Le Ruban blanc

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Le Ruban blanc

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L'équipe du film au festival de Cannes 2009

Titre original Das weiße Band
Réalisation Michael Haneke
Scénario Michael Haneke
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Losange
X-Filme Creative Pool (de)
Wega Film (de)
Lucky Red
Pays d’origine Drapeau de l'Autriche Autriche
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Sortie 2009
Durée 144 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Ruban blanc (en allemand : Das weiße Band) est un film franco-germano-italo-autrichien[1] réalisé par Michael Haneke, sorti le 21 octobre 2009 en France. Le film a obtenu la Palme d'or lors du Festival de Cannes 2009.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un vieux narrateur raconte rétrospectivement l'histoire d'un village de l'Allemagne du nord à la veille de la Première Guerre mondiale, dans lequel il fut instituteur dans sa jeunesse.

Un médecin est victime d'un violent accident de cheval en rentrant chez lui. Selon toute vraisemblance, il s'agit de l'acte délibéré d'un habitant du village, qui a tendu un filin en travers du chemin qu'emprunte régulièrement l'homme. Hospitalisé, celui-ci laisse sa fille aînée, encore adolescente, et son jeune fils aux soins de sa voisine, qui est aussi son assistante.

L'été 1913 est alors marqué par une série d'étranges accidents prenant peu à peu le caractère d'un rituel punitif dirigé contre les différentes autorités morales, religieuses et sociales de ce petit village profondément ancré dans la tradition luthérienne. La femme d'un paysan meurt en chutant au moment des moissons, sans que son mari, pourtant touché par son décès, ne réagisse contre ce qui apparaît être au mieux comme une négligence du régisseur du domaine du baron du village. Toutefois, un de ses fils vandalisera une propriété du châtelain et se verra puni de son geste par de la prison. Sigi, le jeune fils du baron, est retrouvé ligoté et battu, provoquant le départ de la baronne avec son enfant pour l'Italie. La grange du château subit un incendie probablement criminel. Le pasteur du village, qui éduque ses enfants dans un rigorisme corseté, leur infligeant des punitions corporelles et des sévices moraux, conduit également en despote les âmes du village lors de ses sermons dominicaux.

Le médecin, qui rentre par anticipation de convalescence, retrouve son foyer et cette voisine qui l'aide dans le rôle de sage-femme depuis le décès de son épouse, qu'elle remplace pour les tâches domestiques et la compagnie féminine. Malgré l'humiliation quotidienne qu'elle subit de cet homme, elle continue à s'occuper de lui, tout en élevant son jeune fils handicapé mental, Karli, avec lequel elle vit seule.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Projet et réalisation du film[modifier | modifier le code]

Initialement, l'œuvre est prévue pour la télévision et constitue une mini-série de trois épisodes mais, pour des raisons de coûts, la productrice Margaret Ménégoz convainc Michael Haneke d'en réduire la durée pour en faire un long métrage de plus de deux heures et sollicite l'aide du scénariste Jean-Claude Carrière qui raccourcit le scénario[2],[3].

Comme pour La Pianiste et Le Temps du loup, le scénario du Ruban blanc a été écrit dix ans avant sa réalisation[4].

Haneke désirait tourner directement le film en 35 mm et en noir et blanc mais les recherches concernant le noir et blanc sur l'argentique ayant été abandonnées par les laboratoires et les industries techniques, le cinéaste fut contraint de tourner en couleur. Il passa au noir et blanc lors du report en numérique, au montage, pour enfin repasser à la pellicule lors du tirage du positif bien qu'il fallût à nouveau un report numérique pour l'exploitation en salles car la plupart de ces dernières était déjà majoritairement convertie à la projection numérique[5]. En France, le film fut finalement exploité sur les deux supports : argentique et numérique.

Analyse[modifier | modifier le code]

Par le sujet, les cadres, le noir et blanc et la lumière, Le Ruban blanc, qui mêle réalisme historique, symbolisme, mystère et atmosphère cauchemardesque, évoque la fascination du cinéaste pour l’école scandinave (notamment l'œuvre de Carl Theodor Dreyer et Ingmar Bergman) mais aussi le cinéma de Robert Bresson[6],[7],[8]. Des analogies peuvent également être trouvées avec Le Village des damnés de Wolf Rilla (dans la représentation des enfants maléfiques), Le Village de M. Night Shyamalan (pour la figuration d'une société villageoise féodale, victime de forces obscures) ainsi qu'avec Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel (pour l'éclair céleste à valeur prophétique en guise de conclusion)[7]. Michael Haneke semble par ailleurs être influencé par la littérature de Franz Kafka et de Frank Wedekind (par son thème, le film évoque L'Éveil du printemps) et aussi par les pièces de Bertolt Brecht (pour l'idée de distanciation et de théâtre épique)[7].

Comme dans plusieurs de ses œuvres, Haneke ne résout pas clairement l'intrigue de départ (l'identité des bourreaux) mais laisse pourtant certains éléments de réponse (notamment sur l'implication des enfants du pasteur)[3]. Le film évoque les carcans luthériens et la pédagogie noire (sévices, punitions, brimades) dans le nord de l'Allemagne avant la Première Guerre mondiale. Il revendique un certain unanimisme dans la manière de caractériser chaque individu par son rapport social. Malgré l'industrialisation, la société villageoise mise en scène reste liée à une structure féodale (le baron et le pasteur restent les personnes les plus influentes de la communauté).

Le Ruban blanc exploite, en ce sens, la comparaison de la violence personnelle et institutionnelle des notables adultes du village (le baron, le régisseur, le prêtre luthérien, le médecin), névrosés, égoïstes, pervers et, au moins pour l'un d'entre eux, abuseur sexuel, avec en contrepoint la violence sourde et muette de certains enfants et adolescents. Le titre du film fait référence à la pureté virginale qu'on attend des enfants du village, alors que les adultes ont, à l'opposé, une face obscure cruelle. Le fait que l'histoire du film ait lieu en 1913-1914 peut laisser penser au spectateur qu'une telle société violente ne peut que secréter, globalement, de la violence, qui peut se traduire par l’engagement dans une guerre, voire le nazisme ensuite. Néanmoins, le réalisateur se défend d'avoir élaboré une allégorie du fascisme et affirme ouvrir plusieurs pistes de lecture sur la transmission du mal par l'absolutisme politique, idéologique ou religieux[3].

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du festival de Cannes, production et nationalités du Ruban Blanc
  2. « Rencontre avec Margaret Menegoz, productrice d'Amour » sur allociné.fr, consulté le 31 octobre 2012.
  3. a, b et c Anecdotes du film Le Ruban blanc sur Allociné.fr, consultées le 31 octobre 2012.
  4. « Michael Haneke, ou l’art du détail pour atteindre la vérité » dans L'Humanité du 24 octobre 2012.
  5. « Amour et la photographie de Darius Khondji, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts » entretien sur le site de Canal Académie.
  6. Le Temps « Le cinéaste autrichien Michael Haneke frappe sur la Croisette », consulté le 19 octobre 2012.
  7. a, b et c Romain Le Vern, « Amour : Michael Haneke, sa belle histoire d'amour avec Cannes », TF1,‎ 24 octobre 2012 (lire en ligne)
  8. « Jeu, hasard et société, rétrospective Haneke » par Rita Bukauskaite sur le site Il était une fois le cinéma, consulté le 26 octobre 2012.
  9. Canal Plus
  10. Le Ruban blanc sur le site du Prix du Jury Œcuménique

Liens externes[modifier | modifier le code]