Nuri Bilge Ceylan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ceylan (homonymie).

Nuri Bilge Ceylan

alt=Description de l'image Nuribilgeceylan.jpg.
Naissance 26 janvier 1959 (55 ans)
Istanbul
Drapeau de la Turquie Turquie
Nationalité Drapeau de la Turquie Turc
Profession Photographe
Réalisateur
Scénariste
Monteur
Producteur
Films notables Kasaba
Nuages de mai
Uzak
Les Climats
Les Trois Singes
Il était une fois en Anatolie
Sommeil d'hiver (Kış Uykusu)
Site internet http://www.nuribilgeceylan.com

Nuri Bilge Ceylan[1], né le 26 janvier 1959 à Istanbul, est un photographe[2] et réalisateur turc de cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'université du Bosphore en ingénierie électrique et poursuit ensuite des études de cinéma à l'université des beaux-arts Mimar-Sinan. Son court métrage Koza concourt pour la Palme d'or du court métrage au Festival de Cannes 1995[3]. Il obtient ensuite plusieurs récompenses pour son premier long métrage, Kasaba, sorti en 1998[4].

Nuages de mai est sélectionné en compétition à la Berlinale 2000. Uzak (Lointain en français) obtient le Grand Prix du jury et le Prix d'interprétation masculine pour ses deux comédiens principaux au Festival de Cannes 2003. Les Climats entre dans la compétition du Festival de Cannes 2006 et se voit décerner le Prix FIPRESCI. Les Trois Singes vaut ensuite à Ceylan le Prix de la mise en scène cannois en 2008 et Once Upon a Time in Anatolia lui apporte un nouveau Grand Prix en 2011. En 2014, il reçoit la Palme d'or pour Sommeil d'hiver. Ceylan est souvent considéré comme la figure de proue du cinéma turc : Les Cahiers du cinéma le présente comme le réalisateur le plus représentatif et le plus connu de son pays[5].

Style[modifier | modifier le code]

Son œuvre, exigeante et austère, décrit par petites touches impressionnistes la difficulté de vivre pleinement sa vie dans les sociétés modernes à travers la peinture des relations intimes et sociales, contaminées par le rapport de classes : la famille, l'amitié et bien sûr le couple, ce qui vaut au cinéaste des comparaisons avec Michelangelo Antonioni, voire Ingmar Bergman dans un registre toutefois beaucoup plus méditerranéen[6],[7],[8]. Il est par ailleurs rapproché de Theo Angelopoulos[9],[10]. Ceylan affirme également puiser son inspiration dans l'œuvre littéraire d'Anton Tchekhov et Henrik Ibsen[7]. Sommeil d'hiver transpose justement le canevas de trois nouvelles de Tchekhov dans la Turquie contemporaine[7]. Le critique Jean-Michel Frodon souligne également sa capacité « à se déplacer à travers [son] pays pour en restituer, sans aucun folklore, les multiples facettes »[5]. Producteur, scénariste, réalisateur, mais également monteur et chef opérateur de la plupart de ses films, Ceylan cultive une forme très personnelle d'auto-fiction cinématographique qui le rapproche d'auteurs tels que Woody Allen et Nanni Moretti[6].

Si une partie de la critique internationale admire son œuvre, l'autre reproche souvent au metteur en scène son extrême lenteur, son esthétisme, voire son académisme auteuriste[10],[9],[11],[12]. C'est souvent la notion de durée qui rebute le spectateur dans les films de Ceylan qui privilégient les temps de latence, les moments de vide et d'attente, ainsi que la réduction de l'intrigue et des dialogues au strict minimum[13]. Sommeil d'hiver constitue toutefois une exception car les dialogues se veulent plus longs, denses et littéraires qu'à l'accoutumée[7],[6]. Le cinéaste filme au plus près la souffrance muette et indicible de ses personnages dans une esthétique contemplative et mélancolique[5].

Notes[modifier | modifier le code]

Le cinéaste a écrit les scénarios de ses trois derniers films en compagnie de son épouse, Ebru Ceylan, avec laquelle il joue dans Les Climats. Lors de la réception du Prix de la mise en scène cannois en 2008, il dédie sa récompense « à son beau et incompris pays qu'il aime avec passion. »[14]. Quand il reçoit la Palme d'or en 2014, il se dit heureux d'être récompensé au moment du centenaire du cinéma turc[15] et dédie le prix à « la jeunesse de Turquie, et à ceux d'entre eux qui sont morts au cours de l'année passée. », en référence aux manifestations de 2013 contre le gouvernement de l'AKP[6],[16].

Nuri Bilge Ceylan fut membre du jury du Festival de Cannes en 2009, sous la présidence d'Isabelle Huppert[17].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste et Producteur[modifier | modifier le code]

Nuri Bilge Ceylan est scénariste de toutes ses réalisations. Cependant, Les Trois Singes, Il était une fois en Anatolie et Sommeil d'hiver furent coécrit avec sa femme, Ebru Ceylan. Nuri Bilge Ceylan coproduit tous ses films.

Acteur[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Les Climats (Iklimler) : Isa. Ebru Ceylan est également incluse dans la distribution.

Montage et Photographie[modifier | modifier le code]

Monteur :

Directeur de la photographie :

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de Nuri Bilge Ceylan ne se prononce pas comme celui de l'île de Ceylan, mais « Nouri Bilguè Djèïlân ». Lisez l'article sur la prononciation du turc pour en savoir plus.
  2. http://www.nuribilgeceylan.com/photography/photography.php?mid=1
  3. Sélection des courts métrages en compétition du Festival de Cannes 1995, consultée le 29 mai 2014.
  4. Nuri Bilge Ceylan sur le site du Festival de Cannes, consultée le 29 mai 2014.
  5. a, b et c "De la marge au sommet", Jean-Michel Frodon, juillet-août 2009, supplément p.XVI
  6. a, b, c et d Gérard Lefort, Olivier Séguret, Didier Péron, Sabrina Champenois, Bruno Icher et Julien Gester, « Palme d'or pour Sommeil d'hiver de Nuri Bilge Ceylan », Libération,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  7. a, b, c et d « Nuri Bilge Ceylan, le Bergman du Bosphore », La Libre Belgique,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  8. Serge Kaganski, « Il était une fois en Anatolie », Les Inrocks,‎ 1er novembre 2014 (lire en ligne)
  9. a et b Norbert Creutz, « La mauvaise conscience avec brio », Le Temps,‎ 17 mai 2014 (lire en ligne)
  10. a et b Jérôme Vermelin, « Cannes 2014 – Winter Sleep : mais qui ira voir cette Palme d'or ? », Metronews,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  11. Violaine Morin, « La Palme d'or vue de l'étranger : attendue et élitiste », Le Figaro,‎ 26 mai 2014 (lire en ligne)
  12. Jean-Marc Lalanne, « Cannes : un palmarès décevant pour un Festival riche et beau », Les Inrocks,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  13. Florence Leroy et Cécile Mimaut, « Festival de Cannes : Winter Sleep remporte la Palme d'or », France Info,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  14. (tr) Ödülüm, tutkuyla sevdiğim yalnız ve güzel ülkeme
  15. « Cannes : le Turc Nuri Bilge Ceylan remporte la Palme d'or avec Winter Sleep », Le Point,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  16. Thomas Sotinel, « Cannes 2014 : le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d'or pour Winter Sleep », Le Monde,‎ 25 mai 2014 (lire en ligne)
  17. Allociné.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]