Bertrand Tavernier
Bertrand Tavernier
Bertrand Tavernier au Salon du livre de Paris en mars 2010
Bertrand Tavernier, né le 25 avril 1941 à Lyon, est un réalisateur, scénariste, producteur et écrivain français, président de l'Institut Lumière. Il est le père du réalisateur et comédien Nils Tavernier et de la romancière Tiffany Tavernier.
Fils de l'écrivain et résistant René Tavernier, il fut d'abord assistant-réalisateur, attaché de presse et critique avant de passer à la mise en scène avec L'Horloger de Saint-Paul. Ce film fut le début d'une longue collaboration avec l'acteur Philippe Noiret (Que la fête commence, Le Juge et l'assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d'autre, La Fille de d'Artagnan) et son premier succès critique. Éclectique, il a abordé plusieurs genres cinématographiques, de la comédie dramatique (Un dimanche à la campagne, Daddy Nostalgie) au film de guerre (Capitaine Conan) en passant par le film historique (Laissez-passer, La Princesse de Montpensier) ou le polar (L.627, L'appât). Plusieurs de ses films ont été récompensés, en France et à l'étranger (dont Autour de minuit qui remporta un Oscar et fut nommé aux Golden Globes).
Cinéphile passionné, il a écrit plusieurs ouvrages importants, notamment sur le cinéma américain, donne de nombreuses conférences et participe régulièrement à des bonus DVD. Dans les années 60, il fut l'un des premiers à aller interviewer des réalisateurs étrangers et à analyser thématiquement leurs filmographies[1]. Outre les metteurs en scène connus, tels John Ford, Raoul Walsh ou John Huston, il contribua à faire connaître en France Delmer Daves, André De Toth ou Budd Boetticher (dont il programmait les films avec son ciné-club, le Nickel Odéon) et participa, entre autres avec Martin Scorsese, à la redécouverte de l’œuvre de Michael Powell. En outre, il engagea pour ses films des scénaristes français des années 50 comme Jean Aurenche ou Pierre Bost.
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Biographie [modifier]
Bertrand Tavernier est le fils de l'écrivain et résistant lyonnais René Tavernier, qui publia clandestinement de grandes plumes tel Aragon).
Aragon vécut pendant la seconde guerre mondiale avec sa femme Elsa Triolet au-dessus du domicile des Tavernier et Bertrand Tavernier dit que l'un des plus beaux poèmes d’Aragon fut écrit pour sa mère[2].
C’est d'ailleurs Aragon qui donna à Bertrand Tavernier l’occasion d’un très beau « coup de presse » en lui accordant d’écrire en 1965 un article sur Pierrot le fou de Jean-Luc Godard.[réf. nécessaire]
Il a fait ses débuts dans le cinéma comme assistant de Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre), expérience qu'il évoque dans le documentaire Sous le nom de Melville réalisé par Olivier Bohler.
Comme critique cinématographique, il collabore dans les années 1960 à plusieurs revues : Les Cahiers du cinéma, Cinéma, Positif, Présence du cinéma, etc.
Il se démarque des réalisateurs de sa génération par la volonté de redonner une place primordiale à une narration passée à la trappe à la fin des années 1950. Il redonne ainsi leur chance à de grands scénaristes et dialoguistes restés sur le bord du chemin, principalement à Jean Aurenche et Pierre Bost (« bêtes noires », avec le réalisateur Claude Autant-Lara, de François Truffaut dans son article Une certaine tendance du cinéma français). Grand cinéphile, il fait redécouvrir des auteurs comme Jean-Devaivre dont il adaptera l'autobiographie dans son film Laissez-passer. Si son goût le porte parfois vers les « films à costumes », il ne s'éloigne jamais des préoccupations contemporaines et son art reste profondément enraciné dans notre époque.
Bertrand Tavernier exprime, au gré de ses films, son aversion contre les injustices, son engagement contre la guerre, le racisme, les côtés sombres du colonialisme, la peine de mort et son combat contre les travers de nos sociétés contemporaines : délinquance, violence, chômage, misères physique et affective, drogue, sida, etc.
Certains longs métrages plus apaisés ou nostalgiques sont, à plusieurs reprises, imprégnés de la figure du père ou du temps qui passe et que l'on ne peut retenir (Un dimanche à la campagne, Daddy nostalgie).
Pour le réalisateur, la musique n'est jamais comme plaquée et fait toujours corps avec l'image. Dans ses premiers films tout particulièrement, une importante scène musicale ponctue le film et annonce un drame imminent : un chanteur des rues (Le Juge et l'Assassin), la scène de la guinguette (Un dimanche à la campagne), etc.
Ses amitiés et fidélités professionnelles donnent aussi un ton à son cinéma : Aurenche et Bost mais aussi Alain et Philippe Sarde, Marc Perrone, Philippe Noiret, Philippe Torreton et, plus tard, Jacques Gamblin.
De manière paradoxale, sa filmographie, aux sujets et aux traitements très divers, reste tiraillée entre sa défense pour un cinéma français fort et indépendant et sa fascination pour une certaine culture nord-américaine[réf. nécessaire].
Producteur (sa société se nomme Little Bear production), il exerce aussi des activités associatives (président de l'Institut Lumière, à Lyon).
Bertrand Tavernier est le père de Nils Tavernier, également réalisateur, mais aussi comédien, et de la romancière Tiffany Tavernier.
Il a connu au lycée Volker Schlöndorff, devenu depuis parrain de son fils.
Il est un hôte assidu de Sainte-Maxime, dans la villa familiale, depuis sa plus tendre enfance.
Ses admirateurs le surnomment "Tatave".
En février 2012, il est choisi pour présider la 2e Cérémonie des Magritte du cinéma, qui récompense le cinéma belge. Le 28 février 2013, il est invité pour une journée spéciale sur France-Musique.
En mars 2013, il est le parrain des 50 ans des cinémas Studio à Tours, le plus grand complexe de cinémas indépendants "art et essai" de France.
Carrière [modifier]
Filmographie [modifier]
Au cinéma [modifier]
Pour la télévision [modifier]
- 1982 : Philippe Soupault ;
- 1988 : Lyon, le regard intérieur ;
- 1996 : La Lettre ;
- 1997 : De l'autre côté du périph (coréalisation avec Nils Tavernier) ;
- 2001 : Les Enfants de Thiès.
Comme acteur ou intervenant [modifier]
- 1992 : Gershwin, d’Alain Resnais ;
- 1992 : François Truffaut : portraits volés, de Michel Pascal et Serge Toubiana ;
- 1992 : Les Demoiselles ont eu 25 ans, d’Agnès Varda ;
- 1995 : L'Univers de Jacques Demy, d’Agnès Varda ;
- 1995 : The Making of an Englishman, de Kevin Macdonald (TV) ;
- 1997 : Quand le chat sourit, de Sabine Azéma (TV) ;
- 2002 : Claude Sautet ou la magie invisible, de N.T. Binh ;
- 2008 : Sous le nom de Melville, d'Olivier Bohler ;
- 2010 : Jean Aurenche, écrivain de cinéma, de Alexandre Hilaire et Yacine Badday.
Publications [modifier]
En 1970, il publia avec Jean-Pierre Coursodon 30 ans de cinéma américain (éd. C.I.B.), qui est considéré par beaucoup de cinéphiles comme la bible française sur ce sujet. L'ouvrage connaît une nouvelle édition en 1991 sous le titre 50 ans de cinéma américain (éd. Nathan), puis est révisé et mis à jour en 1995 (éd. Nathan, coll. Omnibus) sous le même titre. En décembre 2012, il annonce dans les commentaires de son blog préparer une troisième édition sous le titre de 70 ans de cinéma américain.
Tavernier participe à l'émission de radio hebdomadaire Cinéfilms sur France Inter.
- Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 30 ans de cinéma américain,Paris, éditions C.I.B., 1970, 675p ;
- Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, éditions Nathan, 1991, 1246p, (ISBN 2.09.241002.4) ;
- Bertrand Tavernier, Qu'est-ce qu'on attend?, Paris, Éditions du Seuil, 1993, 259 p. (ISBN 978-2020203012) ;
- Bertrand Tavernier, Amis Américains : Entretiens avec les grands Auteurs d'Hollywood, Coédition Institut Lumière/Actes Sud, 1993, 828p, (ISBN 2-7427-0056-0) ;
- Dominique Sampiero, Tiffany Tavernier, et Bertrand Tavernier, Ça commence aujourd'hui, Paris, Éditions Mango, 1999, 97 p. (ISBN 978-2842701352) ;
- Patrick Rotman et Bertrand Tavernier, La Guerre sans nom : Les appelés d'Algérie 54-62, Paris, Éditions du Seuil, 2001, 305 p. (ISBN 978-2020146203) ;
- Michel Mercier et Bertrand Tavernier, La vie en couleur ! : Centenaire de l'Autochrome Lumière, plaques autochromes Lumière 1904-1935 ;, Lyon, France, Institut Lumière, 2004, 56 p. (ISBN 978-2909870021) ;
- Bertrand Tavernier, Pas à pas dans la brume électrique, Paris, Éditions Flammarion, 2009, 267 p. (ISBN 978-2081233119) ;
- Bertrand Tavernier, La princesse de Montpensier, Paris, Éditions Flammarion, 2010 (ISBN 978-2081245884).
Distinctions [modifier]
- Berlinale 1974 : Grand Prix du Jury pour L'Horloger de Saint-Paul ;
- Berlinale 1995 : Ours d'or pour L'Appât.
- Césars 1976 : César du meilleur réalisateur pour Que la fête commence... ;
- Césars 1976 : César du meilleur scénario original ou adaptation pour Que la fête commence... ;
- Césars 1976 : nomination au César du meilleur film pour Que la fête commence... ;
- Césars 1977 : César du meilleur scénario original ou adaptation pour Le Juge et l'Assassin ;
- Césars 1977 : nomination au César du meilleur réalisateur pour Le Juge et l'Assassin ;
- Césars 1977 : nomination au César du meilleur film pour Le Juge et l'Assassin ;
- Césars 1981 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour La Mort en direct ;
- Césars 1982 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour Coup de torchon ;
- Césars 1985 : César de la meilleure adaptation pour Un dimanche à la campagne ;
- Césars 1985 : nomination au César du meilleur réalisateur pour Un dimanche à la campagne ;
- Césars 1985 : nomination au César du meilleur film pour Un dimanche à la campagne ;
- Césars 1990 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour La Vie et rien d'autre ;
- Césars 1993 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour L.627 ;
- Césars 1993 : nomination au César du meilleur film pour L.627 ;
- Césars 1997 : nomination au César du meilleur film pour Capitaine Conan ;
- Césars 1997 : César du meilleur réalisateur pour Capitaine Conan ;
- Césars 1997 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour Capitaine Conan.
- 1973 : Pour L'Horloger de Saint-Paul.
Annexes [modifier]
Notes et références [modifier]
- Références
- Tavernier B., Amis Américains, entretiens avec les grands auteurs d'Hollywood, Arles, Institut Lumière/Actes Sud, 2008, p. 25
- Interview de B. Tavernier par Laurent Ruquier dans l’émission On va s'gêner du 31 janvier 2013 à Angoulême.
Bibliographie [modifier]
- Danièle Bion, Bertrand Tavernier : cinéaste de l'émotion. Paris : Bibliothèque du cinéma, coll. « 5 continents », 1984.
- Jean-Luc Douin, Tavernier. Paris : Edilig, 1988 ;
- Jean-Luc Douin, Bertrand Tavernier, cinéaste insurgé. Paris : Ramsay-poche cinéma, 2006 ;
- Jean-Dominique Nuttens, Bertrand Tavernier, Rome : Gremese, coll. « Les grands cinéastes », 2009 ;
- Jean-Claude Raspiengeas, Bertrand Tavernier, Paris : Flammarion, 2001.
Liens externes [modifier]
- (en) Bertrand Tavernier sur l’Internet Movie Database
- Bertrand Tavernier sur Lumiere.org
- Liste des articles écrits par Bertrand Tavernier sur Calindex.eu
- Le blog de Bertrand Tavernier sur l'actualité des sorties DVD
- (fr) Interview du réalisateur sur le site de Dvdclassik
- Acteur français
- Producteur français
- Réalisateur français
- Scénariste français
- César du meilleur réalisateur
- Conservation du cinéma
- Naissance en 1941
- Naissance à Lyon
- Collaborateur des Cahiers du cinéma
- Prix de la mise en scène au Festival de Cannes
- César du meilleur scénario original ou adaptation
- César de la meilleure adaptation