Édouard Boubat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Boubat en 1943

Édouard Boubat, né le 13 septembre 1923 et mort le 30 juin 1999 à Paris, est un photographe français.

Il fut, avec Willy Ronis, Robert Doisneau, Izis, et Yvette Troispoux, l'un des principaux représentants de la photographie humaniste française.

Son œuvre toujours empreinte de poésie fera à Jacques Prévert dire de lui : « Boubat, un correspondant de paix » (Texte écrit à l'occasion de l'exposition l'Inde d'Edouard Boubat, Paris, galerie Rencontre, juin 1971, in Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Paris, Éditions de la Martinière, 2004, p. 209).


Biographie[modifier | modifier le code]

La petite fille aux feuilles mortes, Edouard Boubat, Paris, Luxembourg, 1947

Après une enfance à Montmartre, Edouard Boubat passe en 1937 le concours de l'école Estienne. Il y étudie la photogravure de 1938 à 1942. Requisitionné pour deux années de STO en Allemagne, ce n'est qu'après la guerre qu'il s'initie à la photographie. Sa toute première, "La petite fille aux feuilles mortes" (ci contre) reçoit en 1947 le prix Kodak. Il deviendra ensuite reporter collaborateur permanent pour le mensuel Réalités puis photographe indépendant de 1967 à sa mort.

1946-1947 - La période Lella.

Avec son premier appareil photo, un Rolleicord, format 6 x 6, Boubat réalise ses premières photographies dont Lella, rencontrée à la libération et avec qui il vivra cinq ans, sera le plus grand sujet et modèle.

Premières publications de ses photographies dans différents magazines et revues.

1951 - 1968 - Travail pour le magazine Réalité et voyages.

À partir de 1949-1950, il fait la connaissance des photographes Brassai, Robert Frank, Henri Cartier Bresson puis Eugène Smith qui a souhaité le rencontrer lors d'un de ses passages à Paris.

Il effectue ses premiers voyages en Italie et en Espagne et est publié dans la revue US Camera (textes de Louis Stettner).

En 1951 il rencontre Picasso qui commente ses premières images. Robert Depire (qui vient de créer la revue Neuf) l'invite à exposer à la galerie La Hune, à Paris, en compagnie de Brassai, Doisneau, Facchetti et Izis, - expositions à la suite de laquelle il rencontre Bertie Gilou, directeur artistique du magazine Réalités. Après un premier reportage pour la revue intitulé "Les artisans de Paris"(1951) puis un deuxième sur "Le Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle" en Espagne (1952), il en devient collaborateur permanent. Il effectue alors des reportages à Casablanca, au Sahara, en Camargue (France), aux État-Unis (1953), en Aveyron (France), en Jordanie, en Algérie, en Espagne, en Guadeloupe, au Mexique (1954), en Sardaigne, dans les Pyrénées (1955), En Afrique, au Portugal, en Égypte, en Guinée, en Côte d'Ivoire, à Salamanque (Espagne), en Italie, en Suisse, en Bretagne, dans les régions kurdes d'Irak (1956), au Portugal, , à Gargano (Italie), en Espagne, au Sahara, dans les Pyrénées (1957), en Hollande, à Heidelberg, en Castille, au Portugal, à Cahors, à Lourdes, en Suède (1959), au Sénégal, en Guinée, au Ghana, en Sicile, à Lesbos et Paros (Grèce) (1960), au Maroc, au Brésil (1961), dans les Cévennes, en Angleterre, en Irlande, en Suède, à Poona (Inde) (1962), en Syrie, en Thaïlande, à Hong-Kong, en Syrie, au Viêt Nam, en URSS (1963), en Irlande, en Angleterre, en Inde du centre (1964), en Yougoslavie (1965), en Chine, et autour du transsibérien (1966).

En 1955, il participe à l'exposition "The Family of Man" à New-York.

1970-1999 - Période Freelance - Agence Rapho

En 1970, après un voyage en Iran, il rejoint l'agence Top/Rapho fondée par Raymond Grosset. Il poursuit en parallèle une carrière indépendante qui le mène encore au Canada (1972), au Népal, en Inde à Mithila (1973), au Japon, en Roumanie, à Bodgaya pour les fêtes tibétaines (Inde du Nord) (1974), au Pérou (1975), au Kenya (1981), au Brésil (1985)...

En 1974, il rencontre Marguerite Duras avec qui il collabore pour le film India Song.

En 1985, la maison d'édition Nouvelles Images, relayée ensuite par les éditions du Désastre, commence à publier ses photos sous différentes formes : cartes postale, affiches, marque pages...

Depuis toujours intéressé par les arts de la rue, son dernier reportages porte sur le cirque Romanes, à Paris (1997/1999).

Il fit des portraits de nombreuses personnalités Gaston Bachelard, Claude Levi-Strauss, Henri Troyat, Joseph Kessel, Julien Green, Ingmar Bergman, Rudolf Noureiev, Jean Paulhan, André Maurois, Emil Cioran, Robert Doisneau, Jean Genet, Marguerite Yourcenar, Alice Sapritch, Isabelle Hupert, Harold Pinter, Peter Klasen, Eugène Ionesco, Miss-Tic, Juliette Binoche ou Simon Hantai.

Lella, Edouard Boubat, Bretagne, 1947

Citations[modifier | modifier le code]

"Quand le temps nous accable, une seconde nous sauve quelquefois. C'est le miracle de l'instant : (...) La photo est là". Edouard Boubat, Les Inédits, catalogue d'exposition, Paris, février 1993.

"J'ai vu les hommes les plus riches et les hommes les plus pauvres de la terre pour faire leur portrait. L'homme le plus riche du monde a dit avant de mourir : "Avec l'argent vous pouvez tout avoir, sauf l'amour, sauf l'amitié, sauf la beauté, sauf la vérité." Tout çà, vous pouvez le trouver sans rien, en traînant vos pieds sur le pavé." Edouard Boubat, Propos recueillis par Hervé Guibert, Le Monde, 1985.

"L'important c'est de sortir voir les étoiles et non de les voir dans les livres." Edouard Boubat, Carnets, 1958.

"Une photo m'attend au coin d'une rue, au bord d'un chemin. Puis je rentre, je retrouve la grisaille lumineuse de Paris. Mais dans ma chambre noire, je tire une photo et je retrouve une lumière inépuisable." Edouard Boubat, Extrait de Edouard Boubat, Photo Poche no 32, 1988.

"Il est remarquable qu'en photographie la technique est souvent "extrémiste". Soit dans le négligeable : " Appuyez, nous ferons le reste", soit dans l'exagération, un certain fétichisme d'appareil ou de matériel. Pour certains, l'appareil est plus beau que l'épreuve, comme la chaîne HI FI plus intéressante que la musique." Edouard Boubat, Extrait de La Photo, de Chenz et Jeanloup Sieff, 1976.

"Mon seul conseil : L'INCONSEILLABLE. Approchons-nous le plus près de La vie. Ouvrons l'œil." Edouard Boubat, Extrait de La Photo, de Chenz et Jeanloup Sieff, 1976.

Photographies[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de photographies de Boubat sont devenues des icônes, parmi lesquelles on peut citer :

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

En 1947, il reçoit le 1er prix Kodak au deuxième Salon international de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, où est exposée : "La petite fille aux feuilles mortes".

En 1971, il est l'invité d'honneur des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, qui lui consacrent, une soirée de projection intitulée « Édouard Boubat et Lucien Clergue », présentée par Michel Tournier.

En 1973, Édouard Boubat obtient la médaille David Octavius Hill.

Remi écoutant la mer, Edouard Boubat, Paris, 1995

En 1972, il reçoit une mention pour son livre Femmes à l'occasion du Prix du Livre des Rencontres d'Arles . Il y est de nouveau exposé en 1974 pour l'exposition Filleuls et parrains. Puis il reçoit le Prix du Livre en 1977 pour son ouvrage La Survivance.

En 1984, il reçoit le Grand Prix national de la photographie à Paris pour l'ensemble de son œuvre.

En 1988, il reçoit le Prix de la Fondation Hasselblad.

En 1985, il est fait officier de l'ordre des arts et des Lettres puis est fait commandeur des arts et des Lettres en 1997.

Édouard Boubat encouragea la création de la première galerie photographique à Paris, la Galerie Agathe Gaillard, par laquelle il fut ensuite représenté.

Recueils de photographies (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Revue Terre d'Images, numéro 25, 1966.
  • Édouard Boubat, Miroirs autoportraits, De-noël, 1973.
  • Édouard Boubat, La Survivance, Mercure de France, 1976 (ISBN 2-71520-011-0).
  • Édouard Boubat, Préférées, contrejour,1979 (ISBN 978-2859491024)
  • Christian Bobin et Édouard Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Gallimard, 1996 (ISBN 2070115224).
  • Édouard Boubat, La Photographie : l'art et la technique du noir et de la couleur, Le Livre de Poche, 2006 (ISBN 978-2253050209), 224 pages.
  • Olivier Delhoume et Édouard Boubat, « Mes photos », interview réalisée en 1986, Photofan, no 9, 14 février 2006, p. 58-65.
  • Christian Bobin et Édouard Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Gallimard, 2010, 112 pages (ISBN 978-2-07-011522-8).
  • Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Éditions de la Martinière, 2004 (ISBN 978-2732431154), 368 pages.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Crégut, La Tête froide, Le Soleil noir, coll. « Poésie », 1951.
  • Plusieurs clichés d’Édouard Boubat, dont Bretagne 1957, ayant illustré la page de couverture et un article sur la paysannerie française de Réalités-femina-illustration, no 142, novembre 1957, p. 37 à 43, ont été reproduits en noir et blanc dans le numéro de Reporters sans frontières consacré à l’artiste en octobre 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]