Nuri Bilge Ceylan

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Nuri Bilge Ceylan[1], né en 1959 à İstanbul, est un photographe[2] et réalisateur turc de cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'université du Bosphore en ingénierie électrique et a ensuite poursuivi des études de cinéma à l'université Mimar Sinan.

Son film Uzak (Lointain en français) a obtenu le Grand Prix du jury et un double Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2003. Les Trois Singes lui a ensuite valu le Prix de la mise en scène en 2008 et Once Upon a Time in Anatolia lui a apporté un nouveau Grand Prix cannois en 2011. Ceylan est souvent considéré comme la figure de proue du cinéma turc : Les Cahiers du cinéma le présentent comme le réalisateur le plus représentatif et le plus connu de son pays[3].

Style[modifier | modifier le code]

Son œuvre décrit par petites touches impressionnistes la difficulté de vivre pleinement sa vie dans les sociétés modernes à travers la peinture des relations sociales : la famille, l'amitié et bien sûr le couple, ce qui fait qu'on le compare parfois à Michelangelo Antonioni, voire à Ingmar Bergman (dans un registre toutefois beaucoup plus méditerranéen). Il affirme également puiser son inspiration dans l'œuvre théâtrale d'Anton Tchekhov et d'Henrik Ibsen. Le critique Jean-Michel Frodon souligne également sa capacité « à se déplacer à travers [son] pays pour en restituer, sans aucun folklore, les multiples facettes »[3]. Réalisateur-acteur, mais également monteur et chef opérateur de la plupart de ses films, Nuri Bilge Ceylan cultive une forme très personnelle d'autofiction cinématographique qui le rapproche également d'auteurs tels que Woody Allen et Nanni Moretti.

C'est la notion de durée qui peut rebuter le spectateur dans les films de Ceylan puisque ceux-ci privilégient les temps de latence, les moments de vide et d'attente, ainsi que la réduction des dialogues à leur strict minimum. Le cinéaste filme au plus près la souffrance muette et indicible de ses personnages dans une esthétique contemplative et mélancolique.

Notes[modifier | modifier le code]

Lors de la réception de son Prix de la mise en scène cannois en 2008, il dédie sa récompense « à son beau et incompris pays qu'il aime avec passion »[4]. Nuri Bilge Ceylan fut membre du jury du Festival de Cannes en 2009, sous la présidence d'Isabelle Huppert[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références de l’article[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de Nuri Bilge Ceylan ne se prononce pas comme celui de l'île de Ceylan, mais « Nouri Bilguè Djèïlân ». Lisez l'article sur la prononciation du turc pour en savoir plus.
  2. http://www.nuribilgeceylan.com/photography/photography.php?mid=1
  3. a et b "De la marge au sommet", Jean-Michel Frodon, juillet-août 2009, supplément p.XVI
  4. (tr) Ödülüm, tutkuyla sevdiğim yalnız ve güzel ülkeme
  5. Allociné.fr