Jacques Henri Lartigue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lartigue.

Jacques Henri Lartigue

Naissance 13 juin 1894
Courbevoie
Décès 12 septembre 1986 (à 92 ans)
Nice
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Formation

Jacques Henri Lartigue, né à Courbevoie le 13 juin 1894 et mort à Nice le 12 septembre 1986, est un photographe et peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1963, Jacques Henri Lartigue expose pour la première fois à l'âge de 69 ans, au MoMA à New York, quelques-uns des nombreux clichés qu’il a réalisés au cours de sa vie. La même année, le magazine Life lui consacre un portfolio. Ce numéro annonçant la mort du président John Fitzgerald Kennedy fait le tour du monde. À son plus total étonnement, Lartigue devient du jour au lendemain l’un des grands noms de la photographie du XXe siècle.

La photographie, Jacques Henri Lartigue l’a apprise au contact de son père dès 1900. Répondant à l’enthousiasme de son fils, Henri Lartigue lui offre son premier appareil photographique à l’âge de 8 ans en 1902. Dès lors, il ne cesse de photographier sa vie d’enfant rythmée par les voyages en automobile, les vacances en famille et surtout par les inventions de son frère aîné, Maurice, surnommé « Zissou ». Les deux frères sont passionnés par l’automobile, l’aviation et tous les sports alors en plein essor. Lartigue les enregistre grâce à son appareil photographique. Il continuera adulte à fréquenter les manifestations sportives et à pratiquer lui-même quelques sports réservés à l’élite : ski, patinage, tennis, golf

Cependant, pour cet enfant si soucieux de retenir le temps qui passe, la photographie est insuffisante. Comment, en effet, tout dire et tout retenir dans une image prise en quelques secondes ? Parallèlement, il entreprend donc la rédaction d’un journal qu’il poursuivra toute sa vie. Et, sans doute pour s’engager dans une activité reconnue, il commence à dessiner et à peindre. En 1915, il fréquente brièvement l'académie Julian. La peinture devient et restera son activité professionnelle, mais son œuvre peint, mondain et conventionnel, ne connaîtra jamais la notoriété de son œuvre photographique où il exprime toute son originalité. À partir de 1922, il expose dans plusieurs Salons à Paris et dans le sud de la France. Entre temps, en 1919, il a épousé Madeleine Messager (dite « Bibi »), fille du compositeur André Messager et a eu un fils, Dany, né en 1921. Ils divorceront en 1931.

Jusqu’au début des années 1930, il mène une vie luxueuse et mondaine. Mais la fortune des Lartigue s’étiole et Jacques est contraint de trouver d’autres sources de revenus. Se refusant à travailler par crainte de perdre sa liberté, il vit chichement de sa peinture durant les années 1930 et 1940. Dès les années 1950 et contrairement à la légende le prétendant inconnu de tous, Lartigue commence à exister comme photographe tout en continuant à peindre.

En 1962, avec Florette, sa troisième épouse, Jacques embarque à bord d’un cargo à destination de Los Angeles. Lors d'un petit détour par la Côte Est, ils rencontrent Charles Rado, de l’agence Rapho, qui contacte John Szarkowski, alors jeune conservateur du département photographique du MoMA. L’enthousiasme est général. En 1975, la première rétrospective de son œuvre a lieu au musée des arts décoratifs à Paris. C'est probablement à cette période qu'il rencontre Doisneau : les deux artistes s'influencent réciproquement.

Un an auparavant, Lartigue avait réalisé en photographie le portrait officiel du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. En 1979, l’acte de donation est signé : Lartigue est le premier photographe français à faire don, de son vivant, de son œuvre à l’État français. Il charge l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue de conserver et de diffuser le fonds. En 1980, l’exposition parisienne « Bonjour Monsieur Lartigue » au Grand Palais répond à la volonté de Lartigue de voir ouvrir son « musée ».

En 1971, il reçoit la mention du prix du Livre des Rencontres d'Arles (France) pour Journal d'un siècle. Jusqu’à ses derniers jours, il poursuit son œuvre à travers la photographie, la peinture et l’écriture. Il s’éteint à Nice le 12 septembre 1986. Il laisse plus de 100 000 clichés, 7000 pages de journal et 1500 peintures.

Il est le grand-père de Martin Lartigue qui joua le rôle de Petit Gibus dans le film La Guerre des boutons (1962) d'Yves Robert.

Donation Jacques Henri Lartigue[modifier | modifier le code]

En 1979, Jacques Henri Lartigue fait don à l'État français de l'intégralité de son œuvre photographique et confie à l'Association des Amis de Jacques Henri Lartigue, dite « Donation Jacques Henri Lartigue », le soin de conserver, mettre en valeur, et de diffuser cette œuvre. Seule gestionnaire des droits, la Donation Jacques Henri Lartigue assure plusieurs missions qui contribuent au rayonnement de l’œuvre dans le monde au travers des actions suivantes :

  • La cession des droits de reproduction de l'œuvre du photographe ;
  • L'édition de livres, de catalogues d’expositions et de cartes postales ;
  • La création et la location d'expositions prêtes à l’accrochage ;
  • La vente de tirages de collection, relayée à l’étranger par les galeries partenaires ;
  • L’inventaire et la conservation du fonds par des opérations de sauvegarde, de conditionnement et/ou de restauration.

Le fonds[modifier | modifier le code]

  • 135 albums d'un format 52 x 36 cm. Ils commencent en 1880 (avec les photographies de sa famille) et s'achèvent à sa mort en 1986
  • L'intégralité des négatifs noir et blanc ou couleur
  • L'ensemble des appareils photographiques qu’il avait conservés
  • Le journal manuscrit et tapuscrit (de 1911 à 1986)
  • 20 peintures déposées au Centre d’Art Jacques Henri Lartigue, à L’Isle-Adam (95)

La Fondation Jacques Henri Lartigue[modifier | modifier le code]

À sa mort, en 2000, Florette Lartigue, a légué ses biens à la Fondation de France, à charge de les réaliser pour financer des projets consacrés à Jacques Henri Lartigue (exposition, colloque, film…)[1]. La fondation Jacques Henri Lartigue soutient également les jeunes photographes et peintres en versant une bourse.

Hommages[modifier | modifier le code]

Extraits du journal de Lartigue publiés[modifier | modifier le code]

  • Mémoires sans mémoire, Paris : R. Laffont, 1975
  • Mon livre de photographie, avec la collaboration d'Yvette Métral, Paris : Flammarion, 1977
  • L'Émerveillé : écrit à mesure, 1923-1931, Paris : Stock, 1981
  • L'Œil de la mémoire : 1932-1985, Paris : Carrère, 1986

Bibliographie choisie[modifier | modifier le code]

  • Florian Rodari, Martine d’Astier, Andres Hispano, Un mundo flotante, fotografias de Jacques Henri Lartigue, La Caixa, Barcelone, 2010
  • Kevin Moore, Jacques Henri Lartigue. The Invention of an Artist, Princeton University Press, 2004
  • Alain Sayag, Quentin Bajac et Martine d'Astier, Lartigue : l'album d'une vie, 1894-1986, 2003
  • Olivier Ribeton, Jacques Henri Lartigue au Pays Basque, Atlantica, Paris, 2002
  • Elisabeth Foch, Lartigue en hiver, éditions Flammarion, Paris, 2002
  • Vicki Goldberg, Jacques Henri Lartigue, photographe, Nathan/Delpire, Paris, 1998
  • Mary Blume, La Côte d'Azur de Jacques Henri Lartigue, Flammarion, Paris 1997
  • Florette Lartigue, La traversée du siècle, Bordas, Paris, 1990
  • Richard Avedon, Diary of a century, Vicking Press, New York, 1970
  • John Szarkowski, The Photographs of Jacques Henri Lartigue, Moma, New York, 1963

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]