Madeleine Robinson

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Madeleine Robinson

Nom de naissance Madeleine Yvonne Svoboda
Naissance 5 novembre 1917
Paris, France
Nationalité Française Drapeau : France
d'origine tchèque Drapeau : Tchécoslovaquie
naturalisée suisse Drapeau : Suisse
Décès 1er août 2004 (à 86 ans)
Lausanne, Suisse
Profession Actrice
Films notables La Grande Maguet
Une si jolie petite plage
À double tour
Le Gentleman d'Epsom
Le Procès
Camille Claudel

Madeleine Robinson, nom de scène de Madeleine Yvonne Svoboda, est une actrice franco-tchèque naturalisée suisse, née le 5 novembre 1917 à Paris[1] et décédée le 1er août 2004 à Lausanne [2] (Suisse). Elle a été mariée avec l'acteur Robert Dalban (dont elle a eu un fils, Jean-François, né en 1941), avec Guillaume Amestoy et a vécu avec l'acteur-écrivain espagnol José Luis de Vilallonga. De sa relation avec le chanteur des Compagnons de la chanson, Jean-Louis Jaubert, elle a eu une fille, Sophie-Julia (1955-1993).

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père et sa mère, Victor et Suzanne Svoboda, étaient des immigrés tchèques venus très jeunes en France. Son père était pâtissier et sa mère receveuse de tramway.

Madeleine a trois frères et elle passe son enfance au Pré-Saint-Gervais, une banlieue au nord-est de Paris (Seine-Saint-Denis), dans un minuscule 2 pièces au 3e étage d'un immeuble. Elle dort avec son frère Serge sur un lit de camp datant de la Première Guerre mondiale. À 5 ans elle est mise en pension à Marines dans le Vexin Français. Puis elle part pour l'Italie. 4 ans plus tard elle revient, en compagnie de son frère Serge, à Marines où elle passe, et réussit avec la mention très bien, son certificat d'études[3]. Ses parents se séparent lorsqu'elle a dix ans et la famille, très pauvre, se serre dans deux petites pièces sur cour. De ce fait, Madeleine commence à travailler dès l'âge de 14 ans d'abord comme ouvrière en usine puis comme vendeuse.

Elle est admise comme auditrice libre (étant donné qu'elle a peu de ressources) par Charles Dullin pour suivre les cours d'art dramatique qu'il dispense dans son Théâtre de l'Atelier. Pour subvenir à ses besoins, elle pose comme modèle pour des photos et commence à faire un peu de figuration.

Comme elle l'écrit dans ses mémoires, elle choisit le pseudonyme « Robinson » après avoir d'abord songé à « traduire littéralement mon nom [Svoboda] et m'appeler Madeleine Liberté ? Difficile à une époque où la bourgeoisie avait si peur des rouges »[4], puis à un mot représentatif de liberté, ce qui aurait donné « Madeleine Bastille, joli, bien sonnant, mais ridicule en un temps où l'omnibus du même nom était encore très populaire »[4]. Elle en arrive finalement au souvenir de ses lectures d'enfance, notamment de Robinson Crusoé, « je gardais de lui l'image d'un homme libre »[4].

Sa carrière devant la caméra commence en 1934 dans Tartarin de Tarascon, film réalisé par Raymond Bernard suivi d'un premier rôle dans Mioche de Léonide Moguy en 1936.

Elle a tourné ensuite dans 80 films au cinéma et dans de nombreux feuilletons télévisés et téléfilms (sa dernière apparition à l'écran eut lieu en 1995 dans L'Enfant en héritage, téléfilm réalisé par Josée Dayan).

Elle a également joué dans un grand nombre de pièces de théâtre, notamment deux grands succès, Adorable Julia d'après Somerset Maugham (pièce représentée à plusieurs reprises entre 1954 et 1972, avec télédiffusion), et Noix de coco de Marcel Achard (1960, avec télédiffusion). Elle a aussi incarné « Martha » dans la pièce Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee, mise en scène par Franco Zeffirelli, une production qui provoqua une polémique, « l'affaire Virginia Woolf », à cause des difficultés relationnelles de l'actrice avec son partenaire Raymond Gérôme, d'où une légende qui attribua « un sale caractère » à Madeleine Robinson[5]. Elle est récompensée pour cette pièce par le Prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la critique (1965). On retiendra également la reprise notable des Parents terribles de Jean Cocteau, où elle joue « la tante Léo » avec Jean Marais comme partenaire et metteur en scène (1977).

Elle reçoit en 2001 un Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Elle s'était retirée depuis des années à Montreux en Suisse.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Née rue Jacob, dans le 6e arrondissement (extrait de naissance no 281.2225/1917)
  2. http://www.lesgensducinema.com/biographie/ROBINSON%20MADELEINE.htm
  3. Vivre en Val d'Oise no 64, page 64.
  4. a, b et c Source : son autobiographie Belle et Rebelle.
  5. Source : dans son autobiographie Belle et Rebelle, Madeleine Robinson consacre un chapitre entier (Autopsie d'un accident) à cette pièce, où elle se remémore d'« une presse générale qui parlait du « scandale », et cela durant un long mois, où il était question de « l'abominable Madeleine Robinson » qui torturait ses partenaires, qui apportait la guerre sur le plateau... » (pages 111).
  6. André Roussin s’inspira de son aventure amoureuse avec Madeleine Robinson durant les répétitions de la pièce Musique légère de Louis Ducreux pour écrire Une grande fille toute simple. Sources : Belle et Rebelle, mémoires de Madeleine Robinson, et bio d’Olivier Barrot, Éditions Grasset, http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_barrot.htm. Mais, dans l'adaptation cinématographique de la pièce, le rôle spécialement écrit pour Madeleine Robinson fut confié à Madeleine Sologne (Une grande fille toute simple de Jacques Manuel, 1948).