Hong Sang-soo

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Dans ce nom coréen, le patronyme, Hong, précède le prénom.

Hong Sang-soo

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Hong Sang-soo sur le tournage de son film Night and day (photo prise le 5 septembre 2007 à Paris).

Naissance (53 ans)
Séoul
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Nationalité Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Profession Réalisateur, scénariste
Films notables Le Jour où le cochon est tombé dans le puits,
Le Pouvoir de la province de Kangwon,
Turning Gate,
La femme est l'avenir de l'homme,
Conte de cinéma
Hong Sang-soo
Hangeul 홍상수
Romanisation révisée Hong Sangsu
McCune-Reischauer Hong Sangsu

Hong Sang-soo, né le à Séoul, est un réalisateur et scénariste sud-coréen.

En 2013, il reçoit le Léopard d'argent au festival du film de Locarno pour son film U ri Sunhi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hong Sang-soo découvre le cinéma avec les films hollywoodiens à la télévision. En 1982, après avoir étudié la mise en scène à l'université de Chungang, à Séoul, il part étudier aux États-Unis au College of Arts and Crafts de Californie et à l'Art Institute de Chicago[1],[2].

Il se marie en 1985[2].

De retour en Corée du Sud, il travaille comme réalisateur pour la télévision avant de se lancer au cinéma[réf. souhaitée].

Il tourne en 1996 son premier film, Le Jour où le cochon est tombé dans le puits qui connaît immédiatement un certain succès critique et public. Il reçoit ainsi des récompenses au Dragon Blue Coréen, au Festival de film de l'Asie pacifique, et aux festivals de Rotterdam et de Vancouver. Le film dépeint avec des performances improvisées et peu de dialogues, une relation amoureuse moderne.

Il réalise ensuite Le Pouvoir de la province de Kangwon un conte sur la désillusion. Il reçoit la mention spéciale à la section « Un Certain Regard » du Festival de Cannes[Quand ?].

En 2000, Hong Sang-soo revient avec le film au titre provocateur La Vierge mise à nu par ses prétendants. Celui-ci, tourné en noir et blanc suit un triangle amoureux vu par les trois personnages. Si le titre est emprunté à Marcel Duchamp, Hong Sang-soo dit ne pas être inspiré par l'artiste et n'avoir choisi le titre que parce qu'il correspond à l'histoire filmée[1].

Fort de sa réputation, Hong Sang-soo dispose de moyens plus confortables pour son quatrième opus, Turning Gate, coproduit par Marin Karmitz et interprété par trois stars locales. Dans cette comédie mélancolique, son plus important succès commercial, notamment auprès du public de Corée, le réalisateur affine son style tout en restant fidèle à sa thématique. Dans la continuité, les éléments caractéristiques de son cinéma se retrouvent dans La femme est l'avenir de l'homme, en compétition au Festival de Cannes[Quand ?].

Il sort en 2005 Conte de cinéma, lui aussi présenté à Cannes, confortant ainsi le statut du réalisateur sur le plan international.

Depuis 2008, il enseigne à l'université de Konkuk à Séoul où il anime un atelier consacré au scénario et un atelier consacré à la mise en scène. Auparavant; il a enseigné à l'université nationale des arts de Corée de 1995 à 2001[3].

En 2009 il présente Les femmes de mes amis, toujours à Cannes mais à la Quinzaine des réalisateurs : il aborde dans ce film la vidéo haute-définition[réf. souhaitée].

Avec Hahaha (2010) Hong Sang-soo retrouve un certain succès auprès du public coréen avec 56 000 entrées[4].

Son film Matins calmes à Séoul est présenté dans la sélection « Un certain regard » au festival de Cannes 2011[5].

Il réalise Oki's Movie (2010) sans aucun financement et tourne en partie dans son bureau à l'université de Konkuk à Séoul[3].

Matins calmes à Séoul, sorti en 2012, fait 12 500 entrées en France[6].

En 2012, son film In another country, avec l'actrice française Isabelle Huppert, est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes. Le film sort en France en octobre et aux États-Unis en novembre. Il rassemble 70 000 spectateurs dans les salles françaises[7],[8].

En février 2013, il présente Nobody's daughter Haewon à la Berlinale[9].

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La majorité de ses films racontent une histoire d'amour malheureux[10].

La plupart de ses films mettent en scène le milieu du cinéma. Par exemple, Matins calmes à Séoul montre les errances d'un jeune cinéaste talentueux qui a arrêté de tourner des films. Dans Oki's Movie, Hong Sang-soo montre les amours de deux étudiants en cinéma et d'un professeur de cinéma[11]. Hong Sang-soo se justifie en expliquant qu'il préfère filmer un milieu qu'il connaît et qu'il se sentirait moins à l'aise en filmant un autre milieu[1].

L'ivresse, comme échappatoire au réel et vecteur de révélations, est une des caractéristiques principales du cinéma d'Hong Sang-soo[12]. Il est célèbre pour son goût immodéré pour l'alcool que l'on retrouve dans de nombreux films[2].

Jeu avec le temps[modifier | modifier le code]

Hong Sang-soo aime raconter les histoires simultanées vécues par les différents protagonistes de ses films ou les points de vues de différents personnage sur la même histoire[1].

Influences[modifier | modifier le code]

Il est influencé par des cinéastes comme Yasujirō Ozu, Robert Bresson, Éric Rohmer, Luis Buñuel, Jean Vigo, Friedrich Wilhelm Murnau mais aussi des peintres comme Paul Cézanne[1],[4] ou des écrivains comme André Gide[13]. Il se dit notamment très marqué par Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson[2]. Le critique coréen Huh Moon-yung voit aussi une parenté avec le cinéaste coréen Lee Man-Hee. La mère de Hong Sang-soo a produit certains films de ce cinéaste et Hong Sang-soo s'est rendu sur certains de ses tournages étant enfant[4].

Méthode de travail[modifier | modifier le code]

Hong Sang-soo travaille généralement sans scénario bien établi. Il travaille à partir de notes qu'il rédige en partie pendant le tournage et distribue à l'équipe chaque matin. Pour le chef opérateur Park Hong-yeol, le fait que les techniciens et les acteurs ne connaissent pas l'issue du film les force à une concentration extrême sur le tournage qui permet de donner aux films de Hong Sang-soo leur intensité[4],[14].

Il écrit les dialogues en fonction de la personnalité des acteurs[15].

Il privilégie aussi les tournages légers. Par exemple, sur Oki's Movie, il n'y avait que quatre techniciens[4].

Pour lui, certains comédiens, comme Yu Jun-sang, acceptent de ne pas être payés[4].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Rétrospectives[modifier | modifier le code]

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Vincent Ostria, « Hong Sang-Soo - Nouveaux fragments d'un discours amoureux », Les Inrockuptibles,‎ 26 février 2003 (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Hong Sang-Soo, « Mes dates clés », Libération,‎ 2 novembre 2005 (lire en ligne)
  3. a et b Vincent Malausa, « À l'ombre du campus », Cahiers du cinéma, no 682,‎ octobre 2012, p. 14
  4. a, b, c, d, e et f Park Hong-yeol, Yu Jun-sang et Huh Moon-yung, « Une méthode Hong Sang-soo ? », Cahiers du cinéma, no 682,‎ octobre 2012, p. 16-18
  5. Jean-François Rauger, « The Day He Arrives. Matins calmes à Séoul : l'héritier d'Éric Rohmer est coréen », Le Monde,‎ 15 mai 2012 (lire en ligne)
  6. « Matins calmes à Séoul », sur jpbox-office.com (consulté le 6 octobre 2012)
  7. « In Another Country », sur jpbox-office.com (consulté le 14 janvier 2013)
  8. Jean-Marc Lalanne, « Festival de Cannes 2012: la sélection officielle », Les Inrockuptibles,‎ 19 avril 2012 (lire en ligne)
  9. Serge Kaganski, « Berlinale 2013 : les films en compétition », Les Inrockuptibles,‎ 14 janvier 2013 (lire en ligne)
  10. a et b Jacques Mandelbaum, « Hong Sang-soo, athlète de la nonchalance », Le Monde,‎ 15 mars 2011 (lire en ligne)
  11. a et b (en) Richard Brody, « Hong Sang-soo Spring », The New Yorker,‎ 15 décembre 2011 (lire en ligne)
  12. a et b Florian Guignandon, « L’aquarium de Hong Sang-soo », Critikat,‎ 29 mars 2011 (lire en ligne)
  13. This Evening Class - HONG SANG-SOO BLOGATHON—Virgin Stripped Bare By Her Bachelors Q&A At Pacific Film Archives, 22 mars 2007 : "In his 20s he was particularly fond of Andre Gide and read him nearly every day" http://theeveningclass.blogspot.fr/2007/03/hong-sang-soo-blogathon-virgin-stripped.html
  14. Isabelle Huppert, « En terre étrangère », Cahiers du cinéma, no 682,‎ octobre 2012, p. 30-35
  15. Jean-Sébastien Chauvin, « Il suffit de peu pour voir la vie sous un angle joyeux : Entretien avec Hong Sang-soo », Cahiers du cinéma, no 682,‎ octobre 2012, p. 28-29
  16. « Un film espagnol remporte le Léopard d'or du Festival de Locarno », Le Point,‎ 17 août 2013 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Denis, « La sainte victoire de Hong Sang-soo », Cahiers du cinéma, no 597,‎ janvier 2005, p. 37
  • (en) Marco Grosoli, « Moral tales from Corea : Hong Sang-Soo and Éric Rohmer », Acta Univ. Sapientae, film and media studies, no 3,‎ 2010, p. 95-108 (lire en ligne)
  • Dossier « Hong Sang-soo, balade à Séoul » dans Cahiers du cinéma, no 682, octobre 2012

Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]