Patti Smith

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Patti Smith

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Patti Smith au Provinssirock festival, Seinäjoki (Finlande) le 16 juin 2007.

Informations générales
Nom de naissance Patricia Lee Smith
Naissance 30 décembre 1946 (67 ans)
Chicago, Illinois, États-Unis
Activité principale Chanteuse, guitariste, clarinettiste
Genre musical Rock, punk rock, art rock
Années actives 1974 - présent
Labels Arista (1975-2002)
Columbia (depuis 2002)
Site officiel pattismith.net

Patti Smith, née Patricia Lee Smith le 30 décembre 1946 à Chicago, dans l'Illinois, aux États-Unis, est une musicienne et chanteuse de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle a été considérée comme la « marraine » du mouvement punk de la fin des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Patricia nait à Chicago, et grandit à Pitman, petite ville située dans le sud du New Jersey. Son père, ancien danseur de claquettes, est employé de bureau dans une usine. Sa mère, qui a abandonné une carrière de chanteuse de jazz pour élever ses quatre enfants, est serveuse dans un restaurant. À l'adolescence, elle se détache de son éducation très religieuse que sa mère, une Témoin de Jéhovah, lui a donnée. Elle est diplômée de la Deptford Township High School (équivalent du lycée) en 1964. Elle entre à l'école normale pour devenir institutrice, mais subissant une grossesse à 18 ans, elle en est radiée et se met à travailler.

1967–1973 : New York[modifier | modifier le code]

Patti Smith au Mannheimer Rosengarten (Mannheim), 1978

En 1967, Patti Smith quitte le Glassboro State Teachers College pour vivre à New York. N'ayant nulle part où loger et en recherche d'emploi, la jeune fille passe l'été à distribuer des CV et chercher de la nourriture. C'est au début de l'été qu'elle rencontre pour la première fois - et par pur hasard - Robert Mapplethorpe[1]. Elle devient d'abord caissière dans une succursale de Brentano's et elle y rencontre Robert Mapplethorpe une nouvelle fois. Ce dernier se fait également passer pour son fiancé alors que Patti est dans une situation délicate avec un autre homme. Le soir même commence leur vie commune par un squat sur Wawerly. Ils entretiendront par la suite un lien amoureux puis amical jusqu'à la mort de Robert en 1989. Les photographies de Mapplethorpe figurent sur les pochettes de plusieurs de ses albums[2].

Déjà durant l’été 1968, Patti Smith affirme avoir pratiqué le dessin et en particulier réalisé une série d’autoportraits, en « imitant Frida Kahlo »[3]. À cette époque, Robert Mapplethorpe s'intéressait également au dessin et aux constructions graphiques.

En 1969, elle se rend à Paris avec sa sœur, où elles jouent dans la rue pour subvenir à leurs besoins. Le soir même de son retour, Patti Smith s'installe dans l'appartement de Robert Mapplethorpe, sur la Delancy Street. Elle découvre Robert dans un état de santé déplorable. Ils sont réveillés à l'aube par un assassinat devant leur porte et craignant pour leur sécurité, ils rejoignent l'Allerton, un hôtel réputé pour ses bas prix. Ce dernier, de qualité très médiocre, héberge une importante communauté de morphinomanes et alcooliques. L'adresse du Chelsea Hotel leur est donnée par l'un d'eux, « L'ange de la morphine » comme l'appelle Patti Smith dans Just Kids[4]. Stanley Bard, le gérant, avait à l'époque la réputation d'accepter les toiles des artistes talentueux en guise de paiement du loyer. Cette adresse permet à Patti Smith et Robert Mapplethorpe de fréquenter les célèbres clubs Max's Kansas City et le CBGB, qui seront plus tard parmi les hauts lieux de la naissance de la musique Punk.

Pendant la première partie des années 1970, Patti Smith pratique intensément la peinture, l'écriture, et se produit en tant qu'actrice, au sein du groupe de poètes St Mark's Poetry Project. Elle travaille également avec Albert Bouchard, batteur du groupe Blue Öyster Cult, avec lequel elle coécrit plusieurs chansons, dont Baby Ice Dog, Debbie Denise (adaptée de son poème In Remembrance of Debbie Denise), Career of Evil (single), Fire of Unknown Origin, The Revenge of Vera Gemini (titre sur lequel elle chante en duo avec Albert), et vit une passion amoureuse avec Allen Lanier, pianiste et guitariste rythmique du groupe. Plus tard, Buck Dharma, guitariste solo du Blue Öyster Cult, mettra en musique son poème Shooting Shark (single). Patti Smith écrit aussi de la critique rock, notamment pour les célèbres Creem Magazine et Rolling Stone. La chanteuse affirme dans son livre autobiographique Just Kids avoir entretenu une relation amicale avec Janis Joplin, et avoir rencontré à plusieurs reprises Jimi Hendrix.

1974–1979 : le Patti Smith Group[modifier | modifier le code]

À Copenhague en 1976

Patti Smith rencontre Sam Shepard, dramaturge célèbre de Off-Broadway, duquel elle s'amourache rapidement, avant de réaliser qu'il est marié et a un fils. Elle lui dédie notamment un poème qu'elle intitule Ballad of a Bad Boy. Robert Mapplethorpe ayant toujours insisté pour que Patti Smith fasse des lectures publiques de ses poèmes, il la met en lien avec Gerard Malanga qui organise une lecture à St Mark's Church. Patti Smith participe donc au Poetry Project dirigé par Anne Waldman accompagnée de Lenny Kaye à la guitare. Cette lecture suscite de nombreuses offres, et notamment de la part du magazine Creem qui propose à Patti Smith de publier une série de ses poèmes. Elle rédige également une pièce de théâtre intitulée Cowboy Mouth en collaboration avec Sam Shepard mettant en scène deux personnages, Slim Shadow et Cavale, reflétant les personnalités respectives des deux auteurs. Durant la troisième représentation, Sam Shepard disparaît pour finalement quitter New York et rejoindre sa famille à Nova Scotia[5].

Continuant l'expérience musicale de St. Mark's Church, Patti Smith et Lenny Kaye, désormais amants, sont rejoints en 1974 par Ivan Kral (réfugié tchécoslovaque après le Printemps de Prague), à la basse, Jay Dee Daugherty à la batterie et Richard Sohl au piano, créant le Patti Smith Group. Avec l'aide financière de Robert Mapplethorpe, le groupe enregistre son premier single, Hey Joe / Piss Factory, en 1974. Sur la première face, le célèbre standard est complété par une partie parlée écrite par Patti Smith.

Engagé sur le label Arista Records, le Patti Smith Group sort en 1975 son premier album, Horses, avec lequel elle obtiendra le Prix Charles Cros. Produit par John Cale du Velvet Underground, l'album commence par une reprise du Gloria des Them, accompagné d'une partie parlée qui clame que « Jésus est mort pour les péchés de quelqu'un... mais pas les miens » (« Jesus died for somebody's sins but not mine. »).

Influencé par le son du punk, qui a commencé à émerger en Angleterre et aux États-Unis, le second album du groupe, Radio Ethiopia, se révèle moins accessible que le premier et ne remporte guère de succès, tant auprès du public que des critiques. Ce qui n'empêche pas Patti Smith de reprendre encore, aujourd'hui, certains de ses titres en concert.

Mais le 23 janvier 1977, l'artiste tombe accidentellement de scène durant un concert à Tampa, en Floride, se brisant plusieurs vertèbres sur le sol en béton de la fosse d'orchestre. Elle doit alors prendre une longue période de convalescence, qu'elle met à profit pour réorganiser son existence, produisant une musique que certains jugent assagie. Ce qui ne l'empêche pas de sortir deux albums supplémentaires avant la fin des années 1970, dont le premier, Easter (1978), contenant notamment le tube Because the Night, coécrit avec Bruce Springsteen, remportera le plus grand succès commercial de sa carrière (13e place au Billboard). Wave, sorti en 1979, obtiendra moins de succès, bien que plusieurs morceaux aient été largement joués en radio.

1980–1994 : retraite anticipée[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, Patti Smith rencontre Fred "Sonic" Smith, guitariste du défunt groupe américain MC5, qui tourne à présent avec son Sonic's Rendezvous Band et partage notamment son amour de la poésie. Ils deviennent un couple et se marient. Mère d'un fils, Jackson, et plus tard d'une fille, Jesse, Patti se retire presque entièrement du monde de la musique pour élever ses enfants, n'enregistrant en près de quinze ans qu'un seul album, Dream of Life, sorti en 1988.

1994-2003 : le retour[modifier | modifier le code]

En 1994, la vie paisible de Patti Smith est brutalement interrompue par la mort de son époux Fred "Sonic" Smith, puis de son frère Todd et de son pianiste Richard Sohl. Elle tente de se remettre de ces événements en retournant vivre à New York, puis, sur les conseils de ses amis Michael Stipe (du groupe R.E.M.) et Allen Ginsberg (elle avait rencontré le célèbre poète beat à la fin des années 1960), en remontant sur scène. Elle tourne ainsi brièvement aux côtés de Bob Dylan en décembre 1995.

Smith redémarre ensuite pleinement sa carrière de musicienne, sortant en 1996 l'album Gone Again, qui contient notamment About a Boy, un hommage au chanteur Kurt Cobain, dont le suicide moins de deux ans plus tôt l'avait beaucoup atteinte. Elle collabore la même année à l'album New Adventures in Hi-Fi de R.E.M., avant d'enregistrer les albums Peace and Noise (1997), dont est extrait le single 1959 sur l'invasion du Tibet par la Chine, et Gung Ho (2000). Sortent également un coffret d'inédits (The Patti Smith Masters, 1996) et une compilation, Land (1975-2002). Ne se limitant pas à la musique, elle réalise en 2002 une exposition d'art, Strange Messanger, accueillie par le musée Andy Warhol de Pittsburg.

Depuis 2004[modifier | modifier le code]

Patti Smith et Bono au Madison Square Garden

Patti Smith reste ensuite très active, sortant les albums Trampin' (2004) et Twelve (2007), et se produisant régulièrement sur scène, chantant ses propres chansons ou donnant des lectures de poèmes d'Arthur Rimbaud et William Blake, comme ce fut le cas en 2005.

La même année, Patti Smith reçoit des mains du ministre français de la Culture la médaille de commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. Elle entre en 2007 au Rock and Roll Hall of Fame, jouant pour l'occasion la chanson Gimme Shelter des Rolling Stones, et reçoit en 2008 un doctorat honoraire de l'université de Rowan, aux États-Unis, pour sa contribution à la culture populaire.

En ce qui concerne les arts visuels, la Fondation Cartier pour l'art contemporain accueille, en 2008 à Paris, une vaste exposition de ses œuvres, intitulée "Land 250", présentant des pièces réalisées entre 1967 et 2007[6],[7].

En mai 2010, Patti Smith et Lenny Kaye figurent dans le film de Jean-Luc Godard, Film Socialisme.

Fin 2010, elle publie Just Kids, récit de son amitié avec Robert Mapplethorpe, couronné par le National Book Award le 17 novembre 2010.

En janvier 2011, la Cité de la musique et la Salle Pleyel lui consacrent un cycle d'une semaine : projection du film Dream of life, séance de lectures, concert acoustique et en final, un concert très rock autour des chansons de l'album Horses.

En novembre 2011, une tournée française est organisée avec plusieurs dates à Paris (Église Saint-Eustache et deux soirées à l'Olympia) et dans toute France. Le véritable triomphe rencontré par Patti Smith lors de cette dizaine de concerts affichant tous complet témoigne de l'affection du public français.

En juin 2012, elle fait paraitre son album Banga, dont le titre This is the girl est un hommage à Amy Winehouse, pendant que Maria célèbre son amitié avec l'actrice Maria Schneider, récemment disparue. Pour le titre Nine, elle est accompagnée à la guitare par Johnny Depp[8] et annonce la préparation de trois livres, ainsi que d'un album inspiré de la musique des Appalaches[9].

Activisme[modifier | modifier le code]

À de nombreuses reprises, Patti Smith a utilisé son art et sa célébrité pour soutenir des causes politiques. Elle soutient notamment le Green Party américain et son candidat aux élections présidentielles Ralph Nader, participant à plusieurs événements organisés par le parti, en chantant son morceau People Have the Power. En 2004, Smith a également soutenu le candidat démocrate John Kerry.

Pendant la durée de son mandat, la musicienne s'est inscrite contre la politique du gouvernement du président américain George W. Bush, tournant avec et participant à des manifestations réclamant la fin de la guerre en Irak et la destitution du président des États-Unis.

En décembre 2006, Patti Smith présente au public londonien deux nouvelles chansons, Qana, du nom d'un village libanais détruit par des frappes aériennes israéliennes, et Without Chains, à propos de Murat Kurnaz, un citoyen turc vivant en Allemagne depuis son enfance, enlevé et détenu entre 2001 et 2006 dans le camp de prisonniers américain de Guantanamo Bay.

Le 17 septembre 2010, au Zénith de Paris, elle participe au concert Peace One Day, pour la paix dans le monde[10], interprétant, entre autres Because the Night

En 2012, à la suite de l'arrestation des Pussy Riot, Patti Smith prend avec de nombreux autres artistes le parti de soutenir les trois jeunes russes emprisonnées. Cette participation s'illustre notamment sur scène; en septembre 2012, sur la scène de la Fête de l'Humanité, elle a ainsi scandé sous une forme acronyme le nom du groupe devant son public.

Le 13 juillet 2013, elle chante un hommage à Edward Snowden où elle se dit prête à l'accueillir à l'occasion d'un concert au Trädgårdsföreningen de Göteborg ou dans d'autres concerts en Scandinavie[11],[12].

Discographie[modifier | modifier le code]

Publications de Patti Smith[modifier | modifier le code]

Ne sont cités que ses ouvrages traduits en français. Pour la liste complète, vous pouvez consulter celle de l'article en anglais en:Patti Smith.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Unknown/Collectif, Patti Smith: High on Rebellion, Babylon,‎ 1980
  • (en) Victor Bockris et Roberta Bayley, Patti Smith: An Unauthorized Biography, Simon & Schuster,‎ 1999 (ISBN 9780684823638)
  • (en) Nick Johnstone, Patti Smith: A Biography. Illustrated by Nick Johnstone, Omnibus Press,‎ 1997
  • (en) Judy Linn, Patti Smith, 1969-1976, Abrams Image,‎ 2011, 144 p. (ISBN 978-0810998322)
  • (en) Patricia Morrisroe, Mapplethorpe: A Biography, Da Capo,‎ 1997, 480 p. (ISBN 978-0306807664)
  • (en) Mark Paytress, Patti Smith's Horses and the Remaking of Rock'n'Roll, Piatkus,‎ 2011, 272 p. (ISBN 978-0749940263)
  • (en) Dusty Roach, Patti Smith: Rock & Roll Madonna, And Books,‎ 1979 (ISBN 9780711961937)
  • (en) Philip Shaw, Horses, Continuum (33 1/3 series),‎ 2008, 151 p. (ISBN 978-0-8264-2792-2)
  • (en) Frank Stefanko, Patti Smith: American Artist, Insight,‎ 2006, 136 p. (ISBN 9781933784069)
  • (en) Joe Tarr, The Words and Music of Patti Smith, Praeger,‎ 2008, 168 p. (ISBN 978-0275994112)
  • (en) Fabio Torre (préf. Fernanda Pivano), Patti Smith : Simply a Concert, Damiani,‎ 2009, 60 p. (ISBN 978-88-620-8099-6)

Références[modifier | modifier le code]

  • Martin C. Strong, The Great Rock Discography, Édimbourg (Canongate Books Ltd.), 6e éd. 2002
  1. Patti Smith raconte Robert Mapplethorpe, L'Express
  2. Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1), « Rien que des gamins »
  3. Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1), « Rien que des gamins », p. 110
  4. Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1), « Rien que des gamins », p. 132
  5. Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1), « Le Chelsea Hotel », p. 251-254
  6. Patti Smith à la Fondation Cartier - Land 250 Arte, 1er septembre 2008
  7. Le nom de l'exposition est tiré du type de l'appareil photo, Polaroid Land 250 qu'elle a abondamment utilisé à partir de 1995, et dont les clichés constituaient une partie des œuvres présentées
  8. Retour gagnant pour Patti Smith Philippe Brochen, Libération, 8 juin 2012
  9. Patti Smith : trois livres et un album en préparation Alice Bosio, Le Figaro, 20 juin 2012
  10. [1] Consulté le 12 novembre 2011
  11. « Patti Smith chante pour Snowden : « Si personne ne veut de toi, je te prends » », sur Rue89,‎ 18 juillet 2013
  12. « (sv) Konsertrecension: Snowden får asyl hos Patti Smith », sur Hufvudstadsbladet,‎ 9 juillet 2013
  13. Classé parmi les 50 plus grands albums de tous les temps (Women who rock The 50 greatest albums of all time)
  14. David Caviglioli, « Patti Smith, prix du livre rock », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 28/06/2011 (consulté le 28/06/2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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