Emmanuelle Riva

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Emmanuelle Riva

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Emmanuelle Riva au festival de Cannes 2012.

Nom de naissance Paulette Riva
Naissance (87 ans)
11 rue de la Mairie Cheniménil (Vosges)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Actrice
Poète
Films notables Hiroshima mon amour
Léon Morin, prêtre
Thérèse Desqueyroux
Les Risques du métier
Amour

Emmanuelle Riva[1], de son vrai nom Paulette Riva, est une actrice française, née le à Cheniménil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une modeste famille ouvrière d'origine italienne (son grand-père Alfred Riva était né à Monvalle en Italie) de la vallée de la Vologne dans le département des Vosges[2], la jeune fille ne peut se satisfaire du métier de couturière qui lui semble destiné.

Grande lectrice d'œuvres théâtrales, elle se joint à une petite troupe amateur de Remiremont.

Convaincue de ses aptitudes et malgré l'opposition de sa famille, elle passe le concours de l'école de la rue Blanche. Reçue, elle monte à Paris en 1953, et obtient une bourse d'études. Elle est alors l'élève de Jean Meyer.

Trop âgée pour prétendre à la formation prestigieuse du Conservatoire d'art dramatique, elle obtient son premier rôle dans Le Héros et le Soldat, de George Bernard Shaw, dans une mise en scène de René Dupuy.

C'est en la découvrant sur l'affiche de L'Épouvantail – une pièce de Dominique Rolin, mise en scène par André Barsacq – qu'Alain Resnais l'imagine pour son premier long métrage, Hiroshima mon amour, qui la fait mondialement connaître. En septembre 1958, avant le tournage, treize ans après l'explosion de la bombe du , Emmanuelle Riva parcourt les rues de la ville martyre avec son appareil photo Ricohflex et en saisit la vie retrouvée. Ces photos illustreront l'ouvrage collectif Tu n'as rien vu à Hiroshima.

Elle tient un rôle marquant dans Kapò de Gillo Pontecorvo et incarne une agnostique éprise d'un homme d'église, interprété par Jean-Paul Belmondo, dans Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville[3].

En 1962, Emmanuelle Riva est couronnée à la Mostra de Venise pour son interprétation dans Thérèse Desqueyroux de Georges Franju, adapté du roman éponyme de François Mauriac. Franju la dirige à nouveau dans Thomas l'imposteur sur un scénario posthume de Jean Cocteau.

Elle disparait ensuite progressivement des écrans, refusant de nombreux projets mais exerçant son métier d'actrice au théâtre, en toute discrétion, auprès de metteurs en scène de renom : Jacques Lassalle, Roger Planchon ou encore Claude Régy[4].

Dans les années 1980, elle apparaît dans les réalisations d'auteurs réputés difficiles à l'instar de Liberté, la nuit de Philippe Garrel et Les Yeux, la bouche de Marco Bellochio[4]. Elle tient également un second rôle remarqué dans Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof Kieślowski en 1993[4] où elle interprète la mère de Juliette Binoche.

Emmanuelle Riva à la 38e cérémonie des Césars, en 2013.

Outre le cinéma et le théâtre, Emmanuelle Riva a aussi publié trois recueils de poèmes : Juste derrière le sifflet des trains (1969, réédité en 1976), Le Feu des miroirs (1975) et L'Otage du désir (1982).

À 85 ans, elle a l'occasion de revenir au premier plan du cinéma mondial[4]. Elle est en effet, au côté de Jean-Louis Trintignant en 2012, l'interprète principale d'Amour de Michael Haneke, drame intimiste et universel sur la maladie, la vieillesse et la mort, récompensé par la Palme d'or au 65e Festival de Cannes, le César du meilleur film et l'Oscar du meilleur film étranger. Son interprétation, comme celle de Trintignant, fait l'unanimité au sein de la critique, du public et de la profession[5]. Pour ce film dans lequel elle incarne une professeur de piano octogénaire victime de deux accidents vasculaires cérébraux, elle remporte, entre autres, le Prix de la meilleure actrice européenne en 2012 puis le BAFTA et le César de la meilleure actrice en 2013. Elle reçoit également une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice[6]. À près de 86 ans, elle devient la comédienne la plus âgée jamais nommée pour cette récompense et se retrouve en compétition avec la plus jeune actrice de toute l'histoire des Oscars à être citée pour ce prix (Quvenzhané Wallis, 9 ans, nommée pour Les Bêtes du sud sauvage, film récompensé aussi, en 2012, à Cannes par la Caméra d'or).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au début de sa carrière, son prénom s'orthographiait Emmanuèle.
  2. Source = état civil de Granges-les-Plombières (Vosges), acte de naissance de René Alfred Riva, père d'Emmanuelle. Curieusement, Emmanuelle a bien des ancêtres Rivat, vosgiens, dans son ascendance à la cinquième génération.
  3. Alain Riou, « Emmanuelle Riva : « Ce rôle, je ne l'attendais plus ; il aurait fallu que je sois folle pour passer à côté. » », Le Nouvel Observateur,‎ 25 février 2013 (lire en ligne)
  4. a, b, c et d Jacques Morice, « Emmanuelle Riva, favorite, forcément », Télérama,‎ 23 février 2013 (lire en ligne)
  5. Marie-Noëlle Tranchant, « Emmanuelle Riva, un César en attendant l'Oscar... », Le Figaro,‎ 23 février 2013 (lire en ligne)
  6. Emmanuelle Riva, Palmarès, consulté le 24 févier 2013.
  7. « Festival de Cannes : Amour de Michael Haneke remporte la Palme d'or », Le Nouvel Observateur,‎ 27 mai 2012 (lire en ligne)
  8. Amour prisé par les critiques américains, Le Figaro, 5 janvier 2013.

Lien externe[modifier | modifier le code]