Dupont Lajoie

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Dupont Lajoie

Réalisation Yves Boisset
Scénario Jean-Pierre Bastid
Acteurs principaux
Sociétés de production Sofracima
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 1975
Durée 100 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Dupont Lajoie est un film français réalisé par Yves Boisset en 1974 et sorti en salles en 1975. Le film est adapté en roman la même année. Ce film dénonce le meurtre lâche et le racisme.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Georges Lajoie (Jean Carmet) est cafetier à Paris (place d'Aligre). C'est un homme jovial, renfrogné, hypocrite, volontiers raciste. Sa femme, Ginette (Ginette Garcin), est docile et naïve. Les Lajoie, avec leur fils Léon, bachelier, partent avec leur nouvelle caravane passer leurs vacances, comme chaque été, sur la côte provençale, au « Camping Caravaning Beau-soleil », tenu par Loulou (Robert Castel), un Pied-Noir .

Les Lajoie y retrouvent les Schumacher, huissier de justice à Strasbourg, et les Colin (Pierre Tornade), vendeurs de sous-vêtements sur les marchés. Ces bons Français du Nord se répandent en lieux communs, notamment sur la paresse supposée des "gens du Sud", mais néanmoins veulent sympathiser avec les Vigorelli, des Italiens nouveaux venus au camping. Vigorelli est chef de chantier et apprécie comme "de la merde" les nouveaux immeubles construits par Loulou pour les vacanciers, grâce au travail à bas salaires d'ouvriers algériens, logés dans un baraquement. Mais Vigorelli et Loulou parlent arabe et respectent les ouvriers immigrés pour leur ardeur au travail .

Lors d'un bal, Georges Lajoie s'en prend violemment à l'un de ces ouvriers, venu danser un peu trop près de la belle Brigitte (Isabelle Huppert), la fille de Colin. L'empoignade amène les gendarmes qui, naturellement, embarquent seulement les Algériens.

Les jeux d'été "Inter-camping", menés par le grandiloquent Léon Tartafione (Jean-Pierre Marielle), attirent toute la population locale. Mais parti en balade, Lajoie trouve Brigitte, toute nue au soleil, dans un petit coin bien tranquille. S'ensuit un dialogue gêné et vaguement sensuel. Mais Lajoie se fait trop pressant. Brigitte se débat, Lajoie la repousse d'une main sous le menton, les vertèbres craquent... Lajoie vient de la tuer ! Il transporte alors la jeune femme sur des centaines de mètres, jusque vers le baraquement des ouvriers algériens.

L'inspecteur principal Boulard (Jean Bouise) mène l'enquête parmi les campeurs et sur le lieu de la découverte du cadavre. Le médecin légiste déclare que le corps a été transporté. D'un air inquiétant, Boulard annonce aux campeurs que des interrogatoires auront lieu le lendemain.

Certains campeurs s'énervent de ce que la police n'arrête pas aussitôt les "bicots". Un fier à bras en casquette Bigeard (Victor Lanoux) échauffe les esprits. Colin, désemparé, se laisse entraîner. Un commando de campeurs se forme, malgré les appels au calme de Loulou, de Vigorelli, du fils Lajoie, et déboule en pleine nuit chez les Algériens. Lajoie le violeur et meurtrier s'agite parmi les justiciers. Un Arabe est agressé et blessé gravement. Son frère se défend : il est massacré, tandis que deux autres ouvriers parviennent à fuir.

L'inspecteur Boulard enquête maintenant sur la ratonnade, et les deux ouvriers fugitifs lui désignent les agresseurs. Boulard convoque les campeurs suspects. Mais les élus locaux, un haut fonctionnaire (Henri Garcin), énarque caricatural, font valoir le risque de pertes de touristes, voire d'émeutes racistes, et qu'il vaut mieux "une petite injustice qu'un grand désordre". L'énarque menace Boulard de différer sa promotion au grade de commissaire. Vigorelli et le fils Lajoie refusent de témoigner.

Boulard capitule devant ces pressions. Colin a beau se dénoncer, les campeurs meurtriers seront exonérés. Le meurtre de Brigitte sera imputé à l'Algérien mort, et la mort de celui-ci aux autres Algériens, qui, pour sauver l'honneur de leur village, l'auraient exécuté.

Certains se flattent de cette issue sordide, mais d'autres se sentent mal. Colin, accablé, refuse de saluer ses anciens amis, qui quittent le camping après seulement quatre jours de vacances. Léon est fâché avec son père. Lajoie dit au revoir à Loulou, mais celui-ci lui répond de ne plus jamais revenir.

Quelque temps plus tard, revenu dans sa brasserie, Lajoie raconte à ses habitués, avec force mensonges, comment lui-même et ses amis ont puni les Algériens coupables du meurtre de Brigitte. Mais justement, celui dont le frère a été tué (Mohamed Zinet) entre dans le bistrot. Il sort de sa gabardine un fusil à canons sciés, et le braque sur Lajoie. "Fais pas le con" dit celui-ci. Deux coups de feu claquent.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Le roman[modifier | modifier le code]

En 1975 Dupont Lajoie sort en roman aux éditions Presses de la Cité. Le livre est écrit par les scénaristes du film, Jean-Pierre Bastid et Michel Martens.

Commentaires[modifier | modifier le code]

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Mal accueilli par ceux qui ne voulaient voir que l’aspect polémique du sujet, ce film fut aussi un grand succès public, et l'œuvre la plus importante d'Yves Boisset. Il proposait une peinture sans complaisance de gens ordinaires, qui collectivement se laissent gagner par la haine raciste. Caricature et réalisme s'y confondent sans qu'il soit possible de les démêler.

La réalisation ne se fit pas sans difficultés : lieu de tournage, intimidations, violences. La qualité de la distribution assura le succès du film: Carmet en meurtrier lâche et raciste, Lanoux en fier à bras, des acteurs généralement sympathiques Marielle, Tornade, interprétant avec justesse des personnages aussi odieux qu'ordinaires, archétypes du fameux "Français moyen".

Une grande partie des scènes extérieures du film ont été tournée sur les plages de Saint-Aygulf, Fréjus-plage dans le Var. Le film s’inspira en partie de la vague de meurtres racistes commis dans le sud de la France au début des années 70, notamment à Marseille durant l’été 1973[2].

L'animation et jeu Intercamping animé par Léo Tartaffione (Jean-Pierre Marielle) était largement inspirée de l'émission télévisée Intervilles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]