Delphine Seyrig

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Delphine Seyrig

Nom de naissance Delphine Claire Beltiane Seyrig
Naissance 10 avril 1932
Beyrouth, Lebanese French flag.svg Liban sous mandat français
Nationalité Drapeau de France Française
Décès 15 octobre 1990 (à 58 ans)
Paris
Profession Actrice
Films notables L'Année dernière à Marienbad
Muriel ou le Temps d'un retour
Baisers volés
Peau d'âne
Le Charme discret de la bourgeoisie
India Song

Delphine Seyrig est une actrice française, née le 10 avril 1932 à Beyrouth (Liban) et morte le 15 octobre 1990 à Paris[1], héroïne entre autres d'Alain Resnais, Marguerite Duras et François Truffaut au cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Henri Seyrig, est archéologue, directeur du Service des Antiquités au Liban à la naissance de sa fille, sa mère Hermine de Saussure (décédée en 1984) est une navigatrice, descendante directe d'Henri de Saussure (1829-1905) et amie d'Ella Maillart. Elle passe son enfance dans plusieurs pays et poursuit sa scolarité comme interne au collège Cévenol (1947-1950). Dès seize ans, elle prend des cours d'art dramatique avec Pierre Bertin et Tania Balachova[1].

À vingt ans, elle décroche son premier rôle, dans l'Amour en papier de Louis Ducreux. Delphine envisage d'entrer au TNP, mais sa voix est jugée trop particulière. Elle part pour les États-Unis, et après avoir pris des cours à l'Actors Studio, y tourne son premier film, Pull My Daisy, de Robert Frank (1958)[1].

Alain Resnais la découvre lors de son séjour à New York à l'automne 1959 alors qu'elle joue dans la pièce d'Ibsen, Un ennemi du peuple. En 1960 elle revient à Paris, où elle joue Un mois à la campagne d'Ivan Tourgueniev, sous la direction d'André Barsacq au Théâtre de l'Atelier. Resnais l'engage alors pour jouer dans L'Année dernière à Marienbad. Le film remporte un grand succès et donne à Delphine Seyrig une immense notoriété[2]. Alain Resnais lui confiera également en 1963 le rôle d’Hélène Aughain dans Muriel, ou le temps d'un retour. Au théâtre, elle interprétera Jean-Claude Carrière (L'Aide-Mémoire), Harold Pinter (La Collection, L'Amant), Peter Handke (La Chevauchée sur le lac de Constance), le plus souvent sous la direction d' André Barsacq ou de Claude Régy.

En 1968, sous la direction de François Truffaut, elle joue la troublante Fabienne Tabard dans Baisers volés. Dans ce film charnière du cycle Antoine Doinel, elle est à la fois l'incarnation de la femme romantique et inaccessible, mais aussi la représentation de la femme réaliste et maîtresse de son destin. Antoine Doinel, dans Baisers volés, dit du personnage interprété par Delphine Seyrig : « Madame Tabard est une femme exceptionnelle, Madame Tabard, c'est... c'est une apparition ! » Delphine Seyrig trouve en Alain Resnais et en François Truffaut deux réalisateurs qui, en quelques films, la rendent inoubliable, en particulier par le timbre de sa voix, que Michael Lonsdale compare à un violoncelle[3].

Au cinéma, elle tourne avec les meilleurs : William Klein (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966, et Mister Freedom, 1968) ; Marguerite Duras (La Musica, 1966, India Song, 1975, et Baxter, Vera Baxter, 1977) ; Joseph Losey (Accident, 1967) ; Jacques Demy (Peau d'Âne, 1970) ; Luis Buñuel (La Voie lactée, 1969, et Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972) ; Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, 1975). Elle joue avec Sami Frey, son compagnon, dans le film ovni Le Journal d'un suicidé de Stanislav Stanojevic, sélectionné à Cannes et à Venise en 1972.

Pour la télévision, elle interprétera Mmede Mortsauf dans l'adaptation du Lys dans la vallée[4] tournée par Marcel Cravenne en 1970.

Parallèlement à sa carrière artistique, elle mène aussi, souvent aux côtés de Marguerite Duras, une vie de militante.

Tombe de Delphine Seyrig, cimetière du Montparnasse

Elle meurt en 1990, à 58 ans, des suites d'un cancer du poumon. Elle repose au cimetière du Montparnasse à Paris.

Militantisme[modifier | modifier le code]

Delphine Seyrig est également connue comme militante féministe. Elle a notamment signé le « manifeste des 343 » en 1971 et apporté à la cause des femmes le film reportage Sois belle et tais-toi. C'est dans son appartement qu'en août 1972 Harvey Karman (en) fait la première démonstration de sa méthode devant des militantes du MLF et que des médecins du Groupe d'information santé se mettent à la pratiquer[5].

Hommage[modifier | modifier le code]

À Paris, dans le secteur de la porte de Pantin, une station de tramway T3b, inaugurée le 15 décembre 2012, porte son nom.

A Toulouse, une rue porte son nom, dans le quartier des Izards Lalande.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Delphine Seyrig sur le site CinéRessources.net
  2. Mireille Brangé, « Delphine Seyrig, ou le fantôme de la liberté », Positif, no 617-618,‎ juillet-août 2012, p. 38-41
  3. Delphine Seyrig, Portrait d'une comète, sur le site artfilm.ch.
  4. a et b [vidéo] « Le lys dans la vallée », sur ina.fr, Office national de radiodiffusion télévision française (consulté le 9 juillet 2012)
  5. 68', révolutions dans le genre, Clio et Presses Universitaires du Mirail,‎ 2009, p. 82

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Poirié, Comme une apparition : Delphine Seyrig, portrait, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 28 février 2007, 147 p. (ISBN 9782742766734)

Liens externes[modifier | modifier le code]