Otto Preminger

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Otto Preminger

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Photographié en 1976

Nom de naissance Otto Ludwig Preminger
Naissance 5 décembre 1905
Wiznitz
Flag of Austria-Hungary 1869-1918.svg Autriche-Hongrie
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès 23 avril 1986 (à 80 ans)
New York
Profession Réalisateur
Films notables Laura
Rivière sans retour
L'Homme au bras d'or
Exodus
Tempête à Washington
Le Cardinal

Otto Ludwig Preminger est un réalisateur américain d'origine autrichienne, né le 5 décembre 1905 à Wiznitz (en Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Ukraine), et mort le 23 avril 1986 à New York (États-Unis).

Sommaire

Biographie [modifier]

Otto Preminger naît à Wiznitz en 1905 dans une famille juive de la Galicie austro-hongroise[1],[note 1]. En 1915, le père d'Otto Preminger installe sa famille à Vienne, pour plus de sécurité. Dès l'adolescence, le jeune Otto se passionne pour le théâtre.

Il travaille d'abord dans la troupe de Max Reinhardt. Il en prend la direction en 1933, et y monte une cinquantaine de pièces.

Il réalise son premier film, Die grosse Liebe (Le Grand Amour) en 1931 en Autriche[2].

En 1934, Joseph Schenck, président de la 20th Century Fox, venu chercher de nouveaux talents en Europe, l'invite à Hollywood. Preminger accepte l'invitation et débarque à New York le le 26 octobre 1935[2].

Il fait ses débuts à Hollywood, comme réalisateur (Under Your Spell, 1936), puis comme acteur (The Pied Piper, 1942), pour la 20th Century Fox. Lorsqu'il joue, son accent autrichien le cantonne souvent dans des rôles d'espions ou d'officiers nazis.

Parallèlement, il mène une importante activité de metteur en scène à Broadway de 1935 à 1940.

En 1945, Preminger connaît le succès comme réalisateur avec Laura (1944), film noir et psychologique. C'est son sixième film, mais c'est le premier sur lequel il considère qu'il a exercé un contrôle artistique total. Le film est un classique du film noir[3]. Gene Tierney y est superbe, et le film est devenu une référence. C'est l'époque des polars aux atmosphères troubles : Le Mystérieux docteur Korvo (Whirlpool, 1949) et Un si doux visage (Angel Face, 1952) confirment le talent de ce réalisateur qui devient un pilier de la Fox.

Mais las du système hollywoodien et des concessions artistiques à Darryl Zanuck, patron de la Fox, il décide de produire seul ses films, grâce aux Artistes associés, ce qui est un pari audacieux au début des années cinquante. Son premier film en indépendant est La Lune était bleue (The Moon Is Blue, 1953), adaptation d'une pièce à succès de Broadway. Mais la Ligue de décence et les tenants du Code Hays veulent en interdire certaines répliques. Preminger refuse : c'est un triomphe.

Suivent une série de films sur des sujets sensibles :

Parmi ses films les plus connus on trouve aussi Tempête à Washington (Advise and Consent) avec Charles Laughton et Bonjour tristesse avec David Niven, Deborah Kerr, et Jean Seberg.

Le critique François Truffaut fait l'éloge de Bonjour tristesse à sa sortie. Pour lui, l'actrice Jean Seberg incarne une « forme de sex-appeal inédite à l'écran »[4].

Avec l'actrice Gypsy Rose Lee, il a eu un fils devenu scénariste, Erik Lee Preminger (en).

Niche d'Otto Preminger au cimetière Woodlawn.

Otto Preminger meurt en 1986 et repose dans le célèbre cimetière de Woodlawn Cemetery dans le Bronx à New York.

Les cinéphiles, notamment depuis les articles de François Truffaut ou de Jacques Rivette, lui portent une grande admiration[3] fondée d'abord sur la beauté, la précision et la finesse de sa mise en scène (grâce à son expérience théâtrale et à sa pratique élégante des mouvements de caméra).

Hommage [modifier]

En 2012, le festival de Locarno lui consacre une importante rétrospective, reprise ensuite à la Cinémathèque française[3],[5].

Filmographie [modifier]

Avec l'écrivain John D. Voelker (à droite), dans la bande-annonce d’Autopsie d'un meurtre (1959)

Publication [modifier]

  • Autobiographie, traduit de l'américain par André Charles Cohen, Paris, J.-C. Lattès, 1981 ; réédition Ramsay poche, 1988, ISBN 2-85956-662-7

Récompenses [modifier]

Otto Preminger a été nommé deux fois aux Oscars, pour la mise en scène de Laura et Le Cardinal.

Évocations à l'écran [modifier]

La liaison d'Otto Preminger en 1954 avec la jeune actrice Dorothy Dandridge, héroïne de son film Carmen Jones, est présentée dans le film Déchéance (1999), de Martha Coolidge[6].

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Il semble qu'il existe une incertitude sur son lieu de naissance. D'après Fujiwara 2008, il serait né à Czernovitz. Czernovitz est à 54 km de Wiznitz.

Références [modifier]

  1. Olivier Père, « Autopsie d'un maître », La Cinémathèque française, 2012 [texte intégral (page consultée le 31 août 2012)] 
  2. a et b Édouard Waintrop, « Preminger avant Laura », Libération, 2 août 2012 [texte intégral (page consultée le 31 août 2012)] 
  3. a, b et c Olivier Père, « Laura d'Otto Preminger », Blog d'Olivier Père, 31 août 2012 [texte intégral (page consultée le 31 août 2012)] 
  4. François Truffaut, « Otto Preminger », dans Les Films de ma vie, Flammarion, coll. « Champs arts », 2007 (1re éd. 1975), p. 163-167 
  5. Thomas Sotinel, « Otto Preminger : une œuvre inégale et inclassable », Le Monde, 29 août 2012 [texte intégral] 
  6. cinemotions.com

Bibliographie [modifier]

  • Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Coursodon, 50 ans de cinéma américain (Coll. Omnibus, Nathan, 1995)
  • Michel Mardore, L'ère des Ottomanes in Otto Preminger (Coll. Cinémathèque française, Ed. Yellow Now, 1993)
  • (en) Chris Fujiwara, The World and Its Double : The Life and Work of Otto Preminger, Faber and Faber, 2008, 480 p. 
  • Patrick Saffar, Otto Preminger, de films noirs en fresques spectaculaires : l'œuvre multiforme du créateur de Laura, Gremese, 2009, 144 p. (ISBN 9788873016700) 
  • Emmanuel Burdeau (dir.), Otto Preminger, Capprici, 2012 
    Recueil d'articles critiques avec des contributions de Serge Daney, Louis Skorecki, Pierre Léon, Jacques Rivette ...

Lien externe [modifier]