jacquot, Bifi.fr
  3. La tiraillée par Sabrina Champenois dans Libération du mars 2010.
  4. Sophie Grassin, Benoît Jacquot, le cinéaste amoureux, Le Figaro, 3 avril 2009
  5. "Le Grand arbre de la réduction", Jean-Michel Frodon, Les Cahiers du cinéma, avril 2009, p. 16
  6. Les 400 coups de Benoit Jacquot sur telerama.fr du 06.10.2010
  7. Louis-René des Forêts interrogé par Jean-Benoît Puech, coll. « Les Hommes-livres » (dir. Jérôme Prieur), La Sept, l'INA, Feeling Productions, 16 mm, couleur, 52 min, 1988

Liens externes[modifier | modifier le code]